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société - Page 3

  • Crash de l'A320 de Germanwings : suicide ou tuerie de masse ?

    « La collision avec le sol est due à l’action délibérée et planifiée du copilote qui a décidé de se suicider lorsqu’il était seul dans le poste de pilotage. Le processus de certification médicale des pilotes, en particulier l’auto-déclaration en cas de diminution de l’aptitude médicale entre deux évaluations médicales périodiques, n’a pas permis d’empêcher le copilote, qui connaissait des troubles mentaux avec des symptômes psychotiques, d’exercer les privilèges de sa licence. » (Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile, Rapport n°BEA2015-0125 du 13 mars 2016).


     

     
     


    Il y a dix ans, le mardi 24 mars 2015 à 10 heures 41, heure de Paris, l'Airbus A320-211 immatriculé D-AIPX du vol 4U 9525 de la compagnie allemande Germanwings, une filiale de la Lufthansa, reliant Barcelone à Düsseldorf, s'est écrasé contre une paroi rocheuse du Massif des Trois-Évêchés à 1 550 mètres d'altitude, dans la commune de Prads-Haute-Bléone, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    Il n'y a eu aucun survivant à ce choc gigantesque (l'avion est arrivé contre la montagne à une vitesse d'environ 700 kilomètres par heure). La "chance" a été que les lieux de la collision étaient déserts car en pleine montagne. 150 personnes y trouvèrent la mort, dont 6 membres d'équipage. Aucun Français, mais 66 Allemands, 51 Espagnols, et des personnes de quinze autres nationalités (dont américaine, argentine, britannique, kazakhe, etc.). L'avion avec le même équipage avait déjà effectué le vol Düsseldorf vers Barcelone en début de matinée avant de revenir vers Düsseldorf.


    Même si deux années après l'accident, dans une conférence de presse, le père du copilote a émis l'hypothèse d'une perte de conscience du copilote et du blocage accidentel de la serrure de la porte du cockpit, la cause de l'accident aérien semble complètement établie. Le copilote aurait attendu d'être seul dans le cockpit, le pilote s'éclipsant pour aller aux toilettes (il n'avait pas eu le temps d'y aller avant le décollage), pour modifier les consignes du pilotage automatique et faire descendre l'appareil tout en augmentant sa vitesse. Quand le pilote a voulu regagner sa place, la porte du cockpit était verrouillée de l'intérieur par le copilote qui a refusé de répondre tant aux personnes dans l'appareil qu'aux contrôleurs aériens français qui ont tenté de le contacter. L'analyse des opérations du premier vol de la journée, Düsseldorf vers Barcelone, aurait même montré que le copilote avait fait une répétition de ses gestes pour ce second vol, en profitant, là aussi, de l'absence du pilote.

    La descente de l'avion a duré entre 8 et 11 minutes (son altitude de croisière était de 11 600 mètres). Le pilote aurait utilisé une hache pour tenter d'ouvrir la porte blindée qui était verrouillée. Des passagers ont crié. Dans les enregistrements sonores retrouvés, on peut aussi entendre la respiration du copilote jusqu'à l'impact, ce qui signifie qu'il n'était pas mort avant le choc.
     

     
     


    Le suicide d'un pilote ou copilote dans un avion transportant des passagers (ici de nombreux passagers) est extrêmement rare. Le site Aviation Safety Network a répertorié, dans sa base de données très fournie, en tout six cas de suicides, et encore, seulement trois sont officiellement avérés dont le vol de la Germanwings (les deux autres : le vol Japan Airlines 350 le 9 février 1982 (24 victimes) et le vol LAM Mozambique Airlines 470 le 29 novembre 2013 (33 victimes). La plupart des suicides de pilote sont à bord de petits avions sans passager.

    Ce crash a reposé deux questions importantes pour la sécurité aéronautique. La première concerne le verrouillage de l'intérieur de la porte du cockpit, mesure de sécurité adoptée après les attentats du 11 septembre 2001 permettant aux pilotes de s'opposer à d'éventuels terroristes à l'intérieur de l'appareil. À la suite de ce crash, la mesure a été assortie d'une obligation de la présence d'au moins deux personnes dans le cockpit en permanence, mesure déjà en vigueur aux États-Unis avant le crash de la Germanwings. Toutefois, cette mesure a été levée un peu plus tard en raison, également, de risque pour la sécurité en multipliant la circulation dans le cockpit.

     

     
     


    L'autre enjeu concerne la santé mentale des pilote et copilote. On s'est aperçu que le copilote était en burn-out avec des tendances suicidaires. Il craignait notamment qu'on lui retirât sa licence de vol en raison d'une déficience visuelle (non avérée). Dans le mois qui a précédé le crash, il a consulté sept fois un médecin (généraliste, psychiatre, ophtalmologiste) et son médecin lui avait fait un arrêt de travail et l'avait jugé inapte au travail. Mais le copilote n'a pas transmis ces informations à sa compagnie. Il y a une contradiction entre le principe du secret médical et la sécurité des passagers d'une compagnie aérienne. Quatre avis d'arrêt de travail avaient été faits les 17 février 2015, 9, 12 et 19 mars 2015. Un médecin lui a même conseillé une « orientation vers un traitement en hôpital psychiatrique en raison d’une possible psychose ».

    L'enquête a montré également que le copilote était traité pour des troubles bipolaires et qu'on lui avait prescrit des somnifères, des anxiolytiques et des antidépresseurs, des médicaments qui, selon le professeur Bernard Debré, pouvaient avoir pour effet le passage à l'acte. Le copilote avait eu des épisodes dépressifs avant même sa formation de pilote ; en 2008, il a même été hospitalisé en raison de ses idées suicidaires, mais de 2010 à 2014, il a toujours obtenu le certificat médical nécessaire aux pilotes d'avion. C'est apparemment à partir de décembre 2014 qu'il « commence à présenter des symptômes qui pourraient être associés à un épisode dépressif psychotique », selon le rapport final du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA), l'organisme compétent en la matière dépendant du Ministère de l'Écologie (rapport n°BEA2015-0125 du 13 mars 2016). L'analyse toxicologique des tissus biologiques retrouvés du copilote a indiqué qu'il avait absorbé avant le vol des antidépresseurs et des somnifères.

     

     
     


    Là aussi, la rigueur devrait être de mise. Le contrôle des pilote et copilote en alcool, stupéfiants et psychotropes devrait être obligatoire et systématique à chaque embarquement. Pour certains psychiatres, le fait que le copilote ait entraîné 149 autres personnes dans sa mort et qu'il ait prémédité cet acte devrait qualifier ce crash aérien de tuerie de masse et pas de suicide. Ainsi, le psychiatre français Serge Hefez a estimé le 15 avril 2015 sur France Inter : « Tout un chacun n’assassine pas 149 personnes en se suicidant en dehors d’un contexte de guerre et tout en déclarant : "Je vais faire quelque chose qui va changer le système. Tout le monde connaîtra mon nom". Nous sommes dans le cadre d’un acte délirant, d’un sentiment de mégalomanie, d’une revendication paranoïaque à la reconnaissance, d’une tentation de toute-puissance décuplée par le côté "seul maître à bord après Dieu". ». Et le 30 mars 2015, le psychiatre allemand Andreas Reif, de l'Université de Francfort, y a vu un parallèle avec les tueries de masse dans les écoles (particulièrement aux États-Unis) : « Le fait que [le copilote] ait entraîné tant de personnes dans la mort et que ces personnes aient presque toutes été inconnues parle contre le suicide élargi. ».

    À l'époque de l'accident, il y a dix ans, ce fut un choc énorme en Europe : François Hollande (le Président français), Angela Merkel (la Chancelière allemande) et Mariano Rajoy (le Président du gouvernement espagnol) se sont rendus sur place le 25 mars 2015. Le roi d'Espagne Felipe VI était à Paris au moment de la tragédie, en visite d'État en France. Le 29 mars 2015 (dimanche des Rameaux) à Saint-Pierre de Rome, le pape François a rendu hommage aux victimes du crash aérien.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (22 mars 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Rapport final n°BEA2015-0125 du 13 mars 2016.
    Crash de l'A320 de Germanwings.
    L'accident aérien de Villa Castelli.
    L'accident de Millas.
    Le miraculé d'une collision ferroviaire.


     

     
     






    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250324-crash-germanwings.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/crash-de-l-a320-de-germanwings-258648

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/03/24/article-sr-20250324-crash-germanwings.html


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  • Covid-19 : il y a 5 ans, "Nous sommes en guerre" !

    « Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l'ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. Nous sommes en guerre. Toute l'action du gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l'épidémie. De jour comme de nuit, rien ne doit nous en divertir. (…) Nous sommes en guerre. J’appelle tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale qui a permis à notre pays de surmonter tant de crises par le passé. Nous sommes en guerre. La Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie, détermination, solidarité. Ils ont des droits sur nous. Nous leur devons évidemment les moyens, la protection. Nous serons là. » (Emmanuel Macron, allocution télévisée du 16 mars 2020).


     

     
     


    C'était il y a cinq ans, le lundi 16 mars 2020. J'allais écrire "déjà", mais à l'époque, c'était long, très long. L'amorce de la pandémie de covid-19, un événement mondial, renforcé avec la multiplication des échanges internationaux (personnes et marchandises) depuis une cinquantaine d'années, qui a d'abord été un immense drame humain, des centaines de milliers et des millions de personnes sont mortes de cette nouvelle maladie, hélas, certaines que je connaissais très bien. J'allais écrire "seulement" également, car finalement, nous sommes maintenant à des années, des siècles de cette pandémie. Les "gens" ont tourné la page, tout le monde a tourné la page, et souhaite même oublier. Ne plus penser à cette période terrible, comme si chacun vivait dans un film catastrophe.

    Moi, je n'ai pas oublié le drame humain. Je n'ai pas oublié tous les désinformateurs professionnels qu'on retrouve, les mêmes !, aux mêmes places dans la désinformation sur l'Ukraine, sur la défense européenne, sur la grandeur de la France (car il faut être un piètre patriote pour penser que la France n'est pas une grande nation et ne compte pas). Je n'ai pas non plus oublié le constat que de vrais scientifiques étaient capables de dire n'importe quoi à la télévision, au risque de mettre des vies en danger, pour d'obscures raisons personnelles, d'ego rancunier.

     

     
     


    Mais je n'ai pas oublié non plus des aspects très positifs (dans le malheur absolu), la résilience des peuples, la sagesse en tout cas du peuple français à sortir au plus vite de cette pandémie par la seule voie possible, par la grande porte, celle de la vaccination massive. Je n'ai pas oublié non plus la rapidité justement dans le développement d'un tel vaccin, et ses prometteuses perspectives sur les cancers et le sida. Je n'ai toutefois pas oublié non plus l'absence de la recherche française dans la conception du vaccin contre le covid-19, et sa nécessaire remise en perspective pour l'efficacité de ses pourtant nombreux et talentueux chercheurs.

     

     
     


    Le drame humain à l'échelle mondiale se mesure hélas par le nombre de décès provoqués par la maladie. Au 13 mars 2025, le décompte est terrible : officiellement, il y a eu près de 7,1 millions de décès enregistrés, mais beaucoup de décès n'ont pas été comptabilisés, et certains évaluent à plusieurs dizaines de millions de décès le bilan global de la pandémie.
     

     
     


    Cela fait de toute façon un choc terrible dans les pyramides des âges et les statistiques selon les différents pays sont difficilement comparables. Ainsi, en France, on a comptabilisé 168 153 décès dus au covid-19, un peu moins que l'Allemagne, et beaucoup moins que les États-Unis qui ont dépassé le million de décès (1,2 million). La mortalité en France (comprendre le taux de décès dus au covid-19 sur l'ensemble de la population) est de 0,26% (2,6 pour 1 000), ce qui est plutôt le niveau moyen-bas pour des pays industrialisés comparables (les États-Unis, ce taux est de 0,36%, au Royaume-Uni 0,34%, en Italie 0,33% et en Allemagne 0,21% ; l'ensemble de l'Union Européenne 0,28%).
     

     
     


    C'est en écoutant le Président Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du lundi 16 mars 2020 à 20 heures, après un jour et demi de rumeurs folles (blocage des villes par l'armée, par exemple) que le peuple français a compris l'extrême gravité de la pandémie et le début du premier confinement, le plus strict, qui a commencé le mardi 17 mars 2020 à midi pour une période indéterminée, suscitant de manière collatérale énormément de dépressions nerveuses, de séparations affectives, d'angoisse en général, etc. Depuis plusieurs jours, les commerces et les écoles avaient été fermés, mais le blocage complet de toute l'économie française n'a été mis en œuvre qu'à partir du 17 mars 2020. Le silence dans les rues urbaines désertes, la pureté du ciel bleu sans traces d'aéronef, ont donné au temps un étrange goût de fantastique, comme lors d'une éclipse totale du soleil.

     

     
     


    Les médias ont beaucoup regretté qu'Emmanuel Macron ait utilisé cette formule, « Nous sommes en guerre. », et cela quatre fois en quelques phrases. À l'époque, beaucoup avait pris conscience de la gravité avec cette métaphore guerrière. On dit maintenant cela rétrospectivement, en évoquant la guerre en Ukraine et en estimant qu'aujourd'hui, le Président de la République ne pourrait plus le redire. Sauf qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas non plus (encore) en guerre qu'il y a cinq ans. Nous sommes sous des menaces, ce qui est très différent. Pour éviter la guerre, il faut surtout définir les menace et prendre les moyens pour dissuader l'éventuel belligérant de nous attaquer.
     

     
     


    Au contraire, je pense que c'était très pertinent de dramatiser déjà en 2020. Cela signifiait qu'il y avait des crises qui nécessitaient d'agir selon l'intérêt national bien au-delà des intérêts partisans, alors que la démocratie française se meurt dans des cuisines politiciennes. Les crises majeures permettent de faire avancer un pays, parfois radicalement et sans doute involontairement. Cela dépend de la capacité à anticiper les enjeux futurs.

    Sans anticiper la guerre en Ukraine qui a surpris quasiment tout le monde, Emmanuel Macron a mis dès 2020 à l'ordre du jour l'importance de la France d'être souveraine sur le plan industriel, sur le plan pharmaceutique, sur le plan alimentaire. Cette souveraineté doit s'exercer à l'échelle européenne, et cette souveraineté européenne était déjà l'obsession de la politique d'Emmanuel Macron depuis son premier discours de la Sorbonne le 26 septembre 2017.

    Depuis l'agression de l'armée de Vladimir Poutine contre l'Ukraine le 24 février 2022, Emmanuel Macron n'a cessé de décliner cette souveraineté européenne sur le plan militaire, en réclamant une véritable Europe de la défense (ce que les parlementaires français avaient refusé il y a soixante-dix ans). En mars 2024, beaucoup ne prenaient pas encore au sérieux ce projet de défense européenne d'Emmanuel Macron.

    Mais en mars 2025, la prise de conscience est totale en Europe. Il n'y a guère que parmi les partis populistes en France qu'on reste aveugle face à la menace non seulement de la Russie de Vladimir Poutine mais aussi de la fin de la fiabilité de la solidarité de sécurité des États-Unis de Donald Trump. Paradoxalement, ce sont les pays européens les plus résolument atlantistes qui maintenant rejoignent le projet de la France qui a toujours été le même depuis De Gaulle, celui de l'indépendance militaire par rapport aux États-Unis, en particulier l'Allemagne et la Pologne.


     

     
     


    C'était le sens du discours du Président Emmanuel Macron le 11 mars 2025 à Saint-Ouen, pour la pose de la première pierre du nouveau siège de la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure), en taclant les responsables extrémistes français : « La sécurité des Français est la priorité absolue du gouvernement, elle est la mienne, avec la conscience de son urgence qui a guidé notre action depuis 2017. (…) Alors, je veux vous le dire, madame la directrice générale, à vous, à vos agents, sous l'autorité du Ministre de l'Intérieur, vous avez la confiance de la Nation, et ma confiance. La France investit massivement pour vous, pour vous mettre dans la meilleure des situations, pour nous protéger, parce que nous savons qu'avec vous, nous avons les meilleurs professionnels, les plus engagés (…). Alors soyez fiers de ce que vous faites. Une Nation choisit toujours ses priorités, et la sécurité et la défense en sont qui s'imposent aujourd'hui à l'évidence. J'entendais dans les débats ces derniers jours des gens qui, en quelque sorte, remettaient en cause la menace géopolitique. Le Président de la République inventerait la menace russe. La vraie menace, c'est le terrorisme. Parfois, ils ont d'autres obsessions même. Mais on n'a pas attendu de lutter contre la menace terroriste. Vous en êtes l'incarnation et les chiffres que je viens de rappeler en sont la preuve. Ces gens-là n'ont pas suivi l'actualité manifestement. Une grande nation, elle n'a pas à choisir, elle a à répondre. Et elle n'a pas décider de lutter contre les menaces géopolitiques qui s'imposent à elle ou contre les menaces sur son sol projetées par les terroristes. Elle a à faire les deux en même temps. C'est ce que nous faisons. (…) Alors, à l'heure où l'équilibre du monde se reconfigure, où ceux qu'on croyait acquis s'éloignent et où ceux qui paraissaient exclus se rapprochent, il nous faut, en effet, défendre ces valeurs indéfectibles de notre République parce que nous n'avons aucunement envie de subir. Nous voulons choisir le destin qui est le nôtre. Et pour cela, pour que la France ait pleinement sa place, il faut ce droit en quelque sorte à la vie tranquille, ce qui fait l'engagement de l'ensemble de nos forces de sécurité intérieure, de nos forces armées, de nos magistrats et de l'ensemble de nos services de renseignement. ».
     

     
     


    La souveraineté et l'indépendance, la France s'en en donné les moyens depuis 2017 avec ses deux lois de programmation militaire. Le budget des armées aura doublé d'ici à 2030. Le général Nicolas Richoux, docteur en histoire et ancien commandant de la 7e brigade blindée, l'a confirmé le 7 mars 2025 sur Twitter : « En 2017, le budget de la défense était de 32,7 milliards d'euros. Il est désormais à 50,5 milliards d'euros. Soit une augmentation de 54%. Première loi de programmation militaire tenue de toute ma carrière. Du jamais vu. Bravo Emmanuel Macron ! ».

    La crise du covid-19 a permis d'être en capacité de dégager des investissements massifs lorsque c'était nécessaire, et cela au niveau européen. C'est le sens de l'annonce des 800 milliards d'euros, lors du Conseil Européen extraordinaire du 6 mars 2025 à Bruxelles, pour investir massivement dans les armées des États membres de l'Union Européenne afin de remplacer la protection américaine de plus en plus incertaine.

    Quand Emmanuel Macron s'était représenté devant les électeurs en 2022 pour leur solliciter un second mandat, il avait avancé qu'il était d'abord un Président de crise et qu'il savait réagir au mieux des intérêts nationaux. Cela se confirme en 2025. Et cela quoi qu'on en pense de la personne du Président de la République. Il fait le job, et si on ne le remercie pas aujourd'hui, on le remerciera demain, comme c'était le cas de De Gaulle. On tremble à imaginer à sa place, aujourd'hui, des personnalités comme Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon. Et quelques autres...


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (13 mars 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Covid-19 : il y a 5 ans, "Nous sommes en guerre" !
    Covid : attention au flirt !
    Katalin Kariko et Drew Weissman Prix Nobel de Médecine 2023 : le vaccin à ARN messager récompensé !
    Covid : la contre-offensive du variant Eris.
    Zéro covid ?
    Covid-19 : Didier Raoult et des essais cliniques sauvages ?
    La Science, la Recherche et le Doute.
    Les confinis de Pierre Perret.
    Covid-19 : il y a trois ans, le choc, la sidération et la désolation...
    Covid-19 : de bonnes nouvelles de Chine (et de moins bonnes nouvelles).
    Covid-19 : où en est l'épidémie en France au 12 janvier 2023 ?
    Réintégration du personnel soignant non-vacciné.
    Vaccination contre le covid-19 : l'égarement du gouvernement.
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    Contagion.
    La sécurité des personnes face aux dangers : meurtres, route, covid-19, environnement, climat...
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    Covid-19 : 150 000 décès en France et l’omicron BA.5 en pleine hausse.
    Attention, le covid-19 est de retour !
    Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
    Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
    Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?
     


     

     
     





    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250316-covid-gm.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-il-y-a-5-ans-nous-sommes-259333

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/03/13/article-sr-20250316-covid-gm.html


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  • Automobilistes franciliens, attention à la voie du covoiturage sur le périph !

    « Il faut rappeler quand même que Paris c'est 2 millions d'habitants et qu'il y a tous les jours un million de salariés qui rentrent dans la ville et 2 ou 3 millions d'autres personnes. Le périphérique, il est entre tout ça. Donc, essayer, pourquoi pas, mais la vraie question c'est : est-ce qu'on a envie de covoiturer sur des trajets du quotidien ? Quand c'est tous les jours, c'est autre chose, parce qu’on rentre dans l'intimité d'un quotidien et est-ce qu'on a envie de se voir tous les jours avec un voisin de palier ? Ce n'est pas sûr du tout. » (Jean Viard, sociologue, le 2 mars 2025 sur France Info).




     

     
     


    Ah non, l'image n'est pas contractuelle ! Elle est issue d'une publicité pour Blablacar, l'application française de covoiturage bien connue. En fait de bande de copains joyeux roulant au milieu d'une végétation luxuriante, il faut plutôt voir un automobiliste francilien seul, honteusement seul, au volant de son véhicule, roulant dans une zone ultrabétonnée, le matin, exaspéré sinon furieux de voir la durée des bouchons sur le périphérique augmenter. On appelle cela l'autosolisme, le fait de conduire seul, ce qui correspond à environ 80% des usagers de la route (1,24 personne par véhicule en moyenne, et même 1,10 sur les trajets domicile-travail).

    La raison ? À partir de ce lundi 3 mars 2025, en concertation avec la préfecture de police de Paris et la préfecture de la région Île-de-France, la ville de Paris a mis en place sur le périphérique parisien une voie de covoiturage, la voie de gauche. Elle existe aussi sur le début de l'autoroute A1, au nord, et sur le début de l'autoroute A13, à l'ouest. Sur le périphérique parisien, seul le tronçon sud, entre la Porte de Bercy et le Quai d'Issy, est épargné par la mesure, et sera inclus dans le dispositif dans un temps ultérieur.

    Comme toujours, cela commence par de l'expérimentation, mais on sait très bien ce que cela signifie. Espérons que l'évaluation sera correctement faite avant que le dispositif soit définitif. Ainsi, sur ces tronçons où la circulation automobile est particulièrement dense, quand le losange blanc est allumé, cette signalétique signifiant que la voie de gauche est réservée au covoiturage, il sera interdit d'y accéder si on est tout seul dans son véhicule. On ne précise pas si l'on transporte des chats ce qu'il advient. En fait, si, on le précise ; un animal de compagnie n'est pas considéré comme un passager. En revanche, le système reconnaît les enfants, même dans un siège enfant à l'arrière.

     

     
     


    Cette voie réservée est activée en semaine, du lundi au vendredi, de 7 heures à 10 heures 30 et de 16 heures à 20 heures. C'est la voie de gauche qui a été choisie pour ne pas perturber l'accès aux bretelles de sortie ou d'entrée. Quand il y a trop de bouchon, les autorités (la préfecture de police) pourront quand même désactiver le dispositif (éteindre le losange blanc) malgré ces horaires et tenter de refluidifier le trafic. De même, lorsque le trafic est faible, l'activation ne sera peut-être pas faite car inutile.
     

     
     


    Ceux qui ont accès à cette voie spéciale sont les véhicules transportant au moins deux personnes, les transports public collectifs (bus scolaires), les taxis, les VTC en charge, les deux-roues motorisés en circulation interfile, les véhicules des services de secours et des forces de sécurité, dont les ambulances privées, et les personnes détentrices de la carte mobilité inclusive stationnement (il faut s'inscrire sur une plate-forme pour être reconnu par les radars). En outre, les camions de plus de 3,5 tonnes transportant de la marchandise ne sont pas autorisés sur cette voie.
     

     
     


    Qui dit contrainte dit bien sûr contrôle. Le contrôle est réalisé par un double radar qui, à l'aide de l'intelligence artificielle, détermine le type de véhicule roulant sur la voie réservée et le nombre de personnes transportées. Au début, il n'y aura que des contrôles pédagogiques et les premières amendes seront envoyées à partir du 1er mai 2025, histoire de fêter le muguet ! L'amende est classique, d'un montant de 135 euros, et est délivrée par vidéo-verbalisation assistée par ordinateur (VAO).
     

     
     


    Attention aux petits malins qui mettraient leur poupée gonflable ou leur Gaston Lagaffe en latex sur le siège du passager avant (comme cela arrive parfois aux États-Unis pour tromper les contrôles). Les radars sont dotés de cellules thermiques et pourront donc distinguer le vrai du faux passager. En cas de verbalisation, cela pourrait donc aller beaucoup plus loin que la simple amende puisqu'il y aura eu une volonté de frauder (le contrevenant risque jusqu'à 350 000 euros d'amende !).

     

     
     


    En fait, le principe de voie réservée n'est pas nouveau en France. Il existe déjà dans plusieurs grandes agglomérations, en particulier à Lyon (je l'ai expérimenté), à Grenoble, à Lille, et même à Paris et les autoroutes s'y concentrant, cela a été fait pendant toute la période des Jeux olympiques et paralympiques. Je l'ai aussi expérimenté notamment sur l'A86 et l'A4, mais avec une autre définition des véhicules autorisés (il ne s'agissait pas de covoiturage dans ce cas-là). Certains ont cru intelligent de faire un bilan positif sur le trafic automobile, mais en oubliant que cette période était la période estivale, donc beaucoup plus légère en termes de circulation (tous les Franciliens qui roulent habituellement dans l'agglomération parisienne soufflent un peu pendant les périodes estivales).

     

     
     


    Incontestablement, cette nouvelle mesure va engendrer des embouteillages de plus autour de Paris et les banlieusards seront plus impactés que les Parisiens intra muros qui n'ont pas besoin de se déplacer en automobile. De même, l'idée de faire du covoiturage récurrent pour le trajet domicile-travail est intéressante mais assez illusoire, comme l'a dit le sociologue Jean Viard le 2 mars 2025 sur France Info : on n'a pas forcément envie de vivre quotidiennement avec son voisin. Il existe de plus des difficultés pour s'organiser : d'une part, beaucoup de personnes ne savent pas forcément exactement à quelle heure ils rentreront du travail ; d'autre part, il peut y avoir besoin de faire des courses, ou des activités culturelles ou sportives, chercher les enfants à l'école, etc. et cela pas nécessairement de manière anticipée.

    Toutefois, c'est aussi un changement de culture et de mode de vie. Ne pas s'éterniser au bureau et prendre peut-être un rythme plus régulier en semaine. Un changement plutôt vertueux puisqu'il tend à réduire le nombre de véhicules en circulation, ce qui réduit la pollution atmosphérique et sonore.

    Comme pour la limitation du périphérique parisien à 50 kilomètres par heure (au lieu de 70), je suis donc plutôt favorable à cette mesure qui n'empêche personne de se déplacer, cela ne met que quelques contraintes supplémentaires. Le périphérique parisien est la partie la plus polluée de l'agglomération parisienne (2 à 2,5 fois supérieure à Paris intra muros). Chaque jour, 1,5 million d'automobilistes se déplacent sur le périphérique, polluant 550 000 riverais dont certains mourront de maladie respiratoire.
     

     
     


    La réduction de la vitesse sur le périph n'était pas forcément une mesure de bon sens (il y a une vitesse optimale pour réduire au maximum la pollution des véhicules thermiques, cela dépend du véhicule mais elle est plutôt autour de 60 kilomètres par heure), mais il faut être honnête. En ce qui me concerne, si je roule déjà à 40 kilomètres par heure, je suis content vu que les bouchons y sont nombreux. La baisse de la vitesse est, pour les riverains, une mesure de salubrité publique afin de réduire la pollution sonore.

    En revanche, je suis beaucoup plus réservé sur l'interdiction des véhicules dits polluants (mais parfois, moins polluants que des gros SUV récents) dans les zones à faibles émissions (ZFE) car, pour le coup, cela empêche réellement certains automobilistes de se déplacer, en particulier les moins aisés, ceux qui doivent habiter en lointaine banlieue faute de moyens, et, surtout, qui n'ont pas les moyens de s'acheter une voiture neuve ou une voiture électrique. Du reste, leurs véhicules d'occasion dits polluants devraient pouvoir continuer à rouler jusqu'à la mort réelle du véhicule et pas mis à la casse avant, car globalement, c'est beaucoup moins écologique de mettre à la casse des automobiles encore en bon état de fonctionnement.

    On ne pourra jamais faire admettre l'importance (réelle) de la transition écologique si l'on discrimine ainsi socialement les citoyens de notre pays. Les centres-villes ne doivent pas être réservés aux personnes riches, interdites des gueux placés dans les lointains faubourgs pollués, dans une France à deux vitesses. Parce que tout simplement, c'est un mauvais calcul, dès lors que nous restons une démocratie. À l'instar des gilets jaunes, si nous ne comprenions pas la situation des personnes les plus précaires, des mouvements populistes prendraient alors un jour le pouvoir et remettraient en cause toutes les mesures favorables à l'environnement, y compris les bonnes mesures, intelligentes, c'est-à-dire, au moins, efficaces et non discriminantes socialement.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (02 mars 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Automobilistes franciliens, attention à la voie du covoiturage sur le périph !
    Foire aux questions sur Notre-Dame-des-Landes.
    A69, autoroute erratique !
    Méfiez-vous du péage par smartphone sur les autoroutes !
    5 ans de prison dont 2 ferme pour Pierre Palmade.
    Tristesse.
    Contrôle médical obligatoire pour le permis de conduire : une erreur de vision ?
    Émotion nationale pour Alexandra Sonac et sa fille adolescente.
    Claude Got.
    Création du délit d'homicide routier : seulement cosmétique ?
    Le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du lundi 17 juillet 2023.
    Le refus d'obtempérer est un délit routier.
    Faut-il interdire aux insomniaques de conduire ?
    Faut-il en finir avec le permis de conduire à vie ?
    L'avenir du périph' parisien en question.
    Fin du retrait de point pour les "petits" excès de vitesse : est-ce bien raisonnable ?
    Les trottinettes à Paris.
    L'accident de Pierre Palmade.
    La sécurité des personnes.
    Anne Heche.
    Diana Spencer.
    100 ans de code de la route.
    80 km/h : le bilan 2018-2020 très positif.


     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250303-covoiturage-peripherique.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/automobilistes-franciliens-259653

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/03/03/article-sr-20250303-covoiturage-peripherique.html


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  • Jeanne Calment, doyenne historique de l'humanité

    « On s'était fait à l'idée que Jeanne Calment ne nous quitterait jamais. Chaque année, on se retrouvait autour d'elle, sa grande famille arlésienne, et elle était notre grande sœur. Elle nous montrait le chemin de la vie, de la curiosité, de l'appétit de vivre, de la force de vivre. » (Michel Vauzelle, à l'époque maire PS d'Arles, le 4 août 1997 sur France 2).




     

     
     


    Sur cette première photo, la jeune femme qui posait vaillamment montrait un évident goût pour la vie, elle buvait et même, elle fumait, mais modérément. Elle s'appelait Jeanne Calment et elle est née il y a 150 ans, le 21 février 1875 à Arles, le lendemain de la naissance de l'héroïque Marie Marvingt.

    Elle était tellement bonne vivante qu'elle a sorti un disque sur le tard, à l'âge de 121 ans, un CD single intitulé sobrement "121" en 1996. Elle chantait du rap sur fond de musique électronique. J'imagine que c'était une opération lucrative dont la supercentenaire était l'instrument. Un peu avant, elle a aussi tourné dans un ou deux films où elle a joué son propre rôle.

    Jeanne Calment est connue pour avoir été la doyenne de l'humanité, la doyenne historique puisqu'elle est celle qui a vécu le plus longtemps avec la certitude de sa date de naissance. Elle est morte le 4 août 1997 à Arles, c'est-à-dire à l'âge de 122 ans et 164 jours. Personne, à ce jour, n'a vécu aussi longtemps qu'elle. La personne qui est juste après elle, dans ce curieux championnat de longévité, a vécu trois ans de moins, ce qui est énorme ! Jeanne Calment est née un peu moins que dix ans avant mon arrière-grand-mère, et elle a réussi à lui survivre pendant plus de trente ans, c'est impressionnant.

    On peut penser avec raison à l'excellent film de Pierre Tchernia, "Le Viager" (sorti le 25 janvier 1972), avec l'inénarrable Michel Serrault jouant le centenaire et se jouant de son médecin Michel Galabru qui avait acheté sa maison en viager. Ce fut le cas aussi pour Jeanne Calment qui a vendu à l'âge de 90 ans, en mai 1965 (donc six ans avant le film), sans héritier direct, son appartement en viager à son notaire âgé de 47 ans. Le notaire est mort un an et demi avant elle. La famille de celui-ci a finalement payé l'appartement deux fois le prix du marché (méfiez-vous du viager !).

    1875, il faut encore se rendre compte dans quelle époque elle est née : juste après la guerre de 70 (comme on disait) et le début de la Troisième République. Née sous Patrice de Mac Mahon, elle a "connu" vingt Présidents de la République jusqu'à Jacques Chirac (sans compter Philippe Pétain). Elle avait plus de 15 ans quand De Gaulle est né. Un p'tit jeune, le Général !


     

     
     


    Elle s'est mariée à l'âge de 21 ans avec un mari assez riche (doublement cousin avec elle), ce qui lui a permis de ne pas travailler et d'avoir des loisirs de milieux aisés, comme le piano, l'opéra, le tennis, la natation, le patin à roulette, selon le "New York Times". Vivre ses passions, c'est ça qui donne la longévité !

    À la mort de la doyenne, Jacques Chirac l'a saluée et a confié : « Si elle était sensible aux attentions qu'on lui portait à chacun de ses anniversaires, elle s'amusait un peu aussi de toute cette agitation médiatique. ». Elle a été enterrée le 6 août 1997 à Arles et a rejoint sa fille unique (née le 19 janvier 1898), son gendre, son unique petit-fils (mort à 36 ans) et son neveu.

    Jeanne Calment a d'abord été la doyenne des Français à partir du 20 juin 1986, puis la doyenne de l'humanité à partir du 7 juillet 1990, et à ce jour, elle est donc la personne qui a vécu le plus longtemps et dont on a pu démontrer les dates de naissance et de décès.

    D'ailleurs, Jeanne Calment a commencé à être connue par les médias avec la célébration du centenaire de la visite de Vincent Van Gogh à Arles. À cette occasion, celle qui était déjà la doyenne des Français (elle allait avoir 114 ans) a été interrogée le 21 janvier 1989 par le journaliste Bernard Rapp (né exactement soixante-dix ans moins quatre jours après la doyenne) dans son émission culturelle "L'assiette anglaise" pour expliquer qu'elle avait rencontré le grand peintre durant cette visite célébrée, elle était alors adolescente, et Van Gogh serait venu dans la boutique de son mari acheter des toiles. Elle a été déçue car, selon elle, le peintre était moche, imbibé d'alcool et allait régulièrement dans des maisons closes. Dès lors, Jeanne Calment est devenue la coqueluche des médias, principalement à chacun de ses anniversaires jusqu'à ses 122 ans.

     

     
     


    Évoquons une théorie complotiste provenant de deux supposés scientifiques russes (un mathématicien qui n'a aucune compétence en généalogie et un gérontologue) en décembre 2018 selon laquelle ce n'aurait pas été Jeanne Calment qui était morte le 4 août 1997, mais sa fille Yvonne Billot qui aurait falsifié le décès de sa mère le 19 janvier 1934 (en fait, c'était la fille qui est morte à cette date). La théorie se basait, comme dans toute polémique complotiste, sur des "faits troublants" et sur l'intérêt à avoir usurpé l'identité de sa mère (pour une obscure fraude à l'héritage dont j'ai un peu de mal à comprendre le mécanisme et qui n'a jamais eu d'exemple en France).

    Cela a amené l'INSERM, mis en cause, à rédiger une mise au point le 11 janvier 2019 : « Il n’est pas du ressort de l’INSERM de soutenir une quelconque demande d’exhumation qui ne relève pas de son domaine de compétences. Dans le domaine de la recherche scientifique, c’est à celui qui propose une nouvelle hypothèse ou qui prétend avoir trouvé des faits nouveaux que revient la charge de la preuve. Ce n’est pas aux chercheurs de l’INSERM d’étayer la théorie des contestateurs russes. Leurs arguments, s’ils en ont, doivent être soumis à un journal scientifique à comité de lecture à qui revient la responsabilité de valider la robustesse des travaux menés. ».
     

     
     


    Pourquoi l'INSERM a-t-il été mis en cause ? Parce que c'est un chercheur de l'INSERM spécialisé en santé publique qui a certifié la véracité de l'âge de Jeanne Calment. En effet, Jean-Marie Robine, gérontologue et démographe, directeur de recherches à l'INSERM, également directeur d'étude à l’École pratique des hautes études et chercheur associé à l’Institut national d’études démographiques, a publié en 1998 dans la revue "Science", en association avec le docteur Michel Allard de la Fondation Ipsen, un article intitulé "The Oldest Human" où il a fait part de son analyse pour certifier l'âge de la supercentenaire, notamment grâce à quinze heures d'enregistrement de Jeanne Calment sous la forme d'une trentaine d'entretiens réalisés entre 1992 et 1995. Ces deux chercheurs, qui comptent à leur actif plus d'une centaine de publications dans des revues à comité de lecteur, ont mis au point un protocole pour étudier les supercentenaires, et ont publié en 2010 une base de données sur les âges des supercentenaires qui a été validée par quinze pays.

    Dans une interview publiée le 7 janvier 2019 dans "La Recherche", Jean-Marie Robine (interrogé par Audrey-Maude Vézina) a mis en doute le sérieux des auteurs de cette polémique : « Ils se prétendent chercheurs, mais ils n'ont rien publié d'autre. Cette pseudo-étude qu'ils ont sortie en ligne a fait réagir. Cet emballement est le signe de la puissance des réseaux sociaux parce qu’il n’y a pas d’étude digne de ce nom. Relativement peu de chercheurs travaillent sur les limites de la longévité humaine. En règle générale, on ne parvient pas à répondre de manière précise et c’est décevant. ».
     

     
     


    Et à la question "Comment être certain de l'âge de Jeanne Calment :?", il a répondu : « Il n’y a jamais de certitude en science. Il y a toujours une chance de se tromper. Cela peut être extrêmement faible mais, dans toutes les distributions mathématiques, il y a toujours une chance. J’ai entendu le démographe Nicolas Brouard réagir en disant que la chance d’atteindre 120 ans était de 1 sur 60 milliards. Si c’est vrai, cela ne veut pas dire qu’il faut que l'on ait 60 milliards d’habitants pour que cette chance se réalise. Ce n’est pas parce que l’on a une chance sur 60 milliards que cette chance doit sortir à la naissance de la 60 milliardième personne. Elle peut apparaître n’importe quand. On peut même en avoir deux ! C’est le problème des événements extrêmement rares. Peut-être que, effectivement, il n‘y a qu’une chance sur 60 milliards et que Jeanne Calment est cette chance-là. ».

     

     
     


    Jean-Marie Robine a étudié l'environnement génétique de Jeanne Calment et manifestement, elle disposait d'un patrimoine génétique propice à la longévité car ses ascendants familiaux ont, eux aussi, eu beaucoup de longévité. Certains démographes excluaient même l'âge de 120 ans, plaçant le plafond de verre à 116 ans. Mais, à ce jour, on a déjà enregistré trente-trois personnes qui ont dépassé leur 116e anniversaire, dont une encore vivante, l'actuelle doyenne de l'humanité, Sœur Inah (Inah Canabarro Lucas), une religieuse brésilienne née le 8 juin 1908 (mon grand-père est né quatre jours plus tard, mais il est parti il y a déjà un quart de siècle !). Et cela sans compter les personnes dont l'état-civil n'est pas connu.
     

     
     


    Le chercheur a conclu ainsi : « Nous avons longuement interrogé Jeanne Calment. De temps en temps, des confusions apparaissaient dans les entretiens, mais elle avait 117 ans. Trois scientifiques lui ont posé des questions dans tous les sens, en revenant sur des événements. Elle disait parfois “mon père” au lieu de “mon mari”, mais elle nous racontait des histoires qui se sont déroulées lorsqu'elle avait 20 ans. Lorsque vous avez l'habitude de travailler avec des personnes âgées et très âgées, ce type de confusion ne vous étonne guère. (…) Admettons un moment que l’hypothèse russe soit vraie et que la famille ait fraudé. Ce serait vraiment le crime parfait ; on aurait affaire à des champions de la fraude. Nous avons rencontré une trentaine de fois et soumis à un nombre incroyable de questions une dame qu’on croyait être âgée de 117 ans et plus. Si c’est sa fille, on aurait eu affaire à une dame de 94 ans qui ne serait pas Jeanne Calment. D’entretien en entretien, on revenait sur les mêmes histoires, on l’a vraiment "torturée" de ce point de vue-là. Et jamais cette dame ne se serait trompée ? Si c’est vrai, ce ne serait pas la dame qui a vécu le plus longtemps, mais ce serait la femme qui avait le cerveau le plus gros au monde. ».
     

     
     


    Une contre-enquête se référant à des documents qui n'avaient pas été encore exploités a été publiée le 16 septembre 2019 aux États-Unis dans la revue scientifique "The Journal of Gerontology". Cette publication a contredit point par point toutes les allégations des auteurs de la théorie complotiste et a certifié l'âge qu'avait Jeanne Calment à son décès, à savoir 122 ans. La polémique est donc close depuis cette date.

    Cette polémique a eu quand même un intérêt, c'est de médiatiser un domaine que la science a peu investigué et qui se résume au fond par cette question : jusqu'à quel âge l'être humain pourrait-il vivre ? Y a-t-il un plafond qu'un être humain ne pourrait jamais dépasser ? Car à ce niveau-là, une vie saine ne suffit pas. La vieillesse est là partout et les organes et muscles s'usent, le cœur et les reins sont les plus fragiles et, au contraire des yeux, sont vitaux pour continuer à vivre.

    Ce qui est notable aussi, c'est que Jeanne Calment n'a jamais quitté Arles et y a toujours habité, de sa naissance à sa mort. En clair, elle est la nouvelle légende de L'Arlésienne !


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (15 février 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Jeanne Calment.
    Lucile Randon (Sœur André).
    8 milliards de Terriens, et moi, et moi, et moi...
    Notre arbre généalogique.







    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250221-jeanne-calment.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/jeanne-calment-doyenne-historique-258945

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/02/18/article-sr-20250221-jeanne-calment.html



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  • Repose en paix Louise, on ne t'oubliera pas !

    « La haine ? Encore une idée. Ce qui n'est pas une idée, c'est le meurtre. » (Albert Camus, 1949).





     

     
     


    Tristesse infinie depuis la découverte du corps de Louise, une collégienne de 11 ans, qui sortait de sa classe de sixième à 14 heures le vendredi 7 février 2025. Depuis, les bouquets de fleurs et les peluches s'amoncellent près du mur du Collège André-Maurois à Épinay-sur-Orge, dans l'Essonne, avec ce petit mot : « Repose en paix Louise, on ne t'oublieras pas ! ». Louise a été retrouvée dans la nuit du vendredi au samedi, hélas sans vie, plusieurs fois poignardée sauvagement, avec beaucoup de violence. C'est ce qui peut arriver de pire pour des parents.

    L'émotion évidemment a fait que ce meurtre a fait la une des journaux depuis ce week-end. Sur certaines chaînes de télévision, comme CNews, il y avait de quoi avoir la nausée en entendant ces soi-disant experts en tout généraliser à outrance, évoquer de manière très générale (et cela à chaque nouveau drame) à quelle point la société a dégénéré, à quel point la société s'est ensauvagée (ensauvagement, c'est même le mot employé par Bruno Retailleau). Et pourtant, faut-il rappeler qu'assassiner sciemment des petits enfants, ce n'est hélas, trois fois hélas, pas une innovation ? Le Petit Grégory s'en retournerait dans sa tombe en entendant autant d'inepties.

    Et puis la recherche du meurtrier a pris le dessus. Le côté feuilleton policier donne également la nausée. Après la garde-à-vue de plusieurs personnes mises ensuite hors de cause, le meurtrier présumé a été arrêté et interrogé. Il a avoué le meurtre ce vendredi 12 février 2025 après des preuves impossibles à rejeter (et après un long silence). La veille, on pouvait prouver que son ADN a été retrouvé sur les mains de Louise.

     

     
     


    Il y a une sorte de clivage démentiel entre le meurtrier et sa victime. Sur les quelques photographies publiées, la fillette paraît très mûre, à l'aise dans la vie, souriante, intelligente, pleine d'avenir. Ce que dit l'enquête, c'est qu'elle aurait résisté avec acharnement, ce que prouvent des marques sur son corps mais aussi celui de son meurtrier. Elle a fait preuve de courage.

    Quant au meurtrier, son nom a été révélé, que je ne souhaite pas écrire ici pour ne pas lui faire de la publicité, mais, comme pour l'assassinat de Lina, l'auteur présumé a un nom bien français, pas du tout étranger. En ce qui me concerne, je me moque du nom, ce que je préfère savoir, c'est pourquoi, mais pour beaucoup de monde ici, en France, l'origine des meurtriers est importante pour démontrer que l'immigration provoque des crimes. Pour Louise, comme pour Lina, ce n'est pas le cas. Pas de possibilité de récupération politicienne, l'air sera plus respirable sur certains plateaux de télévision.

    Lors de sa première conférence de presse le 12 février 2025, le procureur d'Évry Grégoire Dulin a exposé précisément tout ce qui s'est passé du vendredi au mercredi. Il l'a raconté, en lisant, comme on lit la Passion pendant une messe des Rameaux. Ainsi, l'alerte pour la disparition de Louise a été donnée par ses parents dès 15 heures, parce que le smartphone de l'enfant restait éteint. Très vite, le reste de la fratrie a mis des annonces dans les réseaux sociaux, et la police a commencé aussi à s'activer. Tout est allé très vite... mais cela n'a pas suffi à empêcher l'irréparable.


     

     
     


    La motivation de l'auteur présumé n'est pas encore très clairement comprise. D'un naturel violent et agressif (sa propre sœur refusait de le revoir depuis une agression en 2023 suivie d'une main courante), le jeune homme (étudiant en informatique) serait en pleine addiction aux jeux vidéo et il serait sorti dehors le vendredi après-midi après une dispute avec un autre joueur en ligne. Pour "se détendre", il aurait choisi de voler dans son quartier. Il ne connaîtrait pas sa future victime et l'aurait entraînée dans le bois voisin sous prétexte qu'il avait perdu quelque chose. Et il l'aurait menacée d'un Opinel pour lui dérober ses affaires. La fille aurait crié, il l'aurait frappée violemment à plusieurs reprises et aurait ensuite fui.

    Si ces informations étaient confirmées, cela signifierait que Louise s'est seulement trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Le 4 février, l'auteur présumé aurait déjà tenté la même chose mais la potentielle victime avait refusé de le suivre dans le bois.

     

     
     


    Pourquoi les détails d'un tel drame sont-ils importants ? Tous les détails d'un crime, par définition, sont sordides. Mais ils sont importants pour une raison simple : était-il possible de l'éviter ? La puissance publique aurait-elle pu l'éviter ? Et que faire, quelles mesures prendre pour réduire le risque d'un nouveau drame comme celui-ci ?

    C'est bien trop tôt pour répondre, d'autant plus que c'est d'abord le temps de l'émotion, celle de la famille, des amis, des camarade de classe, de tout un collège, une ville, voire un pays. Là, il semble que réduire l'immigration n'aurait pas empêché le crime. Le problème semblerait, à mon sens, triple : d'abord, une addiction aux jeux vidéo qui peut devenir problématique ; ensuite, un problème de santé mentale pour le meurtrier présumé qui n'a jamais été traité, et il ne doit pas être seul dans ce cas, il faudrait savoir si l'obsession des jeux vidéo peut entraîner une telle éruption de haine et de violence ; enfin, l'encadrement des enfants qui rentrent de l'école doit sans doute être plus rigoureux, d'autant plus qu'en sixième, les élèves sont plus autonomes, leurs horaires plus variables qu'au primaire.

    On l'a répété au début de la semaine, dans la crainte d'une récidive tant que l'auteur présumé n'était pas sous les verrous : ne jamais rentrer de l'école seul, se méfier de toute personne suspecte, etc. Les caméras de vidéoprotection n'auraient pas suffi à empêcher ce meurtre, mais elles peuvent apporter beaucoup d'indices pour remonter au criminel. C'était le cas ici où l'on voyait un jeune homme qui suivait Louise jusqu'au bois. L'enquête de voisinage a permis d'identifier le suspect. L'analyse ADN, rapide, a permis aussi de conforter les soupçons. Enfin, le smartphone de Louise, retrouvé près d'elle, a donné d'autres éléments précieux dans l'enquête.

    Certains demandent déjà qu'il y ait plus de policiers (en civil) aux abords des écoles pendant l'heure des sorties des classes. Mais c'est comme les caméras. D'une part, il faut pouvoir encore se permettre d'embaucher massivement ces policiers (et donc, il faut bien trouver une solution pour les financer, les payer, soit par les impôts, soit par autre chose). D'autre part, on ne peut pas "fliquer" toute la société partout, mettre des caméras partout, des policiers tous les vingt mètres, car il y aura toujours des "trous dans la raquette" comme on dit, et le potentiel meurtrier saura toujours trouver une faille. On le voit pour les attentats terroristes : la police a pu déjouer des dizaines de tentatives d'attentat depuis quelques années, mais malheureusement, pas toutes les tentatives.

    Il y a bien sûr l'éducation, celle des potentielles victimes de ne pas se laisser faire, ce qui semblerait être le cas de Louise dont les parents, comme d'autres, avaient mis en garde contre le risque avec des inconnus, mais aussi celle des potentiels criminels pour qui la vie semble avoir de moins en moins de valeur. Est-ce un mouvement général de la société provoqué par l'abêtissement généralisé par les smartphones, réseaux sociaux sots, jeux vidéo violents, etc. qui entraînent certains individus à déborder de haine et de violence, n'ayant plus de relations sociales, de contacts humains, et même d'exercice physique ? Ou faut-il ne considérer là, hélas, que comme un cas exceptionnel, une singularité, comme souvent dans chaque meurtre, une concordance de causes, comme dans beaucoup d'accidents, au risque insensé de tomber dans un fatalisme qui serait insupportable pour les proches de Louise ?

     

     
     


    S'il y a des exploiteurs professionnels de crimes, des récupérateurs politiques professionnels de crimes, c'est aussi parce que les gouvernements ont sans doute joué à la fois sur une certaine forme de fatalisme (comment empêcher, dans un État libre, un tel crime ?) et sur une certaine forme de lâcheté, celle d'afficher quelques mesures peut-être visibles mais creuses, sans efficacité, pour faire semblant d'avoir pris les choses en main.

    Personnellement, je n'ai pas de solution immédiate à l'esprit. Plus généralement, l'existence du mal pour le mal me met mal à l'aise car ce meurtre est finalement très stupide, sans intérêt, ni d'amour ni d'argent (même si c'était l'objectif premier). L'auteur présumé paraît aussi déséquilibré que violent, aussi bête qu'agressif. Malheureusement, il doit y en avoir d'autres qui errent dans la société et qui peuvent aussi passer à l'acte. N'oublions jamais : la traduction directe de la haine, c'est le meurtre.

    Les acteurs politiques, qu'ils soient au gouvernement ou au Parlement, qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition, doivent réfléchir, hors posture d'affichage, sur les moyens de réduire la probabilité de connaître de nouveaux crimes comme celui-ci. C'est difficile, mais ce serait le meilleur moyen de ne pas oublier Louise. Son sourire figé désormais dans l'intemporalité définitive reste comme une promesse d'un avenir meilleur. À la puissance publique de se mettre au niveau d'une telle ambition.


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    Sylvain Rakotoarison (12 février 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


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    À propos de la tragique disparition de Karine Esquivillon...
    Meurtre de Lola.
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  • Les 20 ans de la loi handicap du 11 février 2005

    « Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. L'État est garant de l'égalité de traitement des personnes handicapées sur l'ensemble du territoire et définit des objectifs pluriannuels d'actions. » (Article 2 de la loi handicap).





     

     
     


    La première véritable loi de solidarité avec les personnes en situation de handicap a été promulguée il y a vingt ans. Il s'agit de la loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, appelée également "loi handicap".

    Elle a été signée par Jacques Chirac (Président de la République), Jean-Pierre Raffarin (Premier Ministre), et vingt-deux ministres dont Dominique de Villepin (Intérieur), François Fillon (Éducation nationale), Jean-Louis Borloo (Travail et Emploi), Philippe Douste-Blazy (Santé), Dominique Perben (Justice), Hervé Gaymard (Économie et Finances), Gilles de Robien (Équipement et Aménagement du Territoire), Renaud Dutreil (Fonction publique), Dominique Bussereau (Agriculture), Renaud Donnedieu de Vabres (Culture), Christian Jacob (Commerce), Jean-François Copé (Budget), François d'Aubert (Recherche), Gérard Larcher (Travail), Marc-Philippe Daubresse (Logement), Marie-Anne Montchamp (Personnes handicapées), Catherine Vautrin (Personnes âgées), Éric Woerth (Réforme de l'État) et François Goulard (Transports).

    Comme on le voit, cette loi handicap était l'affaire de tout le gouvernement, et c'est normal car il y a des implications dans tous les domaines. Bien que tardive en France, elle est le résultat de la forte volonté politique du Président de la République. En effet, au début de son second mandat, le 14 juillet 2002 à la télévision, Jacques Chirac avait défini quatre priorités consensuelles pour la société française : la sécurité routière, la lutte contre le cancer, la lutte contre les maladies neurodégénératives et la solidarité et l'insertion des personnes en situation de handicap. Ce dernier sujet a préoccupé Jacques Chirac toute sa vie, et notamment au début de sa carrière politique.

    L'article 2 définit d'abord ce qu'est une situation de handicap : « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. » (Article L. 114 du code de l'action sociale et des familles). Il faut noter une grande évolution qui peut avoir des conséquences sur la prise en charge médicale, à savoir la différenciation entre handicap psychique (provenant d'une maladie psychique) et handicap mental (provenant d'une altération des capacités intellectuelles).

     

     
     


    Ce même article proclame ensuite un droit général de solidarité : « Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. L'État est garant de l'égalité de traitement des personnes handicapées sur l'ensemble du territoire et définit des objectifs pluriannuels d'actions. » (Premier alinéa de l'article L. 114-1).

    Enfin, l'article 2 proclame aussi que les personnes en situation de handicap doivent pouvoir vivre de manière la plus proche d'une personnes qui ne l'est pas : « À cette fin, l’action poursuivie vise à assurer l’accès de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte handicapé aux institutions ouvertes à l’ensemble de la population et son maintien dans un cadre ordinaire de scolarité, de travail et de vie. Elle garantit l’accompagnement et le soutien des familles et des proches des personnes handicapées. » (Second alinéa de l'article L. 114-1).

    En d'autres termes, la loi définit l'idéal, à savoir que les enfants en situation de handicap, par exemple, soient scolarisés dans les mêmes établissements scolaires que les autres. C'est à l'école qu'on se forge le regard sur l'Autre, et si un enfant qui est en fauteuil roulant aide un camarade en mathématiques parce qu'il est plus fort que lui, alors, les inégalités ne seront pas vécues seulement dans un seul sens, un enfant en situation de handicap peut apporter autant voire plus aux autres qu'un enfant dit "normal" (mot très mauvais car il faudrait définir ce qu'est la "normalité" chez un être humain). Je préfère donc le mot "ordinaire" plus consensuel.
     

     
     


    Bien sûr, la différence entre l'idéal et la réalité, c'est souvent des enjeux de moyens, c'est-à-dire, de budget : en l'occurrence, pour permettre d'intégrer beaucoup d'enfants de situation de handicap (pas tous, certaines pathologies sont incompatibles) dans les salles de classe ordinaires, il faut recruter beaucoup d'assistants (et assistantes ici), et que ce soit une filière professionnelle à part entière, avec une carrière et une rémunération en conséquence.

    En clair, la loi handicap a d'abord un double objectif de sensibilisation : le regard de tous les Français sur les personnes handicapées (et l'idée que tout le monde peut être ou devenir, temporairement ou définitivement, une personne en situation de handicap) et le regard des employeurs avec une obligation de recruter des personnes en situation de handicap. Insérer les personnes handicapées dans la société signifie d'abord les insérer dans les structures de formation (école, université, formation continue) et les insérer dans le marché du travail. Comme toujours, il y a le souhaitable, l'idéal, et il y a le possible, la réalité. En fonction du type de handicap, l'insertion se fera plus ou moins facilement. La loi n°85-517 du 10 juillet 1987 imposait déjà aux employeurs une obligation d'emploi de 6% de l'effectif salarié au bénéfice des travailleurs handicapés (remarquons que cette loi a été adoptée alors que Jacques Chirac était Premier Ministre).

    La loi suppose entre autres une accessibilité généralisée dans la société (habitations, bâtiments publics, entreprises, établissements culturels et de loisirs, etc., mais aussi un accès pour utiliser Internet) et un droit à compensation des conséquences du handicap, traduit principalement à l'allocation aux adultes handicapés (AAH).

     

     
     


    En 2022, la DREES a publié un document qui indiquait qu'il y avait en France, en 2019, selon les modes de calcul, entre 2,8 et 9,0 millions de personnes de 15 ans et plus vivant hors institution, en situation de handicap, plus 140 000 personnes, enfants et adultes, vivant dans un établissement spécialisé. Cela correspond à une part non négligeable de la population française (environ 17% de la population de 15 ans et plus, et 30% pour les 60 ans et plus, ce qui rappelle la nécessité d'une branche Autonomie de la Sécurité sociale).

    C'est dans l'esprit de la loi handicap que le Président Emmanuel Macron a présenté de nouvelles mesures en faveur de l'insertion et de la solidarité à l'occasion de son quinzième anniversaire le 11 février 2020. C'était juste avant la crise pandémique du covid-19. Et maintenant, où en sommes-nous ?


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (08 février 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Les 20 ans de la loi handicap du 11 février 2005.
    Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées (version consolidée au 11 février 2025).
    Fac-similé du Journal officiel de la République française du 12 février 2005.
    Un débat électoral où le handicap était prétexte à une colère politicienne.
    Jeux paralympiques de Paris 2024 : sport, spectacle et handicap.
    L’allocation aux adultes handicapés (AAH) et maladresse politique.
    Éric Zemmour et les enfants en situation de handicap.
    Le handicap ? Parlons-en !


     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250211-loi-handicap.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/les-20-ans-de-la-loi-handicap-du-259171

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/02/11/article-sr-20250211-loi-handicap.html






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  • Méfiez-vous du péage par smartphone sur les autoroutes !

    « La modernité se définit comme un progrès décisif de la conscience de soi. » (Étienne Borne, 1988 dans la revue démocrate-chrétienne "France-Forum").


     

     
     


    Le paiement par smartphone (téléphone portable) est de plus en plus répandu, en France notamment : près de 36% des Français l'utilisent, et 48% des Franciliens selon une enquête d'OpinonWay pour Lyf réalisée en février 2024. Cela consiste à payer sans contact avec une application (Google Wallet ou Apple Pay), ce qui a l'avantage de ne plus utiliser de carte bancaire ni d'espèce.

    Mais ce type de paiement a un gros défaut : il peut vous faire verbaliser par les forces de l'ordre si vous payez de cette manière le péage d'une autoroute. C'est en tout cas ce qui est arrivé à un "influenceur", comme on dit, de TikTok, du nom de "s4iintt", qui a raconté le 16 janvier 2025 sa mésaventure dans une vidéo sur ce réseau social qui a été vue par près de 5 millions internautes. Le jeune homme de 21 ans revenait des Pays-Bas et sur un péage de l'autoroute A10, il a eu une surprise : « J’arrive à un péage, c’était 25,90 euros, je sors mon téléphone, je paye en Apple Pay et, et instantanément, gyrophare, moto… ».

    On l'a verbalisé d'une amende de 90 euros (celle de 135 euros forfaitaire) et de trois points du permis de conduire. Il a protesté : « Mais monsieur j’étais à l’arrêt j’ai juste payé avec mon téléphone ! ». Après la polémique qu'il a entraînée dans les réseaux sociaux, des avocats ont été interrogés par la presse et ont tous répondu que la loi verbalisait bien l'utilisation du téléphone portable lorsqu'on est au volant.

    Un autre "influenceur" de TikTok, Masdak, suivi par 3 millions d'abonnés, a repris aussi cette histoire en affirmant : « Au péage, vous êtes sur une voie d'autoroute, votre véhicule est toujours considéré en état de circulation, une amende forfaitaire de 135 euros et un retrait de trois points du permis de conduire. ».

    En effet, l'article R412-6-1 du code de la route précise bien : « L’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation est interdit. ». Aux yeux de la loi, un véhicule qui s'est arrêté pour payer à un péage d'autoroute est toujours en circulation : « Je suis en circulation n’étant ni à l’arrêt, ni en stationnement. », a ainsi expliqué maître Rémy Josseaume le 20 janvier 2025 pour "Le Figaro" (il a aussi été interviewé le 21 janvier 2025 par "Le Parisien"). Le conducteur doit rapidement se dégager pour laisser la place à d'autres véhicules. L'avocat a considéré que la verbalisation était juridiquement justifiée et qu'il serait difficile, le cas échéant, de contester la sanction.

    Du reste, selon des internautes, le site Internet de Vinci Autoroutes a discrètement retiré il y a six jours la mention « ou autre objet connecté » dans sa partie sur le paiement sans contact. Effectivement, il était précisé alors : « À l'aide de votre carte bancaire, mais aussi de votre téléphone, de votre montre ou de tout autre objet connecté, payez votre péage de façon simple et sécurisé. ».
     

     
     


    Un automobiliste qui payerait son achat avec son smartphone dans le drive d'un fast-food, au volant de son véhicule avec le moteur en marche, s'exposerait à la même amende, ce qui est logique.

    Le plus étonnant, c'est que le Président de la République a eu vent de la polémique et a réagi le 22 janvier 2025 par une vidéo sur le même réseau, TikTok. Emmanuel Macron a déclaré : « Je crois qu'en 2025, on doit pouvoir payer au péage avec son téléphone. Donc, j'ai passé le dossier au Ministre de l'Intérieur et on va collectivement régler ça ! ». Une affaire rondement menée !

    Faut-il mobiliser le sommet de l'État pour résoudre cette affaire ? Le discernement ne pourrait-il pas simplement suffire aux forces de l'ordre lorsque l'utilisation du téléphone portable pour payer un péage ne mettrait pas en cause la sécurité de la conduite automobile ? Faudra-t-il légiférer pour donner quelques exceptions à cet article du code de la route ?


    C'est évident que la numérisation à outrance de notre vie quotidienne nécessite des aménagements dans notre législation et réglementation. On aurait pu penser que le simple bon sens suffise pour ce genre de chose. Les accros du Macron bashing ne se priveront pas de dénigrer le Président de la République pour avoir voulu s'occuper de ce petit problème posé par un jeune internaute (alors qu'il y a plein d'autres gros problèmes à résoudre). La réalité, c'est que les mêmes le dénigrent parce qu'il n'écouterait pas le peuple. Il faudrait savoir...


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (22 janvier 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Méfiez-vous du péage par smartphone sur les autoroutes !
    5 ans de prison dont 2 ferme pour Pierre Palmade.
    Tristesse.
    Contrôle médical obligatoire pour le permis de conduire : une erreur de vision ?
    Émotion nationale pour Alexandra Sonac et sa fille adolescente.
    Claude Got.
    Création du délit d'homicide routier : seulement cosmétique ?
    Le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du lundi 17 juillet 2023.
    Le refus d'obtempérer est un délit routier.
    Faut-il interdire aux insomniaques de conduire ?
    Faut-il en finir avec le permis de conduire à vie ?
    L'avenir du périph' parisien en question.
    Fin du retrait de point pour les "petits" excès de vitesse : est-ce bien raisonnable ?
    Les trottinettes à Paris.
    L'accident de Pierre Palmade.
    La sécurité des personnes.
    Anne Heche.
    Diana Spencer.
    100 ans de code de la route.
    80 km/h : le bilan 2018-2020 très positif.

     

     
     



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    https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/mefiez-vous-du-peage-par-258857

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/23/article-sr-20250122-peage-smartphone.html



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  • Majid Kavousifar, l'exécuté souriant

    « Oh ! Pour faire, Seigneur, un seul de tes sourires,
    Combien faut-il donc de nos pleurs ? »
    (Stéphane Mallarmé).




     

     
     


    En 2018, la journaliste Ariane Angeloglou, auteure notamment de "À l'horizon de l'Autre", évoquait le sourire en ces termes : « Un sourire est un brin d'amour déposé sur les lèvres. ». Il y a quelques jours, ce brin d'amour s'est observé dans un contexte absolument terrible et contraire à tout ce qu'on peut imaginer comme environnement pour sourire : la mort ! La mort épouvantable.

    C'est même le pire contexte qu'un homme peut vivre : quelques secondes avant son exécution par pendaison. Cela s'est passé en Iran et la personne qui a souri d'un sourire rayonnant d'une incroyable sérénité s'appelle Majid Kavousifar. Il mériterait de faire partie du Panthéon de l'humanité. Que son sourire ne soit pas vain !

    Notre attitude face à la mort peut être multiple, évolutif et surtout très diversifié avec différentes émotions, la peur de l'inconnu, la tristesse pour soi mais aussi pour ses proches, et ici, la colère car le régime tyrannique de mollah pend à tour de bras, pour un oui ou pour un non, sous prétexte d'être un résistant à la théocratie immonde.


    L'avocate résistante iranienne Nioh Berg a ainsi retransmis cette photo d'un sourire si fort ce dimanche 19 janvier 2025 sur Twitter avec ces mots : « Nous sourions face aux juges pendus. Nous sourions face à la mort. Nous sommes le véritable Iran. ». Elle finit avec ces mots : « Des rues et des statues iraniennes porteront le nom de Majid Kavousifar. ».
     

     
     


    Ce sourire, ce n'était pas un sourire de défi face aux bourreaux des mollahs. Ce n'était pas une sorte de pirouette pour effacer l'idée de la mort imminente. Ce n'était pas de ces faux sourires qui font grincer les dents, ironiques et hypocrites. C'était un sourire sincère, spontané, libre. C'était un sourire de défi face à sa propre mort. Un défi de sérénité. Et il avait une raison, une raison horrible.

    La petite fille du supplicié était présente. Majid Kavousifar souriait à sa petite fille qui était là, devant lui, à le voir bientôt pendu. Il y a un véritable côté glauque de ce régime de pourriture, une hyperviolence glauque, de permettre aux petites filles de voir exécuter leur papa courageux. C'est cette saleté idéologique de l'horreur de cette mollarchie qui veut terroriser le peuple iranien afin qu'il ne se rebelle pas alors qu'après presque quarante-cinq ans de révolution islamique, soit quasiment deux générations. Il est temps de permettre aux Iraniens de voir l'avenir dans un environnement progressiste, démocratique et moderne.

    Nioh Berg notait : « Il voulait qu'elle, l'amour de sa vie, grandisse courageuse comme une lionne. Sans peur. ». Le dernier regard du père. Mais aussi le dernier regard de la fille sur son père. Quelle misère politique et quelle grandeur d'âme ! Que son souvenir soit à jamais entretenu dans nos mémoires d'humains libres et chanceux, privilégiés !



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (19 janvier 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Majid Kavousifar.
    Varisha Moradi.
    Aïnaz Karimi.
    Arezou Khavari.
    Ahou Daryaei.
    Ebrahim Raïssi.
    Khosro Besharat.
    Mobilisons-nous pour Toomaj Salehi !
    Fatwa de mort contre Salman Rushdie.
    Alireza Akbari.
    Mehran Karimi Nasseri.
    Claude Malhuret contre la mollarchie.
    Mahsa Amini, les femmes iraniennes, leur liberté et Claude Malhuret.
    Révolution : du rêve républicain à l’enfer théocratique de Bani Sadr.
    L'Iran de Bani Sadr.
    De quoi fouetter un Shah (18 février 2009).
    N’oubliez pas le Guide (20 février 2009).
    Incompréhensions américaines (1) et (2).
    Émission de France 3 "L’Iran et l’Occident" (17-18 février 2009).
    Session de septembre 2006 à l’ONU : Bush, Ahmadinejad, Chirac.
    Dennis Ross et les Iraniens.
    Un émissaire français à Téhéran.
    Gérard Araud.
    Stanislas de Laboulaye.
    Des opposants exécutés par pendaison en Iran.
    Expulsion de Vakili Rad, assassin de Chapour Bakhtiar, dernier Premier Ministre du Shah d'Iran, par Brice Hortefeux à la suite du retour de l'étudiante Clotilde Reiss.
    Mort de l'ancien Premier Ministre iranien Mohammad Reza Mahdavi-Kani à 83 ans le 21 octobre 2014.

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250119-majid-kavousifar.html

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/19/article-sr-20250119-majid-kavousifar.html




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  • Méfiez-vous du chat qui dort à Noël !

    « La voix des angoras est douce et petite dans l'ordinaire de la vie, sans préjudice des temps amoureux où ils se changent en démons hurleurs. » (Colette).



     

     
     


    Attention aux chats ! J'adore les chats et je sais "m'en servir", c'est-à-dire que je connais leurs réactions, je connais leur mode de vie, etc., et pourtant, parfois, les chats sont imprévisibles, il faut toujours faire attention à leur caractéristique encore sauvage, même s'ils se sont pleinement humanisés au fil des siècles et des millénaires.

    Dans la rubrique des pas-chiens pas-écrasés, l'édition de Nancy de "L'Est républicain" a publié le mardi 31 décembre 2024 un article de Jean-Christophe Vincent qui fait le bilan des fêtes de Noël 2024 aux urgences. Eh oui ! La période des fêtes, comme la période des sports d'hiver dans les régions de montagne, est une période pendant laquelle les services des urgences des hôpitaux sont plus densément sollicités à cause des accidents domestiques provoqués par le contexte festif et (souvent) alcoolisé.

    Le quotidien nancéien s'est penché sur l'activité du Centre chirurgical Émile-Gallé de la rue Hermite, une antenne du CHRU de Nancy, le soir du 24 décembre 2024 et le jour de Noël. Son service d'urgence SOS Mains a accueilli une quarantaine de patients la veille et une trentaine de patients le jour même de Noël.

    Le chef du service de chirurgie de la main, le professeur François Dap, fort de ses quarante-cinq années d'expérience, en a vu de toutes les couleurs : « L’alcoolisation constitue un des grands dangers des fêtes de fin d’année. ». Ainsi, les accidents sont légions : chute avec un verre à la main qui se casse, ouverture d'huîtres avec couteau mal utilisé, découpage de la dinde aux marrons, voire bagarre. « Il arrive même que nous prenions en charge des patients qui se sont coupés après avoir donné un coup de poing dans une vitre. » a affirmé le médecin au journaliste de "L'Est républicain".

    Pourtant, depuis quelque temps, ces accidents domestiques, ordinaires, ne constituent pas la première cause des passages à SOS Mains : « Un tiers des patients que nous avons pris en charge au service SOS Mains ont été blessés par des griffures ou des morsures de chat. C’est un phénomène qui s’accentue depuis quelques années, alors que les blessures causées par un couteau à huîtres ne cessent de diminuer, au point d’être devenues moins nombreuses que celles engendrées par un félin. ».

    Il y a maintenant une bonne sensibilisation pour faire attention lorsqu'on ouvre des huîtres, avec le couteau à huîtres, les choses à ne pas faire pour éviter de se blesser, il y a même des vidéos pour expliquer comment faire. Les gens font donc plus attention aux huîtres, mais il manque sans doute une sensibilisation aux chats !

     

     
     


    Pour le spécialiste de la main, qui n'est pas un vétérinaire, cette engorgement des urgences en raison des morsures de chats a en effet une raison simple : il y a de plus en plus de chats domestiques (plus de 10 millions en France), plus que de chiens depuis une bonne décennie, et donc, chez les hôtes qui accueillent les invités pour Noël, il y a de plus en plus la présence de chats. Or, dans un contexte de changement d'habitude, présence des invités, déplacement de tables, chaises, canapés, bruit inhabituel, comportement inapproprié des invités avec eux, les chats peuvent réagir avec beaucoup de stress : « Lorsqu’il y a beaucoup de bruit et de convives, les chats ne sont pas forcément dans les meilleures dispositions pour recevoir des caresses. Ce qui est sûr, c’est qu’une griffure ou une morsure de chat peut avoir de graves conséquences. Si on ne soigne pas tout de suite la plaie causée par ce type de blessure, ça peut s’infecter rapidement et atteindre un tendon. ».

    Une morsure de chat ne doit pas être prise à la légère par la victime. Il y a bien sûr la plaie et les dégâts plus ou moins graves sur la chair voire plus (tendon, nerf, etc.), qui parfois nécessitent une opération chirurgicale, mais il y a aussi des risques de rage (selon la région et selon que l'animal est vacciné ou pas contre la rage, animal car cela concerne aussi bien le chien que le chat), les risques contre le tétanos (si la personne mordue n'est plus à jour de vaccination, il faut consulter un médecin avant quarante-huit heures), et enfin, il y a la possibilité d'une surinfection tant locale (abcès) que générale (fièvre, etc.).

    Le conseil d'Ameli, l'Assurance Maladie, est simple et clair : « Les morsures doivent être soignées immédiatement pour éviter les risques d’infection. Si vous avez été mordu par un chat ou un chien, nettoyez la plaie et selon la gravité de la blessure, consultez un médecin ou appelez les urgences. ».

    En effet, le risque infectieux est très important pour une morsure de chat (on s'en rend compte avec des gonflements, de la fièvre, un état général affaibli, etc. au bout de quelques heures) car il provient de la présence de différentes bactéries dans la salive du chat : le Pasturella, responsable de la pasteurellose qui se présente généralement sous forme d'œdème ; le streptocoque qui peut provoquer fièvre et douleurs musculaires ; le staphylocoque ; enfin, le Bartonella henselae à l'origine de la maladie des griffes du chat. Toutes ces bactéries peuvent être traitées par des antibiotiques prescrits par un médecin, mais il fait agir dans les douze à vingt-quatre heures. Le risque est encore plus grand bien sûr lorsque la victime est immunodéprimée ou a des pathologies particulières comme le diabète, etc.

    Au réveillon du Nouvel an, les passages aux urgences des mains à Nancy ont donc été tout aussi à base de chats que d'alcool et de blessures par couteau, verre, etc., avec une cause supplémentaire, une main blessée par un pétard, heureusement, en nette diminution au fil des années.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (04 janvier 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Méfiez-vous du chat qui dort à Noël !
    Et Dieu créa les animaux...
    Le Bébé de Stéphanie de Monaco.
    Népal : on abat au cas où.
    Jacques-Yves Cousteau.
    Big Tim et ses défenses géantes : l’extinction des espèces sous nos yeux…
    Rapport de l’ONU (IPBES) sur la biodiversité publié le 6 mai 2019 (à télécharger).
    Le cœlacanthe : un rival pour Darwin ?
    Erectus.
    Demain les chats.
    Les chats à Dutronc.
    La Belle et les Bêtes.
    L'amie des animaux.
    Un panda diplomatique.
    Les animaux ont-ils une âme ?
    La sensibilité des animaux reconnue par le code civil.
    Les chasseurs…
    La vie dans tous ses états.

     

     
     





    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241231-chats-noel.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/mefiez-vous-du-chat-qui-dort-a-258454

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/01/article-sr-20241231-chats-noel.html


     

  • Philippe Val et la promesse d'autres tragédies

    « Un bon Arabe doit être musulman, sa femme doit être voilée, il doit détester la France et admirer le Hamas et le Hezbollah. Cette assignation des Arabes par les autorités morales est un racisme réel drapé dans un antiracisme autoproclamé. Un tel déni de réalité, dix ans après les attentats de 2015, est la promesse d'autres tragédies. » (Philippe Val, le 6 janvier 2025 sur Europe 1).




     

     
     


    Personnalité du monde médiatique et intellectuel un peu touche-à-tout, Philippe Val (72 ans) est tout à la fois humoriste, journaliste, écrivain, chroniqueur et même patron de presse. Sa consécration a sans doute été sa nomination comme directeur général de l'importante station de radio publique France Inter de 2009 à 2014, mais ses fonctions pendant dix-sept ans à la tête de "Charlie Hebdo" de 1992 à 2009, comme rédacteur en chef puis comme directeur de publication, sont sans doute ce qui a eu le plus d'importance à ses yeux.

    Et il se place bien entendu sur le devant de scène des commémorations des attentats de janvier 2015 pour une raison simple : c'est lui, comme directeur de publication de "Charlie Hebdo", qui a pris la responsabilité (qu'il n'a jamais regretté) de publier les caricatures de Mahomet, celles publiées par le quotidien danois "Jyllands-Posten" le 30 septembre 2005. Leur publication a eu lieu dans le numéro de "Charlie Hebdo" du 3 février 2006, complétées par des caricatures maison. L'hebdomadaire satirique a été quasiment le seul périodique français à avoir eu le courage de les publier (avec "France-Soir" et "Libération") en raison des nombreuses pressions faites sur les rédactions.


     

     
     


    Depuis cette date, Philippe Val est sous protection policière matin midi et soir (et nuit), et vit avec l'angoisse de l'assassinat. On peut dire que son angoisse était justifiée puisque cinq dessinateurs, deux journalistes et deux chroniqueurs (entre autres) ont été assassinés il y a dix ans, le 7 janvier 2015.
     

     
     


    J'apprécie beaucoup Philippe Val car il porte finalement une parole très rare dans le monde médiatique, il veut rappeler sans cesse qu'il faut combattre l'islamisme et, bien que de gauche, il bouscule la pensée prémâchée de l'islamogauchisme. Trouille ou militantisme politique, on ne sait pas trop bien ce qui motive beaucoup de nos intellectuels français en-dessous de tout, et en particulier d'une pensée claire sur la liberté et sur la laïcité. Philippe Val est, avec quelques autres petites lumières médiatiques comme Caroline Fourest, Tristane Banon, Sophia Aram (actuellement salement harcelée par cette gauche extrémiste), l'un des rares "prescripteurs d'opinion" à rappeler toute l'horreur de l'islam politique et la nécessité de s'y opposer fermement, quelle que soit sa foi ou sa non-foi.

    Dans sa chronique du lundi 6 janvier 2025 qu'il a faite sur la station Europe 1, le journaliste est sévère contre ses collègues qui n'ont jamais rappelé que les caricatures qui avaient mis le monde musulman en colère en 2005 et 2006 n'étaient pas celles publiées par le journal danois mais d'autres, falsifiées pour manipulation par un imam qui l'a reconnu par la suite. Comme pour l'assassinat de Samuel Paty, victime lui aussi d'une manipulation mensongère sur les réseaux asociaux, la désinformation a tué beaucoup trop pour ne pas alerter les journalistes pendant qu'il est encore temps.

    Philippe Val a aussi rappelé que l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, qui, à 75 ans, est très malade et n'est toujours pas soigné, alors qu'il a été jeté en prison injustement en Algérie il y a deux mois, est trop peu soutenu par les moralistes professionnels en France et mériterait leur soutien avec un écho médiatique qui puisse faire pression sur le gouvernement algérien.


     

     
     


    Dans cette chronique, Philippe Val a d'abord fustigé ce qu'il a appelé la "bienveillance" de nombreux "intellectuels" envers l'islamisme : « On va parler de ce qui n'a pas changé, voire de ce qui a empiré : la bienveillance d'une partie du monde intellectuel, politique et médiatique français pour les acteurs d'un phénomène religieux, l'islam, dans sa version la plus hostile à notre civilisation, la plus puritaine et la plus dangereuse. On l'a vu lors du stupéfiant soutien au Hamas par La France insoumise et le journal "Le Monde" après le 7 octobre 2023 et par les non-moins stupéfiants ralliements et accords électoraux qui s'ensuivirent de la part de partis comme le parti socialiste ou de personnalités comme François Hollande. ».

    "Le Monde" a contribué à ce climat malsain qui, de fait, promeut l'antisionisme : « Je ne souhaite nullement la disparition du "Monde" dont j'admire et respecte nombre de ses journalistes, mais son statut de journal de référence n'est plus supportable. Ce n'est pas plus une référence que Mediapart ou "Valeurs actuelles". C'est un journal d'opinion et c'est son droit. Mais ce statut ne lui permet d'exercer aucun magistère moral. Qu'il soit lu comme une bible par les enseignants, les intellectuels, les politiques, est une des causes de la maladie de la démocratie française. Au lendemain des attentats, il y a dix ans, "Le Monde" avait déjà choisi de donner une large audience à Emmanuel Todd qui prétendait que les 4 millions de manifestants du 11 janvier n'étaient que des petits bourgeois catholiques qui avaient besoin d'avoir peur de l'islam pour se tenir chaud ensemble. ».

     

     
     


    Le point de référence de l'ancien directeur de "Charlie Hebdo", c'est le massacre antisémite du 7 octobre 2023 dans la continuité des réactions aux caricatures de 2005-2006 : « On l'a vu après le massacre du 7 octobre. Dans les heures qui ont suivi, ce n'est pas l'horreur du massacre qui a été mise en avant, mais le scandale de la réplique israélienne. Il y a une continuité dans la volonté de nier la réalité. Par exemple, en 2006, les caricatures qui ont mis le feu au Moyen-Orient et monde arabe ne sont pas celles qu'ont publiées le "Jyllands-Posten" et "Charlie Hebdo". On sait que ce sont des caricatures détournées et diffusées par un imam danois intégriste. Bien que l'information ait parfaitement circulé dans les rédactions, et que depuis, l'imam repenti ait avoué sa manipulation, l'info n'intéressait pratiquement personne. Il est évident que les caricatures publiées étaient anodines et que leur censure était insupportable dans n'importe quel régime de liberté. Personne n'a voulu retenir cette information pourtant capitale. Eh bien, c'est un cas d'école pour journalistes : une info reste-t-elle vraie quand personne n'a envie d'y croire ? (…) Ce qui démontre aussi que notre métier de journaliste et d'intellectuel est de dire la réalité au plus près. Et que c'est une question de vie ou de mort. La réalité se venge toujours quand elle est repoussée, elle revient sous une forme monstrueuse. En ce qui nous concerne, elle est revenue sous la forme des attentats qui ont endeuillé notre pays. ».

    Si le monde journalistique a compris la nature de l'islamisme, il y a encore beaucoup à faire pour préserver une parole sensée en France : « Il s'est passé quelque chose. La plupart des grands journaux et des chaînes d'info, radios, ont désormais des positions sans ambiguïté sur l'islam politique et l'antisémitisme, et il faut s'en réjouir. Mais une partie du monde intellectuel et journalistique n'a encore rien compris. La campagne de haine que subit aujourd'hui l'humoriste Sophia Aram et l'indifférence méprisante dont Boualem Sansal fait l'objet montrent à quel point leur magistère moral est une imposture. Boualem Sansal et Sophia Aram ont en commun une tare majeure aux yeux de nos moralistes antiracistes : ce sont de mauvais Arabes ! Un bon Arabe doit être musulman, sa femme doit être voilée, il doit détester la France et admirer le Hamas et le Hezbollah. Cette assignation des Arabes par les autorités morales est un racisme réel drapé dans un antiracisme autoproclamé. Un tel déni de réalité, dix ans après les attentats de 2015, est la promesse d'autres tragédies. ».

     

     
     


    Cette chronique du 6 janvier 2025 de Philippe Val est excellente car elle est un condensé d'une parole qui est rare et pourtant essentielle en France, celle d'une gauche républicaine qui est aujourd'hui étouffée par la nouvelle farce populaire (NFP). Cette gauche républicaine (dont je ne suis pas) est aujourd'hui la mieux représentée politiquement par un quasi-homonyme, l'ancien Premier Ministre et l'actuel Ministre d'État Manuel Valls, qui a su exprimer en 2015 et 2016 ce qu'était l'esprit républicain et que je ne me lasserai jamais de répéter : « Être français, ce n’est pas renoncer à ses origines, ce n’est pas renoncer à son identité, c’est les verser au pot commun. C’est une citoyenneté qui n’est pas petite, qui n’est pas réduite à l’origine de chacun, du sang, du sol ou par naturalisation, mais qui est grande, ouverte, fondée sur la volonté de construire l’avenir ensemble ! C’est ce nouveau patriotisme que j’appelle de mes vœux ! ».


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (06 janvier 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Philippe Val et la promesse d'autres tragédies.
    7 janvier 2025 : êtes-vous toujours Charlie ?
    L’esprit républicain.
    Fête nationale : cinq ans plus tard…







    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250106-philippe-val.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/philippe-val-et-la-promesse-d-258535

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/06/article-sr-20250106-philippe-val.html