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États-unis

  • Hiroshima et Nagasaki : le mythe fondateur de la dissuasion nucléaire

    « Le matin était redevenu calme, tranquille. On n’entendait aucun bruit d’avion. Alors, soudain, le ciel fut déchiré par un flash lumineux, jaune et brillant comme dix mille soleils. Nul ne se souvient avoir entendu le moindre bruit à Hiroshima quand la bombe a éclaté. (…) Un nuage de poussière commença à s’élever au-dessus de la ville, noircissant le ciel comme une sorte de crépuscule. » (John Hersey, août 2005 dans "The New Yorker").




     

     
     


    On commémore, ce mercredi 6 août 2025, le 80e anniversaire de la première explosion voulue d'une bombe nucléaire sur un terrain de guerre, dans la ville japonaise de Hiroshima, suivie, trois jours plus tard à Nagasaki, de la seconde explosion nucléaire. On se posera toujours la question de le pertinence d'avoir bombardé Nagasaki, alors que la démonstration de force à Hiroshima semblait bien suffisante.

    Si on commémore, on ne fête pas ; il n'y a pas de quoi fêter l'application concrète négative jusqu'à son extrême d'une découverte scientifique pourtant très heureuse (l'énergie nucléaire et, pour avoir une idée, la possibilité de passer l'hiver au chaud et, aussi, de produire une énergie sans carbone). 140 000 habitants de Hiroshima et 80 000 habitants de Nagasaki auraient perdu la vie par ces deux explosions infernales, immédiatement ou dans les mois qui ont suivi. Je l'ai déjà évoqué plus précisément il y a quelques années.

    Cette date est une singularité dans l'histoire de l'humanité. Non pas qu'elle puisse détruire la planète (il en faut beaucoup plus pour cela, la Terre est forte et solide), mais elle peut se détruire elle-même, et ça suffit amplement pour angoisser des générations entières.


    Cela a donc entraîné de nombreuses réflexions et inspiré de nombreuses œuvres.

    Des œuvres d'art, bien sûr, toute sorte d'art, comme la musique ; par exemple, parmi d'autres, le groupe Orchestral Manoeuvres in the Dark a sorti le 26 septembre 1980 cet excellent tube, qui fut un succès mondial, "Enola Gay", du nom du bombardier qui a lancé la bombe à Hiroshima. Il y a eu aussi le fameux film "Hiroshima mon amour", sorti le 10 juin 1959, réalisé par Alain Resnais et scénarisé par Marguerite Duras, avec la participation notamment d'Emmanuelle Riva et Bernard Fresson parmi les acteurs.





    Comme la peinture, avec ces silhouettes (bleues) du peintre Yves Klein réalisées le 28 février 1960 (voir en fin d'article). Une anthropométrie que le jeune peintre, choqué comme tout le monde, commentait ainsi : « Hiroshima, les ombres d’Hiroshima ; dans le désert de la catastrophe atomique, elles ont été un témoignage sans doute terrible mais cependant un témoignage tout de même d’espoir de la survie et de la permanence, même immatérielle, de la chair. ».

    De ces silhouettes, on ne peut que repenser à cette célèbre photographie prise à Nagasaki par Matsumoto Elichi, dans les débris d'une base militaire détruite par l'explosion. Le corps a été désintégré par le rayonnement mais son ombre a marqué le mur. Cela fait penser aux victimes de Pompéi et aussi, dans une autre mesure, mais c'est un tout autre sujet, au saint Suaire de Turin supposé (ou pas) représenté le visage du Christ (juste au moment de la Résurrection ?).

     

     
     


    Ces deux explosions nucléaires ont fait poursuivre les réflexions philosophiques permanentes sur la science sans conscience qui ne serait, selon Rabelais, que ruine de l'âme, et la capacité des hommes (et des femmes) à contrôler (ou pas) des énergies et des choses beaucoup plus grandes qu'eux-mêmes. Ce débat a eu lieu ensuite sur l'informatique, la génétique, etc. et il est actuellement posé par le développement ultrarapide de l'intelligence artificielle.

    Ces réflexions ne sont pas nouvelles, elles ont au moins un demi-millénaire et sans doute bien plus si on relit les philosophes classiques. En effet, dans son livre publié en 1532, "La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas abstracteur de quintessence. Livre plein de Pantagruélisme", Rabelais faisait écrire par Gargantua dans une lettre s'adressant à Pantagruel, son fils donc : « Mais parce que selon les dire du sage Salomon, Sapience n’entre point en âme malveillante, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te convient servir, aimer et craindre Dieu, et en lui remettre toutes tes pensées et tout ton espoir ; et par une foi charitable, lui être fidèle, en sorte que jamais tu ne t’en écartes par péché. ».

    Vouloir contrôler le monde, être capable de diriger la Nature... Le mythe de Prométhée nous rappelle qu'on n'est pas forcément gagnant lorsqu'on veut s'attaquer au dieu des dieux.
     

     
     


    Mais ce sont les réflexions militaires et géostratégiques qui ont bouleversé le monde postmoderne : dans les années 1950, l'idée était que la possession d'une arme nucléaire permettait la protection par dissuasion nucléaire. Cela se passait en pleine guerre froide avec une surenchère de l'armement nucléaire. Le raisonnement, c'est qu'on ne peut plus attaquer et détruire l'ennemi sans être en retour attaqué et détruit. Dans ce dogme de la dissuasion nucléaire, l'armement nucléaire n'est pas tout, et on le voit maintenant, c'est aussi la manière de bombarder, c'est-à-dire la technologie des missiles qui fait beaucoup dans le processus de la dissuasion.

    Russie, États-Unis, France, Royaume-Uni, et puis Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël, Iran... le risque de la multiplication des pays possédant l'arme nucléaire a encouragé le monde à se doter d'un traité de non-prolifération nucléaire plus ou moins bien respecté. Du reste, rappelons que la salutaire politique de dissuasion nucléaire n'a pas été initiée par De Gaulle (qui l'a poursuivie et consolidée) mais par des hommes d'État de la Quatrième République, en particulier Félix Gaillard, aussi Jules Moch, etc.

    La guerre en Ukraine a montré les limites de cette dissuasion nucléaire puisqu'elle n'empêche pas le retour au cœur de l'Europe d'une guerre de type Première Guerre mondiale. En raison de la tentative d'invasion orchestrée par Vladimir Poutine, la Russie s'est positionnée agressivement contre l'Europe et les États-Unis. L'arrivée de Donald Trump n'en changera pas cet état des choses ; sa naïveté finira bien par s'écraser au mur de la réalité. Et c'est même maintenant !

    Le dernier épisode est une réponse à des déclarations toujours inconséquentes et excessives de Dimitri Medvedev. Depuis février 2022, on a du mal à comprendre qui est cet ancien Président de la Fédération de Russie (2008 à 2012), servant de prête-nom à Vladimir Poutine (interdit d'un troisième mandat en 2008 ! Il en est à son cinquième mandat, et encore, en rallongeant de 50% leur durée et sans compter son temps de Premier Ministre), actuellement vice-président du conseil de sécurité de la Russie. Alors qu'il était initialement considéré comme "raisonnable" et "sérieux", avec des bonnes connaissances économiques, etc., il s'est transformé en pire que Vladimir Poutine, comme s'il y avait un concours de surenchères de celui qui propose le plus de menaces de guerre contre un supposé "Occident".

    Dimitri Medvedev a réagi à la déclaration de Donald Trump réclamant la paix en Ukraine d'ici au 8 août 2025. L'ancien Président russe a écrit sur Twitter : « Chaque nouvel ultimatum est une menace et un pas vers la guerre. ». Or, pour une fois, au lieu d'ignorer les propos surbelliqueux de Dimitri Medvedev, Donald Trump l'a pris au mot en considérant que les déclarations ainsi exprimées étaient graves et menaçaient l'intégrité des États-Unis : « Soyons prudents, une menace a été proférée et nous avons estimé que ce n'était pas approprié ! ».

     

     
     


    Résultat : le 1er août 2025, Donald Trump a annoncé le déploiement de deux sous-marins nucléaires américains vers la Russie. Concrètement, cela ne changera rien dans la mesure où les États-Unis n'avaient pas besoin de ce déploiement pour être défendus et en capacité de répondre aux éventuelles attaques nucléaires de la Russie, mais cela permet de montrer un changement de ton. La naïveté semblerait laisser maintenant place à la lucidité.

    Après tout, prendre au sérieux toutes les logorrhées de Dimitri Medvedev a cet avantage qu'il la ramènera un peu moins la prochaine fois, et ce n'est pas dans l'intérêt de Vladimir Poutine de se montrer grossièrement belliqueux (ce qu'il est pourtant). Donald Trump, qui est bien du niveau de cette cour de récréation "virile" (celui qui a la plus longue), pourrait montrer à Vladimir Poutine qu'il a désormais trouvé un maître en la matière.

    Quant à la dissuasion nucléaire, elle ne tient que si les protagonistes agissent avec raison et pas avec émotion. À l'ère de Trump, les invariants se réduisent à peau de chagrin.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (02 août 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Hiroshima et Nagasaki : le mythe fondateur de la dissuasion nucléaire.
    Le syndrome d'Hiroshima.
    En France, record mondial pour la fusion nucléaire !
    Dominique Voynet, la fossoyeuse de l'énergie nucléaire française.
    La repentance nucléaire : Emmanuel Macron à Belfort.
    La filière nucléaire en crise, par Marc Endeweld dans "La Tribune" du 9 février 2022.
    COP26 : face à l’alarmisme, le leadership mondial d’Emmanuel Macron.
    Rapport de RTE sur les perspectives de production d’électricité, publié le 25 octobre 2021 (à télécharger).
    Rapport du GIEC publié le 9 août 2021 (à télécharger).
    François Bayrou relance le programme nucléaire français.
    Note de synthèse du 23 mars 2021 du haut-commissaire au Plan sur le programme nucléaire français (à télécharger).
    Interview de François Bayrou le 24 mars 2021 sur LCI (à télécharger).
    Le débat rayonnant sur le nucléaire.
    François Hollande coincé entre Jean-Pierre Chevènement et Eva Joly sur le nucléaire.
    Andrei Sakharov.
    Incompréhensions américaines : le nucléaire iranien.
    Au cœur de la tragédie einsteinienne.
    Marie Curie.
    La Corée du Nord selon Guy Delisle.
    Fukushima, dix ans après.
    Tchernobyl (1986).
    Fukushima (11 mars 2011).
    L’industrie de l’énergie en France.

     

     
     





    http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250805-hiroshima.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/hiroshima-et-nagasaki-le-mythe-262455

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/08/04/article-sr-20250806-hiroshima.html


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  • Sauvons Cécile Kohler et Jacques Paris de l'odieux chantage aux otages  !

    « N'oublions pas que, il y a trois ans, au moment des pires répressions contre le mouvement "Femme, Vie, Liberté", sa véritable nature nous était apparue en pleine lumière. N'oublions pas que, aujourd'hui, nous appelons encore et toujours à la libération de nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris, retenus dans les geôles iraniennes à la seule fin de servir une abjecte diplomatie des otages. » (François Bayrou, le 2 juillet 2025 au Sénat).



     

     
     


    Inquiétude, tristesse et colère depuis plus de trois ans : Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris ont été pris en otage en Iran le 7 mai 2022, à la fin d'un séjour touristique. Cécile Kohler (40 ans), professeure agrégée de français dans un lycée des Yvelines et déléguée syndicale, et Jacques Paris (72 ans), ancien professeur de mathématiques, ont été arrêtés par la police iranienne sous le prétexte fallacieux d'espionnage.

    Ce n'est que le 23 novembre 2022 que la famille et les autorités françaises ont été informées de leur sort et du lieu de leur détention, plus de six mois plus tard, tandis que le 6 octobre 2022, la radio iranienne IRIB a diffusé les supposés aveux forcés de Cécile Kohler contrainte de dire qu'elle serait une agente de la DGSE (serve de renseignement extérieur de la France), une accusation stupide.

    Depuis son arrestation, elle aurait été torturée, entre autres par un isolement total pendant plusieurs mois. Elle n'a pas le droit d'avoir un avocat, ne peut pas recevoir de courrier, ne peut pas contacter l'ambassadeur qui a pu lui rendre visiter seulement trois fois entre 2022 et 2024, etc. Selon certains témoignages, en janvier 2025, son état de santé serait très dégradé en raison de ses conditions de détention.

    Heureusement, Cécile Kohler et Jacques Paris ne sont pas oubliés par la France et par les Français, les gouvernements y travaillent, et de nombreux Français ont manifesté leur soutien à l'occasion de rassemblements à Paris et dans d'autres villes de France. Les portraits des deux otages ont été placardés sur les grilles du Palais-Bourbon, siège de l'Assemblée Nationale, à Paris.
     

     
     


    Récemment, il y a eu une grande inquiétude car l'armée israélienne a bombardé le 23 juin 2025 la prison d'Evin où sont censés être incarcérés les deux otages français. Il est particulièrement stupide de bombarder une prison (ce sujet renvoie aussi à la question du pourquoi les troupes alliées n'avaient pas bombardé les camps d'extermination pendant la Seconde Guerre mondiale). En l'occurrence, cette frappe israélienne a tué 71 personnes, des surveillants de la prison mais aussi des prisonniers, des visiteurs, et des habitants vivant à proximité.

    Dans sa déclaration au Sénat sur la situation au Proche-Orient le 2 juillet 2025, le Premier Ministre François Bayrou a rassuré à ce sujet : « Notre première préoccupation, pendant les douze jours qu'a duré le conflit, a été le sort de nos ressortissants. Immédiatement, nous avons déployé des moyens civils et militaires pour rapatrier ceux d'entre eux qui en formulaient la demande. Cette mobilisation a permis à plus d'un millier de Français de quitter l'Iran et Israël. Nous avions aussi, faut-il le rappeler ?, de grandes inquiétudes pour nos deux ressortissants détenus en Iran de manière arbitraire depuis plus de trois ans, dans des conditions indignes : Cécile Kohler et Jacques Paris, dont nous n'avions plus de nouvelles depuis les frappes sur la prison d'Evin. M. le Ministre de l'Europe et des affaires étrangères et moi-même pouvons vous rassurer ce soir en vous disant qu'ils ont reçu hier une visite consulaire, et qu'ils sont sains et saufs. Qu'ils sachent, que leurs familles et tous ceux qui les soutiennent sachent que nous mobilisons l'ensemble des moyens disponibles dans le seul but d'obtenir leur libération immédiate. ».

    Donc, joie et soulagement, les deux otages français n'ont pas été touchés par la frappe israélienne, d'une part, et ils ont reçu une visite consulaire des autorités françaises le 1er juillet 2025 pour confirmer cette information, d'autre part.

     

     
     


    Malheureusement, ce soulagement a été de courte de durée et c'est la sœur de Cécile, Noémie Kohler qui a annoncé le même jour, le 2 juillet 2025, que Cécile Kohler et Jacques Paris ont été inculpés, par la pseudo-justice iranienne, à la fois de « complot pour renverser le régime », « espionnage pour le Mossad » et « corruption sur terre ». Chacun de ces trois chefs d'inculpation est passible de la peine de mort.

    C'est donc avec un véritable chantage aux otages que l'Iran souhaite faire pression sur la France en mettant en jeu la vie de deux ressortissants français. Une pratique abominable et qui ne fait illusion à personne.

    La république des mollahs a résisté à l'offensive israélienne et si elle en est ressortie plus affaiblie, elle existe encore et il est hélas prévisible que les mollahs durcissent encore le régime pour montrer au peuple iranien qu'ils gardent la maîtrise du pouvoir et qu'il n'a pas intérêt à se révolter.
     

     
     


    Pour le gouvernement français, la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris est le préalable inconditionnel à toute négociation avec l'Iran. La personne qui veut défendre Cécile Kohler est même beaucoup plus ferme puisqu'elle demande à la France d'intervenir militairement pour récupérer nos otages. L'expérience malheureuse des 53 otages américains devrait pourtant la rendre plus prudente : l'opération Eagle Claw, le 25 avril 1980, fut un échec complet, militaire et politique. La France ne peut imaginer faire une opération du même genre dont les risques d'échec seraient énormes et qui pourrait avoir des conséquences graves sur la vie de Cécile Kohler et Jacques Paris.

    Néanmoins, il ne faut pas désespérer et leur libération reste l'une des priorités de la diplomatie française. Leur vie est la nôtre, sauvons-les !


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (04 juillet 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Sauvons Cécile Kohler et Jacques Paris de l'odieux chantage aux otages !
    Make Iran Great Again ?

     

     
     





    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250702-cecile-kohler.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/sauvons-cecile-kohler-et-jacques-261866

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/07/03/article-sr-20250702-cecile-kohler.html



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  • Make Iran Great Again ?

    « Reste une position de principe que je tiens à défendre devant vous. La France a conscience de ces manquements. Elle sait que le pouvoir iranien a exécuté par pendaison des centaines de femmes qui ne respectaient pas les codes vestimentaires en vigueur ; elle sait aussi que les femmes n’ont pas le droit d’étudier. Tout le monde le sait, la France le sait. Mais la France ne peut pas être durablement du côté des infractions au droit international. Tout en prenant la pleine mesure des manquements que vous indiquez, la France doit réaffirmer que, dans l’avenir, le droit international doit s’imposer. » (François Bayrou, le 24 juin 2025 dans l'hémicycle).



     

     
     


    La "position de principe" de la France sur la guerre en Iran que le Premier Ministre François Bayrou a réaffirmée devant les députés ce mardi 24 juin 2025 lors de la séance des questions au gouvernement, est logique, prévisible, normale. Une nation qui fonde toute sa politique étrangère sur les principes du droit international ne peut pas défendre des violations permanentes de ce droit international... même pour la "bonne cause". La fin et les moyens...

    Le Président américain Donald Trump, après quelques hésitations, a fait intervenir son pays le 22 juin 2025 avec des frappes contre des cibles nucléaires en Iran d'une qualité technique remarquable. Mais il a aussi réussi à imposer le 23 juin 2025 un cessez-le-feu plus ou moins bien respecté par Israël et l'Iran.
     

     
     


    Le point de la vue de la France est toujours ambivalent dans ces événements au Proche- et Moyen-Orient. Le point crucial est la sécurité de l'État d'Israël et son existence qui a été menacée lors des massacres du 7 octobre 2023. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou a réagi avec une brutalité à la mesure du choc des massacres, en voulant neutraliser tous ses ennemis : le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et le marionnettiste de tous ces mouvements terroristes antisémites, le régime des mollahs en Iran.

    Il faut rappeler que la France est une victime encore actuelle de l'Iran islamique : nous avons deux otages en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris, mais il faut aussi rappeler la mort de 58 soldats français le 23 octobre 1983 par des attentats commandités par le régime des mollahs. Depuis quarante-six ans, le régime chiite a voulu exporter sa haine et ses guerres dans la région et même au-delà, sur les territoires européens et américains par des attentats meurtriers. En outre, le risque d'un Iran islamique nucléarisé est grand et menace la stabilité non seulement de la région mais du monde entier. C'est pourquoi, à l'instar du Chancelier allemand Friedrich Merz, il faut admettre que le gouvernement israélien fait le « sale boulot ». C'est bien commode de protester mais c'est plus compliqué de se faire respecter.

    Une fois qu'on a dit cela, on ne résout rien de la complexité du Moyen-Orient. Si on parle de droit international, il n'existe que par voie de paix, mais la guerre, a priori, c'est la loi du plus fort. Israël n'a pas respecté le droit international en attaquant l'Iran, mais les massacres du 7 octobre 2023 n'étaient pas non plus une démonstration éclatante du droit international, ni l'objectif des mollahs d'éliminer Israël de la surface de la Terre.


    La voix de la France a toujours été la voix diplomatique. Elle s'honore de rappeler quelques principes essentiels.
     

     
     


    Le premier principe, c'est qu'on ne sauve pas un peuple de ses dirigeants tortionnaires en le bombardant. C'est valable en Iran, c'est aussi valable à Gaza. Le pire, même, c'est de croire qu'on peut imposer la démocratie par des bombardements de forces étrangères. Le risque, au contraire, c'est de conforter le pouvoir des mollahs par un repli identitaire, et de renforcer la répression contre les opposants.

    Donald Trump a des réflexions assez étranges, brutales ou douces, selon les humeurs du moment. Ainsi, il a expliqué le 22 juin 2025 que son but n'était pas forcément de changer le régime en Iran, sauf si celui-ci ne permettait pas le retour au Grand Iran. Fleurit alors l'acronyme MIGA, Make Iran Great Again, qui n'a pour seul objectif que de répéter et de décliner le propre slogan électoral de Donald Trump (MAGA : Make America Great Again).

     

     
     


    Les bombardements de la prison d'Evin à Téhéran par l'armée israélienne ont aussi été d'une grande irresponsabilité : si on veut protéger les opposants politiques (ou des otages), on évite d'aller bombarder leur résidence. C'était d'ailleurs le débat sur l'absence de bombardement des camps d'extermination nazis : en les bombardant, on tuait également les déportés. La France est inquiète du sort de Cécile Kohler dont on a aucun signe de vie depuis ces bombardements.

    Le slogan Make Iran Great Again n'est pas sans arrière-pensée. On entend depuis quelques jours le fils du dernier shah d'Iran, le prince Reza Pahlavi (64 ans), prétendant au trône depuis le 27 juillet 1980 (mort de son père). Réfugié à Los Angeles, il est considéré par certains comme la tête de l'opposition politique à la république islamique, faute d'autres opposants. En 2009, il déclarait ainsi : « Je suis le fils du shah, l'héritier de la couronne. C'est un capital politique dont je dispose. Mais je ne l'utilise pas seulement en faveur de l'institution monarchique. Mon objectif, c'est la démocratie. ».
     

     
     


    Malgré ces assurances et cette vision, il n'est pas difficile de comprendre que si le peuple iranien, un grand peuple, intellectuel et cultivé, veut sortir de l'emprise des mollahs, ce n'est pas pour retomber dans la monarchie du shah qui précédait les ayatollahs. Au contraire, la démocratie en Iran devrait se définir comme une voie nouvelle et difficile qui doit être tracée par les seuls Iraniens, sans pression étrangère et encore moins si elle est militaire.

    Enfin, l'expérience dans la région nous montre, hélas, que les interventions militaires étrangères sont toujours contre-productives en long terme. Certes, on peut comprendre la nécessité absolue d'Israël d'assurer à court terme sa sécurité et son existence, mais plus le peuple iranien est frappé par les bombardements, plus le démantèlement du régime des mollahs sera difficile à obtenir. Pire même : l'expérience de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Syrie et de la Libye nous apprend que le chaos politique en Iran pourrait se révéler catastrophique, tant pour le peuple iranien lui-même que pour le monde en général. Daech est né ce chaos en Irak et a pourri plus d'une dizaine d'années les peuples du monde, en particulier le peuple français par plusieurs attentats particulièrement meurtriers à partir de 2015.

    Ce ne serait peut-être pas exactement Daech, un Daech chiite, mais les conséquences d'un désordre généralisé en Iran, grande nation, je le répète, ne seraient pas calculables tant elles seraient effroyables.

     

     
     


    Tous ces dangers doivent nous inciter à ne pas avoir une vision simpliste de la situation actuelle et à garder une extrême prudence. C'est la raison pour laquelle François Bayrou a loué, en répondant à une autre question, les nuances apportées par Emmanuel Macron : « Vous avez eu raison de rappeler que la France défend le droit international et ses principes. Vous demandez qu’elle le fasse avec plus de force, mais je ne vois pas de chef d’État qui le dise avec autant de force et de cette liberté à laquelle vous appelez, que le Président de la République. Il a manifesté son indépendance de jugement et rappelé de façon éloquente notre attachement aux principes du droit international. C’est la position de la France. Enfin, nous espérons que le respect du cessez-le-feu permettra d’entrer dans une ère nouvelle. Nous savons combien c’est difficile. Nous espérons aussi que là, comme ailleurs sur la planète, nous puissions un jour sortir de la loi de la force qui cherche à s’imposer à tous et retrouver la force de la loi. Cela ne se fera qu’en respectant le droit, notamment les droits de l’homme, et surtout ceux de la femme. ».


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (24 juin 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Make Iran Great Again ?
    Guerre en Iran : pensons au peuple iranien !
    Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
    Beyrouth, il y a trente-cinq ans.
    Majid Kavousifar.
    Varisha Moradi.
    Aïnaz Karimi.
    Arezou Khavari.
    Ahou Daryaei.
    Ebrahim Raïssi.
    Khosro Besharat.
    Mobilisons-nous pour Toomaj Salehi !
    Fatwa de mort contre Salman Rushdie.
    Alireza Akbari.
    Mehran Karimi Nasseri.
    Claude Malhuret contre la mollarchie.
    Mahsa Amini, les femmes iraniennes, leur liberté et Claude Malhuret.
    Révolution : du rêve républicain à l’enfer théocratique de Bani Sadr.
    L'Iran de Bani Sadr.
    De quoi fouetter un Shah (18 février 2009).
    N’oubliez pas le Guide (20 février 2009).
    Incompréhensions américaines (1) et (2).
    Émission de France 3 "L’Iran et l’Occident" (17-18 février 2009).
    Session de septembre 2006 à l’ONU : Bush, Ahmadinejad, Chirac.
    Dennis Ross et les Iraniens.
    Un émissaire français à Téhéran.
    Gérard Araud.
    Stanislas de Laboulaye.
    Des opposants exécutés par pendaison en Iran.
    Expulsion de Vakili Rad, assassin de Chapour Bakhtiar, dernier Premier Ministre du Shah d'Iran, par Brice Hortefeux à la suite du retour de l'étudiante Clotilde Reiss.
    Mort de l'ancien Premier Ministre iranien Mohammad Reza Mahdavi-Kani à 83 ans le 21 octobre 2014.

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250624-iran.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/make-iran-great-again-261688

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/06/24/article-sr-20250624-iran.html


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  • Guerre en Iran : pensons au peuple iranien !

    « Alors, à ceux qui exigent un soulèvement immédiat, des remerciements ou des applaudissements : prenez du recul. À ceux qui, sous couvert de bienveillance, tentent de nous imposer leur vision de notre avenir : abstenez-vous. » (Mona Jafarian, le 18 juin 2025).


     

     
     


    Le conflit entre Israël et l'Iran est désormais à son paroxysme et personne ne peut dire comment cela va se terminer. L'inquiétude est grande d'un embrasement généralisé de la région (du Proche-Orient) voire d'une extension vers les pays qui pourraient s'impliquer dans ce conflit, comme les États-Unis dont la position hésitante montre à l'évidence que Donald Trump navigue à vue sans plan d'origine.

    En Europe, on observe aussi avec inquiétude ce conflit mais on attend depuis quarante-six ans la fin de la dictature de mollahs qui a tant réprimé l'humanité en général, que ce soit sur le sol iranien lui-même avec les nombreuses exécutions qu'à l'extérieur au moyen d'attentats terroristes nombreux dont, entre autres, la France a été victime avec l'assassinat de soldats français et, encore aujourd'hui, l'emprisonnement de deux otages français.
     

     
     


    Je propose ici de retranscrire le message de Mona Jafarian, fondatrice de l'Association Femme Azadi, qui est une « association de femmes franco-iraniennes menant des actions politiques, médiatiques et événementielles pour porter la voix du peuple iranien dans sa révolution ». Dans ce message publié le 18 juin 2025 sur son compte Twitter, elle a mis en garde contre la facilité de croire que la guerre résoudrait tout, et a demandé de penser avant tout à l'intérêt du peuple iranien qui n'est pas complice mais victime des mollahs.

    « Je ne sais pas si certains réalisent ce que vivent les Iraniens en ce moment. Quarante-six ans d’une des dictatures les plus barbares au monde ont brisé plusieurs générations, chacune portant les traumatismes de la précédente. Pour beaucoup, cela signifie n’avoir jamais connu leur pays libre. Ils ont traversé une guerre meurtrière contre l’Irak, grandi sous la menace des pendaisons, des massacres, des tortures. Ils ont vu leur peuple se soulever à de nombreuses reprises, être réprimé dans des bains de sang, dans l’indifférence glaçante de la communauté internationale.

    Et aujourd’hui, ce même régime, qui a ruiné une grande nation autrefois prospère et respectée, provoque désormais la guerre sur son propre sol. Le peuple se retrouve pris dans une déchirure insoutenable : la douleur de chaque frappe sur sa terre mêlée au soulagement de voir ses bourreaux être enfin visés et éliminés les uns après les autres.

     

     
     


    Dans les commentaires, certains exigent de ce peuple meurtri et terrorisé, qu’il se soulève en cinq jours, alors même qu’on lui demande dans le même souffle de fuir, d’évacuer, de se cacher. Beaucoup oublient que la guerre n’a rien d’un jeu vidéo, surtout lorsqu’elle est vécue sous un régime criminel qui continue de réprimer, de surveiller, de terroriser de l’intérieur, aujourd’hui plus encore, par peur de s’effondrer.

    Qu’on soit en Iran ou en exil, nous savons que cette guerre, que nous redoutions depuis des années, est peut-être aussi celle qui ouvrira la voie à notre liberté. Mais cela ne la rend pas beaucoup plus facile à supporter.

     

     
     


    Alors, à ceux qui exigent un soulèvement immédiat, des remerciements ou des applaudissements : prenez du recul. À ceux qui, sous couvert de bienveillance, tentent de nous imposer leur vision de notre avenir : abstenez-vous.

    Nous avons alerté le monde avant tout le monde. Nous avons combattu ce régime avant tout le monde. Nous avons versé plus de sang que quiconque pour tenter de libérer le monde de cette pieuvre terroriste.

    À ceux qui nous soutiennent vraiment,qui ressentent ce que nous portons dans nos cœurs : merci.

    Et à nos rares alliés : nous n’oublierons jamais ceux qui furent à nos côtés dans cette longue lutte pour la liberté. »

     

     
     


    J'ajoute ceci : merci à ces femmes résistantes d'avoir été là depuis si longtemps pour nous alerter, nous, Français, de l'impasse de cette théocratie iranienne. Mais comme l'a exprimé le Président Emmanuel Macron, une solution politique durable sur la gouvernance en Iran ne pourra jamais venir de la conquête d'une armée étrangère. L'exemple de l'Irak l'a hélas trop bien démontré en 2004.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (19 juin 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Guerre en Iran : pensons au peuple iranien !
    Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
    Beyrouth, il y a trente-cinq ans.
    Majid Kavousifar.
    Varisha Moradi.
    Aïnaz Karimi.
    Arezou Khavari.
    Ahou Daryaei.
    Ebrahim Raïssi.
    Khosro Besharat.
    Mobilisons-nous pour Toomaj Salehi !
    Fatwa de mort contre Salman Rushdie.
    Alireza Akbari.
    Mehran Karimi Nasseri.
    Claude Malhuret contre la mollarchie.
    Mahsa Amini, les femmes iraniennes, leur liberté et Claude Malhuret.
    Révolution : du rêve républicain à l’enfer théocratique de Bani Sadr.
    L'Iran de Bani Sadr.
    De quoi fouetter un Shah (18 février 2009).
    N’oubliez pas le Guide (20 février 2009).
    Incompréhensions américaines (1) et (2).
    Émission de France 3 "L’Iran et l’Occident" (17-18 février 2009).
    Session de septembre 2006 à l’ONU : Bush, Ahmadinejad, Chirac.
    Dennis Ross et les Iraniens.
    Un émissaire français à Téhéran.
    Gérard Araud.
    Stanislas de Laboulaye.
    Des opposants exécutés par pendaison en Iran.
    Expulsion de Vakili Rad, assassin de Chapour Bakhtiar, dernier Premier Ministre du Shah d'Iran, par Brice Hortefeux à la suite du retour de l'étudiante Clotilde Reiss.
    Mort de l'ancien Premier Ministre iranien Mohammad Reza Mahdavi-Kani à 83 ans le 21 octobre 2014.


     

     
     





    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250618-iran.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/guerre-en-iran-pensons-au-peuple-261626

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/06/19/article-sr-20250618-iran.html




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  • Ukraine : le retour de la diplomatie européenne

    « Le samedi 10 mai 2025, les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Pologne, du Royaume-Uni et de l’Ukraine se sont rencontrés à Kyiv. Ils sont convenus qu'à partir du lundi 12 mai, il devrait y avoir un cessez-le-feu complet et inconditionnel pendant au moins 30 jours. Ils sont convenus qu'un cessez-le-feu inconditionnel, par définition, ne peut être soumis à aucune condition. Si la Russie demande de telles conditions, cela ne peut être considéré que comme une tentative de prolonger la guerre et de saper la diplomatie. Ils ont exigé que le cessez-le-feu soit global, dans les airs, en mer et sur terre. Ils ont souligné que ce cessez-le-feu nécessitait un monitoring efficace, qui pourrait être mis en œuvre avec succès en étroite coordination avec les États-Unis. (…) Ils sont convenus que si la Russie refusait un cessez-le-feu total et inconditionnel, des sanctions plus sévères devraient être adoptées contre les secteurs bancaire et énergétique, ciblant les combustibles fossiles, le pétrole et la flotte fantôme. Ils sont convenus d'adopter un 17e paquet de sanctions fortes de l'UE et de le coordonner avec les sanctions imposées par le Royaume-Uni et la Norvège, ainsi que par les États-Unis. » (Communiqué commun du 10 mai 2025 à Kiev).



     

     
     


    On se demande pourquoi Emmanuel Macron irait chercher dans un référendum aux résultats très aléatoires (on verra son intervention télévisée de ce mardi 13 mai 2025) ce qu'il a trouvé déjà en politique étrangère, à savoir le crédit qu'on peut porter à un homme d'État exceptionnel. Car avec la guerre en Ukraine, il s'agit bien de cela. Dès 2017, le Président Emmanuel Macron avait prôné une véritable souveraineté européenne et une défense européenne, faisant le constat que l'OTAN était en mort cérébrale. Et c'est Vladimir Poutine, en tentant d'envahir l'Ukraine, qui a réveillé et l'OTAN et l'Europe ! L'objectif d'Emmanuel Macron et de tous ses homologues européens, c'est d'éviter de nouveaux Accords de Munich avec l'Ukraine. Et donc, d'éviter une nouvelle guerre générale.

    L'Europe et la France peuvent être fières d'Emmanuel Macron. Heureusement qu'il est là, car il manquait un leader à l'Europe pour réaffirmer tout simplement nos valeurs, et la première de celles-ci, c'est la paix, mais la paix durable, la paix juste, pas la paix du plus fort contre le plus faible, pas la paix de Vladimir Poutine qui ne s'apaiserait qu'en écrasant l'Ukraine, qu'en écrasant la Pologne, les Pays baltes, la Moldavie, la Géorgie, qu'en faisant renaître une Grande Russie (idéalisée) comme Hitler voulait une Grande Allemagne.

    Le vent tourne pour Vladimir Poutine. À force d'envoyer ses missiles tuer des civils, le Président de la Fédération de Russie a déçu, pire, a lassé Donald Trump prêt à abandonner tous ses efforts sur ce conflit. Le Président russe a raté une opportunité historique. Le résultat, c'est un revirement total (dont le Président américain est coutumier). Volodymyr Zelensky a accepté le principe d'un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours proposé par les États-Unis, les Européens aussi et ils l'ont dit avec une grande force. La diplomatie européenne revient sur le devant de la scène ukrainienne, et avec elle, la diplomatie française.

    Deux images fortes pour le pont du 8 mai 2025. Parallèlement aux défilés caricaturaux à Moscou devant les hôtes de Vladimir Poutine, notamment Xi Jinping, Sissi, Maduro, etc. où les canons faisaient figures de valeurs, le Président Emmanuel Macron et le Premier Ministre polonais Donald Tusk ont signé le vendredi 9 mai 2025 dans la belle ville de Nancy, sur la Place Stanislas (à l'Hôtel de Ville), le Traité pour une coopération et une amitié renforcées entre la République de Pologne et la République française.

     

     
     


    Ce n'est pas nouveau que Nancy, la capitale des ducs de Lorraine, s'est retrouvée au centre d'une diplomatie intense. Il y a vingt ans, le 19 mai 2005, la Place Stanislas a accueilli également un mini-sommet entre le Président français Jacques Chirac, le Chancelier allemand Gerhard Schröder et le Président polonais Aleksander Kwasnieski. Dans sa conférence de presse à cette occasion, Jacques Chirac a déclaré : « Je voudrais remercier la ville de Nancy, ses habitants, son maire pour l'accueil qu'ils nous ont réservé et aussi les féliciter, féliciter tous les Nancéiens très chaleureusement pour la superbe restauration de la place Stanislas réalisée à l'occasion de son 250e anniversaire. C'est une belle image donnée par Nancy au monde de la France, de son art et de son histoire. Cette rencontre à trois se tient à un moment particulièrement important puisque nous sommes tous les trois, parmi les vingt-cinq, engagés dans un processus de ratification du Traité constitutionnel. ». C'était dix jours avant le référendum sur le TCE.

    Et Jacques Chirac d'expliquer : « Depuis cinquante ans, l'Europe s'est considérablement développée. Elle a d'abord apporté l'essentiel, c'est-à-dire la paix, la démocratie, la liberté, un certain modèle social et le développement économique aux six pays fondateurs. Puis, petit à petit, elle s'est élargie comme il était à la fois nécessaire et utile pour tous. Nous avons aujourd'hui un ensemble qui est déterminé à enraciner définitivement, sur l'ensemble de notre continent, la paix, la démocratie, la liberté, déterminé à conforter le modèle de développement économique et de progrès social, le modèle social européen, particulièrement incarné par la position notamment allemande et française et à renforcer le poids de l'Europe dans le monde. C'est le sens de l'ambition du traité constitutionnel qui est en voie de ratification chez les vingt-cinq Européens. ».


    Mais revenons au Nancy de 2025, vingt ans plus tard. Le traité signé entre la France et la Pologne fait partie des traités bilatéraux que la France a voulu conclure avec chacun des pays européens depuis quelques années. Elle l'avait déjà fait avec l'Ukraine le 16 février 2024.
     

     
     


    Les deux nations (française et polonaise) sont « convaincues que le moment est venu de porter leurs relations bilatérales à un niveau plus élevé et de se préparer conjointement à faire face aux défis auxquels les deux États et les deux peuples ainsi que l’Europe dans son ensemble sont confrontés au XXIe siècle ». Elles « œuvrent activement à une UE plus forte, sûre, souveraine, démocratique, prospère, compétitive et unie. Elles entendent protéger leurs citoyens, défendre leurs valeurs et leurs intérêts et renforcer la sécurité européenne, notamment celle de la frontière extérieure de l’UE, et la sécurité économique. ».

    L'alinéa 2 de l'article 4 de ce traité proclame très clairement la mutuelle assistance en matière de défense : « Conformément aux dispositions de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, en cas d’agression armée sur leurs territoires, les Parties s’assistent mutuellement, y compris par des moyens militaires. Cette aide et cette assistance seront mises en œuvre conformément aux engagements découlant de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord et du paragraphe 7 de l’article 42 du Traité sur l’Union Européenne. ».

    En tout, le Traité de Nancy compte 19 articles qui précisent les coopérations dans de nombreux domaines, en particulier dans l'industrie, la recherche scientifique, les transports, l'immigration, le numérique, la protection de l'environnement, l'énergie, l'agriculture, la culture, le sport, etc. Il remplace le Traité de Paris signé le 9 avril 1991.






    L'autre initiative est également très importante puisque, venus par un train de nuit qui est parti la veille, le Président français Emmanuel Macron, le nouveau Chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier Ministre britannique Keir Starmer et le Premier Ministre polonais Donald Tusk ont rejoint le Président ukrainien Volodymye Zelensky à Kiev, la capitale de l'Ukraine assiégée par Vladimir Poutine. Leur présence a une signification à la fois forte et courageuse. Courageuse car c'est toujours risqué de se rendre à Kiev sous d'éventuels bombardements russes. D'où d'ailleurs le train car l'avion serait beaucoup trop dangereux.
     

     
     


    À ce titre, le Président Macron a diffusé une petite vidéo dans le train qui l'a conduit à Kiev, se mettant en scène en train d'appeler Donald Trump. C'est important car il a montré qu'il était à l'initiative pour construire la paix en Ukraine. Certains lui reprocheront de trop faire dans les réseaux sociaux, mais il faut vivre avec son temps et Donald Trump a gagné sa dernière élection en s'adaptant à ces nouvelles mœurs technologiques.





    Reprenons le contenu du voyage à Kiev et ses conséquences diplomatiques. Le samedi 10 mai 2025 à 14 heures 30, les "alliés" de l'Ukraine (Europe mais aussi Canada, Nouvelle-Zélande, etc.) ont mis Vladimir Poutine dos au mur : ils ont fermement demandé un cessez-le-feu de 30 jours, inconditionnel, à partir du lundi 12 mai 2025, sous forme d'un ultimatum, avec l'accord des États-Unis. C'est ce dernier point qui est nouveau. J'ai placé les extraits les plus importants du communiqué commun en tête de cet article.








    Vladimir Poutine a répondu aux Européens à minuit 40, c'est-à-dire, heure de Moscou, à 2 heures 40 du matin ! Il a proposé des négociations directes à Istanbul entre la Russie et l'Ukraine, sans cessez-le-feu préalable.
     

     
     


    Le dimanche 11 mai 2025 à 18 heures 15 (heure de Paris), Donald Trump a vivement encouragé l'Ukraine à accepter la rencontre proposée par Vladimir Poutine à Istanbul.

    Le dimanche, à 19 heures, Volodymyr Zelensky a déclaré sur Twitter : « J'attendrai Poutine en Turquie, jeudi. Personnellement. J'espère que cette fois, les Russes ne chercheront pas d'excuses. ».





    Dans le même temps, Donald Trump a semblé désabusé de la mauvaise foi de Vladimir Poutine en confiant ce même dimanche : « Je commence à douter que l'Ukraine parvienne à un accord avec Poutine, trop occupé à célébrer la victoire de la Seconde Guerre mondiale, qui n'aurait pas pu être gagnée (même de justesse !) sans les États-Unis. ORGANISEZ UNE RENCONTRE MAINTENANT ! ». Ce point historique est réel (quoi qu'en pensent les trolls poutinolâtres qui pullulent sur le Web) : si les États-Unis n'avaient pas massivement aidé l'URSS pour son armement, cette dernière n'aurait pas pu prendre en tenaille l'Allemagne nazie sur son front est.

    Lundi 12 mai 2025, le Ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui a rencontré son homologue américain, a confirmé la nécessité d'un cessez-le-feu préalables aux négociations avec cette phrase souvent répétée dans les conflits : « On ne va pas négocier sous les bombes ! ». Il a notamment déclaré la nature de l'ultimatum que les Européens et surtout les Américains ont lancé à Vladimir Poutine.

     

     
     


    En cas de refus du cessez-le-feu, les États-Unis fixeraient les droits de douane sur l'importation du pétrole russe à 500%... mais ce n'est pas cette mesure qui aurait le plus de conséquence, c'est la suivante : ils mettraient aussi les droits de douane à 500% sur tous les produits importés de pays qui achèteraient encore du pétrole russe. Là, ce serait probablement la sanction commerciale la plus efficace. En outre, les Européens aideraient les Ukrainiens à contrôler à nouveau leur espace aérien.

    Le lundi 12 mai 2025 à 16 heures 30, Donald Trump, qui allait partir au Proche-Orient à partir du lendemain (le 13 mai 2025, il sera en Arabie Saoudite), a lâché : « Je pensais y aller. Il y a une possibilité. ». Aller à Istanbul jeudi 15 mai 2025 pour une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine sous le patronage de Recep Tayyip Erdogan.
     

     
     


    Comme on le voit, cette semaine est cruciale pour l'avenir de l'Ukraine. Vladimir Poutine a baladé Donald Trump pendant trois mois et, chose nouvelle, ce dernier commence enfin à s'en apercevoir ! Ce qui l'a rendu furieux, c'est la présence de Xi Jinping le 9 mai 2025 à Moscou. Car Donald Trump acceptait d'abandonner l'Ukraine à la Russie à la seule condition que la Russie s'éloignât de la Chine. Pourtant, Vladimir Poutine a toujours été prévisible : seul le rapport de force est efficace avec lui. La diplomatie européenne, et plus précisément la diplomatie française ont fait beaucoup avancer les choses en Ukraine. Mais, même si c'est en bonne voie, rien n'assure que cela sera efficace à court terme. Le peuple ukrainien, pendant ce temps, continue à souffrir.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (12 mai 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Ukraine : le retour de la diplomatie européenne.
    Soumy : grâce musicale versus vulgarité brutale.
    Moonraker.
    Olena Kohut.
    François Bayrou et l'heure de vérité de l'Europe.
    Gabriel Attal attaque Marine Le Pen sur l'Ukraine.

    Manuel Valls pour la paix, mais pas au prix de la fin de l'Ukraine !
    Claude Malhuret s'en prend à Néron et à son bouffon !
    Emmanuel Macron : la patrie a besoin de vous !
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 mars 2025 (texte intégral et vidéo).
    François Bayrou : la France avait raison !
    Ukraine : Trump, porte-parole de Poutine !
    3 ans de guerre en Ukraine.
    Zelensky : Poutine, c'est l'anti-Europe !
    L'aide de la France à l'Ukraine le 6 juin 2024.
    Emmanuel Macron très gaullien à la télévision pour expliquer la gravité de la situation en Ukraine.
    Débat parlementaire sur l'Ukraine : les masques tombent en France !
    Ukraine : Sophia Aram traite à la sulfateuse les néopacifistes à la notoriété déclinante !
    L'Europe face à Poutine.
    Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
    Rapport de la commission d'enquête n°1311 de l'Assemblée Nationale relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères (enregistré le 1er juin 2023).
    Jean-Pierre Chevènement et ses relations avec la Russie.
    François Fillon et ses relations avec la Russie.
    Ukraine : Gabriel Attal attaque durement le RN et Marine Le Pen !
    Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron lors de la Conférence de soutien à l'Ukraine le 26 février 2024 à l'Élysée (vidéos).
    2 ans de guerre en Ukraine : Poutine zéro en histoire !
    Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
    Lee Marvin, les Douze Salopards et la Russie.
    La France Unie soutient l'Ukraine !
    Condoléances cyniques.
    Mort d'Evgueni Prigojine.

    Sergueï Kirienko.
    Victoria Amelina.

    L'effondrement du pouvoir de Poutine.
    Putsch en Russie : faut-il sauver le soldat Poutine ?
    Poutine en état d'arrestation !
    Ukraine, un an après : "Chaque jour de guerre est le choix de Poutine".
    L'Ukraine à l'Europe : donnez-nous des ailes !
    Kherson libéré, mais menace nucléaire ?

    Volodymyr Zelensky demande l'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'OTAN.
    6 mois de guerre en Ukraine en 7 dates.
    Les massacres de Boutcha.
    Le naufrage du croiseur russe Moskva.
    L’assassinat de Daria Douguina.
    Kiev le 16 juin 2022 : une journée d’unité européenne historique !
    L'avis de François Hollande.
    Les valeurs valent mieux que les bénéfices !
    Poutine paiera pour les morts et la destruction de l’Ukraine.
    Ukraine en guerre : coming out de la Grande Russie.
    Robert Ménard, l’immigration et l’émotion humanitaire.
    Ukraine en guerre : Emmanuel Macron sur tous les fronts.
    Nous Européens, nous sommes tous des Ukrainiens !

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250510-ukraine.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/ukraine-le-retour-de-la-diplomatie-260907

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/05/10/article-sr-20250510-ukraine.html



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  • Soumy : grâce musicale versus vulgarité brutale

    « La version russe du cessez-le-feu se résume à un dimanche sanglant. Il faut aider l’armée ukrainienne. » (Donald Tusk, Premier Ministre polonais, le 13 avril 2025).




     

     
     


    Quel scandale ! On mesure, à quel point, en France et ailleurs, certaines officines ont été complètement dévoyées sur le sens des mots (ce n'est pas nouveau et il y a eu d'admirables auteurs pour décrire ce phénomène particulièrement éloquent).

    Les deux bombardements meurtriers qui ont été décidés par l'armée russe de Vladimir Poutine a touché la population civile ukrainienne dans la matinée du dimanche 13 avril 2025, en pleine cérémonie des Rameaux, fête chrétienne, à Soumy (Sumy).

    Ces deux missiles balistiques visaient la population civile et a atteint son objectif puisque 35 personnes ont été massacrées, dont deux enfants, et 117 personnes blessées. Selon la CNN, c'est l'attaque la plus meurtrière d'une zone civile depuis le début de l'année.


    La ville de Soumy est une ville d'environ 260 000 habitants située au nord-est de l'Ukraine, à 30 kilomètres de la frontière russe, à 140 kilomètres de Kharkiv et à 130 kilomètres de Koursk (du côté russe).

    Des images d'apocalypse ont marqué la population, comme ce bus rouge en plein centre-ville, frappé par un missile et complètement calciné (aucun passager n'a survécu), ou ces habitants qui circulaient nombreux dans les rues du centre-ville.
     

     
     


    À écouter ces poutinolâtres adorateurs du massacre des peuples, ce nouveau massacre serait la faute de Volodymyr Zelensky, le Président ukrainien. On marche véritablement sur la tête, dans des inversions accusatoires complètement absurdes, surtout depuis que Donald Trump a retrouvé la Maison-Blanche. Rappelons que d'un côté, il y a un peuple, ukrainien, qui n'aspire qu'à la paix, qui n'a jamais eu de velléités agressives vis-à-vis de son voisin russe, dont on dit que les habitants sont leurs frères, et de l'autre, un autocrate (je ne confond bien sûr pas le peuple russe des oligarques russes), assoiffé de sang, et affamé de nouvelles conquêtes territoriales pour faire sa Grande Russie et surtout, maintenir le pouvoir de sa clique de voyous.
     

     
     


    L'explication foireuse de Moscou, officiellement, c'était qu'une réunion de militaires aurait été visée, mais ces deux missiles balistiques, peut-être équipés de sous-munitions (destinées à faire le plus de morts possible) comme c'était le cas dans d'autres bombardements, visaient pourtant bien des civils et à ce jour, aucune des victimes ne semblait porter l'uniforme militaire. Et si c'était vrai, l'armée russe aurait pu avoir la décence de présenter ses excuses pour tant de civils massacrés. Bien sûr, les deux gamins qui sont morts étaient des militaires dangereux pour l'armée russe...
     

     
     


    Trois jours de deuil ont été décrétés en Ukraine pour rendre hommage aux victimes. Elles méritent toutes notre compassion pour cette guerre folle issue d'une folie guerrière propre au siècle dernier (on connaît tellement bien la leçon). Plus les États-Unis se montrent mous voire lèche-derrière (je réemploie le vocabulaire de leur Président) vis-à-vis de Vladimir Poutine, plus l'autocrate du Kremlin se montre cruel et gourmand au dépens des Ukrainiens.

    Le procureur général de Soumy a annoncé que parmi les victimes se trouvaient un garçon de 11 ans et un jeune homme de 17 ans qui ne demandaient qu'à vivre. Maryna Choudessa aussi est morte, avec sa mère : elle était institutrice et ses petits écoliers sont aujourd'hui traumatisés par sa disparition. Lioudmyla a, de son côté, déploré la mort de sa mère, Tetiana Kvacha, qui avait décidé de prendre le bus qui a été touché, ce qu'elle faisait pourtant rarement. Mauvais destin. Voulu par Vladimir Poutine et ses sbires (y compris ceux de la désinformation).
     

     
     


    Parmi les victimes, il y avait aussi la musicienne Olena Kohut, organiste soliste à l'Orchestre philharmonique de Soumy et membre de l'Orchestre du Théâtre national de Soumy, également universitaire, enseignant dans une école d'art. Elle était reconnue pour sa maîtrise musicale (piano et orgue) et son dévouement au développement des jeunes talents.

    En tant qu'organiste soliste, elle interprétait des mélodies qui captivaient le public et ses prestations avaient une immense portée culturelle. Olena Kohut a aussi interprété l'hymne ukrainien dans plusieurs églises à travers l'Europe pour promouvoir la culture ukrainienne.


    Ses collègues du Théâtre national de Soumy ont exprimé sur Facebook leur grande affliction : « Le 13 avril 2025, à la suite d’une frappe de missile russe, notre famille du théâtre a subi une douleur indescriptible. Les blessures infligées ont tué notre collègue, artiste du théâtre orchestral, Olena Kohut. Olena était une personne extrêmement brillante, une véritable professionnelle, une collègue sympathique et une amie fiable. Sa musique, son sourire, sa gentillesse resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à ses amis. Nous partageons votre douleur et votre chagrin. Souvenirs joyeux et respect éternel. ».

    « Une perte irréparable pour notre collectif, pour toute la communauté musicale, pour tous ceux qui ont connu et apprécié Olena en tant qu’artiste et personne », pour ses amis de l'Orchestre philharmonique de Soumy.

    Les auteurs d'autres condoléances ont rappelé : « Camarades et élèves se souviennent d'Olena comme d'une personne qui transmettait non seulement ses connaissances, mais aussi son humanité, sa gentillesse et son optimisme. Elle savait libérer le potentiel de chaque élève et apportait un soutien sincère à ses élèves. ».
     

     
     


    Il ne faut pas l'oublier, il ne faut pas les oublier, toutes ces victimes ukrainiennes meurtries dans leur chair et leur territoire. Le criminel de guerre sera jugé. Il payera. Rien ne sera oublié. C'est le destin de tous les auteurs du terrorisme, fût-il terrorisme d'État. Et honte à tous ceux qui justifient ces morts !


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (14 avril 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


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    Soumy : grâce musicale versus vulgarité brutale.
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    Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
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    Jean-Pierre Chevènement et ses relations avec la Russie.
    François Fillon et ses relations avec la Russie.
    Ukraine : Gabriel Attal attaque durement le RN et Marine Le Pen !
    Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron lors de la Conférence de soutien à l'Ukraine le 26 février 2024 à l'Élysée (vidéos).
    2 ans de guerre en Ukraine : Poutine zéro en histoire !
    Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
    Lee Marvin, les Douze Salopards et la Russie.
    La France Unie soutient l'Ukraine !
    Condoléances cyniques.
    Mort d'Evgueni Prigojine.

    Sergueï Kirienko.
    Victoria Amelina.

    L'effondrement du pouvoir de Poutine.
    Putsch en Russie : faut-il sauver le soldat Poutine ?
    Poutine en état d'arrestation !
    Ukraine, un an après : "Chaque jour de guerre est le choix de Poutine".
    L'Ukraine à l'Europe : donnez-nous des ailes !
    Kherson libéré, mais menace nucléaire ?

    Volodymyr Zelensky demande l'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'OTAN.
    6 mois de guerre en Ukraine en 7 dates.
    Les massacres de Boutcha.
    Le naufrage du croiseur russe Moskva.
    L’assassinat de Daria Douguina.
    Kiev le 16 juin 2022 : une journée d’unité européenne historique !
    L'avis de François Hollande.
    Les valeurs valent mieux que les bénéfices !
    Poutine paiera pour les morts et la destruction de l’Ukraine.
    Ukraine en guerre : coming out de la Grande Russie.
    Robert Ménard, l’immigration et l’émotion humanitaire.
    Ukraine en guerre : Emmanuel Macron sur tous les fronts.
    Nous Européens, nous sommes tous des Ukrainiens !








    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250413-soumy.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/soumy-grace-musicale-versus-260468

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/04/14/article-sr-20250413-soumy.html


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  • La musicienne Olena Kohut, l'une des 35 victimes massacrées à Soumy par Poutine

    « La version russe du cessez-le-feu se résume à un dimanche sanglant. Il faut aider l’armée ukrainienne. » (Donald Tusk, Premier Ministre polonais, le 13 avril 2025).




     

     
     


    Quel scandale ! On mesure, à quel point, en France et ailleurs, certaines officines ont été complètement dévoyées sur le sens des mots (ce n'est pas nouveau et il y a eu d'admirables auteurs pour décrire ce phénomène particulièrement éloquent).

    Les deux bombardements meurtriers qui ont été décidés par l'armée russe de Vladimir Poutine a touché la population civile ukrainienne dans la matinée du dimanche 13 avril 2025, en pleine cérémonie des Rameaux, fête chrétienne, à Soumy (Sumy).

    Ces deux missiles balistiques visaient la population civile et a atteint son objectif puisque 35 personnes ont été massacrées, dont deux enfants, et 117 personnes blessées. Selon la CNN, c'est l'attaque la plus meurtrière d'une zone civile depuis le début de l'année.


    La ville de Soumy est une ville d'environ 260 000 habitants située au nord-est de l'Ukraine, à 30 kilomètres de la frontière russe, à 140 kilomètres de Kharkiv et à 130 kilomètres de Koursk (du côté russe).

    Des images d'apocalypse ont marqué la population, comme ce bus rouge en plein centre-ville, frappé par un missile et complètement calciné (aucun passager n'a survécu), ou ces habitants qui circulaient nombreux dans les rues du centre-ville.
     

     
     


    À écouter ces poutinolâtres adorateurs du massacre des peuples, ce nouveau massacre serait la faute de Volodymyr Zelensky, le Président ukrainien. On marche véritablement sur la tête, dans des inversions accusatoires complètement absurdes, surtout depuis que Donald Trump a retrouvé la Maison-Blanche. Rappelons que d'un côté, il y a un peuple, ukrainien, qui n'aspire qu'à la paix, qui n'a jamais eu de velléités agressives vis-à-vis de son voisin russe, dont on dit que les habitants sont leurs frères, et de l'autre, un autocrate (je ne confond bien sûr pas le peuple russe des oligarques russes), assoiffé de sang, et affamé de nouvelles conquêtes territoriales pour faire sa Grande Russie et surtout, maintenir le pouvoir de sa clique de voyous.

    L'explication foireuse de Moscou, officiellement, c'était qu'une réunion de militaires aurait été visée, mais ces deux missiles balistiques, peut-être équipés de sous-munitions (destinées à faire le plus de morts possible) comme c'était le cas dans d'autres bombardements, visaient pourtant bien des civils et à ce jour, aucune des victimes ne semblait porter l'uniforme militaire. Et si c'était vrai, l'armée russe aurait pu avoir la décence de présenter ses excuses pour tant de civils massacrés. Bien sûr, les deux gamins qui sont morts étaient des militaires dangereux pour l'armée russe...

     

     
     


    Trois jours de deuil ont été décrétés en Ukraine pour rendre hommage aux victimes. Elles méritent toutes notre compassion pour cette guerre folle issue d'une folie guerrière propre au siècle dernier (on connaît tellement bien la leçon). Plus les États-Unis se montrent mous voire lèche-derrière (je réemploie le vocabulaire de leur Président) vis-à-vis de Vladimir Poutine, plus l'autocrate du Kremlin se montre cruel et gourmand au dépens des Ukrainiens.

    Le procureur général de Soumy a annoncé que parmi les victimes se trouvaient un garçon de 11 ans et un jeune homme de 17 ans qui ne demandaient qu'à vivre. Maryna Choudessa aussi est morte, avec sa mère : elle était institutrice et ses petits écoliers sont aujourd'hui traumatisés par sa disparition. Lioudmyla a, de son côté, déploré la mort de sa mère, Tetiana Kvacha, qui avait décidé de prendre le bus qui a été touché, ce qu'elle faisait pourtant rarement. Mauvais destin. Voulu par Vladimir Poutine et ses sbires (y compris ceux de la désinformation).
     

     
     


    Parmi les victimes, il y avait aussi la musicienne Olena Kohut, organiste soliste à l'Orchestre philharmonique de Soumy et membre de l'Orchestre du Théâtre national de Soumy, également universitaire, enseignant dans une école d'art. Elle était reconnue pour sa maîtrise musicale (piano et orgue) et son dévouement au développement des jeunes talents.

    En tant qu'organiste soliste, elle interprétait des mélodies qui captivaient le public et ses prestations avaient une immense portée culturelle. Olena Kohut a aussi interprété l'hymne ukrainien dans plusieurs églises à travers l'Europe pour promouvoir la culture ukrainienne.


    Ses collègues du Théâtre national de Soumy ont exprimé sur Facebook leur grande affliction : « Le 13 avril 2025, à la suite d’une frappe de missile russe, notre famille du théâtre a subi une douleur indescriptible. Les blessures infligées ont tué notre collègue, artiste du théâtre orchestral, Olena Kohut. Olena était une personne extrêmement brillante, une véritable professionnelle, une collègue sympathique et une amie fiable. Sa musique, son sourire, sa gentillesse resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à ses amis. Nous partageons votre douleur et votre chagrin. Souvenirs joyeux et respect éternel. ».

    « Une perte irréparable pour notre collectif, pour toute la communauté musicale, pour tous ceux qui ont connu et apprécié Olena en tant qu’artiste et personne », pour ses amis de l'Orchestre philharmonique de Soumy.

    Les auteurs d'autres condoléances ont rappelé : « Camarades et élèves se souviennent d'Olena comme d'une personne qui transmettait non seulement ses connaissances, mais aussi son humanité, sa gentillesse et son optimisme. Elle savait libérer le potentiel de chaque élève et apportait un soutien sincère à ses élèves. ».
     

     
     


    Il ne faut pas l'oublier, il ne faut pas les oublier, toutes ces victimes ukrainiennes meurtries dans leur chair et leur territoire. Le criminel de guerre sera jugé. Il payera. Rien ne sera oublié. C'est le destin de tous les auteurs du terrorisme, fût-il terrorisme d'État. Et honte à tous ceux qui justifient ces morts !


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (14 avril 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Soumy : grâce musicale versus vulgarité brutale.
    Moonraker.
    Olena Kohut.
    Ukraine : Trump, porte-parole de Poutine !
    3 ans de guerre en Ukraine.
    Zelensky : Poutine, c'est l'anti-Europe !
    L'aide de la France à l'Ukraine le 6 juin 2024.
    Emmanuel Macron très gaullien à la télévision pour expliquer la gravité de la situation en Ukraine.
    Débat parlementaire sur l'Ukraine : les masques tombent en France !
    Ukraine : Sophia Aram traite à la sulfateuse les néopacifistes à la notoriété déclinante !
    L'Europe face à Poutine.
    Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
    Rapport de la commission d'enquête n°1311 de l'Assemblée Nationale relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères (enregistré le 1er juin 2023).
    Jean-Pierre Chevènement et ses relations avec la Russie.
    François Fillon et ses relations avec la Russie.
    Ukraine : Gabriel Attal attaque durement le RN et Marine Le Pen !
    Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron lors de la Conférence de soutien à l'Ukraine le 26 février 2024 à l'Élysée (vidéos).
    2 ans de guerre en Ukraine : Poutine zéro en histoire !
    Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
    Lee Marvin, les Douze Salopards et la Russie.
    La France Unie soutient l'Ukraine !
    Condoléances cyniques.
    Mort d'Evgueni Prigojine.

    Sergueï Kirienko.
    Victoria Amelina.

    L'effondrement du pouvoir de Poutine.
    Putsch en Russie : faut-il sauver le soldat Poutine ?
    Poutine en état d'arrestation !
    Ukraine, un an après : "Chaque jour de guerre est le choix de Poutine".
    L'Ukraine à l'Europe : donnez-nous des ailes !
    Kherson libéré, mais menace nucléaire ?

    Volodymyr Zelensky demande l'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'OTAN.
    6 mois de guerre en Ukraine en 7 dates.
    Les massacres de Boutcha.
    Le naufrage du croiseur russe Moskva.
    L’assassinat de Daria Douguina.
    Kiev le 16 juin 2022 : une journée d’unité européenne historique !
    L'avis de François Hollande.
    Les valeurs valent mieux que les bénéfices !
    Poutine paiera pour les morts et la destruction de l’Ukraine.
    Ukraine en guerre : coming out de la Grande Russie.
    Robert Ménard, l’immigration et l’émotion humanitaire.
    Ukraine en guerre : Emmanuel Macron sur tous les fronts.
    Nous Européens, nous sommes tous des Ukrainiens !







    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250413-olena-kohut.html

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/04/14/article-sr-20250413-olena-kohut.html


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  • Elon Musk inspire au futur antérieur

    « Washington est devenue la cour de Néron : un empereur incendiaire, des courtisans soumis et un bouffon sous kétamine chargé de l’épuration de la fonction publique. » (Claude Malhuret, le 4 mars 2025 au Sénat français).



     

     
     


    Il y a soixante-dix ans, le 7 avril 1955, est paru dans son édition britannique le roman d'Ian Fleming, "Moonraker", le troisième roman d'espionnage mettant en scène James Bond, le fameux agent 007. Son édition française est parue en 1958 d'abord sous le titre (étrange) "Entourloupe dans l'azimut" avant de reprendre le titre original en 2002 en raison du succès de son adaptation cinématographique éponyme réalisée par Lewis Gilbert et sortie le 28 juin 1979. Le film met en scène notamment Roger Moore pour le rôle de James Bond et le succulent Michael Lonsdale pour celui de Hugo Drax.

    Un internaute proposait sur Twitter le mois dernier une analogie amusante. Hugo Drax est la figure du méchant qui veut être le maître du monde, il est à la fois fort riche et à la tête d'une grande puissance technologique, un savant fou et mégalomaniaque (qui n'avait donc pas la caractéristique de faire apprécier les scientifiques par le grand public). C'est l'époque des années 1950 qui voulait cela et on le retrouvait dans beaucoup de fictions, notamment des bandes dessinées pour la jeunesse, dont le meilleur pastiche reste le fameux Zorglub dans "Spirou et Fantasio", personnage créé par Franquin et Greg. Certes, le mythe du savant fou est bien plus ancien, on le retrouve dans de nombreuses fictions depuis le XIXe siècle (en particulier chez Jules Verne), mais les années 1950 l'ont utilisé jusqu'à plus soif, en ont fait un sujet cliché classique, ce qu'on appellerait un poncif, voire, un souverain poncif (pour un maître du monde !).

    Incarné par Michael Lonsdale, Hugo Drax était considéré par le twitternaute en question comme « un méchant qui est à la fois un industriel ultra-riche et un constructeur de fusées cherchant à semer le chaos parce qu'il est en réalité un nazi secret ». Et de commenter l'idée de ce scénario avec un brin d'humour britannique : « Les romans originaux de James Bond écrits par Ian Fleming ont mal vieilli. (…) Quelle idée absurde ! ».

     
     


    C'est vrai que ça me barbe, en général, les vieux films d'espionnage qui ont repris le cadre général de la guerre froide. Comment c'est ennuyeux, les gentils espions américains et les méchants espions soviétiques ! Mais il n'est pas inintéressant de nous pencher ainsi sur "Moonraker" car les États-Unis d'aujourd'hui tentent, dans un élan désespéré d'orgueil, de retourner en arrière dans le passé plus ou moins lointain depuis la réélection de Donald Trump. Certains internautes ont réagi à cette comparaison, certains lâchant : « Qui aurait cru que Moonraker soit un film prémonitoire !! ». Une autre : « La réalité dépasse la fiction. ».

     
     


    Toujours avec humour, un quatrième internaute constatait que ce n'était pas tout à fait analogue en raison du chapeau. Hugo Drax porte en effet un beau chapeau de chasse, ce qui n'est pas le cas de... de qui au fait ?

    Un autre internaute a répondu en effet en y glissant une photographie de l'industriel milliardaire pris en comparaison : Elon Musk ne porte pas de chapeau mais une casquette, la fameuse casquette Make America Great Again (MAGA), qu'il a arboré dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, en compagnie d'un de ses nombreux enfants (celui qui met ses doigts dans le nez), et d'un vieil homme fâché et fatigué assis derrière une table (passablement agacé).
     

     
     


    On peut aussi le voir aux côtés du Président argentin Javier Milei dans leur objectif commun de faire des coupes tranchantes dans les dépenses publiques (bonjour les dizaines de milliers de fonctionnaires qui vont devenir chômeurs), et autant le faire dans la délicatesse avec une belle tronçonneuse (est-elle électrique ?).
     

     
     


    Ou encore, sans casquette mais avec un étrange chapeau en forme de fromage (ne me demandez pas pourquoi) !

    Étonnante comparaison mais pas forcément si inappropriée que ça. Elon Musk est aujourd'hui l'homme le plus riche du monde (au 11 février 2025, sa fortune s'élèverait à 380 milliards de dollars, selon "Forbes"), même s'il a perdu depuis l'arrivée au pouvoir de son ami Donald Trump déjà plus de 150 milliards de dollars (ce n'est rien !). Il a une vision très planétaire voire universelle de sa vocation, de sa mission ici-bas, il est, dans sa tête, une sorte de maître du monde à pensée messianique.

    Il est le dirigeant du constructeur Tesla de véhicules électriques (même si son marché en Europe est en train de s'écrouler). Il est le propriétaire de SpaceX qui devient aussi indispensable voire plus indispensable que la NASA, et souhaite que l'homme aille sur Mars, un objectif aussi fantaisiste que l'homme sur la Lune, ce qui, justement, est un défi à la hauteur du milliardaire. Il est aussi à la tête de Starlink qui permet de se connecter à ses 6 300 satellites dans le monde entier (bientôt 12 000 satellites et en prévision, 42 000 satellites !) pour bénéficier d'une liaison Internet partout sur Terre (Volodymyr Zelensky utilise ce réseau pour la conduite de ses drones). Enfin, en 2022, il a racheté le site Twitter de réparties politico-littéraires, qu'il a rebaptisé X (mais que je continuerai d'appeler Twitter parce que je suis un vieux schnoque !).

     
     


    Son acquisition de Twitter a fait partie d'un plan très important pour influer sur les démocraties dite "occidentales" ; d'abord, bien sûr, sur les États-Unis en soutenant massivement la candidature de Donald Trump en 2024, mais ensuite en Europe où il soutient systématiquement tous les mouvements politiques d'extrême droite, populistes et anti-européens, en particulier l'AfD en Allemagne, l'UKIP au Royaume-Uni (Nigel Farage) et le RN en France (Marine Le Pen). Passant un temps fou sur Twitter, ce qui semble étonnant pour un dirigeant d'entreprises, Elon Musk en profite pour distiller de nombreux propos ouvertement complotistes et des fake-news.
     

     
     


    Depuis janvier 2025, Elon Musk est au pouvoir, il est le responsable du Département de l'efficacité gouvernementale (DOGE), autrement dit, il est chargé de faire des coupes franches dans la dépense publique. Son idéologie est totalement anti-État en ce sens qu'il ne croit qu'au libre exercice d'entreprendre et considère les États comme des empêcheurs d'entreprendre par leurs normes, leurs réglementations et leurs fiscalités.

    Au-delà de l'objectif d'aller sur Mars, Elon Musk a investi dans des projets basés sur l'intelligence artificielle et croit à l'idée d'un homme transhumaniste capable de faire progresser la société. En ce sens, au-delà des objectifs financiers et industriels, Elon Musk nourrit des ambitions idéologiques et messianiques d'ordre mégalomaniaque.

    Très présent aux côtés de Donald Trump, s'invitant à la Maison-Blanche, dans les conférences de presse, dans les meetings de Donald Trump, Elon Musk a pris ses aises avec la démocratie américaine et les institutions américaines depuis trois mois. Né à Pretoria, en Afrique du Sud, il ne pourrait pas se présenter à une élection présidentielle américaine (le Président des États-Unis doit être né sur territoire américain), mais il a déjà pris une très grande influence.
     

     
     


    Enfin, une influence jusqu'au 2 avril 2025, car l'annonce par Donald Trump de taxes douanières généralisées qui provoque actuellement un début de krach boursier et probablement une récession à court et moyen termes a été incompréhensible pour Elon Musk, partisan de l'ouverture des échanges économiques dans la mesure où un produit industriel est désormais le résultat de la globalisation économique. Pour seule réponse, outre son silence récent, Elon Musk s'est contenté de diffuser sur Twitter, le 6 avril 2025, une déclaration de l'économiste du libéralisme, Milton Friedman, disparu il y a un peu moins d'une vingtaine d'années, qui expliquait qu'un simple crayon de papier était le résultat d'un processus industriel complexe faisant intervenir plusieurs pays et que seule l'ouverture des frontières commerciales permettait à la fois la prospérité économique et le progrès technologique, mais aussi le renforcement de la paix dans la mesure où les économies nationales deviennent imbriquées (c'était l'objectif du Plan Schuman et du Traité de Rome).

    Le divorce déjà annoncé dès le début est donc envisagé prochainement : les projets messianiques d'Elon Musk ne se satisferaient pas de l'enterrement en première classe de l'économie américaine en raison de la marotte idéologique de l'homme aux cheveux de feu. Le sourire du clown vire au jaune. L'époque est passionnante à observer, mais beaucoup moins à vivre.



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (06 avril 2025)
    http://www.rakotoarison.eu

    Pour aller plus loin :
    Elon Musk.
    Moonraker.
    Gene Hackman.
    Pierre Dac.
    Pierre Arditi.
    Pierre Palmade.
    Carla Bruni.
    Valeria Bruni Tedeschi.
    Teddy Vrignault.
    Pierre Richard.
    François Truffaut.
    Roger Hanin.
    Daniel Prévost.
    Michel Blanc.
    Brigitte Bardot.
    Marcello Mastroianni.
    Jean Piat.
    Sophia Loren.
    Lauren Bacall.
    Micheline Presle.
    Sarah Bernhardt.
    Jacques Tati.
    Sandrine Bonnaire.
    Shailene Woodley.
    Gérard Jugnot.
    Marlène Jobert.
    Alfred Hitchcock.
    Les jeunes stars ont-elles le droit de vieillir ?
    Charlie Chaplin.


     

     
     






    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250407-musk.html

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  • Joséphine Baker et son amour pour la France (libre)

    « C'est la France qui a fait de moi ce que je suis. Je lui garderai une reconnaissance éternelle. » (Joséphine Baker).



     

     
     


    Cette petite phrase de reconnaissance, somme toute, elle est réciproque ; la France aussi est ce qu'elle est, grâce à Joséphine Baker qui est morte il y a cinquante ans, le 12 avril 1975 à Paris, à l'âge de 68 ans (née le 3 juin 1906 dans le Missouri). Elle est morte à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière d'un AVC qu'elle a eu deux jours auparavant, quelques heures après son dernier concert à Bobino, la célèbre salle parisienne « au cœur de ce quartier de la Gaîté dont le nom lui allait si bien ». L'émotion a été forte. Elle a reçu les honneurs militaires le 15 avril 1975. Ses obsèques furent célébrées d'abord à l'église de la Madeleine à Paris le 15 avril 1975 (« Des milliers de Parisiennes et de Parisiens remontaient la rue Royale pour accompagner son cercueil, déjà drapé de bleu-blanc-rouge, vers cette église de la Madeleine où la France enterre ses artistes. »), puis à l'église Saint-Charles de Monte-Carlo le 19 avril 1975 avant d'être inhumée au cimetière de Monaco.

    Le 12 octobre 1936, dans "La Jumelle noire", la succulente Colette décrivait l'artiste élégante et éclatante : « Les voiles tombent, Joséphine Baker enjambe, comme une margelle, les étoffes qui la quittent, et d'un seul pas assuré, elle entre dans la nudité et dans la gravité. Le dur travail des répétitions d’ensemble semble l’avoir un peu amincie, sans décharner son ossature délicate. Les genoux ovales, les chevilles affleurent la peau brune et claire, d’un grain égal, dont Paris s’est épris. Quelques années, et l’entraînement, ont parfait une musculature longue, discrète, ont respecté la convexité admirable des cuisses. Joséphine a l’omoplate effacée, l’épaule légère, mobile, un ventre de jeune fille, à nombril haut. (…) Grands yeux fixes, armés de cils durs et bleus, pommettes pourpres, sucre éblouissant et mouillé de la denture entre les lèvres d’un violet sombre, la tête se refuse à tout langage, ne répond rien à la quadruple étreinte sous laquelle le corps docile semble fondre... Paris ira voir, sur la scène des Folies, Joséphine Baker, nue, enseigner aux danseuses nues la pudeur. ».
     

     
     


    S'il fallait résumer Joséphine Baker par un seul mot, ce serait le mot liberté ! Elle est allée en France, elle a choisi la France pour avoir sa liberté qu'elle ne ressentait pas aux États-Unis, son pays natal. C'est, par anticipation, la réponse au discours dément de J. D. Vance, Vice-Président des États-Unis, le 14 février 2025 à Munich pour donner à l'Europe et à la France des leçons de liberté. Joséphine Baker, Américaine, est justement devenue Française pour être libre ! La France n'a pas de leçon à recevoir d'un pays qui a maintenu très longtemps la discrimination sur le critère stupide de couleur de la peau.

    Joséphine Baker avait aussi un amour gigantesque pour la France parce qu'elle s'y est trouvée à l'aise, capable d'être reconnue pour ce qu'elle était, pour ce qu'elle faisait, sans a priori, sans préjugé. Elle s'est coulée dans le fameux creuset républicain de la Troisième République. Elle est arrivée en France en 1925, soit il y a un siècle, et les Parisiens l'ont adorée. Elle a acquis la nationalité française le 30 novembre 1937, peu avant la guerre.

    France et liberté, cela donne... France libre, bien sûr. Faudrait-il être étonné de retrouver Joséphine Baker s'engageant dans Résistance française sous l'Occupation. En juin 1940, elle avait 34 ans et n'a pas hésité à s'engager et à devenir lieutenant de l'armée des ombres. Cet engagement n'était pas étonnant, elle l'avait déjà anticipé lorsqu'elle est devenue française : « Les Français m’ont tout donné. Je suis prête à leur offrir aujourd’hui ma vie. ». C'est cela, le patriotisme : pas seulement faire son service militaire mais s'engager dans l'armée française et utiliser tout son poids, tout son talent, toute sa notoriété au service de sa Nation.

    Ses décorations plaident pour elle : Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre, Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945, Croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze (attribuée en 1961), et Chevalière de l'ordre de la Légion d'honneur (décoration attribuée le 18 août 1961). « Surtout, l’insigne qu’elle préférera entre tous, une petite croix de Lorraine en or reçue des mains-même du Général De Gaulle en 1943 et qu’elle finit pourtant par vendre pour reverser l’argent aux œuvres de la Résistance. ». Naturellement, la Médaille de la Résistance française avec rosette lui a fait aussi très plaisir, elle lui a été attribuée en 1946.
     

     
     


    À cette occasion, le Général De Gaulle lui a adressé une lettre très chaleureuse datée du 14 octobre 1946 (il n'est plus au pouvoir) : « Chère mademoiselle Joséphine Baker, C'est en toute connaissance de cause et de tout cœur que je vous adresse mes sincères félicitations pour la haute distinction de la Résistance française qui vous a été attribuée. J'ai su et beaucoup apprécié naguère les grands services que vous avez rendus dans les moments les plus difficiles. Je n'ai été, par la suite, que plus touché de l'enthousiasme et de la générosité avec lesquels vous avez mis votre magnifique talent à la disposition de notre cause et de ceux qui la servaient. ». Le grand homme savait reconnaître les grandes dames.

    La chanteuse et danseuse est toujours restée gaulliste, admirative devant l'engagement du général résistant. Par sa grande notoriété internationale, et sa popularité, elle a pu, pendant la guerre, ouvrir bien des portes peu accessibles pour le renseignement. Elle resta une fervente soutien à De Gaulle toute sa vie, jusqu'à être présente à la tête du cortège de la grande manifestation de soutien au Général le 30 mai 1968 aux Champs-Élysées.

    Au-delà de De Gaulle, c'est toute la Nation française qui a été reconnaissante de l'engagement de Joséphine Baker, artiste mais aussi résistante, combattante et pas seulement en paroles, aussi en actes, à l'épreuve de vérité de la guerre, à l'épreuve du courage et de la fidélité aux valeurs. Elle a risqué sa vie pour la liberté et la paix de ses compatriotes français.

    Et le meilleur moyen d'être reconnaissant, dans notre République mémorielle, c'est l'entrée au Panthéon. Comme deux autres femmes, Geneviève Anthonioz-De Gaulle et Germaine Tillion (et bientôt Robert Badinter), cette entrée a eu lieu de manière théorique, c'est-à-dire en laissant sa dépouille là où elle était, à savoir à Monaco qui, par sa princesse Grace Kelly, a accueilli l'officière chanteuse lorsque, surendettée, elle fut chassée (expulsée) de son château en 1969 pour des raisons financières.
     

     
     


    Wikipédia raconte assez bien les enjeux de cette arrivée au Panthéon le 30 novembre 2021 : « La panthéonisation d'une descendante d'esclaves noirs américains et d'autochtones d'Amérique suscite une quasi-unanimité en France. Pour "Le Figaro", cet engouement s'explique par l'universalisme républicain dont l'artiste, récipiendaire de la Croix de guerre, est considérée être une figure exemplaire, a contrario d'un "fort courant venu d'Amérique" qui cherche à "assigner chacun à sa race, son sexe". Pour Chloé Leprince, sur France Culture, "dire que sa consécration dans la cathédrale républicaine du Panthéon fait consensus, c’est dire qu’elle fut à la fois celle qu’on assigna dans une posture fondamentalement façonnée par un regard raciste ; et aussi, celle qui s’est imposée en déjouant l’imagerie du bon sauvage, pour en faire son tremplin… et triompher". ».

    Car c'est là la caractéristique majeure de Joséphine Baker, en plus de son talent artistique : elle ne s'est jamais prêtée à des jeux identitaires, elle ne s'est jamais considérée comme une personne "de couleur", n'estimant pas que la couleur de la peau était un élément fondamental chez une personne, a fortiori quand elle est artiste. C'est ce qui explique qu'elle se sentait si bien dans la France républicaine qui rejette en principe tous les communautarismes en faisant la promotion d'un modèle universaliste et humaniste : « J'ai pris les coups, mais je les ai pris avec le menton levé, dans la dignité, parce que j'aime et respecte si profondément l'humanité. ».





    L'Élysée expliquait ainsi dans un communiqué en 2021 : « Joséphine Baker portait une certaine idée de l’Homme, militait pour la liberté de chacun. Sa cause était l'universalisme, l’unité du genre humain, l'égalité de tous, avant l'identité de chacun. C’est tout cela, Joséphine. Un combat pour la France libre. Sans calcul. Sans quête de gloire. Dévouée à nos idéaux. ».
     

     
     


    Cela a été le principal message du discours du Président de la République Emmanuel Macron lors de l'hommage solennel de la Nation à Joséphine Baker lors de sa panthéonisation le 30 novembre 2021 : de De Gaulle à Emmanuel Macron, Joséphine Baker a eu beaucoup d'admirateurs, parfois posthumes, au plus haut sommet de l'État.

    Comme toujours, Emmanuel Macron n'a pas caché sa joie de s'exprimer sur Joséphine Baker : « Fulgurante de beauté et de lucidité dans un siècle d’égarements, elle fit, à chaque tournant de l’Histoire, les justes choix, distinguant toujours les Lumières des ténèbres. Et pourtant, rien, rien n’était écrit. ».
     

     
     


    Après avoir retracé les débuts de sa vie d'Américaine, petite fille battue aux conditions de vie très précaires, le Président de la République a raconté l'artiste en France dans une stratégie d'acceptation de ce qu'on lui demandait de faire pour mieux oser l'audace personnelle : « En gonflant les joues et en écartant les genoux (…), le comique détourne bientôt le sensuel. Lui demande-t-on de danser nue vêtue d’une simple ceinture de bananes dorées ? Elle y consent, mais écorne l’érotisme à coup de grimaces, de gestes saccadés, balaie les clichés d’un revers de hanche et raille l’imagier nègre par ses roulements d’yeux moqueurs. Les stéréotypes, Joséphine Baker les endosse. Mais elle les bouscule, les égratigne, les tourne en burlesque sublime. Esprit des Lumières ridiculisant les préjugés colonialistes sur des notes de Sidney Bechet. Le triomphe est immédiat. (…) En quelques années seulement, Joséphine Baker forge sa légende. Elle épouse la scène, impose sa liberté, entre dans l’imaginaire et dans l’intimité des Français. Par son insouciance jamais inconsciente, son courage toujours gai, cette légèreté ourlée de tristesse qu’arborent ceux qui ont déjà vécu, l’Américaine réfugiée à Paris, devient l’incarnation de l’esprit français et le symbole d’une époque. ».

    L'une des plus belles journées de Joséphine Baker fut sa prise de parole aux côtés de Martin Luther King lors de la Marche sur Washington, le 27 août 1963, habillée de son uniforme d'officière de l'armée de l'air française et de toutes ses décorations dont elle était fière. Le fossé social, politique, culturel, intellectuel, est énorme avec cette autre femme, sans culture et sans respect, qui s'est victimisée odieusement, parce que condamnée très lourdement pour avoir détourné massivement des fonds publics, argent de ses contemporains, et qui prétendait le 6 avril 2025 récupérer, en le souillant, le combat des droits civiques de Martin Luther King.
     

     
     


    Le chef de l'État l'a martelé, le combat de Joséphine Baker n'avait rien d'identitaire : « Sa cause était l’universalisme, l’unité du genre humain. L’Égalité de tous avant l’Identité de chacun. L’Hospitalité pour toutes les différences réunies par une même volonté, une même dignité. L’Émancipation contre l’Assignation. (…) Et que nul aujourd’hui ne fasse mentir ou ne détourne son combat universel ! Ce n’était pas un combat pour s’affirmer comme noire avant de se définir comme Américaine ou Française ; ce n’était pas un combat pour dire l’irréductibilité de la cause noire, non. Mais bien pour être citoyenne, libre, digne. Complètement. Résolument. ».

    Et puis, Emmanuel Macron a ensuite salué la présence au cours de cette cérémonie de douze personnes : « Vous êtes là ce soir. Fidèles à ses rêves. ». Il s'était adressé aux enfants adoptifs de Joséphine Baker, de mille horizons : « Akio et Teruya venus du Japon ; Luis de Colombie ; Jari de Finlande ; Jean-Claude, Moïse et Noël de France ; Brian et Marianne d’Algérie ; Koffi de Côte d’Ivoire ; Tara du Venezuela ; et Stellina du Maroc. Oui, ces douze enfants, cette famille permit à Joséphine Baker de prouver aux yeux du monde que les couleurs de peau, les origines, les religions pouvaient non seulement cohabiter mais vivre en harmonie. ».
     

     
     


    Pourquoi panthéoniser cette artiste ? La réponse était assez évidente : « Joséphine Baker entre ici avec tous ces artistes qui l’accompagnent, tous ces artistes qui ont aimé le jazz, la danse, le cubisme, la musique, la liberté de ces années. Elle entre ici avec tous ceux qui, comme elle, ont vu dans la France une terre à vivre, un lieu où l’on cesserait de se rêver ailleurs, une promesse d’émancipation. Elle entre ici avec tous ceux qui ont choisi la France, qui l’ont aimée et l’aiment, charnellement, qui l’ont vue trébucher et ont continué de l’aimer, qui l’ont vue à terre et se sont battus pour la relever. Français par le sang versé, les combats menés, l’amour donné. Elle entre ici pour nous rappeler à tous, pour nous rappeler à nous-mêmes, qui mettons quelquefois tant d’entêtement à vouloir l’oublier, l’insaisissable beauté de notre destin collectif : nous qui sommes une Nation de combat, fraternelle, que l’on désire, que l’on mérite, qui n’est elle-même que lorsqu’elle est grande et sans peur. ».
     

     
     


    Et de terminer en se tournant vers son cénotaphe (dans la crypte XIII) : « Vous entrez dans notre Panthéon parce que, née américaine, il n’y a pas plus française que vous. ».

    Cinquante ans maintenant après sa disparition, Joséphine Baker reste un symbole d'actualité, celui d'une France républicaine soucieuse de ses enfants, réunis autour de ses trois valeurs cardinales, mentionnées sur le fronton de toutes les mairies de France : liberté, égalité et fraternité.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (12 avril 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Osez Joséphine !
    Hommage national à Joséphine Baker par le Président Emmanuel Macron le 30 novembre 2021 au Panthéon (texte intégral et vidéo).
    Joséphine Baker.
    Florence Arthaud.
    Herbert Léonard.
    Jeanne Calment.
    Pierre Bachelet.
    Gérard Lenorman.
    Pierre Dac.
    Marianne Faithfull.
    Marcel Zanini.
    Patricia Kaas.
    Kim Wilde.

     

     
     



    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250412-josephine-baker.html

    https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/josephine-baker-et-son-amour-pour-259482

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/04/12/article-sr-20250412-josephine-baker.html


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  • Emmanuel Macron sur le front du commerce international

    « Je vais être clair, on ne peut pas demander à nos industriels de faire des transitions, ce que vous faites toutes et tous, et ne pas les protéger et en quelque sorte laisser de la concurrence déloyale s'installer. » (Emmanuel Macron, le 3 avril 2025 à l'Élysée).



     

     
     


    L'un des principaux arguments de campagne du Président de la République Emmanuel Macron pour sa réélection en 2022 fut qu'il était le Président des crises et qu'il était le mieux à même de réagir face à des crises majeures. L'argument était valable pour son premier quinquennat avec la crise des gilets jaunes, la crise du covid-19, la crise énergétique et inflationniste provoquée notamment par la guerre en Ukraine.

    Pour son second quinquennat, on avait déjà quelques échantillons de gestion de crise dont le principal est la crise de la défense européenne, une défense européenne mise à mal d'abord par l'agression de Vladimir Poutine en Ukraine puis par l'abandon de la protection américaine par Donald Trump.

    Et décidément, Donald Trump, en moins de trois mois de mandat, a profondément modifié l'image des États-Unis dans le monde en devenant un État voyou, incapable de respecter ses engagements, jouant sur l'intimidation, les rapports de force et même la force pour arriver à ses fins. On pensait que l'humiliation de Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche le 28 février 2025 avait été le sommet du n'importe-quoïsme trumpien, mais c'était oublier son obsession pour les taxes douanières.

    En annonçant la fermeture des frontières commerciales le 2 avril 2025, Donald Trump a fait fort en provoquant un krach boursier (durable ou pas ?) et des perspectives économiques mondiales particulièrement pessimistes, certains allant jusqu'à envisager, avec la réduction des échanges commerciaux mondiaux, une baisse du PIB mondial de 7 points ! Inflation, chômage, perte de marché... Donald Trump tire le monde vers son désastre, ce qui donne un peu plus de pertinence à la voix de la France depuis toujours qui répète qu'il faut une alliance avec les États-Unis, mais aussi une grande liberté vis-à-vis de ce grand pays dont l'Europe ne doit plus dépendre, et même le monde en général.


    Les dix derniers jours (2 au 11 avril 2025) ont été particulièrement chaotiques et révèlent un véritable problème de santé mentale de la part du Président des États-Unis, puisqu'il a joué au yoyo avec les taxes douanières (sauf pour la Chine), rendant la parole de l'Amérique absolument plus fiable tant sur le plan économique que sur le plan diplomatique. Ce mélange de narcissisme, de vulgarité, de brutalité, d'intimidation, de vénalité, aussi de naïveté, rend le monde moins sûr, plus incertain, plus inquiétant. Sans oublier les soupçons de délit d'initié pour profiter de l'effondrement des bourses mondiales.
     

     
     


    Face à ce monde en profonds bouleversements, profonds et chaotiques, heureusement que le peuple français peut compter sur son Président Emmanuel Macron. Dès le lendemain du fameux jour du 2 avril 2025, en moins de vingt-quatre heures, le chef de l'État a su réunir l'ensemble des industriels français fortement impactés par les mesures de Donald Trump afin de définir une stratégie française et également européenne. Ce volontarisme politique, économique et diplomatique d'Emmanuel Macron est salutaire pour la France, sa grandeur, sa fierté. Un peu plus tard, en se rendant en Égypte, le Président français a aussi tenté d'influer sur le cours des événements au Proche-Orient en n'hésitant pas à annoncer sa volonté d'accélérer la création de l'État palestinien.

    Mais je veux surtout revenir sur cette réunion du jeudi 3 avril 2025 au Palais de l'Élysée, à l'initiative d'Emmanuel Macron et avec la participation notamment du Premier Ministre François Bayrou et du Ministre de l'Économie et des Finances Éric Lombard. Emmanuel Macron a fait une courte intervention à l'intention des acteurs économiques français.
     

     
     


    Qu'a-t-il dit ? Il a présenté la situation économique mondiale actuelle (qui est en ce moment très mouvante, susceptible de changer radicalement de direction d'une journée à une autre) : « Il était important que nous puissions nous retrouver le plus rapidement possible après les annonces de la nuit dernière du Président Trump qui sont un choc pour le commerce international, pas simplement pour l'Union Européenne, la France, mais pour le bon fonctionnement du commerce. Ceci implique évidemment une mobilisation française et européenne. (…) En tout cas, je veux ici dire très clairement pour les entrepreneurs et l'ensemble des salariés de ces secteurs que nous serons à leurs côtés pour apporter des réponses concrètes. ».

    L'objectif de cette première rencontre entre l'Exécutif et les entreprises exportatrices vers les États-Unis, c'est de commencer à déterminer les conséquences réelles dans chaque secteur et à discuter sur la réorganisation à opérer et sur la riposte européenne. En particulier, il s'agirait de mieux taxer les services numériques (en clair, les GAFAM), provenant surtout des États-Unis, mais sans handicaper des entreprises françaises ou européennes.

    Emmanuel Macron a voulu commenter la décision américaine du 2 avril 2025. Son premier argument est qu'elle est en théorie insensée : « En tout cas, je veux ici dire très clairement pour les entrepreneurs et l'ensemble des salariés de ces secteurs que nous serons à leurs côtés pour apporter des réponses concrètes. ». Le second argument, c'est que cette décision est « brutale » et d'une « ampleur qui est en tout cas inédite ».

    L'enjeu de l'Europe porte sur un montant énorme de nos exportations vers les États-Unis : « Sur les 500 milliards que les Européens exportent vers les États-Unis d'Amérique, à date, nous avons une visibilité sur plus de 70% qui seront touchés par les tarifs, mais ceci, c'est en attente de ce qui est à confirmer, puisqu’on va avoir 20% de tarifs pour tous les secteurs, sauf l’aluminium, l’acier, l’automobile, qui sont déjà à 25%, la pharmacie, le bois et les semi-conducteurs sur lesquels les annonces vont suivre, mais qui seront vraisemblablement au moins à 25%. Donc, on le voit bien, c'est un impact massif qui va toucher tous les secteurs de l'économie et de l'export européen, avec un enjeu pour la France qui est plus limité que pour certains autres pays, bien qu’il soit là et qui, pour certaines filières, va être massif. ». Emmanuel Macron parlait de "tarifs" en reprenant le mot américain pour "droits" de douane ou "taxes" de douane.

    Le Président de la République a précisé l'impact économique sur la France, moins touchée que ses partenaires européens : « Pour nous, c'est 1,5% de notre PIB qui représente les exportations vers les États-Unis. Pour l'Italie, c'est plus de 3% de son PIB. L'Allemagne, 4%, l'Irlande, 10%. Donc il y a des pays qui sont encore plus exposés que nous, mais ce n'est pas peu de choses. Surtout, nous aurons à prendre en compte, évidemment, les conséquences indirectes de ces mouvements. Parce que les tarifs sont massifs sur la Chine, l'Inde et plus généralement l'Asie du Sud-Est. Ce qui va créer des risques de potentiel déport de certains de ces produits et biens, qui va impacter très clairement nos économies et l'équilibre de certaines filières et de nos marchés. ».

    La catastrophe est d'abord pour les États-Unis : « Le caractère négatif est avant tout pour l'économie américaine. Et une chose est sûre, avec les décisions de cette nuit, l'économie américaine et les Américains, qu'il s'agisse des entreprises ou des citoyens, sortiront plus faibles qu'hier et plus pauvres. Et je pense qu'il faut le marteler. Et nous, il faut tenir (…) parce que ces décisions, elles ne sont pas soutenables pour l'économie américaine elle-même. L'impact sur l'économie américaine est immédiat, là où il va mettre plusieurs années à être tangible dans les économies européennes. Mais surtout, il est bien plus massif sur les premières analyses, autour de deux points de PIB. ».

    En d'autres termes, Emmanuel Macron a proposé que l'Europe s'organise autrement pour ne pas être trop impactée par ces mesures douanières. Il faut donc « nous organiser, c'est-à-dire être à la fois réactifs, unis et organisés. C'est au fond cela dont il s'agit. La réponse doit venir de l'Europe. ».
     

     
     


    Ainsi, l'hôte de l'Élysée a envisagé la riposte européenne qui a été réfléchie (donc pas immédiate) et mesurée (toute surenchère se ferait sur le dos des consommateurs européens) : « En termes de méthode, la riposte européenne se fera en deux étapes, parce que riposte, il y aura, de manière claire. Je le dis pour que ce soit clair pour tout le monde. La première riposte aura lieu mi-avril. Elle portera sur les taxes déjà décidées, en particulier sur acier et aluminium. Et les difficultés qui avaient pu apparaître sur des premières listes ont pu être corrigées. Les réponses qui arriveront dans les jours qui viennent seront des réponses qui sont sur le premier paquet : acier, aluminium. La deuxième réponse, plus massive, celle aux tarifs annoncés hier, se fera à la fin du mois, après une étude précise, secteur par secteur, et un travail avec l'ensemble des États membres et, évidemment, des filières économiques. ». C'est ce qui s'est passé lorsque la riposte européenne a été annoncée le 9 avril 2025 (quelques heures avant la vote-face de Donald Trump).

    D'où la demande du chef de l'État aux chefs d'entreprise d'agir en Européens : « Je vous demande aussi de bien vouloir vous coordonner avec vos homologues européens pour faire remonter un travail unifié, fort et résolument européen. Et je pense qu'il est très important d'être très clair, nous, filière par filière, mais de tout de suite essayer de jouer européen pour pas qu'il y ait, si je puis dire, d'échappée solitaire. Au fond, nous avons besoin, dans cette phase, de rester unis et d'être déterminés. Et je le dis aussi parce que je sais ce qui va se passer, les plus gros auront tendance à jouer solo. Et ce n'est pas une bonne idée. Si la réponse aux tarifs qui viennent d'être remis par l'administration américaine, c'est de faire des concessions immédiates ou d'annoncer des investissements pour pouvoir négocier des exemptions, c'est une très mauvaise idée. Parce que nous avons une force. C'est un marché de 450 millions d'habitants. C'est ça, l'Europe. L'Union Européenne, c'est 450 millions de consommateurs. C'est plus que le marché américain. Et donc si les Européens jouent groupés, c'est-à-dire préparent la réponse, qu'elle est unifiée, qu'elle est proportionnée, mais qu'elle est réelle, et que derrière, toutes les filières jouent de manière cohérente avec une vraie solidarité de filières, à ce moment-là, nous saurons avoir ce qui doit être notre objectif, qui est le démantèlement des tarifs. L'objectif, c'est évidemment qu'on apporte une réponse mais avec un terme à tout cela. Nous devons montrer que c’est par la négociation qu’on arrivera évidemment à démonter les tarifs qui ont été annoncés ces dernières semaines et en particulier ces dernières heures, et que nous, on démonte les nôtres. ».

    Le chemin est étroit pour l'Europe. Sa réaction doit être mesurée, mais elle ne doit pas être naïve : « Nous sommes dans la vertu du commerce. Mais simplement, on n'est pas naïfs, donc on va se protéger. Mais j'insiste sur l'importance de la réactivité, de bien préparer la réponse filière par filière et d'être unis, et surtout qu'il y ait une solidarité dans chaque filière. Donc je pense que ce qui est important, et c'est tout le travail qu'il faut faire par filière, c’est que les investissements à venir ou que les investissements annoncés ces dernières semaines, soient un temps, suspendus, tant qu'on n'a pas clarifié les choses avec les États-Unis d'Amérique. Parce que quel serait le message d'avoir des grands acteurs européens qui se mettent à investir des milliards d'euros dans l'économie américaine au moment où ils sont en train de nous taper. Donc il faut qu'on ait de la solidarité collective. ».
     

     
     


    En substance, avec la décision de Donald Trump, Emmanuel Macron a repris une formule qu'avait employée très longtemps auparavant Laurent Fabius pour évoquer le FN : un parti qui pose de bonnes questions mais qui ne donne pas les bonnes réponses. Ici, dans la mondialisation, le problème est réel mais les solutions à apporter inappropriées : « Il y a trop de désindustrialisations en Occident. La réponse, ce n'est pas de mettre des tarifs et de casser le commerce international, c'est d'être plus productifs en Occident. Et donc, nous devons travailler dans le même temps au niveau français et européen à accélérer nos programmes d'investissement, de réindustrialisation, nos simplifications, que beaucoup d'entre vous portent, française et européenne, et au fond, un agenda de simplification, de compétitivité, de réindustrialisation. Cette réponse, elle est essentielle dans la période, il faut l'accélérer. ».

    Autre point, l'indépendance économique passe aussi par la décarbonation de l'économie française et européenne : « Je rappelle que quand on regarde notre commerce extérieur, son déficit, ses déséquilibres, il est aux deux tiers conduit par notre dépendance à des hydrocarbures et du fossile que nous ne produisons pas, mais que nous consommons. Donc tout l'agenda de décarbonation qu'on a enclenché, sur lequel on investit, est bon parce qu'il réduit la facture et la dépendance. ».


    Il faut aussi préserver des barrières commerciales pour les véhicules électriques : « On l'a commencé sur les véhicules électriques chinois, et on assume. On en paye d'ailleurs les conséquences, nous, Français, parce que parfois on avait été identifiés comme les plus cohérents, donc ceux qui étions les plus vocaux. Mais je vais être clair, on ne peut pas demander à nos industriels de faire des transitions, ce que vous faites toutes et tous, et ne pas les protéger et en quelque sorte laisser de la concurrence déloyale s'installer. ».

    Les taux élevés des taxes douanières américaines pour l'Asie auront aussi des conséquences secondaires importantes sur l'Europe : « Sur beaucoup de secteurs, on va être confrontés, je le disais il y a un instant, à des surcapacités sud-asiatiques qui, au fond, voyant enfermer le marché américain, en tout cas en prenant pour certains 30 à 40 % de tarifs, vont rediriger leur flux vers l'Europe. Ce n'est pas forcément quelque chose qu'on voit tout de suite sur lequel on est en train de se préparer, mais enfin, ce sont des mécanismes qui vont avoir sur certaines de nos filières, dans l'agroalimentaire, dans les services, des conséquences qui peuvent être massives. ».
     

     
     


    En conclusion, Emmanuel Macron a résumé l'objectif et la méthode de la riposte européenne : « Rien n'est exclu. Et donc tous les instruments sont sur la table : des réponses tarifaires pour faire face, l'activation de mécanismes qui sont à notre main, comme le mécanisme anti-coercition, la possibilité d'avoir des réponses sur les services numériques, où les États-Unis sont extrêmement bénéficiaires sur l'Europe, la possibilité de regarder aussi les mécanismes de financement de l'économie américaine. Il ne faut rien exclure à court terme, il faut faire ce qui est le plus efficace, le plus proportionné, mais qui en tout cas marque très clairement que nous sommes décidés à ne pas laisser faire, à ne pas avoir des filières qui sont victimes de ces tarifs et donc, à nous défendre et nous protéger. ».

    Cette étape a été en partie réussie puisque, après l'annonce de la riposte européenne, Donald Trump a finalement repoussé de 90 jours la mise en application de ses tarifs douaniers, en estimant que la réaction européenne a été intelligente (ce qui, de la bouche de Donald Trump, n'est peut-être pas fait pour rassurer). Fermeté et subtilité, les Européens ont marché sur des œufs, car l'idée est aussi de ne pas plomber les Européens eux-mêmes. Dans ce dossier, Emmanuel Macron a eu une part d'initiative non négligeable, ce qui fait honneur à la France. Ce n'est peut-être pas un hasard si sa cote de popularité remonte progressivement. Le bon travail est toujours reconnu un jour ou l'autre.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (11 avril 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Emmanuel Macron sur le front du commerce international.
    Discours du Président Emmanuel Macron sur les taxes douanières américaines le 3 avril 2025 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
    Elon Musk.
    La révolution économique de Donald Trump ?
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    Grippe aviaire : désastre sanitaire mondial en perspective ?
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    Canada, Groenland, Panama : Donald Trump est-il fou ou cynique ?
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