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  • Hiroshima et Nagasaki : le mythe fondateur de la dissuasion nucléaire

    « Le matin était redevenu calme, tranquille. On n’entendait aucun bruit d’avion. Alors, soudain, le ciel fut déchiré par un flash lumineux, jaune et brillant comme dix mille soleils. Nul ne se souvient avoir entendu le moindre bruit à Hiroshima quand la bombe a éclaté. (…) Un nuage de poussière commença à s’élever au-dessus de la ville, noircissant le ciel comme une sorte de crépuscule. » (John Hersey, août 2005 dans "The New Yorker").




     

     
     


    On commémore, ce mercredi 6 août 2025, le 80e anniversaire de la première explosion voulue d'une bombe nucléaire sur un terrain de guerre, dans la ville japonaise de Hiroshima, suivie, trois jours plus tard à Nagasaki, de la seconde explosion nucléaire. On se posera toujours la question de le pertinence d'avoir bombardé Nagasaki, alors que la démonstration de force à Hiroshima semblait bien suffisante.

    Si on commémore, on ne fête pas ; il n'y a pas de quoi fêter l'application concrète négative jusqu'à son extrême d'une découverte scientifique pourtant très heureuse (l'énergie nucléaire et, pour avoir une idée, la possibilité de passer l'hiver au chaud et, aussi, de produire une énergie sans carbone). 140 000 habitants de Hiroshima et 80 000 habitants de Nagasaki auraient perdu la vie par ces deux explosions infernales, immédiatement ou dans les mois qui ont suivi. Je l'ai déjà évoqué plus précisément il y a quelques années.

    Cette date est une singularité dans l'histoire de l'humanité. Non pas qu'elle puisse détruire la planète (il en faut beaucoup plus pour cela, la Terre est forte et solide), mais elle peut se détruire elle-même, et ça suffit amplement pour angoisser des générations entières.


    Cela a donc entraîné de nombreuses réflexions et inspiré de nombreuses œuvres.

    Des œuvres d'art, bien sûr, toute sorte d'art, comme la musique ; par exemple, parmi d'autres, le groupe Orchestral Manoeuvres in the Dark a sorti le 26 septembre 1980 cet excellent tube, qui fut un succès mondial, "Enola Gay", du nom du bombardier qui a lancé la bombe à Hiroshima. Il y a eu aussi le fameux film "Hiroshima mon amour", sorti le 10 juin 1959, réalisé par Alain Resnais et scénarisé par Marguerite Duras, avec la participation notamment d'Emmanuelle Riva et Bernard Fresson parmi les acteurs.





    Comme la peinture, avec ces silhouettes (bleues) du peintre Yves Klein réalisées le 28 février 1960 (voir en fin d'article). Une anthropométrie que le jeune peintre, choqué comme tout le monde, commentait ainsi : « Hiroshima, les ombres d’Hiroshima ; dans le désert de la catastrophe atomique, elles ont été un témoignage sans doute terrible mais cependant un témoignage tout de même d’espoir de la survie et de la permanence, même immatérielle, de la chair. ».

    De ces silhouettes, on ne peut que repenser à cette célèbre photographie prise à Nagasaki par Matsumoto Elichi, dans les débris d'une base militaire détruite par l'explosion. Le corps a été désintégré par le rayonnement mais son ombre a marqué le mur. Cela fait penser aux victimes de Pompéi et aussi, dans une autre mesure, mais c'est un tout autre sujet, au saint Suaire de Turin supposé (ou pas) représenté le visage du Christ (juste au moment de la Résurrection ?).

     

     
     


    Ces deux explosions nucléaires ont fait poursuivre les réflexions philosophiques permanentes sur la science sans conscience qui ne serait, selon Rabelais, que ruine de l'âme, et la capacité des hommes (et des femmes) à contrôler (ou pas) des énergies et des choses beaucoup plus grandes qu'eux-mêmes. Ce débat a eu lieu ensuite sur l'informatique, la génétique, etc. et il est actuellement posé par le développement ultrarapide de l'intelligence artificielle.

    Ces réflexions ne sont pas nouvelles, elles ont au moins un demi-millénaire et sans doute bien plus si on relit les philosophes classiques. En effet, dans son livre publié en 1532, "La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas abstracteur de quintessence. Livre plein de Pantagruélisme", Rabelais faisait écrire par Gargantua dans une lettre s'adressant à Pantagruel, son fils donc : « Mais parce que selon les dire du sage Salomon, Sapience n’entre point en âme malveillante, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te convient servir, aimer et craindre Dieu, et en lui remettre toutes tes pensées et tout ton espoir ; et par une foi charitable, lui être fidèle, en sorte que jamais tu ne t’en écartes par péché. ».

    Vouloir contrôler le monde, être capable de diriger la Nature... Le mythe de Prométhée nous rappelle qu'on n'est pas forcément gagnant lorsqu'on veut s'attaquer au dieu des dieux.
     

     
     


    Mais ce sont les réflexions militaires et géostratégiques qui ont bouleversé le monde postmoderne : dans les années 1950, l'idée était que la possession d'une arme nucléaire permettait la protection par dissuasion nucléaire. Cela se passait en pleine guerre froide avec une surenchère de l'armement nucléaire. Le raisonnement, c'est qu'on ne peut plus attaquer et détruire l'ennemi sans être en retour attaqué et détruit. Dans ce dogme de la dissuasion nucléaire, l'armement nucléaire n'est pas tout, et on le voit maintenant, c'est aussi la manière de bombarder, c'est-à-dire la technologie des missiles qui fait beaucoup dans le processus de la dissuasion.

    Russie, États-Unis, France, Royaume-Uni, et puis Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël, Iran... le risque de la multiplication des pays possédant l'arme nucléaire a encouragé le monde à se doter d'un traité de non-prolifération nucléaire plus ou moins bien respecté. Du reste, rappelons que la salutaire politique de dissuasion nucléaire n'a pas été initiée par De Gaulle (qui l'a poursuivie et consolidée) mais par des hommes d'État de la Quatrième République, en particulier Félix Gaillard, aussi Jules Moch, etc.

    La guerre en Ukraine a montré les limites de cette dissuasion nucléaire puisqu'elle n'empêche pas le retour au cœur de l'Europe d'une guerre de type Première Guerre mondiale. En raison de la tentative d'invasion orchestrée par Vladimir Poutine, la Russie s'est positionnée agressivement contre l'Europe et les États-Unis. L'arrivée de Donald Trump n'en changera pas cet état des choses ; sa naïveté finira bien par s'écraser au mur de la réalité. Et c'est même maintenant !

    Le dernier épisode est une réponse à des déclarations toujours inconséquentes et excessives de Dimitri Medvedev. Depuis février 2022, on a du mal à comprendre qui est cet ancien Président de la Fédération de Russie (2008 à 2012), servant de prête-nom à Vladimir Poutine (interdit d'un troisième mandat en 2008 ! Il en est à son cinquième mandat, et encore, en rallongeant de 50% leur durée et sans compter son temps de Premier Ministre), actuellement vice-président du conseil de sécurité de la Russie. Alors qu'il était initialement considéré comme "raisonnable" et "sérieux", avec des bonnes connaissances économiques, etc., il s'est transformé en pire que Vladimir Poutine, comme s'il y avait un concours de surenchères de celui qui propose le plus de menaces de guerre contre un supposé "Occident".

    Dimitri Medvedev a réagi à la déclaration de Donald Trump réclamant la paix en Ukraine d'ici au 8 août 2025. L'ancien Président russe a écrit sur Twitter : « Chaque nouvel ultimatum est une menace et un pas vers la guerre. ». Or, pour une fois, au lieu d'ignorer les propos surbelliqueux de Dimitri Medvedev, Donald Trump l'a pris au mot en considérant que les déclarations ainsi exprimées étaient graves et menaçaient l'intégrité des États-Unis : « Soyons prudents, une menace a été proférée et nous avons estimé que ce n'était pas approprié ! ».

     

     
     


    Résultat : le 1er août 2025, Donald Trump a annoncé le déploiement de deux sous-marins nucléaires américains vers la Russie. Concrètement, cela ne changera rien dans la mesure où les États-Unis n'avaient pas besoin de ce déploiement pour être défendus et en capacité de répondre aux éventuelles attaques nucléaires de la Russie, mais cela permet de montrer un changement de ton. La naïveté semblerait laisser maintenant place à la lucidité.

    Après tout, prendre au sérieux toutes les logorrhées de Dimitri Medvedev a cet avantage qu'il la ramènera un peu moins la prochaine fois, et ce n'est pas dans l'intérêt de Vladimir Poutine de se montrer grossièrement belliqueux (ce qu'il est pourtant). Donald Trump, qui est bien du niveau de cette cour de récréation "virile" (celui qui a la plus longue), pourrait montrer à Vladimir Poutine qu'il a désormais trouvé un maître en la matière.

    Quant à la dissuasion nucléaire, elle ne tient que si les protagonistes agissent avec raison et pas avec émotion. À l'ère de Trump, les invariants se réduisent à peau de chagrin.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (02 août 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Hiroshima et Nagasaki : le mythe fondateur de la dissuasion nucléaire.
    Le syndrome d'Hiroshima.
    En France, record mondial pour la fusion nucléaire !
    Dominique Voynet, la fossoyeuse de l'énergie nucléaire française.
    La repentance nucléaire : Emmanuel Macron à Belfort.
    La filière nucléaire en crise, par Marc Endeweld dans "La Tribune" du 9 février 2022.
    COP26 : face à l’alarmisme, le leadership mondial d’Emmanuel Macron.
    Rapport de RTE sur les perspectives de production d’électricité, publié le 25 octobre 2021 (à télécharger).
    Rapport du GIEC publié le 9 août 2021 (à télécharger).
    François Bayrou relance le programme nucléaire français.
    Note de synthèse du 23 mars 2021 du haut-commissaire au Plan sur le programme nucléaire français (à télécharger).
    Interview de François Bayrou le 24 mars 2021 sur LCI (à télécharger).
    Le débat rayonnant sur le nucléaire.
    François Hollande coincé entre Jean-Pierre Chevènement et Eva Joly sur le nucléaire.
    Andrei Sakharov.
    Incompréhensions américaines : le nucléaire iranien.
    Au cœur de la tragédie einsteinienne.
    Marie Curie.
    La Corée du Nord selon Guy Delisle.
    Fukushima, dix ans après.
    Tchernobyl (1986).
    Fukushima (11 mars 2011).
    L’industrie de l’énergie en France.

     

     
     





    http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250805-hiroshima.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/hiroshima-et-nagasaki-le-mythe-262455

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/08/04/article-sr-20250806-hiroshima.html


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  • Reconnaissance de l'État palestinien : a-t-on le droit de bousculer ses amis ?

    « Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j'ai décidé que la France reconnaîtra l'État de Palestine. J'en ferai l'annonce solennelle à l'Assemblée générale des Nations Unies au mois de septembre prochain. L'urgence est aujourd'hui que cesse la guerre à Gaza et que la population civile soit secourue. » (Emmanuel Macron, le 24 juillet 2025 sur Twitter).




     

     
     


    Ces quelques mots ont été publiés sur Twitter le jeudi 24 juillet 2025 à 20 heures 16 par le Président de la République Emmanuel Macron. Ils ont fait l'effet d'une bombe en plein été. Que faut-il en penser ? Que faut-il penser d'une reconnaissance immédiate de l'État palestinien par la France ?

    Nous voici encore dans des réflexions ou des analyses à fronts reversés. Ceux qui s'opposent régulièrement à Emmanuel Macron mais défendent le peuple palestinien se retrouvent à défendre l'idée du Président de la République de reconnaissance historique de l'État palestinien. Et inversement, des proches du macronisme peuvent se trouver désorientés par une telle annonce parce qu'ils comprennent bien que la situation n'est pas simple et que l'État d'Israël joue également sa survie.


    Personnellement, je soutiens en général l'action d'Emmanuel Macron dont je considère la vision à long terme de la France et de l'Europe comme une chance dans une classe politique plus douée pour faire des selfies sur TikTok que pour imaginer la France de 2030 voire de 2050.

    Emmanuel Macron a compris dès sa prise de fonction en 2017 qu'il fallait que la France et que l'Europe se dotent d'une défense puissante et autonome, c'est-à-dire indépendante des États-Unis pour leur sécurité, leur protection, et les événements qui sont survenus par la suite ont amplement confirmé la pertinence de cette vision (événements qui ont principalement pris deux noms, si l'on veut résumer : Vladimir Poutine et Donald Trump). Le budget des armées en France aura doublé entre 2017 et 2027. Ce n'est pas rien et c'est l'une des raisons pour lesquelles la France reste très écoutée dans ce qu'on appelle le concert des nations.

    Et pourtant, cette annonce d'une reconnaissance immédiate de l'État palestinien me fait grincer les dents. Je la suppose peu opportune à ce stade de la situation au Proche-Orient. Pourquoi ? Parce que nous sommes toujours dans l'après-massacres du 7 octobre 2023. En effet, tout ce qui se déroule, et parmi les événements les plus horribles, notamment la situation terrible à Gaza de famine et d'abandon, provient de ces massacres qui ont, paradoxalement, renforcé l'État d'Israël dans sa volonté d'en finir avec tous les groupes terroristes régionaux qui veulent l'extermination des Juifs et des Israéliens, en particulier le Hamas et le Hezbollah.

     

     
     


    Le point de départ de toute réflexion doit être la sécurité absolue de l'État d'Israël. Or, sa sécurité n'était pas assurée avec l'existence du Hamas à ses frontières, qui commettait des attentats en permanence sur la population civile d'Israël (avec tirs réguliers de roquettes). L'armée israélienne fait le sale boulot, c'est-à-dire éliminer toutes les poches de terroristes à Gaza, et ce n'est pas facile tant le Hamas se moque de la sécurité de la propre population palestinienne qui lui sert de bouclier humain.

    La réflexion devrait donc amener à se dire qu'un pays ami d'Israël ne devrait pas officiellement reconnaître l'État de Palestine sans l'accord du gouvernement israélien, par simple courtoisie diplomatique.


    Mais la situation n'est pas si simple. La situation à Gaza, qui perdure, est absolument scandaleuse et l'armée israélienne doit mettre ses moyens en rapport avec sa morale. L'éradication des poches terroristes ne peut se faire au prix d'un massacre du peuple palestinien, massacre et pas génocide, je précise, car il n'y a jamais eu l'intention, en Israël, d'exterminer tous les Palestiniens. Employer des mots abusifs empêche la prise de conscience de la situation à Gaza, c'est essentiel de ne pas être excessif pour être signifiant.

    Depuis le 7 octobre 2023, parce qu'il a été trop laxiste avec les terroristes palestiniens depuis trop longtemps, le gouvernement israélien semble se comporter comme une bête enragée incapable de s'arrêter dans sa réaction aux massacres du 7 octobre. Pourtant, il faudra bien arrêter. L'éradication totale est un leurre : à chaque mort d'un terroriste du Hamas, deux nouveaux Palestiniens s'engagent au Hamas pour le venger. Cela n'en finira plus. Cela n'en finit pas.

    Dans le traumatisme du conflit, seule la réconciliation, et donc l'arrêt unilatéral sinon bilatéral des hostilités peut faire entrevoir l'avenir sous le signe de la paix et de la prospérité, ce à quoi aspire ou devrait aspirer tout peuple sur Terre.

    Pour arrêter cette bête enragée (et tétanisée), il n'y a que des initiatives fortes qui peuvent avoir un effet. Les mots, la diplomatie, les conseils, les recommandations, même de celui qu'on considère le plus puissant de la planète, à savoir le Président des États-Unis, sont sans effet.

    Il y a donc l'immédiateté qui est l'arrêt de l'horreur à Gaza. Pour cela, l'armée israélienne peut tout, elle seule peut tout. Les signes encourageants d'une trêve partielle sont positifs mais certainement insuffisants. Une initiative forte peut faire plus réfléchir : cette initiative, elle ne peut être que la reconnaissance de l'État de Palestine.
     

     
     


    Prenons d'abord une réflexion très générale et à long terme : la solution à deux États, Israël et Palestine, celle prévue par les Nations Unies, est la seule solution capable d'assurer durablement la paix dans la région. C'est ce qu'avait compris un général qui n'était pas un tendre en Israël, j'ai nommé Ariel Sharon, qui a vu que l'autre solution possible, à savoir un seul État avec les Israéliens et les Palestiniens cohabitant dans un "vivre ensemble" à déterminer, ne pouvait pas satisfaire les Israéliens pour une simple raison démographique : au bout d'une ou deux générations, les Israéliens deviendraient ultra-minoritaires dans cet État unifié. Il convenait donc, pour le chef de guerre qu'était Ariel Sharon, de s'acheminer vers deux États dont les différences démographiques des uns n'auraient pas d'influence sur les autres.

    Du reste, on peut difficilement croire que deux peuples, dont beaucoup de l'un souhaitent exterminer l'autre, puissent cohabiter en bonne harmonie et durablement dans un seul État. Le problème aujourd'hui, c'est que l'acceptation d'un État palestinien revient à Israël. En effet, les Palestiniens peuvent vouloir la mort d'Israël, mais ne peuvent que constater, malgré eux, qu'Israël est un État bien vivant, bien existant, et durable (et une des nations qui investit le plus dans l'innovation technologique, ce n'est pas un détail).


    Alors, si l'idée du Président de la République est de bousculer nos amis israéliens pour qu'ils mettent fin à ce bourbier de Gaza, qu'ils reviennent à des considérations déjà purement humanitaires, c'est-à-dire humaines, avant toute considération politique, géopolitique voire militaire, ce sera un point positif.
     

     
     


    Emmanuel Macron est de l'espèce des volontaristes. Le volontarisme, c'est refuser la fatalité, refuser la situation, refuser surtout de se croire impuissant, de croire que rien n'est possible pour améliorer une situation insupportable (comme celle à Gaza). Pour cela, il faut croire au père Noël, il faut croire à l'inimaginable, et l'idée de reconnaître l'État palestinien concourt à ce volontarisme. En le faisant, la France fera réagir d'autres pays et peut-être d'abord Israël.

    La France serait-elle isolée diplomatiquement en cas de reconnaissance de l'État palestinien ? Pas du tout. Au contraire, après l'annonce du Président français, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie se sont déclarés prêts à faire la même chose au même moment. Cela montre à l'évidence que loin d'être isolée, la France reste une grand nation écoutée dans le monde. Et c'est justement parce qu'elle est une grande nation écoutée que sa reconnaissance est importante et agace aujourd'hui le gouvernement israélien.
     

     
     


    Mais Emmanuel Macron n'a rien transigé des conditions imposées aux Palestiniens : démilitarisation du Hamas, non-militarisation de l'État palestinien, libération inconditionnelle des dernier otages du 7 octobre 2023 (et remise des corps de ceux qui n'ont pas survécu) et, évidemment, reconnaissance de l'État d'Israël et la fin de cette volonté de l'exterminer par tous les moyens.

    Dans une lettre adressée le 24 juillet 2025 au Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Emmanuel Macron lui a rappelé la position de la France : « Je (…) vous dis (…) la mobilisation de la France en faveur de la mise en œuvre de la solution à deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité. Cette solution constitue la seule voie permettant de répondre aux aspirations légitimes des Israéliens comme des Palestinien. Il faut désormais y parvenir au plus vite. ».

    Et d'insister auprès de Mahmoud Abbas : « Je serai particulièrement attentif à la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza, de la libération des otages encore détenus par le Hamas, du désarmement de celui-ci et de la consolidation de l'Autorité palestinienne sur l'ensemble des territoires palestiniens. ».


    C'est là le problème, celui de considérer le Président de l'Autorité palestinien comme un interlocuteur légitime et fiable alors qu'il n'y a plus eu d'élection depuis vingt ans et que celui-ci a plus de 90 ans ! Ce dernier a fait part à Emmanuel Macron, dans une lettre datée du 9 juin 2025, de son engagement à procéder à des élections présidentielle et législatives au cours de l'année 2026 (« afin de renforcer sa légitimité et son autorité sur le futur État palestinien »), mais malheureusement, l'Autorité palestinienne n'a d'autorité que de nom et n'a aucune autorité sur la Bande de Gaza où le Hamas régente tout le territoire et toute la population.

    Bien sûr, seule, la France ne pourra pas faire grand-chose, mais il ne faut pas sous-estimer la capacité de leadership d'Emmanuel Macron dans le monde contemporain. La session de septembre prochain de l'Assemblée générale des Nations Unies sera à cet égard cruciale. La France peut avoir un effet d'entraînement. Aux Israéliens de s'y préparer. Leurs amis que sont les Français peuvent se permettre de les presser afin de faire cesser les horreurs à Gaza. La paix nécessite des concessions, et la plus grande est sans doute de renoncer à la vengeance.

    Nous sommes bien placés pour encourager ce processus. Après tout, il y a quatre-vingts ans, deux peuples, français et allemand, se haïssaient férocement depuis quatre générations et ont réussi à extirper la haine pour ne garder que l'amitié, et comme Lorrain, je peux témoigner que l'amitié franco-allemande n'est pas une vaine expression, du moins en Lorraine. Le croustillant dessinateur Plantu a reposté le 25 juillet 2025 sur son compte Twitter son vieux dessin d'un drapeau israélien et d'un drapeau palestinien cosigné par Yasser Arafat et Shimon Peres (qu'il était allé rencontrer chez eux), pour une reconnaissance mutuelle. C'était juste avant les Accords d'Oslo. Il y a un millénaire au moins.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (28 juillet 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Reconnaissance de l'État palestinien : a-t-on le droit de bousculer ses amis ?
    Georges Ibrahim Abdallah.
    Make Iran Great Again ?
    Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
    Kfir Bibas, d'horreurs en horreurs...
    Auschwitz : soyons la mémoire de leur mémoire !
    Gaza : trêve, libération d'otages israéliens et propagande du Hamas.
    Mahmoud Abbas.
    7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie.
    Les Accords d'Oslo.

     

     
     
     
     


     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250724-macron-palestine.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/reconnaissance-de-l-etat-262304

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/07/25/article-sr-20250724-macron-palestine.html

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  • Le terroriste Georges Ibrahim Abdallah libéré

    « Les lois de 1986 et 1988 ont permis une adaptation de nos procédures pénales à la lutte contre le terrorisme ; bien sûr, on luttait déjà contre le terrorisme avant ces lois : ainsi, nous avions par exemple réussi à arrêter Georges Ibrahim Abdallah. Le lien avec la justice s’est toujours fait par des relations directes avec les magistrats, tant les magistrats instructeurs que ceux du parquet. L’acte de saisine des magistrats, c’est le procès-verbal de renseignement ou le rapport de renseignement ; mais en amont de la procédure judiciaire proprement dite, il y a et il doit y avoir des relations personnelles et institutionnelles entre la DST et les magistrats. Cela permet de prévenir de l’existence de menaces et de faire le point sur les affaires qui pourraient faire l’objet d’une procédure judiciaire. Il y avait donc un dialogue : la DST n’a jamais voulu cacher des renseignements à la justice ; elle a toujours, au contraire, cherché à lui présenter le meilleur dossier possible pour entamer une procédure judiciaire. » (Louis Caprioli, ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la DST, audition à l'Assemblée Nationale le 21 février 2013 de la commission d'enquête sur le fonctionnement des services de renseignements français dans le suivi et la surveillance des mouvements radicaux armés).




     

     
     


    Le terroriste libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré en France depuis le 24 octobre 1984 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le 28 février 1987 pour sa complicité dans l'assassinat de deux diplomates (un Américain et un Israélien) en 1982, devrait être libéré ce vendredi 25 juillet 2025. Pendant ses quarante années de détention, le prisonnier a toujours revendiqué ses idées marxistes, communistes et pro-palestiniennes, ce qui lui a permis de connaître des amis de l'extrême gauche actuelle, en particulier une députée européenne qui n'était même pas née lors de son arrestation.

    Les partisans de la libération de Georges Ibrahim Abdallah ont fait valoir que cette décision du 17 juillet 2025 était une victoire politique, décision prise contre l'avis du parquet national antiterroriste qui avait fait appel de la décision. Cette décision de justice est donc loin de faire l'unanimité parmi les juges français.

    Ces militants marxistes (oui, il en existe encore en plein dans le XXIe siècle) estiment que Georges Ibrahim Abdallah était un prisonnier politique en ce sens que des pressions américaines voire israéliennes auraient été faites à la France pour traiter avec sévérité cet encombrant prisonnier.


    La réalité est plutôt le contraire. La France n'a jamais voulu de ce prisonnier et a tout fait pour que la justice fût la plus douce pour lui. La France, qui avait subi des vagues d'attentats terroristes, en 1982 puis en 1986, préférait éviter de provoquer de nouvelles motivations d'attentats.

    Pendant le procès, le numéro deux de la DST, Raymond Nart, a témoigné en minimisant le rôle de Georges Ibrahim Abdallah, ce qui n'a pas manqué de surprendre les juges. En 2024, Raymond Nart, à l'âge de 88 ans, a publiquement justifié sa position de l'époque : « Les services algériens m’ont expliqué que les FARL et Abdallah ne représentaient rien politiquement, que c’était un petit groupe, des communistes pro-palestiniens excités. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’étaient pas dangereux. Compte tenu du fait qu’on avait déjà essayé d’échanger Abdallah contre un otage, ma logique était de ne pas empêcher qu’un tel échange puisse se reproduire. ».

    Parmi les partisans de la libération de Georges Ibrahim Abdallah à l'époque (donc de sa non-condamnation), Yves Bonnet, le directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST) du 14 novembre 1982 au 1er août 1985, ensuite préfet de 1985 à 1991, futur député UDF de la Manche de mars 1993 à avril 1997, puis futur conseiller régional RN de la Normandie depuis juin 2021, en particulier parce que le directeur de la DST avait promis sa libération aux services algériens proches des FARL en échange de la libération d'un otage enlevé par les FARL, le Français Gilles Sidney Peyrolles (fils de l'écrivain Gilles Perrault), alors directeur du centre culturel de Tripoli (au Liban). Mais la justice a refusé de libérer Georges Ibrahim Abdallah, malgré la libération de Gilles Sidney Peyrolles, car on a retrouvé les armes qui ont tué les deux diplomates, ce qui allait condamner lourdement le dirigeant des FARL.

    Si les Américains étaient autant impliqués pour punir sévèrement Georges Ibrahim Abdallah, c'était parce qu'ils le considéraient comme le responsable notamment de l'assassinat du lieutenant-colonel Charles R. Ray, attaché militaire à l'ambassade des États-Unis en France et probablement membre de la CIA, tué le 18 janvier 1982 à Strasbourg par un attentat revendiqué par les FARL.
     

     
     


    Ainsi, si des pressions américaines ont bien eu lieu, la France a toujours tenté de s'y opposer. Pour preuve, cet échange au cours d'un dîner à Paris en juillet 1986 entre le chef de la CIA, William Casey, proche du Président Ronald Reagan, et le Ministre français délégué à la Sécurité Robert Pandraud, second du Ministre français de l'Intérieur Charles Pasqua. William Casey a menacé son interlocuteur français avec sa fourchette : « Si jamais la France ne condamne pas Abdallah à la perpétuité, ça va mal se passer entre nos deux pays, il y aura rupture diplomatique. Ce sera un énorme scandale. ». Réponse froide et cynique de Robert Pandraud : « On va faire plus simple. Nous allons libérer Abdallah et l'envoyer au Moyen-Orient. On vous donne ensuite son adresse, vous le liquidez et on n'en parle plus ! ».

    C'est notamment ce qu'a relaté l'excellente émission radiophonique "Secrets d'info" produite par Jacques Monin, directeur des enquêtes et de l'investigation de Radio France de 2016 à 2024, et diffusée le 22 juin 2024 sur France Inter avec pour titre : "Les derniers secrets de l'affaire Georges Ibrahim Abdallah" (voir lien en fin d'article).


    Pendant longtemps, avant et pendant le procès, les gouvernements français ont tenté d'expulser Georges Ibrahim Abdallah mais les juges français, jaloux de leur indépendance, ont refusé les pressions des dirigeants français. Au cours du procès, l'avocat général n'avait requis que dix ans de prison, tandis que les juges ont préféré la perpétuité.

    Pierre Baechlin, l'avocat général, a demandé en effet à la cour son indulgence : « Je crois, dans l’intérêt de tous, pouvoir vous demander, vous conjurer, vous supplier, de ne pas prononcer à l’encontre de l’accusé [Georges Ibrahim Abdallah], une peine de réclusion criminelle supérieure à dix ans. ».

    Et Jacques Monin de raconter : « Un témoin de la scène, présent au tribunal ce jour-là, nous raconte aujourd’hui avoir entendu l’avocat général dire à voix basse : "Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour la France…". Pourquoi une telle clémence ? "La France ne voulait pas faire de vagues à cause de ses otages au Moyen-Orient", analyse Patrice de Méritens. Il raconte qu’à la veille de son réquisitoire, Pierre Baechlin aurait été "invité à prendre un whisky par le Procureur général de Paris. Ce dernier lui explique qu’il risque d’y avoir une nouvelle vague d’attentats s’il requière la perpétuité contre Abdallah. L’avocat général est traumatisé. On lui demandait de trahir la justice au nom de la raison d’État". Georges Ibrahim Abdallah sera cependant condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité d’assassinat. ».
     

     
     


    Au fil des années et de l'application de la peine, certains gouvernements ont refusé une libération conditionnelle à laquelle Georges Ibrahim Abdallah aurait pu prétendre à partir de 1999 (la moitié d'une peine de 30 ans). Il y a eu plusieurs tentatives de libération conditionnelle depuis l'an 2000 qui, jusqu'à juillet 2025, ont toutes échoué pour diverses raisons plus judiciaires que politiques.

    Le Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a voulu être ferme. Jean-Marie Beney, à l'époque directeur de cabinet du Ministre de la Justice Pascal Clément (de juin 2005 à mai 2007), maintenant procureur général près la cour d'appel de Montpellier, a décrit son état d'esprit : « Il s’agissait de répondre à une préoccupation exprimée par les Américains, pas de céder à leurs doléances. On ne leur a pas donné de garantie, on leur a dit ce qu’on allait faire. Il n’y a eu aucune tentative d’ingérence ou de pression. Avec ou sans message des Américains, la position du Ministère public aurait été la même. ».

    On peut aussi évoquer le Ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui, en refusant le 14 janvier 2013 de signer l'arrêté d'expulsion de ce prisonnier encombrant, a empêché sa libération conditionnelle. Manuel Valls a reconnu des pressions américaines (Hillary Clinton sur son homologue français Laurent Fabius) mais qui n'ont eu aucun effet sur sa prise de décision dictée par le climat politique : « Je le maintiens en prison volontairement, il n’était pas question que je signe l’arrêté d’expulsion. Je le fais par conviction. J’en ai informé le Président de la République [François Hollande], qui ne m’en a pas dissuadé. » (dira-t-il plus tard celui qui est devenu Premier Ministre puis, maintenant, Ministre d'État, Ministre des Outre-mer).

    Ce vendredi, c'est donc un dinosaure des prisons françaises qui va en sortir, immédiatement expulsé vers son pays d'origine, le Liban. Certains militants vont crier victoire, bien sûr, mais les autorités françaises, elles, vont juste pousser un ouf de soulagement.



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (24 juillet 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Les derniers secrets de l'affaire Georges Ibrahim Abdallah.
    Le terroriste Georges Ibrahim Abdallah libéré.
    Faut-il s'indigner ?
    Mahmoud Abbas.
    Yasser Arafat.
    Les Accords d'Oslo.
    Shimon Peres.

    Yitzhak Rabin.
    L'horreur du Hamas.
    L'avenir de la France se joue aussi à Gaza !
    Massacre à Gaza.
    La chute de Bachar El-Assad.
    Michel Aoun.



     

     
     







    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250724-georges-ibrahim-abdallah.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/article/le-terroriste-georges-ibrahim-262302

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/07/24/article-sr-20250724-georges-ibrahim-abdallah.html


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  • Faut-il s'indigner de la libération prochaine du terroriste Georges Ibrahim Abdallah ?

    « Ni despotisme ni terrorisme. Nous voulons le progrès en pente douce. » (Victor Hugo, "Les Misérables", 1862).



     

     
     


    Ce jeudi 17 juillet 2025, la cour d'appel de Paris a rendu un jugement important puisqu'elle autorise la libération du terroriste Georges Ibrahim Abdallah avec expulsion immédiate vers son pays, le Liban, le 25 juillet 2025. Cette décision de la justice française était le résultat de l'appel du parquet national antiterroriste contre la décision du tribunal d'application des peines du 15 novembre 2024 permettant sa libération conditionnelle, sous condition « qu'il quitte le territoire français et n'y apparaisse plus ».

    Contrairement à ce que laisse entrevoir ce visage de grand-père bienveillant et sympathique, à la barbe blanche du père Noël, George Ibrahim Abdallah (74 ans) est un terroriste libanais, qui a été un proche du Palestinien Georges Habache, chef du front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Militant communiste, activiste pro-palestinien, chef en France de la FARL, fraction armée révolutionnaire libanaise, communiste, marxiste, pro-syrienne et anti-israélienne, il a été arrêté le 24 octobre 1984 à Lyon en possession d'un faux passeport algérien, puis des armes ayant servi à des assassinats ont été retrouvées chez lui (25 kilogrammes d'explosifs, des mitraillettes, des roquettes, des pistolets, etc.), si bien que le 28 février 1987, à l'issue d'un procès très médiatisé (il fut défendu par Jacques Vergès), la cour d'assises spéciale l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa complicité dans l'assassinat du diplomate américain Charles R. Ray le 18 janvier 1982 à Strasbourg et celui du diplomate israélien Yacov Barsimantov le 3 avril 1982 à Paris.
     

     
     


    Pendant plus de quarante ans, il a été soutenu par un fort mouvement communiste et pro-palestinien, qui considère que Georges Ibrahim Abdallah serait un prisonnier politique dans un État impérialiste à la solde de la CIA et du Mossad. La réalité, c'est que celui qui ose toujours s'afficher à côté d'un portrait du cruel Che Guevara a du sang sur les mains et dans sa conscience et qu'il a été condamné à perpétuité par une justice indépendante. La preuve, c'est que la politique a tenté de s'en mêler justement pour le libérer en échange de la libération d'un otage en Algérie, ce que la justice française a finalement refusé.

    Faut-il pour autant s'indigner de cette libération qui laisse entendre, pour les organisations d'extrême gauche qui voudraient en faire un nouveau Nelson Mandela (ce qu'il n'est pas), qu'il s'agit d'une « victoire politique » (alors qu'elle n'est qu'une décision d'une justice indépendante) ? En ce qui me concerne, je ne me suis jamais réjoui d'une peine de prison qui est une peine toujours traumatisante, et j'ai toujours été pour une condamnation sévère (afin de rappeler l'interdiction de crimes de sang) avec une peine adaptée, à savoir que la morale triomphe indépendamment de l'application des peines qui est l'affaire des juges d'application des peines.

     

     
     


    En revanche, ce qui m'inquiète, c'est que Georges Ibrahim Abdallah n'a jamais cessé de militer pour ses causes extrémistes depuis sa cellule, bénéficiant d'ailleurs d'un ordinateur et de moyens pour militer (ce qui peut paraître étrange). La question est donc de savoir s'il serait capable de récidiver et de continuer à organiser des actions armées contre des individus ou des États. La libération conditionnelle, qui n'a jamais été un dû, est autorisée par la justice dans le cas où elle considère qu'une fois libre, le prisonnier ne constitue pas un danger pour l'ordre public et pour la population (ce qui a expliqué la libération prochaine de Serge Atlaoui), mais pour cet ancien terroriste libanais visiblement pas repenti, sa libération est conditionnée à une expulsion immédiate vers le Liban et l'interdiction de revenir sur le territoire français. On peut encore être terroriste à 74 ans.


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    Sylvain Rakotoarison (17 juillet 2025)
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    Pour aller plus loin :
    Georges Ibrahim Abdallah.
    Mahmoud Abbas.
    Yasser Arafat.
    Les Accords d'Oslo.
    Shimon Peres.

    Yitzhak Rabin.
    L'horreur du Hamas.
    L'avenir de la France se joue aussi à Gaza !
    Massacre à Gaza.
    La chute de Bachar El-Assad.
    Michel Aoun.



     

     
     





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    https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/faut-il-s-indigner-de-la-262183

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  • Emmanuel Macron veut une France militairement puissante

    « Au fond, soyons simples : pour être libre dans ce monde, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. » (Emmanuel Macron, le 13 juillet 2025 à Paris).




     

     
     


    À la veille de la Fête nationale, ce dimanche 13 juillet 2025, le Président de la République Emmanuel Macron a prononcé un important discours adressé aux armées à l'Hôtel de Brienne, le siège du Ministère des Armées, le neuvième discours aux armées depuis qu'il est à l'Élysée, qu'on peut relire ou réécouter ici.

    À ses côtés à la tribune se tenaient le Premier Ministre François Bayrou que le Président a remercié chaleureusement pour son action, le Ministre des Armées Sébastien Lecornu et la ministre déléguée Patricia Mirallès. Dans l'assistance, on pouvait reconnaître une ancienne Ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, qu'Emmanuel Macron est venu embrasser à la fin de son discours.

    Domaines privilégiés du Président, la politique étrangère et la défense sont des sujets sur lesquels Emmanuel Macron a beaucoup travaillé. Il est le premier Président à avoir augmenté, dès son arrivée au pouvoir en 2017, le budget de la défense alors que pendant une trentaine d'années, c'était le parent pauvre du budget, victime des dépenses clientélistes et des déficits publics : « Nous sommes lucides et unis, comme nous le sommes depuis neuf ans, parce que nous avons anticipé ces transformations du monde, anticipé les investissements indispensables. Et à cet égard, il ne suffit pas d'abord de viser des pourcentages de budget, mais de viser ce qui nous élève et nous unit, une force d'âme, une détermination. ».

     

     
     


    Mieux que d'autres, Emmanuel Macron a perçu qu'on avait changé d'époque et qu'il y a un retour, hélas, aux équilibres traditionnels : le meilleur moyen de maintenir la paix, ce n'est pas de sous-traiter à un géant outre-atlantique sa sécurité, mais de l'assurer soi-même : « Soyons clairs, nous, Européens, devons désormais assurer notre sécurité nous-mêmes. ».

    La guerre déclarée par la Russie à l'Ukraine en février 2022 a montré que les frontières pouvaient être transgressées par la force et que le meilleur moyen de les faire respecter, c'est encore d'avoir la capacité militaire de les défendre. Emmanuel Macron a compris avant d'autres dès février 2024 qu'il fallait soutenir à fond l'Ukraine car le projet militaire de Vladimir Poutine est la Grande Russie. L'Europe se retrouve ainsi avec la même communauté de destin que l'Ukraine : « La permanence d'une menace russe aux frontières de l'Europe, du Caucase à l'Arctique. Une menace préparée, organisée, durable et à laquelle nous devrons être capables de faire face. Notre avenir européen est déterminé par cela et la nécessité de nous organiser pour répondre à cette menace et la dissuader pour maintenir la paix. ».

    Le retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis a encore donné raison à Emmanuel Macron en ce sens que le désengagement tant ukrainien qu'européen des États-Unis rend les pays européens en situation très fragile face aux empires hostiles. Heureusement, la France a toujours su préserver sa souveraineté militaire et nucléaire, ce qui lui permet aujourd'hui d'être le leader d'une défense européenne.

     

     
     


    Le chef de l'État a appelé cela des moments de bascule : « Nous vivons un moment de bascule. Nous en apercevons depuis longtemps l'imminence et ces bascules sont aujourd'hui effectives. Et sans doute jamais, depuis 1945, la liberté n'avait été si menacée et jamais à ce point, la paix sur notre continent n'avait dépendu de nos décisions présentes. Oui, nous replongeons dans des années où l'histoire se fait. ».

    En ce moment, il y a multiplication des conflits armés durables : « Ces dernières années ont été marquées par le retour de l'impensable. Et regardez encore ces derniers mois l'accélération des événements, les bombardements sur l'Iran, les combats entre l'Inde et le Pakistan, avec sans doute l'un des combats aériens de la plus grande intensité des dernières décennies. ».
     

     
     


    Chef des armées, Emmanuel Macron a proposé de renforcer la capacité militaire, c'est-à-dire de passer de 53 000 à 65 000 militaires aptes au combat, ainsi que d'améliorer leurs conditions de vie (et de revaloriser leurs rémunérations) : « Parce que la Nation est confrontée à toutes ces menaces hybrides, à cette accélération de l'histoire, il n'y a plus d'arrière et il n'y a plus de front. Les conflits sont multiformes, multichamps, et supposent de la densité, ils supposent de durcir nos capacités, nos forces et la Nation dans son entier. ». Quant à une nouvelle forme de service national, le Président présentera son projet à l'automne prochain.

    Emmanuel Macron a fait référence deux fois à son allocution télévisée du 5 mars 2025. D'abord, pour évoquer le retour aux empires : « À l'heure des prédateurs, nul ne peut demeurer immobile. Nous avons une avance, mais demain au même rythme, nous serions dépassés. J'avais annoncé le 5 mars dernier aux Français la nécessité de prendre des décisions historiques face aux menaces existentielles qui pèsent sur notre liberté et que je viens de rappeler. ».

    Ensuite, pour évoquer le prix de notre défense : « J'avais dit le 5 mars aux Français, la patrie a besoin de vous. Je vous le dis en cette veille de fête nationale, c'est maintenant. Maintenant qu'il nous faut consentir à cet effort, parce que nous l'avons travaillé, documenté, et il est précisément calibré. Un effort ponctuel de tous pour préserver notre sécurité et notre indépendance. Le salut de la patrie suppose que nous dépensions plus pour notre défense et que chacun prenne sa part de cet investissement et que nous veillons à la souveraineté financière de notre Nation qui passe par des réformes, des transformations et plus de production. Si notre liberté a un prix, le voici. ».


    Emmanuel Macron a surtout annoncé ce dimanche une augmentation du rythme budgétaire. Le budget de la défense devra atteindre 64 milliards d'euros en 2027 au lieu de 2030 comme le prévoyait la loi de programmation militaire, cela signifie qu'il aura doublé par rapport à 2017. Mauvais coup pour François Bayrou qui devra donc trouver, en plus des 40 milliards d'euros pour baisser le déficit budgétaire, 3,5 milliards d'euros complémentaires pour intensifier le renforcement militaire de la France.
     

     
     


    Le Président de la République a justifié cette hausse du budget par ce constat lucide : « Nous sommes cette génération qui n'a pas connu la guerre, déterminée à ce que nos enfants ne connaissent rien d'autre que la paix. Mais soyons lucides, nous n'avons plus les dividendes de la paix dont nos parents avaient bénéficié. C'est terminé. ».

    Cela signifie qu'il faut expliquer cette nécessité, d'où l'importance de ces communications présidentielles depuis quelques mois : « La Nation, pour cela, doit être plus forte, car c'est à la nation avant tout de défendre la nation. Cela passe d'abord par une meilleure prise de conscience de chaque Français et de tous les acteurs civils des menaces hybrides qui nous entourent. ». Le chef de l'État avait même dépêché le général Thierry Burkhard, le chef d'état-major des armées, pour expliquer, au cours d'une conférence de presse le vendredi 11 juillet 2025, que la menace russe allait durablement planer sur la France et sur l'Europe (on peut écouter cette déclaration ici).

    Sur le plan politique, Emmanuel Macron a blâmé les parlementaires d'avoir censuré le gouvernement à la fin de l'année dernière, en plein processus budgétaire, ce qui a eu pour effet de retarder la loi de programmation militaire : « Je le sais, nos PME et nos industriels ont subi les retards provoqués par la censure votée par les parlementaires au mois de décembre dernier. Alors, je le dis ici à chacun, de prendre ses responsabilités pour l'année prochaine. Aux parlementaires, pour que le budget soit voté en heure, car les censures de fin d'année ont une conséquence simple, elles décalent le budget des armées, entre autres. ». Ces propos peuvent être pris pour de la simple provocation politique et risquent de ne pas entraîner l'effet souhaité.


    Emmanuel Macron réussira-t-il à convaincre les Français de l'importance de se doter d'une défense puissante et dissuasive ? Probablement. Son allocution du 5 mars 2025 avait été comprise et convaincante. En revanche, sera-t-il écouté par l'opposition à l'Assemblée Nationale pour qu'elle ne vote pas la censure au moment de la discussion budgétaire ? Ça, c'est moins sûr, et il faudra se fier à toute l'habileté politique de François Bayrou. Pour l'heure, le premier rendez-vous sera le mardi 15 juillet 2025 ; le chef du gouvernement donnera ses premiers arbitrages budgétaires. Ça risque d'être piquant.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (13 juillet 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Emmanuel Macron veut une France militairement puissante.
    Discours du Président Emmanuel Macron aux armées le 13 juillet 2025 à Paris (vidéo et texte intégral).
    Présentation du général Thierry Burkhard, chef d'état-majoir des armées le 11 juillet 2025 à Paris (vidéo).
    Accord de Bougival : les félicitations d'Emmanuel Macron.
    Discours du Président Emmanuel Macron sur la Nouvelle-Calédonie le 12 juillet 2025 à l'Élysée (vidéo et texte intégral).

    Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 13 juin 2025 à l'Élysée (vidéo et texte intégral).
    Emmanuel Macron à la télévision : Mélanie avant l'Urgence Océan.
    Mélanie, la douceur incarnée.
    Il y a un an, la dissolution !
    Emmanuel Macron : qu'allait-il faire dans cette galère ?
    Interview du Président Emmanuel Macron le mardi 13 mai 2025 sur TF1 (vidéo).
    Emmanuel Macron à l'initiative pour la paix en Ukraine.
    Emmanuel Macron, le référendum et les Français.
    Emmanuel Macron veut-il influencer l'élection du nouveau pape ?
    Budget 2026 : François Bayrou promet-il du sang et des larmes ?
    Discours du Premier Ministre François Bayrou le 15 avril 2025 à Paris (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron sur le front du commerce international.
    Discours du Président Emmanuel Macron sur les taxes douanières américaines le 3 avril 2025 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron : la patrie a besoin de vous !
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 mars 2025 (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron à la télévision le dimanche soir !
    Interview du Président Emmanuel Macron le dimanche 9 février 2025 sur France 2 (vidéo).
    Vœux 2025 d'Emmanuel Macron : aux Français de trancher ?
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2024 à Paris (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron face à ses choix.
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 décembre 2024 (texte intégral).
    Emmanuel Macron et les joyeux JO.
    Interview du Président Emmanuel Macron le 23 juillet 2024 sur France 2 (vidéo intégrale).
    Lettre aux Français par Emmanuel Macron le 10 juillet 2024 (texte intégral).
    Emmanuel Macron et son n'ayez-pas-peur !
    Interview d'Emmanuel Macron à Génération Do It Yourself le 24 juin 2024 (podcast intégral).
    Lettre aux Français d'Emmanuel Macron le 23 juin 2024 (texte intégral).
    Sidération institutionnelle.
    Emmanuel Macron, haut et fort dans l'intérêt de la France et des Français.
    Interview du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 sur TF1 et France 2 (vidéo intégrale).
    Discours du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 en Normandie.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Le souverainisme européen selon Emmanuel Macron : puissance, prospérité et humanisme.
    Discours du Président Emmanuel Macron sur l'Europe le 25 avril 2024 à la Sorbonne à Paris (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron et son plan de relance de l’Europe (le26 septembre 2017 à la Sorbonne).
    Texte intégral du discours d’Emmanuel Macron le 26 septembre 2017 à la Sorbonne.
    Emmanuel Macron très gaullien à la télévision pour expliquer la gravité de la situation en Ukraine.
    Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
    Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
    Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
    Pour que la France reste la France !
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 16 janvier 2024 à 20 heures 15 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
    Gabriel Macron.
    Tribune du Président Emmanuel Macron dans "Le Monde" du 29 décembre 2023.

    Le gouvernement de Gabriel Attal sarkozysé.
    Liste complète des membres du premier gouvernement de Gabriel Attal.
    Cérémonie de passation des pouvoirs à Matignon le 9 janvier 2024 (texte intégral et vidéo).
    Gabriel Attal plongé dans l'enfer de Matignon.
    Élisabeth Borne remerciée !
    Macron 2024 : bientôt le grand remplacement ...à Matignon ?
    Vœux 2024 d'Emmanuel Macron : mes chers compatriotes, l’action n’est pas une option !


     

     
     





    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250713-macron.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/emmanuel-macron-veut-une-france-262065

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  • Sauvons Cécile Kohler et Jacques Paris de l'odieux chantage aux otages  !

    « N'oublions pas que, il y a trois ans, au moment des pires répressions contre le mouvement "Femme, Vie, Liberté", sa véritable nature nous était apparue en pleine lumière. N'oublions pas que, aujourd'hui, nous appelons encore et toujours à la libération de nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris, retenus dans les geôles iraniennes à la seule fin de servir une abjecte diplomatie des otages. » (François Bayrou, le 2 juillet 2025 au Sénat).



     

     
     


    Inquiétude, tristesse et colère depuis plus de trois ans : Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris ont été pris en otage en Iran le 7 mai 2022, à la fin d'un séjour touristique. Cécile Kohler (40 ans), professeure agrégée de français dans un lycée des Yvelines et déléguée syndicale, et Jacques Paris (72 ans), ancien professeur de mathématiques, ont été arrêtés par la police iranienne sous le prétexte fallacieux d'espionnage.

    Ce n'est que le 23 novembre 2022 que la famille et les autorités françaises ont été informées de leur sort et du lieu de leur détention, plus de six mois plus tard, tandis que le 6 octobre 2022, la radio iranienne IRIB a diffusé les supposés aveux forcés de Cécile Kohler contrainte de dire qu'elle serait une agente de la DGSE (serve de renseignement extérieur de la France), une accusation stupide.

    Depuis son arrestation, elle aurait été torturée, entre autres par un isolement total pendant plusieurs mois. Elle n'a pas le droit d'avoir un avocat, ne peut pas recevoir de courrier, ne peut pas contacter l'ambassadeur qui a pu lui rendre visiter seulement trois fois entre 2022 et 2024, etc. Selon certains témoignages, en janvier 2025, son état de santé serait très dégradé en raison de ses conditions de détention.

    Heureusement, Cécile Kohler et Jacques Paris ne sont pas oubliés par la France et par les Français, les gouvernements y travaillent, et de nombreux Français ont manifesté leur soutien à l'occasion de rassemblements à Paris et dans d'autres villes de France. Les portraits des deux otages ont été placardés sur les grilles du Palais-Bourbon, siège de l'Assemblée Nationale, à Paris.
     

     
     


    Récemment, il y a eu une grande inquiétude car l'armée israélienne a bombardé le 23 juin 2025 la prison d'Evin où sont censés être incarcérés les deux otages français. Il est particulièrement stupide de bombarder une prison (ce sujet renvoie aussi à la question du pourquoi les troupes alliées n'avaient pas bombardé les camps d'extermination pendant la Seconde Guerre mondiale). En l'occurrence, cette frappe israélienne a tué 71 personnes, des surveillants de la prison mais aussi des prisonniers, des visiteurs, et des habitants vivant à proximité.

    Dans sa déclaration au Sénat sur la situation au Proche-Orient le 2 juillet 2025, le Premier Ministre François Bayrou a rassuré à ce sujet : « Notre première préoccupation, pendant les douze jours qu'a duré le conflit, a été le sort de nos ressortissants. Immédiatement, nous avons déployé des moyens civils et militaires pour rapatrier ceux d'entre eux qui en formulaient la demande. Cette mobilisation a permis à plus d'un millier de Français de quitter l'Iran et Israël. Nous avions aussi, faut-il le rappeler ?, de grandes inquiétudes pour nos deux ressortissants détenus en Iran de manière arbitraire depuis plus de trois ans, dans des conditions indignes : Cécile Kohler et Jacques Paris, dont nous n'avions plus de nouvelles depuis les frappes sur la prison d'Evin. M. le Ministre de l'Europe et des affaires étrangères et moi-même pouvons vous rassurer ce soir en vous disant qu'ils ont reçu hier une visite consulaire, et qu'ils sont sains et saufs. Qu'ils sachent, que leurs familles et tous ceux qui les soutiennent sachent que nous mobilisons l'ensemble des moyens disponibles dans le seul but d'obtenir leur libération immédiate. ».

    Donc, joie et soulagement, les deux otages français n'ont pas été touchés par la frappe israélienne, d'une part, et ils ont reçu une visite consulaire des autorités françaises le 1er juillet 2025 pour confirmer cette information, d'autre part.

     

     
     


    Malheureusement, ce soulagement a été de courte de durée et c'est la sœur de Cécile, Noémie Kohler qui a annoncé le même jour, le 2 juillet 2025, que Cécile Kohler et Jacques Paris ont été inculpés, par la pseudo-justice iranienne, à la fois de « complot pour renverser le régime », « espionnage pour le Mossad » et « corruption sur terre ». Chacun de ces trois chefs d'inculpation est passible de la peine de mort.

    C'est donc avec un véritable chantage aux otages que l'Iran souhaite faire pression sur la France en mettant en jeu la vie de deux ressortissants français. Une pratique abominable et qui ne fait illusion à personne.

    La république des mollahs a résisté à l'offensive israélienne et si elle en est ressortie plus affaiblie, elle existe encore et il est hélas prévisible que les mollahs durcissent encore le régime pour montrer au peuple iranien qu'ils gardent la maîtrise du pouvoir et qu'il n'a pas intérêt à se révolter.
     

     
     


    Pour le gouvernement français, la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris est le préalable inconditionnel à toute négociation avec l'Iran. La personne qui veut défendre Cécile Kohler est même beaucoup plus ferme puisqu'elle demande à la France d'intervenir militairement pour récupérer nos otages. L'expérience malheureuse des 53 otages américains devrait pourtant la rendre plus prudente : l'opération Eagle Claw, le 25 avril 1980, fut un échec complet, militaire et politique. La France ne peut imaginer faire une opération du même genre dont les risques d'échec seraient énormes et qui pourrait avoir des conséquences graves sur la vie de Cécile Kohler et Jacques Paris.

    Néanmoins, il ne faut pas désespérer et leur libération reste l'une des priorités de la diplomatie française. Leur vie est la nôtre, sauvons-les !


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (04 juillet 2025)
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    Pour aller plus loin :
    Sauvons Cécile Kohler et Jacques Paris de l'odieux chantage aux otages !
    Make Iran Great Again ?

     

     
     





    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250702-cecile-kohler.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/sauvons-cecile-kohler-et-jacques-261866

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/07/03/article-sr-20250702-cecile-kohler.html



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  • La Charte des Nations Unies est une grand-mère de 80 ans !

    « NOUS, PEUPLES DES NATIONS UNIES, RÉSOLUS à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances (…). » (Préambule de la Charte des Nations Unies, 26 juin 1945).




     

     
     


    Ce jeudi 26 juin 2025, les Nations Unies fêtent le 80e anniversaire de la signature de leur Charte. Inspirée de la Société Des Nations (SDN) et des conférences internationales entre alliés pendant la Seconde Guerre mondiale (en particulier la Conférence de Téhéran en décembre 1943, la Conférence de Dumbarton Oaks en octobre 1944 et la Conférence de Yalta en février 1945), la Charte des Nations Unies a été signée à la fin de la Conférence de San Francisco qui s'est tenue du 25 avril au 26 juin 1945 (on peut la lire dans son intégralité à ce lien).

    Rédigée en six langues originales, l'anglais, le français, l'espagnol, le russe, le mandarin et l'arabe, cette charte décrit le fonctionnement des différentes institutions de la future Organisation des Nations Unies (ONU) dont le siège a été fixé à New York, en particulier le Secrétariat Général de l'ONU (chapitre XV), la Cour internationale de Justice (chapitre XIV) et le Conseil de Sécurité de l'ONU (chapitre V). Ce texte est entré en vigueur le 24 octobre 1945 et l'est toujours, pour 193 États membres. À l'origine, le 26 juin 1945, 51 États l'ont signé (en fait, seulement 50, car le 51e État, la Pologne, était alors sans gouvernement).
     

     
     


    On aurait pu appeler ce texte Traité de San Francisco, mais cette appellation n'aurait pas apporté cette note de morale, de mental, d'esprit, de contexte : c'est à la fois une sorte de Constitution d'un gouvernement mondial (c'est le cas avec le Conseil de Sécurité) et une déclaration d'intention des droits humains.

    L'article 103 établit sans ambiguïté la priorité hiérarchique de la Charte sur les autres textes internationaux : « En cas de conflit entre les obligations des Membres des Nations Unies en vertu de la présente Charte et leurs obligations en vertu de tout autre accord international, les premières prévaudront. ».
     

     
     


    La Charte commence avec une force inattendue pour un texte juridique, un préambule court et clair, qui énonce la finalité des Nations Unies :

    « 1. Préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances,
    2. Proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,
    3. Créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,
    4. Favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande ».

    Et les moyens pour y parvenir :

    « 1. Pratiquer la tolérance, à vivre en paix l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage,
    2. Unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales,
    3. Accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu'il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l'intérêt commun,
    4. Recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples ».

    Dès l'article premier, on y lit les quatre buts des Nations Unies :

    « 1. Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ;
    2. Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde ;
    3. Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d'ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion ;
    4. Être un centre où s'harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes ».

    En lisant ces lignes et avec le recul de quatre-vingts années de fonctionnement, ou de non-fonctionnement, on mesure le niveau d'enthousiasme mais aussi d'utopie dont les diplomates du monde entier avaient fait preuve en rédigeant ce texte.
     

     
     


    S'il fallait résumer d'un seul mot l'idée générale de l'ONU, son mot d'ordre, c'est la paix. La PAIX !

    Mais le ver était dans le fruit dès son mûrissement, car c'était la grande différence avec la SDN : le vote est à la majorité avec le droit de veto accordé aux cinq grandes puissances qui ont gagné la Seconde Guerre mondiale : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Ce veto donné aux grandes puissances a souvent engendré une grande ...impuissance dans les conflits régionaux.

    Le principal organe des Nations Unies est le Conseil de Sécurité dont la mission est indiquée dans l'article 24 de la Charte : « Afin d'assurer l'action rapide et efficace de l'Organisation, ses Membres confèrent au Conseil de Sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales et reconnaissent qu'en s'acquittant des devoirs que lui impose cette responsabilité le Conseil de Sécurité agit en leur nom. ».

    Cela signifie d'une part le vote de résolutions pour éviter, prévenir ou arrêter une guerre, difficilement adoptées en raison des droits de veto et, le cas échéant, lorsqu'elles sont adoptées, souvent restées lettres mortes. Le Conseil de Sécurité peut alors voter l'envoi de troupes des Nations Unies (les Casques bleus) pour faire des opérations de maintien de la paix, elles-mêmes souvent impuissantes en raison de leur interdiction de se défendre en cas d'agression. Ce sont alors des « forces armées, l'assistance et les facilités, y compris le droit de passage, nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales » définies dans l'article 43.
     

     
     


    Deux chapitres sont importants dans la Charte.

    Le chapitre VI y traite du règlement pacifique des différends : « Les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent en rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation, d'enquête, de médiation, de conciliation, d'arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d'autres moyens pacifiques de leur choix. » (article 33).

    Le chapitre VII y traite de l'action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression. Il évoque toutes les gradations d'action contre les éventuels États belligérants, comme dans l'article 41 : « Le Conseil de Sécurité peut décider quelles mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions, et peut inviter les Membres des Nations Unies à appliquer ces mesures. Celles-ci peuvent comprendre l'interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques. ».

    Le droit international peut globalement se résumer à ceci, en plus de tous les traités internationaux : tous les actions visant à maintenir ou retrouver la paix doivent être acceptées par le Conseil de Sécurité de l'ONU.

    C'est ce qu'avait cherché et que n'avait pas obtenu le Président américain George W. Bush pour envahir l'Irak. Ce dernier concevait qu'une telle invasion devait se faire dans les formes juridiques du droit international, mais le rejet par l'ONU de sa demande ne l'a pas empêché d'envahir l'Irak avec toutes les conséquences que nous payons encore aujourd'hui.
     

     
     


    Aujourd'hui, son lointain successeur Donald Trump n'a pas ces pudeurs de gazelle : pour lui, une intervention militaire dans un pays tiers n'a pas la nécessité d'obtenir l'accord de l'ONU, il suffit qu'elle soit considérée par les États-Unis comme nécessaire pour la paix mondiale. Leur intervention du 22 juin 2025 en Iran est allée dans ce sens et les humoristes et caricaturistes ont de quoi faire pour fustiger son mépris du droit international. C'est la fin, j'espère provisoire, du multilatéralisme.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (25 juin 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    La Charte des Nations Unies est une grand-mère de 80 ans !
    La Charte des Nations Unies (texte intégral).
    Kofi Annan.
    Antonio Guterres.
    Les candidats au Secrétariat Général de l'ONU.
    Ban Ki-Moon.
    Boutros Boutros-Ghali.
    Kurt Waldheim.
    La COP21.



     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250626-onu.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-charte-des-nations-unies-est-260750

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/06/25/article-sr-20250626-onu.html


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  • Make Iran Great Again ?

    « Reste une position de principe que je tiens à défendre devant vous. La France a conscience de ces manquements. Elle sait que le pouvoir iranien a exécuté par pendaison des centaines de femmes qui ne respectaient pas les codes vestimentaires en vigueur ; elle sait aussi que les femmes n’ont pas le droit d’étudier. Tout le monde le sait, la France le sait. Mais la France ne peut pas être durablement du côté des infractions au droit international. Tout en prenant la pleine mesure des manquements que vous indiquez, la France doit réaffirmer que, dans l’avenir, le droit international doit s’imposer. » (François Bayrou, le 24 juin 2025 dans l'hémicycle).



     

     
     


    La "position de principe" de la France sur la guerre en Iran que le Premier Ministre François Bayrou a réaffirmée devant les députés ce mardi 24 juin 2025 lors de la séance des questions au gouvernement, est logique, prévisible, normale. Une nation qui fonde toute sa politique étrangère sur les principes du droit international ne peut pas défendre des violations permanentes de ce droit international... même pour la "bonne cause". La fin et les moyens...

    Le Président américain Donald Trump, après quelques hésitations, a fait intervenir son pays le 22 juin 2025 avec des frappes contre des cibles nucléaires en Iran d'une qualité technique remarquable. Mais il a aussi réussi à imposer le 23 juin 2025 un cessez-le-feu plus ou moins bien respecté par Israël et l'Iran.
     

     
     


    Le point de la vue de la France est toujours ambivalent dans ces événements au Proche- et Moyen-Orient. Le point crucial est la sécurité de l'État d'Israël et son existence qui a été menacée lors des massacres du 7 octobre 2023. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou a réagi avec une brutalité à la mesure du choc des massacres, en voulant neutraliser tous ses ennemis : le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et le marionnettiste de tous ces mouvements terroristes antisémites, le régime des mollahs en Iran.

    Il faut rappeler que la France est une victime encore actuelle de l'Iran islamique : nous avons deux otages en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris, mais il faut aussi rappeler la mort de 58 soldats français le 23 octobre 1983 par des attentats commandités par le régime des mollahs. Depuis quarante-six ans, le régime chiite a voulu exporter sa haine et ses guerres dans la région et même au-delà, sur les territoires européens et américains par des attentats meurtriers. En outre, le risque d'un Iran islamique nucléarisé est grand et menace la stabilité non seulement de la région mais du monde entier. C'est pourquoi, à l'instar du Chancelier allemand Friedrich Merz, il faut admettre que le gouvernement israélien fait le « sale boulot ». C'est bien commode de protester mais c'est plus compliqué de se faire respecter.

    Une fois qu'on a dit cela, on ne résout rien de la complexité du Moyen-Orient. Si on parle de droit international, il n'existe que par voie de paix, mais la guerre, a priori, c'est la loi du plus fort. Israël n'a pas respecté le droit international en attaquant l'Iran, mais les massacres du 7 octobre 2023 n'étaient pas non plus une démonstration éclatante du droit international, ni l'objectif des mollahs d'éliminer Israël de la surface de la Terre.


    La voix de la France a toujours été la voix diplomatique. Elle s'honore de rappeler quelques principes essentiels.
     

     
     


    Le premier principe, c'est qu'on ne sauve pas un peuple de ses dirigeants tortionnaires en le bombardant. C'est valable en Iran, c'est aussi valable à Gaza. Le pire, même, c'est de croire qu'on peut imposer la démocratie par des bombardements de forces étrangères. Le risque, au contraire, c'est de conforter le pouvoir des mollahs par un repli identitaire, et de renforcer la répression contre les opposants.

    Donald Trump a des réflexions assez étranges, brutales ou douces, selon les humeurs du moment. Ainsi, il a expliqué le 22 juin 2025 que son but n'était pas forcément de changer le régime en Iran, sauf si celui-ci ne permettait pas le retour au Grand Iran. Fleurit alors l'acronyme MIGA, Make Iran Great Again, qui n'a pour seul objectif que de répéter et de décliner le propre slogan électoral de Donald Trump (MAGA : Make America Great Again).

     

     
     


    Les bombardements de la prison d'Evin à Téhéran par l'armée israélienne ont aussi été d'une grande irresponsabilité : si on veut protéger les opposants politiques (ou des otages), on évite d'aller bombarder leur résidence. C'était d'ailleurs le débat sur l'absence de bombardement des camps d'extermination nazis : en les bombardant, on tuait également les déportés. La France est inquiète du sort de Cécile Kohler dont on a aucun signe de vie depuis ces bombardements.

    Le slogan Make Iran Great Again n'est pas sans arrière-pensée. On entend depuis quelques jours le fils du dernier shah d'Iran, le prince Reza Pahlavi (64 ans), prétendant au trône depuis le 27 juillet 1980 (mort de son père). Réfugié à Los Angeles, il est considéré par certains comme la tête de l'opposition politique à la république islamique, faute d'autres opposants. En 2009, il déclarait ainsi : « Je suis le fils du shah, l'héritier de la couronne. C'est un capital politique dont je dispose. Mais je ne l'utilise pas seulement en faveur de l'institution monarchique. Mon objectif, c'est la démocratie. ».
     

     
     


    Malgré ces assurances et cette vision, il n'est pas difficile de comprendre que si le peuple iranien, un grand peuple, intellectuel et cultivé, veut sortir de l'emprise des mollahs, ce n'est pas pour retomber dans la monarchie du shah qui précédait les ayatollahs. Au contraire, la démocratie en Iran devrait se définir comme une voie nouvelle et difficile qui doit être tracée par les seuls Iraniens, sans pression étrangère et encore moins si elle est militaire.

    Enfin, l'expérience dans la région nous montre, hélas, que les interventions militaires étrangères sont toujours contre-productives en long terme. Certes, on peut comprendre la nécessité absolue d'Israël d'assurer à court terme sa sécurité et son existence, mais plus le peuple iranien est frappé par les bombardements, plus le démantèlement du régime des mollahs sera difficile à obtenir. Pire même : l'expérience de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Syrie et de la Libye nous apprend que le chaos politique en Iran pourrait se révéler catastrophique, tant pour le peuple iranien lui-même que pour le monde en général. Daech est né ce chaos en Irak et a pourri plus d'une dizaine d'années les peuples du monde, en particulier le peuple français par plusieurs attentats particulièrement meurtriers à partir de 2015.

    Ce ne serait peut-être pas exactement Daech, un Daech chiite, mais les conséquences d'un désordre généralisé en Iran, grande nation, je le répète, ne seraient pas calculables tant elles seraient effroyables.

     

     
     


    Tous ces dangers doivent nous inciter à ne pas avoir une vision simpliste de la situation actuelle et à garder une extrême prudence. C'est la raison pour laquelle François Bayrou a loué, en répondant à une autre question, les nuances apportées par Emmanuel Macron : « Vous avez eu raison de rappeler que la France défend le droit international et ses principes. Vous demandez qu’elle le fasse avec plus de force, mais je ne vois pas de chef d’État qui le dise avec autant de force et de cette liberté à laquelle vous appelez, que le Président de la République. Il a manifesté son indépendance de jugement et rappelé de façon éloquente notre attachement aux principes du droit international. C’est la position de la France. Enfin, nous espérons que le respect du cessez-le-feu permettra d’entrer dans une ère nouvelle. Nous savons combien c’est difficile. Nous espérons aussi que là, comme ailleurs sur la planète, nous puissions un jour sortir de la loi de la force qui cherche à s’imposer à tous et retrouver la force de la loi. Cela ne se fera qu’en respectant le droit, notamment les droits de l’homme, et surtout ceux de la femme. ».


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (24 juin 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Make Iran Great Again ?
    Guerre en Iran : pensons au peuple iranien !
    Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
    Beyrouth, il y a trente-cinq ans.
    Majid Kavousifar.
    Varisha Moradi.
    Aïnaz Karimi.
    Arezou Khavari.
    Ahou Daryaei.
    Ebrahim Raïssi.
    Khosro Besharat.
    Mobilisons-nous pour Toomaj Salehi !
    Fatwa de mort contre Salman Rushdie.
    Alireza Akbari.
    Mehran Karimi Nasseri.
    Claude Malhuret contre la mollarchie.
    Mahsa Amini, les femmes iraniennes, leur liberté et Claude Malhuret.
    Révolution : du rêve républicain à l’enfer théocratique de Bani Sadr.
    L'Iran de Bani Sadr.
    De quoi fouetter un Shah (18 février 2009).
    N’oubliez pas le Guide (20 février 2009).
    Incompréhensions américaines (1) et (2).
    Émission de France 3 "L’Iran et l’Occident" (17-18 février 2009).
    Session de septembre 2006 à l’ONU : Bush, Ahmadinejad, Chirac.
    Dennis Ross et les Iraniens.
    Un émissaire français à Téhéran.
    Gérard Araud.
    Stanislas de Laboulaye.
    Des opposants exécutés par pendaison en Iran.
    Expulsion de Vakili Rad, assassin de Chapour Bakhtiar, dernier Premier Ministre du Shah d'Iran, par Brice Hortefeux à la suite du retour de l'étudiante Clotilde Reiss.
    Mort de l'ancien Premier Ministre iranien Mohammad Reza Mahdavi-Kani à 83 ans le 21 octobre 2014.

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250624-iran.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/make-iran-great-again-261688

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/06/24/article-sr-20250624-iran.html


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  • Guerre en Iran : pensons au peuple iranien !

    « Alors, à ceux qui exigent un soulèvement immédiat, des remerciements ou des applaudissements : prenez du recul. À ceux qui, sous couvert de bienveillance, tentent de nous imposer leur vision de notre avenir : abstenez-vous. » (Mona Jafarian, le 18 juin 2025).


     

     
     


    Le conflit entre Israël et l'Iran est désormais à son paroxysme et personne ne peut dire comment cela va se terminer. L'inquiétude est grande d'un embrasement généralisé de la région (du Proche-Orient) voire d'une extension vers les pays qui pourraient s'impliquer dans ce conflit, comme les États-Unis dont la position hésitante montre à l'évidence que Donald Trump navigue à vue sans plan d'origine.

    En Europe, on observe aussi avec inquiétude ce conflit mais on attend depuis quarante-six ans la fin de la dictature de mollahs qui a tant réprimé l'humanité en général, que ce soit sur le sol iranien lui-même avec les nombreuses exécutions qu'à l'extérieur au moyen d'attentats terroristes nombreux dont, entre autres, la France a été victime avec l'assassinat de soldats français et, encore aujourd'hui, l'emprisonnement de deux otages français.
     

     
     


    Je propose ici de retranscrire le message de Mona Jafarian, fondatrice de l'Association Femme Azadi, qui est une « association de femmes franco-iraniennes menant des actions politiques, médiatiques et événementielles pour porter la voix du peuple iranien dans sa révolution ». Dans ce message publié le 18 juin 2025 sur son compte Twitter, elle a mis en garde contre la facilité de croire que la guerre résoudrait tout, et a demandé de penser avant tout à l'intérêt du peuple iranien qui n'est pas complice mais victime des mollahs.

    « Je ne sais pas si certains réalisent ce que vivent les Iraniens en ce moment. Quarante-six ans d’une des dictatures les plus barbares au monde ont brisé plusieurs générations, chacune portant les traumatismes de la précédente. Pour beaucoup, cela signifie n’avoir jamais connu leur pays libre. Ils ont traversé une guerre meurtrière contre l’Irak, grandi sous la menace des pendaisons, des massacres, des tortures. Ils ont vu leur peuple se soulever à de nombreuses reprises, être réprimé dans des bains de sang, dans l’indifférence glaçante de la communauté internationale.

    Et aujourd’hui, ce même régime, qui a ruiné une grande nation autrefois prospère et respectée, provoque désormais la guerre sur son propre sol. Le peuple se retrouve pris dans une déchirure insoutenable : la douleur de chaque frappe sur sa terre mêlée au soulagement de voir ses bourreaux être enfin visés et éliminés les uns après les autres.

     

     
     


    Dans les commentaires, certains exigent de ce peuple meurtri et terrorisé, qu’il se soulève en cinq jours, alors même qu’on lui demande dans le même souffle de fuir, d’évacuer, de se cacher. Beaucoup oublient que la guerre n’a rien d’un jeu vidéo, surtout lorsqu’elle est vécue sous un régime criminel qui continue de réprimer, de surveiller, de terroriser de l’intérieur, aujourd’hui plus encore, par peur de s’effondrer.

    Qu’on soit en Iran ou en exil, nous savons que cette guerre, que nous redoutions depuis des années, est peut-être aussi celle qui ouvrira la voie à notre liberté. Mais cela ne la rend pas beaucoup plus facile à supporter.

     

     
     


    Alors, à ceux qui exigent un soulèvement immédiat, des remerciements ou des applaudissements : prenez du recul. À ceux qui, sous couvert de bienveillance, tentent de nous imposer leur vision de notre avenir : abstenez-vous.

    Nous avons alerté le monde avant tout le monde. Nous avons combattu ce régime avant tout le monde. Nous avons versé plus de sang que quiconque pour tenter de libérer le monde de cette pieuvre terroriste.

    À ceux qui nous soutiennent vraiment,qui ressentent ce que nous portons dans nos cœurs : merci.

    Et à nos rares alliés : nous n’oublierons jamais ceux qui furent à nos côtés dans cette longue lutte pour la liberté. »

     

     
     


    J'ajoute ceci : merci à ces femmes résistantes d'avoir été là depuis si longtemps pour nous alerter, nous, Français, de l'impasse de cette théocratie iranienne. Mais comme l'a exprimé le Président Emmanuel Macron, une solution politique durable sur la gouvernance en Iran ne pourra jamais venir de la conquête d'une armée étrangère. L'exemple de l'Irak l'a hélas trop bien démontré en 2004.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (19 juin 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Guerre en Iran : pensons au peuple iranien !
    Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
    Beyrouth, il y a trente-cinq ans.
    Majid Kavousifar.
    Varisha Moradi.
    Aïnaz Karimi.
    Arezou Khavari.
    Ahou Daryaei.
    Ebrahim Raïssi.
    Khosro Besharat.
    Mobilisons-nous pour Toomaj Salehi !
    Fatwa de mort contre Salman Rushdie.
    Alireza Akbari.
    Mehran Karimi Nasseri.
    Claude Malhuret contre la mollarchie.
    Mahsa Amini, les femmes iraniennes, leur liberté et Claude Malhuret.
    Révolution : du rêve républicain à l’enfer théocratique de Bani Sadr.
    L'Iran de Bani Sadr.
    De quoi fouetter un Shah (18 février 2009).
    N’oubliez pas le Guide (20 février 2009).
    Incompréhensions américaines (1) et (2).
    Émission de France 3 "L’Iran et l’Occident" (17-18 février 2009).
    Session de septembre 2006 à l’ONU : Bush, Ahmadinejad, Chirac.
    Dennis Ross et les Iraniens.
    Un émissaire français à Téhéran.
    Gérard Araud.
    Stanislas de Laboulaye.
    Des opposants exécutés par pendaison en Iran.
    Expulsion de Vakili Rad, assassin de Chapour Bakhtiar, dernier Premier Ministre du Shah d'Iran, par Brice Hortefeux à la suite du retour de l'étudiante Clotilde Reiss.
    Mort de l'ancien Premier Ministre iranien Mohammad Reza Mahdavi-Kani à 83 ans le 21 octobre 2014.


     

     
     





    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250618-iran.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/guerre-en-iran-pensons-au-peuple-261626

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/06/19/article-sr-20250618-iran.html




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  • Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste

    « C'est une étape nouvelle dans la guerre qui se joue dans la région. Je sais l'inquiétude légitime de nos compatriotes face à ces événements. » (Emmanuel Macron, le 13 juin 2025 à l'Élysée).



     

     
     


    Ça y est, souvent redouté et maintenant réalisé. Israël a attaqué l'Iran ce vendredi 13 juin 2025. Cette date, comme d'autres dates récentes, marquera sans doute l'histoire du Proche-Orient. Après les massacres du 7 octobre 2023, l'État d'Israël a fait des offensives à Gaza, au Liban, et maintenant en Iran pour assurer sa défense et son existence, souvent au prix de nombreuses victimes civiles innocentes. À ce moment crucial, le Président de la République française Emmanuel Macron a tenu à s'exprimer sur ce sujet grave au cours d'une conférence de presse organisée le soir même à l'Élysée (on pourra la lire ou la regarder dans son intégralité ici).

    Les premières paroles furent pour justifier l'attaque d'Israël par la condamnation du programme nucléaire iranien : « La France a condamné depuis longtemps et à de multiples reprises l'accélération du programme nucléaire et balistique iranien. L'Iran a continué d'enrichir de l'uranium sans aucune justification civile et à des niveaux désormais très proches de ce qui est nécessaire pour un engin nucléaire, accumulant près de 40 fois plus d'uranium enrichi que ce qui lui était autorisé. Elle s'est ainsi affranchie de toutes ses obligations vis-à-vis de la Communauté internationale, rompant ses propres promesses. ».

    Le chef de l'État a aussi condamné le développement du programme de missiles : « Parallèlement, l'Iran développe à marche forcée un programme de missiles. Certains sont en théorie capables d'emporter un engin nucléaire et d'autres ont la portée permettant d'atteindre certaines parties de notre territoire national. ».
     

     
     


    Enfin, il a considéré l'Iran comme complice des organisateurs du pogrom du 7 octobre 2023 mais aussi comme un État hostile à la France et aux Français : « L'Iran porte une lourde responsabilité dans la déstabilisation de toute la région, a soutenu le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, s'est félicité de l'attentat terroriste du 7 octobre, à la suite duquel 50 compatriotes ont perdu la vie, et détient toujours deux otages français, Cécile Kohler et Jacques Paris. (…) L'Iran fournit aussi des missiles à la Russie pour l'aider dans son agression contre l'Ukraine. ».

    Tout cela pour réaffirmer haut et fort le problème actuel de l'Iran : « Et donc, je le dis avec la plus grande clarté, le risque de cette marche vers l'arme nucléaire par l'Iran menace la région, l'Europe et, plus généralement, la stabilité collective. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où l'Iran posséderait la bombe atomique, car c'est une menace existentielle et une menace pour notre sécurité à tous. ».


    Et pour réaffirmer haut et fort le soutien à Israël : « Mais nul n'est plus directement visé qu'Israël, dont l'Iran appelle sans relâche à la destruction. Je l'ai souvent répété, Israël a le droit, comme chaque peuple, de vivre délivré de l'angoisse de l'anéantissement, du risque de l'attaque et de la menace du terrorisme. Nous restons attachés à cette exigence pour la sécurité d'Israël. Je l'ai réaffirmé ce matin au Premier Ministre Benyamin Netanyahou. ». Mais la France n'a pas soutenu l'attaque d'Israël contre l'Iran : « Est-ce que, pour autant, nous la soutenons, nous avons voulu l'accompagner, nous l'avons planifiée avec eux ? La réponse est non. ».
     

     
     


    Donc, la situation du nucléaire iranien est extrêmement grave : « Pour autant, la voie que la France continue avec constance de poursuivre est une voie diplomatique, c'est-à-dire celle qui consiste à redonner la légitimité à l'AIEA de poursuivre son programme, à demander de suivre l'ensemble des sites d'enrichissement et de revenir à des seuils qui correspondaient aux engagements internationaux. Nous avons été parmi les pays les plus exigeants et les plus constants sur la question du nucléaire iranien comme du balistique iranien, mais nous avons toujours privilégié la voie de la discussion diplomatique et des exigences techniques de l’AIEA plutôt que l'intervention militaire. C'est pourquoi la France n'était pas engagée dans une discussion avec Israël sur ce sujet, et c'est pourquoi la France ne recommandait pas des attaques de la part d'Israël. ».

    En même temps, la France veut contribuer au retour à la paix par une action diplomatique intense : « Face au risque majeur de déstabilisation pour toute la région, la France appelle désormais toutes les parties à la plus grande retenue pour éviter l'escalade. La question du nucléaire iranien est une question grave, une question existentielle. C'est par la négociation qu'elle doit désormais être réglée. C'est pourquoi je regrette que l'Iran n'ait pas pris au sérieux les propositions avancées par les États-Unis et a refusé jusqu'alors toutes les concessions comme les gestes nécessaires. Nous appelons à la reprise du dialogue, à la conclusion d'un accord, seul chemin pour désamorcer la situation, et nous sommes prêts à mettre tous nos efforts pour atteindre cet objectif. Depuis ce matin, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec le Président Trump, nos alliés européens, en particulier britanniques et allemands, ainsi que nos partenaires dans la région, jusqu'à l'instant même, les dirigeants d'Arabie saoudite, du Bahreïn, de la Jordanie, du Qatar, des Émirats arabes unis, de l'Égypte ou du Liban. Nous serons aux côtés de nos partenaires dans la région, auxquels j'ai rappelé notre solidarité et notre engagement, y compris celui de nos forces pour les protéger. Ce matin, j'ai tenu un Conseil de sécurité et de défense nationale sur la situation au Proche et Moyen-Orient et ses conséquences pour notre pays. (…) Plusieurs mesures ont aussi été actées pour garantir la sécurité de nos ressortissants, de nos troupes et de nos ambassades dans la région. Je demande à nos compatriotes de ne pas se rendre sur place, quel que soit le prétexte. Notre dispositif militaire dans la région est quant à lui en alerte. (…) Chaque jour, chaque heure, la France agit pour la paix et la sécurité pour tous au Moyen-Orient. ».

    Pour Emmanuel Macron, l'attaque de l'Iran ne doit cependant pas faire oublier la situation très grave de Gaza : « Les efforts pour rétablir le cessez-le-feu, rompus depuis le 1er mars, n'ont à ce stade pas abouti. Pourquoi ? Parce que cette logique militaire, celle de l'occupation, des déplacements, du siège, ne mènent nulle part, si ce n'est à un conflit permanent. Pour arrêter la guerre, il faut redonner une perspective de paix afin de bâtir les deux États et assurer la paix et la sécurité pour tous. C'est ce que porte la France depuis le 7 octobre, fidèle en cela à son engagement historique. Et c'est aussi le rappel qu'une vie vaut une vie et que pour la France, il n'y a pas de double standard. C'est par cette exigence que seront restaurées la paix et la sécurité régionales. ».

     

     
     


    Ainsi, la France rappelle très clairement son objectif de la création d'un État palestinien au côté de l'État d'Israël dans le cadre d'une conférence de paix : « Les objectifs que nous poursuivons à travers cette conférence internationale coorganisée avec l'Arabie Saoudite sont les suivants. En premier lieu, sécuriser la libération des otages et permettre l'arrivée dans la bande de Gaza d'une aide humanitaire massive. Ensuite, consolider le cessez-le-feu le plus durable possible. Troisièmement, enclencher un processus politique qui se substitue aux armes et qui permette d'obtenir une réforme de l'autorité palestinienne et la mise en place d'une administration sous l'autorité palestinienne dans la bande de Gaza, excluant le Hamas, qui doit être désarmé. L'objectif, c'est donc un État palestinien démilitarisé, reconnaissant l'existence et la sécurité d'Israël, qui doit recevoir le soutien d'une mission internationale de stabilisation. C'est le préalable indispensable à l'intégration régionale d'Israël et à l'établissement de sa reconnaissance mutuelle. Si nous devons décaler la tenue de cette conférence pour des raisons logistiques et sécuritaires, dans la mesure où les dirigeants de l'autorité palestinienne ne peuvent rejoindre les Nations unies, elle aura lieu au plus vite. Et dès les prochains jours, en lien évidemment avec les dirigeants de la région et plus particulièrement avec l'Arabie Saoudite, une date sera refixée. Ce report ne saurait remettre en cause notre détermination à avancer vers la mise en œuvre de la solution des deux États, quelles que soient les circonstances. ».

    D'où la détermination intacte d'Emmanuel Macron qui ne plaira pas à Israël : « J'ai dit ma détermination à reconnaître l'État de Palestine. Elle est entière et c'est une décision souveraine. En ces heures, l'urgence d'un Moyen-Orient en paix est d'autant plus grande. Je mettrai à profit les grandes échéances des prochains jours et notamment le sommet du G7 dès la semaine prochaine pour rapprocher les points de vue de nos partenaires, nous concerter plus avant avec les États-Unis d'Amérique et avancer dans ce sens. ».
     

     
     


    Le Président français a bien mesuré le caractère explosif de la situation d'une possible guerre entre l'Iran et Israël : « Je ne vais pas ici documenter le pire, mais nous nous préparons à tout. Il est évident que selon les ripostes qui seront décidées par l'Iran, mais aussi si Israël devait continuer des opérations en Iran, sur le sol iranien qui aille au-delà des cibles jusqu'alors indiquées, nous rentrerions dans des situations dont aujourd'hui, nul ne peut totalement se figurer les conséquences. ».

    Pour résumer, Emmanuel Macron souhaite que la France se trouve au barycentre de la recherche de la paix, surtout en réaffirmant le soutien à Israël mais aussi en rappelant ses désaccords fermes sur la politique israélienne à Gaza : « Nous sommes attachés à la paix et la sécurité pour tous. Eh oui, parfois, nous avons des désaccords avec Israël, et nous les assumons. Ou plutôt, nous avons des désaccords avec le Premier Ministre Netanyahou et son gouvernement, et nous les assumons. Parce que parfois, nous considérons que les décisions qu'il prend sont mauvaises pour la sécurité d'Israël elle-même. Et lorsqu'il mène une opération massive, terrestre, qui fait tant de victimes civiles à Gaza, nous considérons que c'est à la fois une trahison de ce qu'est l'histoire même et l'identité d'Israël et dangereux pour la sécurité d'Israël aujourd'hui et demain. Voilà. Et donc si je devais vous résumer les choses et la position française, elle est assez simple. Nous sommes pour la paix, la sécurité et la stabilité pour tous dans la région. Nous ne voulons pas d'un Proche et Moyen-Orient avec un Iran qui soit doté de l'arme nucléaire. Nous ne voulons pas d'un Proche et Moyen-Orient où Gaza soit durablement occupée, des civils maltraités. Et nous croyons que la solution est la stabilité, c'est un Israël vivant en paix à côté d'un État palestinien, vivant en paix et en sécurité, et ayant reconnu l'existence et les droits d’Israël à se défendre dans la région. C’est ça ce que nous poursuivons. Et je crois que c’est honnêtement une perspective honnête, cohérente, et j’espère, réaliste. ».

    Par cette intervention du Président français, la France se retrouve partie prenante d'une solution de paix au Proche-Orient... comme depuis une cinquantaine d'années.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (13 juin 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
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    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 13 juin 2025 à l'Élysée (vidéo et texte intégral).
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    Emmanuel Macron et son n'ayez-pas-peur !
    Interview d'Emmanuel Macron à Génération Do It Yourself le 24 juin 2024 (podcast intégral).
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    Sidération institutionnelle.
    Emmanuel Macron, haut et fort dans l'intérêt de la France et des Français.
    Interview du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 sur TF1 et France 2 (vidéo intégrale).
    Discours du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 en Normandie.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
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    Texte intégral du discours d’Emmanuel Macron le 26 septembre 2017 à la Sorbonne.
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    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/israel-vs-iran-emmanuel-macron-l-261515

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/06/13/article-sr-20250613-macron.html


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