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seconde guerre mondiale

  • Hiroshima et Nagasaki : le mythe fondateur de la dissuasion nucléaire

    « Le matin était redevenu calme, tranquille. On n’entendait aucun bruit d’avion. Alors, soudain, le ciel fut déchiré par un flash lumineux, jaune et brillant comme dix mille soleils. Nul ne se souvient avoir entendu le moindre bruit à Hiroshima quand la bombe a éclaté. (…) Un nuage de poussière commença à s’élever au-dessus de la ville, noircissant le ciel comme une sorte de crépuscule. » (John Hersey, août 2005 dans "The New Yorker").




     

     
     


    On commémore, ce mercredi 6 août 2025, le 80e anniversaire de la première explosion voulue d'une bombe nucléaire sur un terrain de guerre, dans la ville japonaise de Hiroshima, suivie, trois jours plus tard à Nagasaki, de la seconde explosion nucléaire. On se posera toujours la question de le pertinence d'avoir bombardé Nagasaki, alors que la démonstration de force à Hiroshima semblait bien suffisante.

    Si on commémore, on ne fête pas ; il n'y a pas de quoi fêter l'application concrète négative jusqu'à son extrême d'une découverte scientifique pourtant très heureuse (l'énergie nucléaire et, pour avoir une idée, la possibilité de passer l'hiver au chaud et, aussi, de produire une énergie sans carbone). 140 000 habitants de Hiroshima et 80 000 habitants de Nagasaki auraient perdu la vie par ces deux explosions infernales, immédiatement ou dans les mois qui ont suivi. Je l'ai déjà évoqué plus précisément il y a quelques années.

    Cette date est une singularité dans l'histoire de l'humanité. Non pas qu'elle puisse détruire la planète (il en faut beaucoup plus pour cela, la Terre est forte et solide), mais elle peut se détruire elle-même, et ça suffit amplement pour angoisser des générations entières.


    Cela a donc entraîné de nombreuses réflexions et inspiré de nombreuses œuvres.

    Des œuvres d'art, bien sûr, toute sorte d'art, comme la musique ; par exemple, parmi d'autres, le groupe Orchestral Manoeuvres in the Dark a sorti le 26 septembre 1980 cet excellent tube, qui fut un succès mondial, "Enola Gay", du nom du bombardier qui a lancé la bombe à Hiroshima. Il y a eu aussi le fameux film "Hiroshima mon amour", sorti le 10 juin 1959, réalisé par Alain Resnais et scénarisé par Marguerite Duras, avec la participation notamment d'Emmanuelle Riva et Bernard Fresson parmi les acteurs.





    Comme la peinture, avec ces silhouettes (bleues) du peintre Yves Klein réalisées le 28 février 1960 (voir en fin d'article). Une anthropométrie que le jeune peintre, choqué comme tout le monde, commentait ainsi : « Hiroshima, les ombres d’Hiroshima ; dans le désert de la catastrophe atomique, elles ont été un témoignage sans doute terrible mais cependant un témoignage tout de même d’espoir de la survie et de la permanence, même immatérielle, de la chair. ».

    De ces silhouettes, on ne peut que repenser à cette célèbre photographie prise à Nagasaki par Matsumoto Elichi, dans les débris d'une base militaire détruite par l'explosion. Le corps a été désintégré par le rayonnement mais son ombre a marqué le mur. Cela fait penser aux victimes de Pompéi et aussi, dans une autre mesure, mais c'est un tout autre sujet, au saint Suaire de Turin supposé (ou pas) représenté le visage du Christ (juste au moment de la Résurrection ?).

     

     
     


    Ces deux explosions nucléaires ont fait poursuivre les réflexions philosophiques permanentes sur la science sans conscience qui ne serait, selon Rabelais, que ruine de l'âme, et la capacité des hommes (et des femmes) à contrôler (ou pas) des énergies et des choses beaucoup plus grandes qu'eux-mêmes. Ce débat a eu lieu ensuite sur l'informatique, la génétique, etc. et il est actuellement posé par le développement ultrarapide de l'intelligence artificielle.

    Ces réflexions ne sont pas nouvelles, elles ont au moins un demi-millénaire et sans doute bien plus si on relit les philosophes classiques. En effet, dans son livre publié en 1532, "La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas abstracteur de quintessence. Livre plein de Pantagruélisme", Rabelais faisait écrire par Gargantua dans une lettre s'adressant à Pantagruel, son fils donc : « Mais parce que selon les dire du sage Salomon, Sapience n’entre point en âme malveillante, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te convient servir, aimer et craindre Dieu, et en lui remettre toutes tes pensées et tout ton espoir ; et par une foi charitable, lui être fidèle, en sorte que jamais tu ne t’en écartes par péché. ».

    Vouloir contrôler le monde, être capable de diriger la Nature... Le mythe de Prométhée nous rappelle qu'on n'est pas forcément gagnant lorsqu'on veut s'attaquer au dieu des dieux.
     

     
     


    Mais ce sont les réflexions militaires et géostratégiques qui ont bouleversé le monde postmoderne : dans les années 1950, l'idée était que la possession d'une arme nucléaire permettait la protection par dissuasion nucléaire. Cela se passait en pleine guerre froide avec une surenchère de l'armement nucléaire. Le raisonnement, c'est qu'on ne peut plus attaquer et détruire l'ennemi sans être en retour attaqué et détruit. Dans ce dogme de la dissuasion nucléaire, l'armement nucléaire n'est pas tout, et on le voit maintenant, c'est aussi la manière de bombarder, c'est-à-dire la technologie des missiles qui fait beaucoup dans le processus de la dissuasion.

    Russie, États-Unis, France, Royaume-Uni, et puis Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël, Iran... le risque de la multiplication des pays possédant l'arme nucléaire a encouragé le monde à se doter d'un traité de non-prolifération nucléaire plus ou moins bien respecté. Du reste, rappelons que la salutaire politique de dissuasion nucléaire n'a pas été initiée par De Gaulle (qui l'a poursuivie et consolidée) mais par des hommes d'État de la Quatrième République, en particulier Félix Gaillard, aussi Jules Moch, etc.

    La guerre en Ukraine a montré les limites de cette dissuasion nucléaire puisqu'elle n'empêche pas le retour au cœur de l'Europe d'une guerre de type Première Guerre mondiale. En raison de la tentative d'invasion orchestrée par Vladimir Poutine, la Russie s'est positionnée agressivement contre l'Europe et les États-Unis. L'arrivée de Donald Trump n'en changera pas cet état des choses ; sa naïveté finira bien par s'écraser au mur de la réalité. Et c'est même maintenant !

    Le dernier épisode est une réponse à des déclarations toujours inconséquentes et excessives de Dimitri Medvedev. Depuis février 2022, on a du mal à comprendre qui est cet ancien Président de la Fédération de Russie (2008 à 2012), servant de prête-nom à Vladimir Poutine (interdit d'un troisième mandat en 2008 ! Il en est à son cinquième mandat, et encore, en rallongeant de 50% leur durée et sans compter son temps de Premier Ministre), actuellement vice-président du conseil de sécurité de la Russie. Alors qu'il était initialement considéré comme "raisonnable" et "sérieux", avec des bonnes connaissances économiques, etc., il s'est transformé en pire que Vladimir Poutine, comme s'il y avait un concours de surenchères de celui qui propose le plus de menaces de guerre contre un supposé "Occident".

    Dimitri Medvedev a réagi à la déclaration de Donald Trump réclamant la paix en Ukraine d'ici au 8 août 2025. L'ancien Président russe a écrit sur Twitter : « Chaque nouvel ultimatum est une menace et un pas vers la guerre. ». Or, pour une fois, au lieu d'ignorer les propos surbelliqueux de Dimitri Medvedev, Donald Trump l'a pris au mot en considérant que les déclarations ainsi exprimées étaient graves et menaçaient l'intégrité des États-Unis : « Soyons prudents, une menace a été proférée et nous avons estimé que ce n'était pas approprié ! ».

     

     
     


    Résultat : le 1er août 2025, Donald Trump a annoncé le déploiement de deux sous-marins nucléaires américains vers la Russie. Concrètement, cela ne changera rien dans la mesure où les États-Unis n'avaient pas besoin de ce déploiement pour être défendus et en capacité de répondre aux éventuelles attaques nucléaires de la Russie, mais cela permet de montrer un changement de ton. La naïveté semblerait laisser maintenant place à la lucidité.

    Après tout, prendre au sérieux toutes les logorrhées de Dimitri Medvedev a cet avantage qu'il la ramènera un peu moins la prochaine fois, et ce n'est pas dans l'intérêt de Vladimir Poutine de se montrer grossièrement belliqueux (ce qu'il est pourtant). Donald Trump, qui est bien du niveau de cette cour de récréation "virile" (celui qui a la plus longue), pourrait montrer à Vladimir Poutine qu'il a désormais trouvé un maître en la matière.

    Quant à la dissuasion nucléaire, elle ne tient que si les protagonistes agissent avec raison et pas avec émotion. À l'ère de Trump, les invariants se réduisent à peau de chagrin.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (02 août 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Hiroshima et Nagasaki : le mythe fondateur de la dissuasion nucléaire.
    Le syndrome d'Hiroshima.
    En France, record mondial pour la fusion nucléaire !
    Dominique Voynet, la fossoyeuse de l'énergie nucléaire française.
    La repentance nucléaire : Emmanuel Macron à Belfort.
    La filière nucléaire en crise, par Marc Endeweld dans "La Tribune" du 9 février 2022.
    COP26 : face à l’alarmisme, le leadership mondial d’Emmanuel Macron.
    Rapport de RTE sur les perspectives de production d’électricité, publié le 25 octobre 2021 (à télécharger).
    Rapport du GIEC publié le 9 août 2021 (à télécharger).
    François Bayrou relance le programme nucléaire français.
    Note de synthèse du 23 mars 2021 du haut-commissaire au Plan sur le programme nucléaire français (à télécharger).
    Interview de François Bayrou le 24 mars 2021 sur LCI (à télécharger).
    Le débat rayonnant sur le nucléaire.
    François Hollande coincé entre Jean-Pierre Chevènement et Eva Joly sur le nucléaire.
    Andrei Sakharov.
    Incompréhensions américaines : le nucléaire iranien.
    Au cœur de la tragédie einsteinienne.
    Marie Curie.
    La Corée du Nord selon Guy Delisle.
    Fukushima, dix ans après.
    Tchernobyl (1986).
    Fukushima (11 mars 2011).
    L’industrie de l’énergie en France.

     

     
     





    http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250805-hiroshima.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/hiroshima-et-nagasaki-le-mythe-262455

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/08/04/article-sr-20250806-hiroshima.html


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  • Le 8 mai ou le 9 mai ?

    « La première victoire qui soit commune, c’est la victoire de l’Europe sur elle-même. (…) L’Europe, nous la faisons, nous aimons nos patries. Restons fidèles à nous-mêmes. Relions le passé et le futur et nous pourrons passer, l’esprit en paix, le témoin à ceux qui vont nous suivre. » (François Mitterrand, le 8 mai 1995 à Berlin).




     

     
     


    Ce jeudi 8 mai 2025, des milliers de communes, grandes mais aussi petites, des villages, des hameaux, vont organiser des rassemblements pour commémorer la victoire du 8 mai 1945. Se recueillir devant nos morts pour la France. Cette année est un peu particulière puisque c'est le 80e anniversaire de la Victoire, et c'est aussi l'une des dernières années où l'on pourra encore écouter des témoins directs de la Seconde Guerre mondiale, des anciens combattants, des anciens résistants, des anciens déportés, des survivants de ce passé si trouble, aux destinées très différentes selon la vie de chacun.

    C'est François Mitterrand qui a rétabli le jour férié au 8 mai. Auparavant, on avait estimé que le 11 novembre pouvait rassembler les deux fins de guerre, 1918 et 1945, afin de réduire les journées chômées. Mais les deux guerres étaient très différentes et ce n'est pas inutile que chaque année, les citoyens se penchent de façon distincte sur ces deux guerres.

    Cette année, le 8 mai, comme le 1er mai, tombe un jeudi, ce qui pourrait faire deux ponts prolongés avec seulement deux jours de congé (huit jours au total, deux fois jeudi à dimanche). Après tout, c'est mieux en mai ensoleillé qu'en novembre embrumé. Mais l'idée n'était pas de faire un pont ni de se prélasser au soleil. L'idée était de commémorer ces fins de guerre.

    Une polémique s'est instaurée à l'aide des désinformateurs professionnels soumis à Vladimir Poutine, selon laquelle il faudrait choisir entre le 8 mai et le 9 mai. Factuellement, c'est la capitulation allemande a eu lieu le 8 mai 1945 à 23 heures 01, et la reddition de l'armée du Reich fut signée le 7 mai 1945 à Reims. Mais Staline, en apprenant cela, a été rage de colère car il voulait une signature à Berlin que l'Armée rouge avait conquis. Une nouvelle signature a donc eu lieu à Berlin le 8 mai 1945 à 23 heures 16, heure de Berlin, un peu en différé puisque l'arrêt des combats avait eu lieu le 8 mai 1945 à 23 heures 01, heure de Berlin. Or, à cette heure-là, il était 1 heure 01 du matin du 9 mai 1945 à Moscou, d'où la date du 9 mai retenue par la Russie. Toutefois, Staline n'en a pas fait une journée nationale particulièrement festive, car la date rappelait trop les lourdes pertes humaines soviétiques dans cette guerre.

     

     
     


    Cette année, Vladimir Poutine a voulu en faire un enjeu d'influence internationale, notamment en invitant Lula, Xi Jinping, Sissi, et quelques autres. Il voudrait jouer à celui qui urine le plus loin, dans une sorte de surenchère de roi Ubu. Volodymyr Zelensky a prévenu qu'il ne garantissait pas la sécurité de Moscou pendant le 9 mai parce qu'il craignait une manipulation de Vladimir Poutine (en d'autres termes, un faux attentat à Moscou). Depuis plus de trois ans, l'Ukraine est agressée par la Russie de Vladimir Poutine et donc, par la faute de ce dernier, les deux pays sont en guerre.

    La fête organisée par Vladimir Poutine est un non sens historique. On devrait commémorer la fin de la guerre pour promouvoir la paix dans le monde. Mais dans ce cas-là, le Président de la Fédération de Russie voudrait montrer sa force militaire pour impressionner ses supposés ennemis dans un but guerrier et pas pacifique.


    Toutefois, je n'ai jamais été contre l'idée de faire une commémoration le 9 mai. Pour moi, c'est même une date plus importante que le 8 mai. Le 8 mai, c'est la sortie d'un enfer. Je conçois le 9 mai comme plutôt l'entrée dans un paradis. Paradis est un bien trop grand mot et il est un horizon inatteignable ; pour y aller, il y a d'abord un labyrinthe qui, parfois, nous faire revenir au point de départ, mais le chemin est là, le port est là, celui de la paix.

    Car le 9 mai, c'est avant tout le 9 mai 1950, les soixante-quinze ans maintenant de la célèbre déclaration de Robert Schuman qui a mis en place toutes les conditions pour la fondation de l'Europe dans le but, pas unique mais principal, d'être en paix. Et il faut dire qu'il a eu raison : les pays de l'Europe organisée, comme je l'appellerais, qui sont maintenant vingt-sept, six au départ (France, Allemagne, Italie et Bénélux), on peut rajouter le Royaume-Uni au fil des années, ont vécu en paix entre eux depuis quatre-vingt ans, et cela est inédit dans l'histoire des deux millénaires de notre vieux continent !

    En 2025, la situation est complètement différente de 1950 : aujourd'hui, on semble retourner dans une période d'avant-guerre, dans les années 1930, avec Vladimir Poutine dans le rôle de Hitler, Xi Jinping dans celui de Mussolini, Donald Trump dans celui de Chamberlain (lors des Accords de Munich). L'Ukraine devenant la nouvelle Tchécoslovaquie (le Donbass et la Crimée dans le rôle des Sudètes). En France, on n'est pas loin de 1936, les manifestations contre la réforme des retraites en 2023 faisant penser aux revendications du Front populaire. Ces Français qui ont manifesté sont, en grand partie, complètement déconnectés de la situation internationale actuelle très tendue (en Ukraine, à Gaza, en Syrie, au Cachemire, entre autres).

     

     
     


    Dans sa déclaration, Robert Schuman a énoncé le principe porteur d'une union de nations démocratiques et libres dans un cadre novateur institutionnellement très novateur et original : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. ». Et le meilleur concret, à l'époque, c'était l'énergie et l'industrie, c'est-à-dire, le charbon et l'acier : « La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. ». Ces prémices d'Europe allaient devenir la CECA, puis la CEE, enfin l'Union Européenne.

    Ce premier coup de génie était en fait inspiré de la réflexion de Jean Monnet. Le second coup de génie, c'était que l'union de l'Europe passait nécessairement par l'union entre la France et l'Allemagne : « Le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée. L’action entreprise doit toucher au premier chef la France et l’Allemagne. ».
     

     
     


    Justement, ce mercredi 7 mai 2025, Friedrich Merz, qui a été élu, la veille, Chancelier de l'Allemagne fédérale (seulement au second tour), a été reçu par le Président de la République française Emmanuel Macron à l'Élysée pour une première prise de contact officielle. Les deux hommes ont confirmé leur attention de relancer l'Europe par le renforcement politique du couple franco-allemand : « Nous voulons rendre notre partenariat plus stratégique, plus opérationnel, afin d’obtenir des résultats concrets pour nos concitoyens et pour l’Union. Nous exploiterons au maximum la coordination et le réflexe franco-allemands pour rendre l’Europe plus souveraine, en mettant l’accent sur la sécurité, la compétitivité et la convergence. La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a fait voler en éclats l’illusion selon laquelle la paix et la sécurité étaient garanties en Europe. Nous avons d’ores et déjà commencé à assumer une plus grande responsabilité pour notre propre sécurité, et nous allons en faire encore davantage. (…) Nous avons besoin de réformes pour garantir la stabilité de l’Europe. Au niveau interne, pour promouvoir la démocratie, l’état de droit et la capacité d’action de l’Union Européenne. Au niveau externe, pour nous préparer à l’élargissement et pour relever les défis géopolitiques, en nous appuyant également sur la Communauté Politique Européenne. 75 ans après la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950, nous sommes fiers de ce que les Européens ont accompli. Nous servirons, chaque jour, l’objectif de ces "réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait", et nous le ferons ensemble, la France et l’Allemagne, pour une Union Européenne plus souveraine et promouvant ses intérêts. ».

    Cette relance de la relation franco-allemand est donc une excellente nouvelle pour la défense de nos valeurs, notre sécurité et la paix en Europe. Cela annonce un véritable renouveau européen. À nous d'y prendre part.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (07 mai 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Le 8 mai ou le 9 mai ?
    La Victoire sur le nazisme.
    La Fête de l'Europe.
    Philippe De Gaulle.
    Auschwitz : soyons la mémoire de leur mémoire !
    Auschwitz aujourd'hui.
    La Nuit de la Shoah.
    Mauschwitz.
    Esther Senot.
    Pogrom à Amsterdam : toujours la même musique...
    Laura Blajman-Kadar.
    Le rappel très ferme d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Le 8 mai, l'émotion et la politique.
    Elie Wiesel.
    Robert Merle.
    Le calvaire de Simone Veil.
    Anne Frank.
    Le nazisme.
    Mélinée et Missak Manouchian au Panthéon : pluie et émotion !
    Hommage du Président Emmanuel Macron à Missak Manouchian au Panthéon le 21 février 2024 (texte intégral et vidéo).
    Les Manouchian mercredi au Panthéon.
    Loi sur les génocides invalidée : faut-il s'en réjouir ?
    Michel Cherrier.
    Léon Gautier.
    Claude Bloch, passeur de mémoire.

     

     
     



    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250508-huit-mai.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/le-8-mai-ou-le-9-mai-260493

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/05/07/article-sr-20250508-huit-mai.html

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  • 80e anniversaire du Débarquement : merci, les vétérans !

    « Les Français sont là parce qu'ils tiennent à ce moment de l'histoire. Quatre-vingts ans après, ce sont sans doute les dernières grandes célébrations où nous pouvons avoir des anciens combattants, des vétérans qui sont encore là, qu'on doit célébrer et chérir. C'est ça pour moi le premier objectif. » (Emmanuel Macron, le 6 juin 2024 sur TF1 et France 2).



     

     
     


    C'est exactement là l'enjeu de ces nombreuses cérémonies de commémoration du Débarquement en Normandie les 5 à 7 juin 2024 : Saint-Lô, Cherbourg, Caen, Bayeux, etc. Elles ne seront pas les dernières, bien sûr, car la mémoire de la Seconde Guerre mondiale restera ancrée comme pour la Première Guerre mondiale, mais les prochaines ne se feront sans doute plus avec les acteurs ou même les témoins.

    Pour Emmanuel Macron, ce passage obligé était nécessaire. Il est sans doute le Président de la République qui commémore le plus. On se rappelle ainsi le centenaire du 11 novembre 1918. Mais encore heureux qu'il l'a fait, car beaucoup semblent avoir la mémoire un peu courte de l'histoire récente. Dans ce domaine, on n'en fait jamais trop, on ne martèle jamais assez. Comment ne pas prendre la volonté expansionniste russe de Vladimir Poutine au sérieux quand on connaît l'histoire des années 1930 ? La Crimée en guise d'Anschluss (annexion de l'Autriche)... le Donbass en guise des Sudètes... et puis quoi encore ? L'Ukraine pour la Tchécoslovaquie ? Les Pays baltes, la Moldavie, la Géorgie pour la Pologne ? Ou la Pologne elle-même dans son précédent rôle ? La Roumanie ? C'est parce que les démocraties déclinantes ont baissé les bras (et la culotte) à Munich que l'impérialisme totalitaire est sorti victorieux et il a fallu des millions de morts pour en venir à bout. Comment donc ne pas avoir cette histoire à l'esprit quand on analyse les faits d'aujourd'hui ?

    L'Ukraine était un pays libre comme les autres pays européens, et c'est devenu un enfer de bombes, de désolation, voulu par la seule folie expansionniste. On pouvait sérieusement penser qu'on avait suffisamment évolué, en Europe du moins, champ de batailles millénaire, pour ne plus voir cela. C'est pour cela que la France a réagi avec raison et soulagement : dire stop avec des mots ne sert à rien quand seuls les rapports de force sont pris en compte. Il faut arrêter Poutine tant qu'il est encore temps.

    Dans ces cérémonies, bien sûr, il y a des chefs d'État et de gouvernement, leur cortège de discours, d'honneurs, de devanture médiatique, mais aussi les gens qui sont venus sur place, des gens du peuple qui ont voulu être là pour participer, hors VIP, à ces manifestations mémorielles, ils ne sont pas venus honorer les officiels mais les vétérans. Oui, ces anciens combattants à qui on doit tant depuis quatre-vingts ans.
     

     
     


    Quand on parle d'anciens combattants, on peut être tenté de retomber dans les clichés des années 1970, aidé par Coluche, Reiser et d'autres humoristes qui ne faisaient pas dans la dentelle (et qui ne manquaient pas de talent). Des vieux schnoques rabat-joie, chiants disons-le clairement, la poitrine couverte de médailles quand ils sortent en ville, à la voix chevrotante. Et obsédés par la guerre.

    Cela fait longtemps que j'ai dépassé ce stade de réflexion : on l'oublie trop, mais les anciens combattants, ce ne sont pas des vieux, c'étaient d'abord des jeunes, voire des très jeunes hommes qui ont, par courage, par devoir, combattu, et qui ont, par chance, il n'y a pas d'autre mot, survécu. Ils avaient 18 ans, 20 ans... Il faut les imaginer. Ils ont perdu dix, vingt, cent de leurs camarades, de leurs meilleurs amis, ils ont été traumatisés à vie. Ils ont vu des horreurs, des petites lâchetés, de la grande bravoure (bravitude), mais ils étaient aussi immatures que nos gosses adolescents d'aujourd'hui, il ne faut pas croire, mais dans un contexte de guerre infernale. Ce sont toujours les jeunes qui façonnent l'histoire.


    Alors, aujourd'hui, évidemment, quatre-vingts années plus tard, il en ont quatre-vingts de plus, ceux qui sont venus, des États-Unis, de Grande-Bretagne, etc., ont maintenant entre 98 ans et 103 ans. Ce sont des centenaires, certains encore en bon état, souriants, debout ou à fauteuil roulant, et elle est là, l'émotion. Chaque vétéran est un roman complet. Parfois au moment de la guerre, parfois plus tard, des histoires de mort, des histoire d'amour aussi, des rencontres, des retours... Certains vétérans sont revenus pour la première fois depuis si longtemps, revenir sur les lieux de leurs combats. L'un a été submergé d'émotion : il se demandait si tant de pertes valait la peine et il a vu sur la plage où il avait débarqué des gens en maillot de bain pique-niquer, touristes, baigneurs, joyeux, libres, légers. Oui, ça valait le coup. En Croatie, en Crimée, c'étaient des zones de tourisme, c'étaient des territoires de légèreté, pas de guerre, pas d'horreur. L'humain est terrible, il réussit à faire un enfer d'un paradis. Heureusement, l'inverse est vrai aussi. C'est un choix. Un choix de vie, un choix de conviction. Choisis ton camp !
     

     
     


    Ce sont donc uniquement les vétérans qui sont à l'honneur. Tous ces jeunes, parfois ces enfants qui les ont accueillis chaleureusement, ces derniers jours, c'était justice et gratitude. Ils leur disaient la seule chose qu'on dit dans ce cas-là : merci, les gars ! Merci d'avoir sauvé nos vies en sacrifiant la vôtre ! D'origine lorraine (eh oui !), je suis plus habitué aux cimetières militaires de la Première Guerre mondiales, j'ai vécu mon enfance avec ce sentiment de l'enfer de Verdun, des ossuaires, ces lignes de front qui évoluent aussi lentement que dans le Donbass au prix de milliers de vies humaines, des bouts d'os humain que certains agriculteurs trouvent encore dans leur champ un siècle plus tard, tant la boucherie a été horrible. J'ai peu de liens personnels avec la Normandie, j'ai une culture plus intellectuelle de ces cimetières militaires en Normandie mais le concept est le même : partir à des milliers de kilomètres, avoir peu de chance d'en revenir, la famille n'a même pas pu récupérer le corps de leur enfant, tant il y en avait. Beaucoup de disparus d'ailleurs. Comment imaginer cette boucherie ? Il suffit de regarder vers l'Est, vers l'Ukraine aujourd'hui, hélas. Et ce n'est pas le seul encore enfer, il y en a beaucoup d'autres en Afrique, à Gaza et en Israël, en Syrie, au Moyen-Orient, etc.

    Ce qui est rassurant, c'est que la jeunesse est prête à assurer la relève. Il n'y aura bientôt plus de témoins, plus d'acteurs, parce que la biologie humaine est ce qu'elle est, mais les enfants sont désormais éduqués, instruits, sensibilisés comme on dit. Chaque 8 mai, chaque 11 novembre, dans ma commune, il y a au moins une quinzaines d'enfants du primaire qui participent aux cérémonies du souvenir, ce sont eux qui déposent les gerbes, celle du conseil municipal, celle des anciens combattants, celle du conseil municipal des enfants, parfois celle du député de la circonscription (avant une élection importante). Ils lisent leurs propres discours. Parfois bien mieux que les adultes.

    L'émotion est à double sens. Ce vétéran qui est revenu sur les lieux du drame. Il a été accueilli comme s'il était un enfant de la famille. Les habitants lui ont fait la fête. Lui, le vieillard, s'est senti chez lui, comme s'il faisait partie de la famille. Il oubliait de comprendre que ce n'était plus lui le gosse, le jeune, c'est maintenant le patriarche, un patriarche qui a survécu à ces horreurs et qui a eu de la chance, mais à qui le reste de sa "nouvelle" famille doit une fière chandelle. Parfois, j'ai l'impression que le fait d'avoir été ancien combattant conservait le corps et l'âme, quand on voit certains vétérans centenaires en si bonne forme au moins morale, le sourire aux lèvres et plein de souvenirs dans la bouche... et les yeux.

    Ces cérémonies des 80 ans seront certainement les dernières où nous, les jeunes, les jeunes gens de 0 à 95 ans, nous pouvons leur dire merci. Petit à petit, ils vont disparaître, définitivement. Le dernier combattant du Commando Kieffer, Léon Gautier, est mort en juillet de l'an dernier. Ce dernier a pourtant répété toute sa vie : « Nous ne sommes pas des héros, nous n'avons fait que notre devoir ! ». Cela reprend la conception de De Gaulle dans l'engagement dans la France libre à Londres, racontée par Daniel Cordier : passant en revue tous ces jeunes volontaires qui venaient d'arriver, le Général ne leur a jamais dit un seul merci d'être venus ; pour lui, encore heureux ! ils avaient fait simplement leur devoir en le rejoignant, c'était tout, le minimum. Ce n'est pas vrai, ce sont des héros, de humbles héros qui ont été essentiels dans la victoire. Nos générations leur doivent tout et d'abord la liberté de dire n'importe quoi et de dénigrer sa patrie comme le font de beaucoup trop nombreux commentateurs de l'actualité.

     

     
     


    Pendant ces trois jours, Emmanuel Macron leur a rendu hommage, en particulier à Colleville-sur-Mer, aux côtés de Joe Biden : « Vous avez tout quitté et pris tous les risques pour notre liberté. Nous ne l'oublierons pas ! » (9:400 sépultures dans le cimetière militaire américain). Sur la plage d'Omaha Beach, 2 500 des 34 000 soldats ont péri dès le première jour. Le Président français leur a rendu hommage : « Ils ne parlaient pas la même langue. Ils n’avaient pas le même drapeau. Ils ne portaient pas le même uniforme. Et pourtant, ils partageaient une certaine vision de l’Homme, digne et libre. Ils portaient la liberté réinventée, au péril de leur vie. ». 22 442 militaires britanniques sont morts dans la Bataille de Normandie en été 1944. Hommage du Président de la République française aux côtés du roi Charles III : « They gave their tomorrow for our today. We will never forget. » [Ils ont donné leur lendemain pour notre aujourd'hui. Nous n'oublierons jamais].

    Le 5 juin 2024, Emmanuel Macron a rendu aussi hommages aux maquisards bretons à Plumelec : « Tous ensemble, honorons et transmettons. Nous le devons à nos héros. Nous le devons aux générations futures. ». À Saint-Lô : « La "Capitale des Ruines", selon la belle expression forgée par Samuel Beckett, nous honorerons les victimes des bombardements, ainsi que le courage de tous leurs sauveteurs. Saint-Lô est le symbole de toutes nos cités qui, à cette époque, ont connu la destruction. Leur souffrance, l’héroïsme des secouristes et l’abnégation de ceux qui les ont rebâties doivent trouver toute leur place dans notre mémoire collective. ».


    Plus généralement, le chef de l'État a remercié les combattants de la liberté : « La gratitude de la France leur est assurée pour toujours, et nous l’exprimerons aux vétérans qui, immense honneur pour notre pays, seront encore avec nous ce jour-là. (…) Partout en France, des milliers d’événements et de projets scolaires animeront l’indispensable travail de transmission. C’est le sens de la grande collecte d’archives et de souvenirs lancée en mars dernier, qui permettra à l’intime de rejoindre le collectif dans la construction de notre mémoire. Il est en effet essentiel d’aider les jeunes générations à s’approprier cette période dont nous avons su nous relever et tirer des leçons, et à réfléchir au poids des choix individuels dans les périodes de tourments. ». Et de s'interroger : « Elle nous pousse à nous demander le prix que nous sommes prêts à payer pour notre liberté et la défense de nos valeurs. Elle nous rappelle l’importance d’une Europe unie, de la solidité de nos alliances, dans un monde à nouveau plein de risques et d’incertitudes. Puisse l’exemple de ces héroïnes et héros renforcer notre détermination et notre confiance dans un avenir de paix et de sécurité. ». Dans son discours devant le mémorial des SAS, Emmanuel Macron a déclaré : « Je sais notre pays fort d'une jeunesse audacieuse, vaillante, prête au même esprit de sacrifice que ses aînés. ».

    La rencontre d'une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement n'a pas été vaine et passive durant ces commémorations. Elle a été l'occasion de publier le 6 juin 2024 une déclaration commune très forte signée par dix-neuf États dont la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, le Canada, l'Ukraine, etc. pour réaffirmer un certain nombre de valeurs fondamentales :

    « Premièrement, nous soutenons l’intégrité territoriale des États souverains. Les frontières ne peuvent être modifiées par la force.

    Deuxièmement, nous rejetons tout recours à la force comme moyen de régler les différends. Notre Alliance et nos partenariats sont de nature strictement défensive et ne représentent en aucun cas une menace à la sécurité d’un autre État. Notre objectif commun est de préserver et de maintenir la paix.

    Troisièmement, nous respectons la liberté de tous les États de définir les relations qu’ils souhaitent entretenir en matière de sécurité ainsi que leur droit de faire partie ou non d’alliances. Il s’agit là d’une expression de la souveraineté nationale et du désir de sécurité et de stabilité que nous partageons tous.

    Quatrièmement, nous nous engageons à respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales pour tous, sans distinction, notamment la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de croyance.

    Cinquièmement, nous défendons le droit de tous les peuples à définir librement leur statut politique en vertu de leur droit à l’autodétermination, conformément au droit international.

    Sixièmement, nous prônons l’accès de tous à des nouvelles et à des informations fiables, ainsi qu’à un environnement de l’information numérique ouvert, sûr et sécurisé. Pour atteindre cet objectif, il est essentiel de garantir un journalisme et une presse libres, indépendants et pluralistes.

    Septièmement, nous plaidons en faveur d’échanges économiques pacifiques, des liens entre les peuples et de la coopération internationale afin de promouvoir la sécurité et la prospérité en Europe et dans le reste du monde.


    Ces principes universels se trouvent au cœur de notre engagement collectif en faveur de la paix et de la sécurité. Ils sont depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale la pierre angulaire de l’alliance nouée entre les États-Unis, le Canada et les pays européens, ainsi que des partenariats mondiaux établis de longue date. Aujourd’hui, ils demeurent au cœur de notre action dans le monde, alors que nous nous efforçons de favoriser l’établissement de normes mondiales, de promouvoir des valeurs et de soutenir le développement durable pour tous. Ils nous guident dans la détermination sans faille que nous déployons pour aider l’Ukraine à se défendre contre la guerre d’agression russe, et que nous continuerons de déployer aussi longtemps que nécessaire pour rétablir la paix en Europe. ».

    C'est la raison pour laquelle Vladimir Poutine n'a pas été invité à ces commémorations, parce qu'ils ne partagent pas ces valeurs fondamentales. Il ne s'agit pas d'un fossé civilisationnel, mais seulement individuel. Le peuple russe, comme tous les grands peuples, doit pouvoir nous rejoindre sur ces valeurs. Aujourd'hui, il ne le peut pas encore, mais il le fera un jour prochain. Le plus vite sera le meilleur pour la paix et les libertés.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (07 juin 2024)
    http://www.rakotoarison.eu

    Pour aller plus loin :
    75e anniversaire du Débarquement en Normandie : encore une commémoration ?
    Débarquement : honneur aux soldats américains morts pour la France et pour l’Europe !
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Discours du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 en Normandie.
    Mélinée et Missak Manouchian au Panthéon : pluie et émotion !
    Michel Cherrier.
    Léon Gautier.
    Claude Bloch, passeur de mémoire.

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240606-debarquement.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/80e-anniversaire-du-debarquement-255054

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/06/05/article-sr-20240606-debarquement.html