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États-unis - Page 3

  • Emmanuel Macron : la patrie a besoin de vous !

    « L’avenir de l’Europe n’a pas à être tranché à Washington ou à Moscou. Et oui, la menace revient à l’est et l’innocence en quelque sorte des trente dernières années depuis la chute du mur de Berlin est désormais révolue. » (Emmanuel Macron, le 5 mars 2025 à Paris).




     

     
     


    Le Président de la République Emmanuel Macron a prononcé une allocution télévisée de quatorze minutes ce mercredi 5 mars 2025 à 20 heures, à la veille d'un Conseil Européen extraordinaire à Bruxelles. Quinze millions de Français l'ont écouté. Ce n'est peut-être pas la plus importante (il y a eu l'annonce du premier confinement le 16 mars 2020, ou encore l'annonce de la dissolution de l'Assemblée, le 9 juin 2024), mais c'est sans aucun doute l'une des plus importantes allocutions télévisées des deux mandats d'Emmanuel Macron depuis 2017.

     

     
     


    Cette allocution est une sorte d'annonce d'une page qui se tourne dans les relations internationales, telles qu'elles étaient organisées depuis la fin de la guerre. Si Emmanuel Macron a beaucoup critiqué la Russie de Vladimir Poutine, il s'est bien gardé d'en faire de même avec les États-Unis de Donald Trump, même si aujourd'hui, la différence semble ténue, notamment sur le sort de l'Ukraine, mais Emmanuel Macron reste toujours dans l'espoir de convaincre Donald Trump, tant sur l'Ukraine que sur les tarifs douaniers : « Nous continuerons comme je l’ai fait voilà quinze jours à tout tenter pour convaincre que cette décision nous ferait du mal à tous. Et j’espère, oui, convaincre et en dissuader le Président des États-Unis d’Amérique. ».

     

     
     


    Il fallait que les Français soient informés directement par le chef de l'État des derniers rebondissements, nombreux, rapides, dans les relations internationales. En ce sens, l'allocution d'Emmanuel Macron a été excellente : excellente sur la forme, avec un cadre neutre qui s'accommode bien de la gravité du sujet ; excellente sur le fond, sans tenter de dramatiser, en disant les choses simplement, calmement mais fermement, avec lucidité mais aussi avec optimisme. L'idée générale, c'est la fameuse phrase de Pierre Mendès France : gouverner, c'est prévoir. Anticiper, toujours anticiper, c'est que ce fait Emmanuel Macron depuis qu'il a été élu Président de la République.

     

     
     


    Le tableau a de quoi inquiéter : « Les États-Unis d’Amérique, notre allié, ont changé leurs positions sur cette guerre, soutiennent moins l’Ukraine et laissent planer le doute sur la suite. Dans le même temps, les mêmes États-Unis d’Amérique entendent imposer des tarifs douaniers aux produits venant d’Europe. Enfin, le monde continue d’être sans cesse plus brutal, et la menace terroriste ne faiblit pas. Au total, notre prospérité et notre sécurité sont devenues plus incertaines. Il faut bien le dire, nous rentrons dans une nouvelle ère. ».

    L'abandon de l'Ukraine par les États-Unis montre à l'évidence que l'Europe n'est plus protégée par son allié historique. En fait, on le savait depuis longtemps, cela fait au moins une quinzaine d'années que les États-Unis veulent se tourner vers le Pacifique et que l'Alliance atlantique leur coûte cher. Mais on n'a pas voulu en tirer toutes les leçons, par paresse mais aussi par manque d'argent. Ce qui est nouveau, c'est la brutalité inédite de Donald Trump et de J. D. Vance qui bousculent toutes les convenances.
     

     
     


    Le premier message d'Emmanuel Macron, dit par lui depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février 2022, la guerre en Ukraine, concerne notre sécurité directe, la sécurité de l'Europe et la sécurité de la France : « C’est non seulement le peuple ukrainien qui lutte avec courage pour sa liberté, mais c’est aussi notre sécurité qui est menacée. En effet, si un pays peut envahir impunément son voisin en Europe alors personne ne peut plus être sûr de rien, et c’est la loi du plus fort qui s’applique et la paix ne peut plus être garantie sur notre continent même. L’Histoire nous l’a enseigné. ».

    Et au-delà de l'Ukraine, c'est la menace de la Russie de Vladimir Poutine qui est pointée du doigt : « La menace russe est là et touche les pays d’Europe. Nous touche. ».

     

     
     


    D'une part, Vladimir Poutine a internationalisé le conflit et se bat aussi contre l'Europe et la France au moyen de cyberattaques, mais aussi de nombreuses tentatives d'intimidation dans les airs : « Elle a mobilisé sur notre continent des soldats nord-coréens et des équipements iraniens, tout en aidant ces pays à s’armer davantage. La Russie du Président Poutine viole nos frontières pour assassiner des opposants, manipule les élections en Roumanie et en Moldavie. Elle organise des attaques numériques contre nos hôpitaux, pour en bloquer le fonctionnement. La Russie tente de manipuler nos opinions, avec des mensonges diffusés sur les réseaux sociaux. Et au fond, elle teste nos limites et elle le fait dans les airs, en mer, dans l’espace et derrière nos écrans. Cette agressivité ne semble pas connaître de frontières. ».
     

     
     


    D'autre part, il poursuit dangereusement la militarisation de la Russie : « La Russie dans le même temps continue de se réarmer, dépensant plus de 40% de son budget à cette fin. D’ici à 2030, elle prévoit encore d’accroître son armée, d’avoir 300 000 soldats supplémentaires, 3 000 chars et 300 avions de chasse de plus. ».

    D'où la question cruciale, que le Président français pose depuis mars 2022 : « Qui peut donc croire, dans ce contexte, que la Russie d’aujourd’hui s’arrêtera à l’Ukraine ? La Russie est devenue au même ou je vous parle et pour les années à venir une menace pour la France et pour l’Europe. Je le regrette très profondément et je suis convaincu qu’à long-terme la paix se fera sur notre continent avec une Russie redevenue apaisée et pacifique, mais la situation que je vous décris et celle-là et nous devons faire avec. ».

    Avec le désengagement américain, Emmanuel Macron est enfin écouté par nos amis européens, notamment allemands, britanniques et italiens.

    La réaction de la France et de l'Europe doit donc être en rapport avec la menace que la situation a provoquée : « Face à ce monde de dangers, rester spectateurs serait une folie. Il s’agit sans plus tarder de prendre des décisions pour l’Ukraine, pour la sécurité des Français, pour la sécurité des Européens. ».
     

     
     


    Concernant l'Ukraine, Emmanuel Macron redit ce que le Président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit à Donald Trump le 28 février 2025 : on ne peut pas faire confiance à la signature de Vladimir Poutine. Il faut donc se donner les conditions d'une paix durable : « Le chemin qui mène à la paix ne peut pas passer par l’abandon de l’Ukraine, bien au contraire. La paix ne peut pas être conclue à n’importe quel prix et sous le diktat russe. La paix ne peut être la capitulation de l’Ukraine. Elle ne peut pas être son effondrement. Elle ne peut pas davantage se traduire par un cessez-le-feu qui serait trop fragile. Et pourquoi ? Parce que là aussi nous avons l’expérience du passé. Nous ne pouvons oublier que la Russie a commencé à envahir l’Ukraine en 2014, que nous avons alors négocié un cessez-le-feu à Minsk et la même Russie n’a pas respecté ce cessez-le-feu et que nous n’avons pas été capable de les maintenir faute de garanties solides. Aujourd’hui, on ne peut plus croire la Russie sur parole. ».

    Le respect de la paix sera donc l'affaire de tous, et en particulier du continent européen : « Cela passera à coup sûr par un soutien à l’armée ukrainienne dans la durée. Cela passera aussi peut-être par le déploiement de forces européennes. Celles-ci n’iraient pas se battre aujourd’hui, elle n’irai pas se battre sur la ligne de front, mais seraient là au contraire une fois la paix signée pour en garantir le plein respect. (…) Et je veux croire que les États-Unis resteront à nos côtés : mais il nous faut être prêts si tel n’était pas le cas. ».


    Il n'y a pas que la guerre en Ukraine, il y a la sécurité de l'Europe en général : « Les États européens doivent, compte tenu de la menace russe que je viens de vous décrire, être capables de mieux se défendre et de dissuader toute nouvelle agression. Oui, quoi qu’il advienne, il nous faut nous équiper davantage, hausser notre position de défense et cela pour la paix même, pour dissuader. À ce titre, nous restons attachés à l’OTAN et à notre partenariat avec les États-Unis d’Amérique, mais il nous faut faire plus, renforcer notre indépendance, en matière de défense et de sécurité. ».

    Ainsi, le chef de l'État a évoqué le prochain Conseil Européen du 6 mars 2025 : « Plusieurs décisions seront prises, que la France proposait depuis des années. Les États-membres pourront accroître leurs dépenses militaires sans que cela soit pris en compte dans leur déficit. Des financements communs massifs seront décidés pour acheter et produire sur le sol européen des munitions, des chars, des armes, des équipements parmi les plus innovants. J’ai demandé au gouvernement d’être mobilisé pour que d’une part cela renforce nos armées le plus rapidement possible, et d’autre part que cela accélère la réindustrialisation dans toutes nos régions. Je réunirai avec les ministres compétents les industriels du secteur dans les prochains jours. L’Europe de la défense que nous défendons depuis huit ans devient donc une réalité. Cela veut dire des pays européens davantage prêts à se défendre et à se protéger, qui produisent ensemble les équipements dont ils ont besoin sur leur sol, qui sont prêts à davantage coopérer et à réduire leurs dépendances à l’égard du reste du monde et c’est une bonne chose. ».

     

     
     


    C'est toute l'action européenne d'Emmanuel Macron, dont il a exposé la vision lors de son premier discours de la Sorbonne, le 26 septembre 2017, qui se trouve ainsi confortée par les événements. Il a fallu du temps, mais avoir raison trop tôt permet aussi de se préparer plus tôt. C'est ce qui s'est passé avec les deux dernières lois de programmation militaire. Dès l'été 2017, Emmanuel Macron avait annoncé une accroissement du budget de la défense, et en huit ans, le budget a doublé.

     

     
     


    Mais cela ne suffira pas : « Compte tenu de l’évolution des menaces, de cette accélération que je viens de décrire, nous aurons à faire de nouveaux choix budgétaires et des investissements supplémentaires qui sont désormais devenus indispensables. J’ai demandé au gouvernement d’y travailler le plus vite possible. Ce seront de nouveaux investissements qui exigent de mobiliser des financements privés mais aussi des financements publics, sans que les impôts ne soient augmentés. Pour cela, il faudra des réformes, des choix, du courage. ».

    Augmentation du budget et aucune augmentation de la fiscalité, cela signifie réduction d'autres dépenses publiques. Et pourtant, depuis quarante ans, nous sommes incapables de réduire la voilure. Le défi est donc majeur.
     

     
     


    Ce sera sans doute le message qui passera le plus mal à gauche, qui soupçonnera le Président de la République de vouloir réduire les budgets sociaux. C'est ce qu'avait dit le Premier Ministre François Bayrou, la veille, le 4 mars 2025, à l'Assemblée : « C’est donc un immense effort que nous devons fournir. Si je puis vous dire ce que je pense vraiment, cela va nous obliger à réfléchir à notre modèle, à nos priorités, et à voir différemment le monde que nous pensions connaître et dont nous avons découvert, par l’action de ceux que nous croyions être nos alliés, qu’il était plus dangereux que nous ne l’imaginions. ». Pendant que les États-Unis s'engageaient à défendre la sécurité de l'Europe, les pays européens avaient réduit leur budget de la défense pour profiter d'un modèle social plus avantageux. Il faut revoir cet état de fait.

    Chef des armées, Emmanuel Macron a aussi évoqué la dissuasion nucléaire, en coupant court à toutes les désinformations entendues des oppositions. Voici sa réflexion exacte et complète : « Notre dissuasion nucléaire nous protège. Elle est complète, souveraine, française de bout en bout. Elle a depuis 1964 de manière explicite toujours joué un rôle dans la préservation de la paix et de la sécurité en Europe. Mais répondant à l’appel historique du futur Chancelier allemand, j’ai décidé d’ouvrir le débat stratégique sur la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen. Quoi qu’il arrive, la décision a toujours été et restera entre les mains du Président de la République, chef des armées. ». C'est cette dernière phrase qui est la plus importante : jamais Emmanuel Macron n'a évoqué une seule fois un supposé partage de la décision nucléaire. Jamais !


     

     
     


    La conclusion à tout cela, c'est qu'il faut continuer à augmenter le budget de la défense pour être capable de se défendre sans les États-Unis, être prêt à riposter le cas échéant au pays agressif qui est actuellement la Russie de Vladimir Poutine. Emmanuel Macron n'a pas donné de montant, mais on dit qu'il faudrait passer de 50 à 90 milliards d'euros par an dans le budget de l'État qui est déjà très déficitaire.

     

     
     


    D'où cet appel à la classe politique (et aux milieux économiques) pour changer notre perception et imaginer de nouvelles solutions : « Au total, le moment exige des décisions sans précédent depuis bien des décennies. Sur notre agriculture, notre recherche, notre industrie, sur toutes nos politiques publiques nous ne pouvons pas avoir les mêmes débats que naguère. C’est pourquoi j’ai demandé au Premier Ministre et à son gouvernement et j’invite toutes les forces politiques, économiques et syndicales du pays à leurs côtés, à faire des propositions à l’aune de ce nouveau contexte. Les solutions de demain ne pourront être les habitudes d’hier. ».

    Pour Emmanuel Macron, ce qui est en jeu, ce sont nos valeurs : « La France ne suivra qu’un cap, celui de la volonté pour la paix et la liberté, fidèle en cela à son Histoire et ses principes. Oui c’est ce en quoi nous croyons pour notre sécurité, et c’est ce en quoi nous croyons aussi pour défendre la démocratie, une certaine idée de la vérité, une certaine idée d’une recherche libre, du respect dans nos sociétés, une certaine idée de la liberté d’expression qui n’est pas autour des discours de haine, une certaine idée de l’humanisme. C’est cela que nous portons et qui se joue. Notre Europe possède la force économique, la puissance et les talents pour être à la hauteur de cette époque, et que nous nous comparions aux États-Unis d’Amérique et a fortiori à la Russe, nous en avons les moyens. ».

    Ce qui a expliqué également que le chef de la Nation ait fait appel à tous les citoyens, qui doivent prendre conscience que l'époque évolue à grande vitesse : « Nous devons donc agir en étant unis en européens et déterminés à nous protéger. C’est pourquoi la patrie a besoin de vous, de votre engagement. Les décisions politiques, les équipements militaires et les budgets sont une chose mais ils ne remplaceront jamais la force d’âme d’une Nation. Notre génération ne touchera plus les dividendes de la paix. Il ne tient qu’à nous que nos enfants récoltent demain les dividendes de nos engagements. ».

    Cet appel a eu déjà des effets positifs dès cette soirée-là : beaucoup de demandes ont été faites sur Internet pour devenir réservistes. Et d'un point de vue politique, si Emmanuel Macron ne cherchait pas à convaincre ni les insoumis ni le RN, il a réussi son objectif premier : convaincre le PS qui est d'accord sur le principe d'une hausse du budget de la défense en raison de l'évolution inquiétante des derniers événements. Parfois, la stabilité s'obtient grâce aux crises. Ce sera peut-être le cas ici, la fragilité institutionnelle du gouvernement actuel pourrait paradoxalement en faire sa force première pour prendre des décisions courageuses, dans l'intérêt national.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (06 mars 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Emmanuel Macron : la patrie a besoin de vous !
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 mars 2025 (texte intégral et vidéo).
    François Bayrou : la France avait raison !
    Ukraine : Trump, porte-parole de Poutine !
    3 ans de guerre en Ukraine.
    Zelensky : Poutine, c'est l'anti-Europe !
    L'aide de la France à l'Ukraine le 6 juin 2024.
    Emmanuel Macron très gaullien à la télévision pour expliquer la gravité de la situation en Ukraine.
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    Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
    Rapport de la commission d'enquête n°1311 de l'Assemblée Nationale relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères (enregistré le 1er juin 2023).
    Jean-Pierre Chevènement et ses relations avec la Russie.
    François Fillon et ses relations avec la Russie.
    Ukraine : Gabriel Attal attaque durement le RN et Marine Le Pen !
    Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron lors de la Conférence de soutien à l'Ukraine le 26 février 2024 à l'Élysée (vidéos).
    2 ans de guerre en Ukraine : Poutine zéro en histoire !
    Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
    Lee Marvin, les Douze Salopards et la Russie.
    La France Unie soutient l'Ukraine !
    Condoléances cyniques.
    Mort d'Evgueni Prigojine.

    Sergueï Kirienko.
    Victoria Amelina.

    L'effondrement du pouvoir de Poutine.
    Putsch en Russie : faut-il sauver le soldat Poutine ?
    Poutine en état d'arrestation !
    Ukraine, un an après : "Chaque jour de guerre est le choix de Poutine".
    L'Ukraine à l'Europe : donnez-nous des ailes !
    Kherson libéré, mais menace nucléaire ?

    Volodymyr Zelensky demande l'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'OTAN.
    6 mois de guerre en Ukraine en 7 dates.
    Les massacres de Boutcha.
    Le naufrage du croiseur russe Moskva.
    L’assassinat de Daria Douguina.
    Kiev le 16 juin 2022 : une journée d’unité européenne historique !
    L'avis de François Hollande.
    Les valeurs valent mieux que les bénéfices !
    Poutine paiera pour les morts et la destruction de l’Ukraine.
    Ukraine en guerre : coming out de la Grande Russie.
    Robert Ménard, l’immigration et l’émotion humanitaire.
    Ukraine en guerre : Emmanuel Macron sur tous les fronts.
    Nous Européens, nous sommes tous des Ukrainiens !


     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250305-macron.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/emmanuel-macron-la-patrie-a-besoin-259716

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/03/05/article-sr-20250305-macron.html


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  • Ukraine : Trump, porte-parole de Poutine !

    « Il y a un agresseur, la Russie, et un peuple agressé, l'Ukraine. Je pense que nous avons tous eu raison d'aider l'Ukraine depuis trois ans. » (Emmanuel Macron, le 28 février 2025 à Porto).



     

     
     


    Voilà de quoi remettre l'église au centre du village. Emmanuel Macron a eu raison de rappeler cet élément majeur : c'est Vladimir Poutine qui tente d'envahir l'Ukraine depuis trois ans, pas le contraire !

    Scène diplomatique sans précédent à la Maison-Blanche, à Washington, ce vendredi 28 février 2025 vers 18 heures 30, heure de Paris (midi et demi à Washington). La rencontre entre le Président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Président américain Donald Trump a tourné au fiasco. Absent de la rencontre, un homme s'est frotté les mains, et a bu du petit lait, le Président russe Vladimir Poutine.

    Ceux qui projetaient sur Donald Trump l'arrivée d'un demi-dieu en seront pour leurs frais : la clique de Trump n'est revenue au pouvoir que pour des objectifs sonnants et trébuchants. Leur seule valeur, c'est l'argent. Le pognon, le fric ! Ils s'intéressent à l'Ukraine uniquement pour ses minerais de terres rares, matériaux stratégiques pour la micro-électronique. Le reste, ils s'en moquent. Ils s'en lavent les mains.

     

     
     


    Les partisans de Trump veulent dérober la richesse de l'Europe tout en refusant la contrepartie, à savoir continuer à protéger militairement l'Europe par l'OTAN. La France, dans ce cadre, est mieux reconnue comme un acteur de défense majeur grâce à sa dissuasion nucléaire.

    Ils se moquent de la sécurité de l'Europe, et les Européens auraient dû le prévoir depuis longtemps. Le Président français Emmanuel Macron ne cesse de répéter depuis trois ans, voire depuis huit ans, qu'il faut que les Européens puissent organiser leur défense en toute indépendance des États-Unis. Depuis les élections fédérales du 23 février 2025 en Allemagne, il a désormais un nouvel allié géostratégique de poids avec Friedrich Merz, probable futur Chancelier allemand et la pire option pour Vladimir Poutine. Olaf Scholz n'avait rien compris au changement de paradigme des relations internationales.


     

     
     


    D'ailleurs, c'est ce que disait la journaliste Marion Van Renterghem le 27 février 2025 sur France 5 : « Trump, Poutine et Xi veulent diviser l’Europe pour la détruire. La bêtise des souverainistes qui les soutiennent en France et en Europe est de ne pas voir que s’il n’y a plus d’Europe, il n’y aura plus de souveraineté nationale du tout. ».

     

     
     


    On avait considéré la venue du Président Zelensky à Washington comme une marque d'estime du nouveau gouvernement américain. Erreur ! Ce n'était qu'un piège politique à usage de politique intérieure. Le dialogue filmé en direct du bureau ovale de la Présidence des États-Unis était surréaliste, mais il avait un but, influencer "l'opinion publique" américaine. Pour preuve, le tweet du désormais pseudo-ministre Elon Musk après la rencontre : « Zelensky s'est détruit aux yeux du peuple américain. ».

    Tout était prévu depuis longtemps, le lâchage du peuple ukrainien par Donald Trump. Ce dernier a laissé son Vice-Président J. D. Vance attaquer Volodymyr Zelensky avec des arguments grossiers et stupides : vous devez être reconnaissants envers les États-Unis, vous devez les remercier, etc.

     

     
     


    Le pire, c'est lorsque Donald Trump a expliqué au Président ukrainien que son pays était en difficulté, qu'il manquait de troupes, qu'il allait perdre la guerre. On aurait pu imaginer un tel dialogue avec Vladimir Poutine, mais pas venant du principal soutien dans la guerre. Donald Trump a donné des arguments à Vladimir Poutine pour qu'il continue la guerre d'agression contre l'Ukraine et ne lâche rien.

    C'était ce qu'anticipait l'ancien ambassadeur de France à Washington Gérard Araud, lorsqu'il expliquait le 27 février 2025 sur LCI : « Vous avez le chef d'un pays qui se bat depuis trois ans contre les envahisseurs, et son principal soutien est en train de le poignarder dans le dos tout en le rackettant. ».

    Donald Trump est non seulement le roi de l'individualisme et de l'égoïsme, en bon vautour, mais aussi le roi de la prétention. Volodymyr Zelensky a expliqué qu'il était inutile de vouloir négocier des accords avec Vladimir Poutine parce qu'il les violait allègrement depuis 2014. Alors Donald Trump lui a dit que le Président russe les violait quand c'était Barack Obama ou Joe Biden, mais avec lui, impossible ! Quel atout il a pour empêcher Vladimir Poutine de gruger l'Amérique de Trump ? Mystère ! Un vieillard de presque 79 ans qui se croit plus malin que les autres.

     

     
     


    Certains éditorialistes outre-atlantiques considèrent que la volonté de Donald Trump pour conclure un accord de paix avec Vladimir Poutine est un peu comme celle de Neuville Chamberlain pour faire la paix à Munich. Mais il y a une grande différence : Neuville Chamberlain (pour les Britanniques) et Édouard Daladier (pour les Français) ont eu honte de leur lâcheté d'abandonner la Tchécoslovaquie aux mains de Hitler dans l'objectif de préserver la paix, ce qui fut un soulagement très illusoire et de très courte durée.

    Lisons ce que dit Wikipédia de cet épisode du 30 septembre 1938 à Munich des relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et l'Allemagne de Hitler : « Chamberlain lui lit un document de trois paragraphes intitulé "accord anglo-allemand", dans lequel les deux nations considèrent les accords de Munich comme "un symbole de la volonté de nos deux peuples de ne plus jamais entrer en guerre". Les deux hommes signent le document immédiatement. Par la suite, lorsque le Ministre des Affaires étrangères du Reich, Joachim von Ribbentrop, reproche à Hitler la signature de ce document, le Führer lui répond qu’il est "inutile de le prendre au sérieux. Ce morceau de papier n’a absolument aucune valeur". À l’inverse, lorsqu’il retourne à son hôtel pour le déjeuner, Chamberlain tapote sa poche de poitrine en disant : "Je l’ai118 !". Les nouvelles précèdent son retour à Londres et y sont accueillies avec joie, hormis par Churchill et ses partisans. ». Churchill, comme Chamberlain, étaient des conservateurs. Le premier a succédé au second le 10 mai 1940, lors de l'avancée rapide des nazis sur le front ouest.

     

     
     


    Il y a effectivement une grande différence avec la situation actuelle. Donald Trump, lui, pense pouvoir obliger Vladimir Poutine à respecter un éventuel accord de paix, mais de toute façon, il ne se sentira pas du tout lâche en interrompant le soutien inconditionnel à l'Ukraine et il l'assumera : il n'a rien à faire de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et de son indépendance. Elle n'est qu'un magasin à matériaux, qu'on peut piocher tant qu'il est encore temps.

    De plus en plus de Français, et même d'Européens, commencent à se rendre compte que l'action diplomatique d'Emmanuel Macron depuis 2022 est très pertinente. Il est toujours terrible d'avoir raison avant tout le monde. La haine développée par certains contre Emmanuel Macron a fait l'effet d'un aveuglément ou d'une surdité devant les graves enjeux du bouleversement des relations internationales depuis une dizaine d'années. Heureusement, Emmanuel Macron assure ! Sa réunion européenne à l'Élysée le 17 février 2025 l'a démontré.

     

     
     


    Cet épisode du 28 février 2025 restera dans les mémoires comme le triste exemple d'un retournement complet d'alliance, et disons-le, d'une trahison. Dans l'une des vidéos sur Youtube, il y a des réactions assez saines. Ainsi, un internaute parlait déjà au futur antérieur : « Cette rencontre entre Trump, Zelensky et J. D. Vance restera dans l'histoire et inspirera certains enseignements en sciences politiques. ». Un autre se désolait : « Sûr ! La plus grande honte de l'exécutif américain depuis la fondation de ce pays. ».

    Le Président Zelensky a claqué la porte et a quitté prématurément la Maison-Blanche sans tenir de conférence de presse commune et sans convenir d'un accord. Pour autant, rien n'est encore figé. Les discussions pourraient reprendre. Le Président ukrainien a même envoyé un tweet encourageant : « Merci l'Amérique, merci pour votre soutien, merci pour cette visite. Merci POYUS, le Congrès et le peuple américain. L'Ukraine a besoin d'une paix juste et durable, et c'est précisément dans ce but que nous travaillons. » [POTUS, c'est Donald Trump, President Of The United States].

    Mais aujourd'hui, incontestablement, Vladimir Poutine peut se réjouir de la situation : ses trolls et ses désinformateurs en Europe et en Amérique ont été efficaces. Certains y ont même pris le pouvoir.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (28 février 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Ukraine : Trump, porte-parole de Poutine !
    3 ans de guerre en Ukraine.
    Zelensky : Poutine, c'est l'anti-Europe !
    L'aide de la France à l'Ukraine le 6 juin 2024.
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    L'Europe face à Poutine.
    Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
    Rapport de la commission d'enquête n°1311 de l'Assemblée Nationale relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères (enregistré le 1er juin 2023).
    Jean-Pierre Chevènement et ses relations avec la Russie.
    François Fillon et ses relations avec la Russie.
    Ukraine : Gabriel Attal attaque durement le RN et Marine Le Pen !
    Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron lors de la Conférence de soutien à l'Ukraine le 26 février 2024 à l'Élysée (vidéos).
    2 ans de guerre en Ukraine : Poutine zéro en histoire !
    Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
    Lee Marvin, les Douze Salopards et la Russie.
    La France Unie soutient l'Ukraine !
    Condoléances cyniques.
    Mort d'Evgueni Prigojine.

    Sergueï Kirienko.
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    L'Ukraine à l'Europe : donnez-nous des ailes !
    Kherson libéré, mais menace nucléaire ?

    Volodymyr Zelensky demande l'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'OTAN.
    6 mois de guerre en Ukraine en 7 dates.
    Les massacres de Boutcha.
    Le naufrage du croiseur russe Moskva.
    L’assassinat de Daria Douguina.
    Kiev le 16 juin 2022 : une journée d’unité européenne historique !
    L'avis de François Hollande.
    Les valeurs valent mieux que les bénéfices !
    Poutine paiera pour les morts et la destruction de l’Ukraine.
    Ukraine en guerre : coming out de la Grande Russie.
    Robert Ménard, l’immigration et l’émotion humanitaire.
    Ukraine en guerre : Emmanuel Macron sur tous les fronts.
    Nous Européens, nous sommes tous des Ukrainiens !










    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250228-ukraine.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/ukraine-trump-porte-parole-de-259598

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/02/28/article-sr-20250228-ukraine.html



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  • 3 ans de guerre en Ukraine

    « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. (…) Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. (…) Ce n’est pas tout. La brûlante leçon est plus complète encore. (…) Tant d’horreurs n’auraient pas été possibles sans tant de vertus. Il a fallu, sans doute, beaucoup de science pour tuer tant d’hommes, dissiper tant de biens, anéantir tant de villes en si peu de temps ; mais il a fallu non moins de qualités morales. Savoir et Devoir, vous êtes donc suspects ? » (Paul Valéry, 1919).



     

     
     


    Le lundi 24 février 2025, cela fera trois ans que l'Ukraine est en guerre. Il faut bien comprendre que l'Ukraine est un pays similaire à d'autres pays en Europe, Kiev est comme Bucarest, Varsovie, Prague, Berlin, Madrid ou Paris, une grande capitale européenne avec beaucoup d'activité économique, culturelle, touristique.

    Il faut imaginer que l'Ukraine ressemble aujourd'hui, dans sa partie est, au même enfer que le front du nord-est de la France pendant la Première Guerre mondiale. On peut faire le même parallèle. Les soldats russes, en envahissant l'Ukraine par le nord, depuis la frontière biélorusse, étaient comme nos Poilus d'août 1914 ; ils pensaient que leur expédition durerait quelques semaines, peut-être deux ou trois mois, et qu'ils reviendraient victorieux dans leur chaumière, la guerre finie. Pour l'Ukraine, c'est sans doute pire, car l'autocrate de Moscou comptait remporter la victoire en quelques jours, comme les troupes soviétiques avaient réussi à mettre sous contrôle la Tchécoslovaquie en 1968 ou la Hongrie en 1956. C'est-à-dire sans combat réel.

    Les centaines de milliers de morts du côté russe comme du côté ukrainien sont de la responsabilité unique d'un homme, Vladimir Poutine, va-t-en-guerre nationaliste qui, pour réaliser la Grande Russie, n'a pas hésité tant à tuer cette multitude de personnes qu'à remettre en cause les règles élémentaires du droit international, et cela dès mars 2014 et l'annexion de la Crimée.


     

     
     


    Ni l'Ukraine qui ne demandait qu'à être libre de décider son destin comme elle l'entend, ni l'OTAN qui n'était pas présente en Ukraine, ne constituaient une menace pour la Russie sauf dans le cerveau paranoïaque de Vladimir Poutine. Du reste, on a bien vu que la situation de la Russie est moins favorable aujourd'hui qu'hier car la tentative d'invasion de l'Ukraine a poussé la Finlande et la Suède à adhérer immédiatement à l'OTAN, alors que ces deux pays voulaient rester neutres (mais ils ont maintenant peur d'être envahis par la Russie). Si la prétendue opération militaire spéciale avait pour but de réduire les menaces avec l'OTAN, elle a été fortement contre-productive, d'autant plus qu'elle a fait exploser le patient travail de crédibilité internationale qu'avait pourtant réalisé Vladimir Poutine depuis son arrivée au pouvoir en 2000 pour la Russie.

    Il faut saluer la résistance extraordinaire des Ukrainiens qui ont refusé de subir la décision de Vladimir Poutine, et en particulier de leur Président de la République Volodymyr Zelensky qui, par son courage et sa détermination, a maintenu la continuité de la nation ukrainienne. Contrairement à ce qui est proclamé par les désinformateurs professionnels qui n'abusent personne, même en fin de mandat, Volodymyr Zelensky est légitime car l'état de guerre du pays empêche constitutionnellement l'organisation d'élections libres et sincères. D'ailleurs, la question se poserait de définir correctement la liste électorale, si les habitants par exemple d'une zone annexée unilatéralement par la Russie mais encore sous contrôle militaire de l'Ukraine pourraient voter ou pas, etc.

    Ce que certains courants politiques en Europe refusent volontairement de comprendre, c'est que la guerre en Ukraine concerne toute l'Europe, nous concerne, et le risque d'extension de la guerre par Vladimir Poutine est réel dès lors qu'il a évoqué la Grande Russie : les États baltes, la Roumanie, la Pologne, et bien sûr la Moldavie et la Géorgie dont le malheur commun est de ne pas appartenir à l'Union Européenne, sont sous la menace de nouvelles invasions poutiniennes.


    Jusqu'à maintenant, l'allié américain était au rendez-vous de l'histoire et a aidé l'Europe dans sa défense, trop conscient de l'intérêt stratégique à protéger ses alliés les plus fidèles. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche il y a juste un mois a considérablement changé la donne du continent européen.

     

     
     


    D'une part, Donald Trump ne connaît que le langage de l'argent : si à court terme, il en fera profiter le peuple américain, ce qui reste à démontrer (l'augmentation des taxes douanières, c'est les consommateurs américains qui paieront !), à long terme, c'est une hérésie stratégique de se mettre à dos ses alliés les plus proches en valeurs. La dernière sortie de Donald Trump contre Volodymyr Zelensky sous prétexte qu'il a refusé de brader ses minerais précieux est particulièrement inquiétante dans la mesure où le Président américain serait prêt à aller jusqu'au bout de son chantage pécuniaire et à pactiser avec le tyran russe.

    D'autre part, ce retournement des États-Unis qui voudraient négocier avec la Russie sans l'Ukraine et sans l'Europe est également très inquiétant. Il nous rappelle que rien n'est jamais immuable et que rien n'est jamais acquis dans les relations internationales, et ce sont les naïfs les premières victimes.
     

     
     


    Cette instabilité internationale pourrait, je l'espère, provoquer une réaction salutaire, une sorte d'électrochoc dont seulement deux issues sont possibles : ou la mort, ou le réveil vers une Europe totalement indépendante des États-Unis, c'est-à-dire avant tout militairement indépendante des États-Unis.

    Cela signifierait que la France est un pays crucial dans cette optique. Seul pays à disposer d''armes de dissuasion nucléaire à l'intérieur de l'Union Européenne, il est bien sûr la cible privilégiée de Vladimir Poutine qui n'a jamais cessé d'inonder la France de manipulateurs, désinformateurs, etc.

    Et la France, consciente de cet état de fait, a su prendre ses responsabilités. On avait ironisé sur Emmanuel Macron lorsqu'il avait cherché à négocier, avant la guerre, avec Vladimir Poutine jusqu'à être reçu au Kremlin autour d'une immense table, tellement caricaturale qu'un auteur de romans aurait été incapable d'imaginer une telle situation. Aujourd'hui, on commence à se dire qu'Emmanuel Macron avait eu raison de quand même tenter la méthode diplomatique avant l'invasion de l'Ukraine par les troupes russes. À l'instar de Jacques Chirac cherchant à dissuader les Américains d'envahir l'Irak en 2003-2004. En vain.

     

     
     


    Emmanuel Macron n'a jamais failli à ses responsabilités diplomatiques et militaires et c'est l'honneur de la France. La réunion décidée très rapidement des Européens autour d'Emmanuel Macron à l'Élysée le lundi 17 février 2025 a montré une évidente réactivité européenne face à une collusion possible entre Vladimir Poutine et Donald Trump.

    En France, les trolls pro-Poutine qui submergent les réseaux sociaux et le Web participatif de la parole du Kremlin depuis une vingtaine d'années, dont la motivation est anti-américaine par excellence, vont devoir changer radicalement leur mode de pensée avec la complicité d'un Donald Trump qui ne voudrait batailler que contre la Chine, si possible seulement économiquement.


    Et l'Europe dans tout ça ? Il n'y pas de mystère, il n'y a qu'une seule décision que chaque État européen doit prendre pour résister aux enragements guerriers de Vladimir Poutine et à l'abandon lâche et vénal des États-Unis : il faut que chaque nation investisse massivement dans sa défense militaire, qu'il engage au moins 5% de son PIB pour son armée et son armement. C'est la seule réponse admissible, la seule qui peut être efficace pour engager un rapport de force avec un autocrate qui ne connaît que cette logique : combien de canons ? combien de divisions ?

    Bien entendu, dépenser beaucoup plus en défense signifie réduire drastiquement d'autres budgets, et le seul budget qu'on peut réduire de manière drastique, en France, c'est celui des aides sociales, quelles qu'elles soient. Voulons-nous exister en tant que nation indépendante ou acceptons-nous de couler avec nos 35 heures, notre énième semaine de congé, avec notre retraite par répartition complètement déficitaire, etc. ? Elle est là la réforme de l'État : réaffecter les enveloppes budgétaires pour être sérieusement défendus par nos armées, tant de manière conventionnelle qu'avec la dissuasion nucléaire (qui ne suffit pas seule à défendre le pays).
     

     
     


    On aurait pu penser que la classe politique française, inquiète de la situation internationale, propose des solutions, qui pourraient se résumer à du sang et des larmes. Eh bien, pas du tout. Au contraire, depuis l'été 2024, c'est à celui qui rasera le plus gratis, c'est à celui qui promettra le plus de clientélisme, avec une solution miracle, on taxe les riches, ce qui aura pour effet de taxer tout le monde (on est toujours le riche de quelqu'un), et pour autre effet de repousser à l'extérieur de la communauté nationale les vrais riches qui créent de la valeur ajoutée et qui ont les moyens de se délocaliser.

    Il suffit de regarder le débat politique ultrapauvre de ces derniers jours. Un jour, les socialistes, en pleine perspective de congrès interne, déposent une motion de censure pour dire qu'ils sont dans l'opposition tout en faisant attention qu'elle ne soit pas vraiment adoptée car il ne faut pas exagérer, juste pour un mot prononcé par le Premier Ministre. Jeu de rôles mortifère pour un observateur étranger. Un autre jour, un potentiel candidat à l'élection présidentielle, habitué à la teinte de cheveux... mais en gris !, au lieu de présenter aux Français ses vues sur l'état du monde, sa vision géostratégique pour la France, ne cherche qu'à opposer les uns aux autres juste pour prendre un éventuel avantage sur un ministre dans la même course à l'échalote. Niveau zéro de la vie politique. Dire que ces deux partis représentaient les deux tiers de l'électorat il y a encore une dizaine d'années !

    Bref, on n'est dans une situation pire que celle du Front populaire qui imaginait des congés payés, des augmentations, des loisirs, alors que Hitler remilitarisait à outrance l'Allemagne. Il y a un côté hors-sol des Français, j'écris bien des Français et pas seulement de leur classe politique qui ne fait que répondre aux désirs des électeurs par sondages interposés.


     

     
     


    Le réveil, si réveil il y a (on peut mourir sans s'être réveillé), va être bien lourd à assumer. Tant pour les responsables politiques que pour les Français eux-mêmes. Rappelez-vous, en 1918, cela devait être la der des der.

    Dans "La Crise de l'esprit", publié en 1919, Paul Valéry poursuivait : « Un frisson extraordinaire a couru la moelle de l’Europe. Elle a senti, par tous ses noyaux pensants, qu’elle ne se reconnaissait plus, qu’elle cessait de se ressembler, qu’elle allait perdre conscience (…). Et dans le même désordre mental, à l’appel de la même angoisse, l’Europe cultivée a subi la reviviscence rapide de ses innombrables pensées : dogmes, philosophies, idéaux hétérogènes ; les trois cents manières d’expliquer le Monde, les mille et une nuances du christianisme, les deux douzaines de positivismes : tout le spectre de la lumière intellectuelle a étalé ses couleurs incompatibles, éclairant d’une étrange lueur contradictoire l’agonie de l’âme européenne. Tandis que les inventeurs cherchaient fiévreusement dans leurs images, dans les annales des guerres d’autrefois, les moyens de se défaire des fils de fer barbelés, de déjouer les sous-marins ou de paralyser les vols des avions, l’âme invoquait à la fois toutes les puissances transcendantes, prononçait toutes les incantations qu’elle savait, considérait sérieusement les plus bizarres prophéties ; elle se cherchait des refuges, des indices, des consolations dans le registre entier des souvenirs, des actes antérieurs, des attitudes ancestrales. Et ce sont là les produits connus de l’anxiété, les entreprises désordonnées du cerveau qui court du réel au cauchemar et retourne du cauchemar au réel, affolé comme le rat tombé dans la trappe… ».



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (21 février 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    3 ans de guerre en Ukraine.
    Zelensky : Poutine, c'est l'anti-Europe !
    L'aide de la France à l'Ukraine le 6 juin 2024.
    Emmanuel Macron très gaullien à la télévision pour expliquer la gravité de la situation en Ukraine.
    Débat parlementaire sur l'Ukraine : les masques tombent en France !
    Ukraine : Sophia Aram traite à la sulfateuse les néopacifistes à la notoriété déclinante !
    L'Europe face à Poutine.
    Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
    Rapport de la commission d'enquête n°1311 de l'Assemblée Nationale relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères (enregistré le 1er juin 2023).
    Jean-Pierre Chevènement et ses relations avec la Russie.
    François Fillon et ses relations avec la Russie.
    Ukraine : Gabriel Attal attaque durement le RN et Marine Le Pen !
    Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron lors de la Conférence de soutien à l'Ukraine le 26 février 2024 à l'Élysée (vidéos).
    2 ans de guerre en Ukraine : Poutine zéro en histoire !
    Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
    Lee Marvin, les Douze Salopards et la Russie.
    La France Unie soutient l'Ukraine !
    Condoléances cyniques.
    Mort d'Evgueni Prigojine.

    Sergueï Kirienko.
    Victoria Amelina.

    L'effondrement du pouvoir de Poutine.
    Putsch en Russie : faut-il sauver le soldat Poutine ?
    Poutine en état d'arrestation !
    Ukraine, un an après : "Chaque jour de guerre est le choix de Poutine".
    L'Ukraine à l'Europe : donnez-nous des ailes !
    Kherson libéré, mais menace nucléaire ?

    Volodymyr Zelensky demande l'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'OTAN.
    6 mois de guerre en Ukraine en 7 dates.
    Les massacres de Boutcha.
    Le naufrage du croiseur russe Moskva.
    L’assassinat de Daria Douguina.
    Kiev le 16 juin 2022 : une journée d’unité européenne historique !
    L'avis de François Hollande.
    Les valeurs valent mieux que les bénéfices !
    Poutine paiera pour les morts et la destruction de l’Ukraine.
    Ukraine en guerre : coming out de la Grande Russie.
    Robert Ménard, l’immigration et l’émotion humanitaire.
    Ukraine en guerre : Emmanuel Macron sur tous les fronts.
    Nous Européens, nous sommes tous des Ukrainiens !


     

     
     



    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250223-ukraine.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/3-ans-de-guerre-en-ukraine-259373

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/02/17/article-sr-20250223-ukraine.html


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  • Trump II : de justiciable à justicier !

    « En quelques mois, Donald Trump est passé de justiciable à justicier, et depuis son élection le 5 novembre dernier, le milliardaire vit une sorte d'état de grâce, adoubé et craint, avant même d'avoir réellement repris le pouvoir. » (Nicolas Teillard le 17 janvier 2025 sur France Info).



     

     
     


    Le 47e Président des États-Unis Donald Trump s'apprête à prêter serment sur la Bible ce lundi 20 janvier 2025 à Washington. Il succède à celui qui lui a succédé, Joe Biden. Donald Trump a prévu des festivités à la hauteur de l'événement historique et de la valeur pécuniaire de l'action Trump II, à savoir plusieurs centaines de millions d'euros provenant de ses nombreux admirateurs... ou copains milliardaires intéressés. Village People sera au rendez-vous. L'Amérique va sacrer Trump comme Napoléon Ier s'est sacré lui-même empereur. Pour les caricaturistes, c'est génial puisque Donald Trump est désormais pire que ses caricatures.

    Pour mon titre, j'ai honteusement copié un sous-titre de France Info qui rappelait le 17 janvier 2025 que le nouveau Président américain était quand même poursuivi par la justice américaine pour avoir refusé le verdict électoral du 2 novembre 2020, fait pression sur des responsables électoraux pour manipuler les résultats (en particulier en Géorgie), et surtout, pour avoir encouragé la véritable tentative de putsch au Capitole le 6 janvier 2021.

    Il ne serait que trop long d'énumérer la liste des poursuites judiciaires dont il a fait l'objet (viol, coup d'État, etc.) avec probablement un sommet avec son incarcération très courte le 24 août 2023 par l'État de Géorgie pour trafic d'influence sur les dépouillements des élections du 2 novembre 2020.


     

     
     


    Aujourd'hui, la situation est complètement changée et les opportunistes se tournent vers le nouveau maître des États-Unis, un maître qui va avoir une toute puissance politique très rare historiquement car le 5 novembre 2024, non seulement il a été très largement (ré)élu, face à Kamala Harris, mais il a conquis le Sénat et gardé la Chambre des Représentants.

     

     
     


    Le jeudi 16 janvier 2025, le futur Président a publié son portrait officiel qui est très différent de la photographie souriante de 2016 (la dernière image de cet article). Elle représente un Donald Trump défiant, frimant, intimidant (ci-après), qui fait inévitablement penser à sa trombine lorsqu'il a été incarcéré en été 2023 (la première photographie de l'article).
     

     
     


    Depuis le 5 novembre 2024, la résistance anti-trumpienne s'est effondrée et tout le monde a retourné sa veste s'il ne l'avait pas fait auparavant comme Elon Musk. L'hebdomadaire très réputé "Time" a fait sa une du 30 décembre 2024 avec Donald Trump sacré l'homme de l'année 2024 alors qu'il n'a encore rien fait au pouvoir. Je rappelle qu'il avait failli perdre la vie le 13 juillet 2024 lors d'une tentative d'assassinat (qui a coûté la vie d'un sympathisant de 50 ans).

     

     
     


    Au moment où les Français rendait hommage aux victimes de l'attentat de "Charlie Hebdo" tués il y a dix ans, la dessinatrice de presse Ann Telnaes a été victime d'une véritable censure de la part de son employeur, le "Washington Post" (originellement pro-démocrate), auquel elle collaborait depuis 2008 sans aucune restriction de sa liberté d'expression. Le dessin en cause, qu'elle a publié sur son blog le 4 janvier 2025, représente Mark Zuckerberg (FaceBook), Sam Altman (OpenAI), Patrick Soon-Shiong ("Los AngelesTimes"), Walt Disney Company et Jeff Bezos (Amazon), qui est le propriétaire du "Washington Post", se prosternant devant le nouveau grand maître Trump.

     

     
     


    Membre du conseil consultatif de la Freedom Cartoonists Foundation (basée à Genève) et ancien membre du conseil d'administration de Cartoonistes Rights, Ann Telnaes constatait : « Au fil des ans, j’ai vu mes collègues étrangers risquer leur gagne-pain et parfois même leur vie pour dénoncer les injustices et demander des comptes aux dirigeants de leur pays. ». Désormais, son pays serait aussi à inscrire sur la longue liste des pays qui prennent des libertés avec la liberté d'expression (contrairement à ce que prône Elon Musk).

    En effet, dans son blog, elle a expliqué : « En tant que dessinatrice éditorialiste, mon travail consiste à demander des comptes aux personnes et aux institutions puissantes. Pour la première fois, mon rédacteur-en-chef m’a empêché de faire ce travail essentiel. J’ai donc décidé de quitter le Post. Je doute que ma décision fasse beaucoup de bruit et qu’elle soit rejetée parce que je ne suis qu’une dessinatrice. Mais je ne cesserai pas de faire connaître la vérité au pouvoir par mes dessins, car comme on dit, "la démocratie meurt dans l’obscurité". ».

    La période de transition de deux mois et demi, toujours un peu exceptionnelle, a été particulièrement mise à profit par Donald Trump : en s'octroyant l'allégeance de tous les géants de la technologie, habituellement démocrates, et en faisant preuve de son imprévisibilité désormais prévisible. Ainsi, sa position sur l'Ukraine est loin d'être molle face à Vladimir Poutine et la paix en 24 heures qu'il avait promise pendant sa campagne présidentielle est maintenant oubliée (on parle aujourd'hui de six mois).

     

     
     


    Les déclarations déconcertantes et agressives sur les menaces d'annexion armée du Groenland, du canal de Panama, voire du Canada ont montré surtout un égoïsme probablement majoritaire au sein du peuple américain, prêt à perdre des alliés sûrs pour leurs affaires économiques. Car l'objectif de Donald Trump, d'abord un homme d'affaires milliardaire, c'est de faire des affaires et l'augmentation probable et énorme des taxes douanières risquent de coûter très cher à l'Europe.

     

     
     


    De même, la paix à Gaza a franchi une étape décisive ce samedi 18 janvier 2025 avec l'accord de Benyamin Netanyahou, un accord proposé par le Président Joe Biden depuis le printemps 2024 qui impose un cessez-le-feu à Gaza en contre-partie de la libération des otages israéliens (on parle des deux otages franco-isréaliens dans la liste) et de libération de prisonniers palestiniens (certains condamnés pour des actes criminels). Même si Donald Trump a été impliqué dans cet accord, il intervient avant la prise de fonction, ce qui sauve l'honneur de Joe Biden qui n'aura pas à supporter un Donald Trump annonçant la paix à Gaza le jour même de son investiture.

     

     
     


    Son investiture fait elle-même l'objet de toutes les convoitises. Les places d'invitation sont rares et chères. On y côtoiera les chefs d'État et de gouvernement populistes et, pour certains, illibéraux, comme Javier Milei, Giorgia Meloni, Viktor Orban, etc. Pour la France, Éric Zemmour, sa compagne (élue députée européenne) et Marion Maréchal ont été invités, en revanche, pas Marine Le Pen ni Jordan Bardella qui, pourtant, en mouraient d'envie et qui se sont vus ainsi méprisés par le futur Président des États-Unis (je persiste à croire que ce serait plutôt un avantage électoral en France puisqu'on soupçonne justement le RN d'être trumpiste). Aucune délégation russe ne serait présente, tandis que la Chine communiste serait représentée par son Vice-Président.

     

     
     


    Donald Trump a annoncé l'arrestation massive de migrants illégaux dès le lendemain de son investiture. On imagine aussi l'accélération des exécutions, comme il l'avait fait lors des six derniers mois de son premier mandat où treize personnes condamnées à mort par l'État fédéral ont été exécutées alors qu'ils étaient en tout seize depuis cinquante ans...
     

     
     


    Au-delà des Européens, des citoyens américains auront des raisons de s'inquiéter du retour de Donald Trump dont la politique est tournée vers ceux qui veulent faire des affaires. Il y aura beaucoup de laissés-pour-compte. Ils pourront dire à leurs petits-enfants, plus tard, à l'instar de Céline dans "Mort à crédit" : « C'était encore lui le plus vicelard !... On était dans de jolis draps !... Je ressentais toute la mouscaille, toute l'avalanche des machetagouines qui me rafluaient sur mes talons... C'était mochement compromis l'avenir et nos jolis rêves !... Y avait plus beaucoup d'illusions !... ». Rideau !


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (18 janvier 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Trump II : de justiciable à justicier !
    Canada, Groenland, Panama : Donald Trump est-il fou ou cynique ?
    Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés.
    Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
    Shirley Chisholm.
    Katalin Kariko et Drew Weissman.
    Rosalynn Carter.
    Walter Mondale.
    Marathonman.
    Bob Kennedy.
     

     
     



    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250118-trump.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/trump-ii-de-justiciable-a-258670

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/18/article-sr-20250118-trump.html




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  • Canada, Groenland, Panama : Donald Trump est-il fou ou cynique ?

    « Je ne peux pas vous l’assurer. Vous parlez du Panama et du Groenland. Non, je ne peux vous assurer ni l’un ni l’autre. Mais je peux vous dire ceci. Nous en avons besoin pour notre sécurité économique. » (Donald Trump le 7 janvier 2025 à Mar-a-Lago, à propos d'une intervention militaire américaine).



     

     
     


    La réponse à la question pourrait être : Donald Trump est visionnaire... mais dans l'intérêt des Américains, évidemment ! Il faut exclure la folie. Il faut toujours prendre le cynisme avec Donald Trump, qui a porté à la puissance extrême l'égoïsme, l'égocentrisme et les intérêts bien compris (les siens et ceux de ses copains). Les partisans de Donald Trump disent que le futur nouveau Président des États-Unis met juste en tension les relations pour aborder des négociations économiques en position de force. Néanmoins, il faut comprendre ses motivations profondes.

    Depuis quelques jours, le Président élu, comme on l'appelle encore jusqu'au 20 janvier 2025, c'est-à-dire qui ne représente pas encore les États-Unis mais qui va les représenter dans dix jours, a fait une série de déclarations (notamment sa longue conférence de presse tenue le 7 janvier 2025 à sa résidence de Mar-a-Lago en Floride) et de tweets (ou autres) dans les réseaux sociaux qui ont de quoi inquiéter.

    En gros, il souhaite trois choses pour les États-Unis : reprendre la souveraineté du Canal de Panama, fusionner avec le Canada et annexer Groenland. Rien que ça ! Les visées expansionnistes de Donald Trump ont de quoi effrayer la "communauté internationale", comme on l'appelle, d'autant plus qu'il n'a pas exclu de recourir à la force armée pour recourir à ses fins.

    Les États-Unis attaquant militairement le Groenland voire le Panama, est-ce imaginable ? Il ne faut pas oublier l'épisode de la guerre des Malouines au début des années 1980 (2 avril 1982 au 14 juin 1982), entre le Royaume-Uni et l'Argentine qui voulait reprendre le contrôle des îles Falkland. Dans cette guerre, certains y ont perdu la vie (au moins 910 personnes, ce n'est pas négligeable).
     

     
     


    Actuellement, Donald Trump ne représente pas les Américains et ses déclarations sont comme des slogans de campagne, sans la responsabilité d'État. En quelque sorte, c'est du teasing, ou plutôt, ce sont des menaces voilées, sans conséquence tout en secouant bien les acteurs concernés en insinuant qu'il faudra bien prendre au sérieux les demandes de Donald Trump. (La période de transition entre l'élection et l'investiture du nouveau Président des États-Unis est toujours un moment particulier). Ce qui est clair, c'est que Donald Trump a une vision claire de ce qu'il veut faire pour les États-Unis et qu'il reste encore et toujours imprévisible.
     

     
     


    Le Canal du Panama a été construit par les Français et par les Américains. Il est un point stratégique essentiel des Américains pour naviguer de la la côte est à la côte ouest et inversement. L'utilisation de ce passage par les Chinois pose problème à Donald Trump qui souhaite réorienter économiquement ces flux. Le Panama n'a pas d'armée et c'est une obligation constitutionnelle qui rend la reconquête du Canal par les États-Unis sans vraiment de risques militaires. L'objectif de Donald Trump, c'est la baisse des droits de péage pour les navires américains. Et, dans la foulée, renommer le Golfe du Mexique par Golfe de l'Amérique.

    Pour le Canada, la situation est à la fois pareille et différente et il l'a réaffirmé après la démission du Premier Ministre canadien Justin Trudeau le 6 janvier 2025 : Donald Trump souhaite la fusion du Canada dans les États-Unis, en faire son 51e État. Il y a des raisons économiques très fortes puisque Donald Trump voudrait pouvoir profiter des gisements de gaz de schiste nombreux au Canada pour renforcer l'indépendance énergétique des États-Unis. Sur le plan géopolitique, un ensemble États-Unis-Canada représenterait plus de 19 millions de kilomètres carré et serait le premier pays du monde en superficie, dépassant le premier actuel, la Russie avec 17 millions de kilomètres carré. Après tout, ses prédécesseurs ont déjà acheté (pour un poignée de lentilles à l'échelle de l'histoire) la Louisiane et la Floride à la France et l'Alaska à la Russie. On s'amusera... ou pas d'un tweet d'un fils Trump présentant son père faisant ses achats de territoires sur Amazon (à la fin de l'année dernière, déjà).

     

     
     


    Donald Trump, dans un renouveau de la méthode Coué, prétend que beaucoup de Canadiens souhaiteraient devenir citoyens américains (c'est-à-dire, citoyens des États-Unis), et expose les avantages d'une telle fusion : moins d'impôts pour les Canadiens, moins d'immigrés, plus de protection militaire. La réalité, c'est que la plupart des Canadiens n'apprécient pas du tout la vision politique de Donald Trump et sont très jaloux de leur indépendance.

    De plus, les républicains devraient se méfier de cette idée trumpienne car avec une telle fusion (absolument improbable), les républicains risqueraient d'être privés de la Maison-Blanche pendant longtemps. En effet, avec 35 millions d'habitants, le Canada représenterait la même importance que la Californie et aurait une cinquantaine de grands électeurs aux élections présidentielles, probablement démocrates car c'est la sociologie du Canada.

    Enfin, troisième annexion voulue, prendre au Danemark la souveraineté du territoire autonome (depuis 1979) du Groenland (des élections importantes y ont d'ailleurs lieu dans les prochaines semaines). L'île arctique fait 2,2 millions de kilomètres carré et compte 55 000 habitants (nettement moins que Mayotte). Là aussi, les raisons économiques motivent Donald Trump, à la fois pour sa richesse minière qui pourrait lui permettre de se passer économiquement de Taïwan (ce qui serait grave pour les Taïwanais qui ne doivent leur autonomie/indépendance qu'à la seule protection de leur allié américain) et cela permettrait aussi de tracer une route maritime par le pôle Nord qui sera de plus en plus incontournable (car plus courte) avec le réchauffement climatique (que Donald Trump nie parallèlement !). Ce n'est d'ailleurs pas nouveau ; déjà le 18 août 2019, alors qu'il était Président en exercice, Donald Trump avait confirmé les rumeurs du 15 août 2019 sur son intérêt pour le Groenland : « Le concept a surgi et j'ai dit que stratégiquement, c'était certainement intéressant. » en évoquant une « grosse transaction immobilière ». Dans leur compétition avec la Chine et la Russie, les États-Unis ont toujours considéré le Groenland comme d'un intérêt géostratégique majeur pour leur sécurité nationale.

     

     
     


    Les Français devraient se sentir concernés par le Canada (leurs amis québécois) et par le Groenland. En n'excluant pas de recourir à la force, Donald Trump a fait en effet carrément une déclaration de guerre au Danemark, et donc à l'Union Européenne, et donc à la France par incidence. Ce qui est stupide, c'est que les États-Unis auraient intérêt à au contraire ménager ses alliés européens qui sont à peu près les seuls fiables du monde multipolaire actuel. Et les objectifs économiques des États-Unis (en gros, pouvoir exploiter sans taxe) seraient tout aussi bien atteints sans un tel rapport de force qui va inquiéter inutilement ses alliés.

    Cela a aussi, plus généralement, une conséquence désastreuse dans le monde entier. Cet expansionnisme territorial, qui fait retomber le monde au XIXe siècle (Donald Trump serait-il l'empereur Smith des albums de Lucky Luke ?) casse tout le droit international d'après-guerre et replonge la planète dans la loi du plus fort. Ce qui donne a posteriori raison à Vladimir Poutine dans sa tentative d'invasion de l'Ukraine, ou du moins, le conforte sur le fond, et confortera inévitablement la Chine communiste à reprendre la souveraineté de Taïwan.

     

     
     


    On le voit, la vision que Donald Trump a du monde, elle n'est pas folle, elle est juste cynique. C'est celle des intérêts des États-Unis mais aussi de ses propres intérêts particuliers et de ceux de ses amis, comme Elon Musk. Une vision du seul contre tous, du rapport de force permanent, de l'affrontement comme mode de dialogue, du coup d'État permanent, pour paraphraser François Mitterrand. La plus grosse erreur que pourraient faire les alliés traditionnels des États-Unis, dont font partie la France et l'Europe, c'est de ne pas prendre au sérieux Donald Trump. En visite au Quai d'Orsay à Paris ce mercredi 8 janvier 2025, le Secrétaire d'État américain (Ministre des Affaires étrangères) Antony Blinken a assuré la France des considérations cordiales que son pays nourrissait avec la France et le monde, et a considéré que les relations se sont améliorées depuis 2020. Malheureusement, les démocrates quittent le pouvoir (c'est la loi de la démocratie) et les Européens en particulier vont devoir subir un mandat de quatre ans qui ne va pas leur être de tout repos.

    Pendant ce temps, en France, on hésite à censurer le gouvernement parce qu'il hésite lui-même à abaisser l'âge légal de la retraite alors que ses voisins (dont la Belgique) l'ont augmenté. Pourquoi est-ce que je me sens comme en 1936-1937, à l'époque où les Français étaient déjà complètement hors-sol malgré la situation internationale très grave ? Réveillons-nous ! Nous ne sommes pas dans un monde de bisounours. Il faut renforcer notre défense européenne.



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (08 janvier 2025)
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    Pour aller plus loin :
    Canada, Groenland, Panama : Donald Trump est-il fou ou cynique ?
    Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés.
    Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
    Shirley Chisholm.
    Katalin Kariko et Drew Weissman.
    Rosalynn Carter.
    Walter Mondale.
    Marathonman.
    Bob Kennedy.

     

     
     



    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250107-trump.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/canada-groenland-panama-donald-258536

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/07/article-sr-20250107-trump.html


     

  • 7 janvier 2025 : êtes-vous toujours Charlie ?

    « Cette France qui s’est retrouvée dans l’épreuve, ce moment où le monde entier est venu à elle, car le monde sait lui aussi la grandeur de la France et ce qu’elle incarne d’universel. La France, c’est l’esprit des Lumières. La France, c’est l’élément démocratique. La France, c’est la République chevillée au corps. La France, c’est une liberté farouche. La France, c’est la conquête de l’égalité. La France, c’est la soif de fraternité. Et la France, c’est aussi ce mélange si singulier de dignité, d’insolence, et d’élégance. » (Manuel Valls, le 13 janvier 2015 dans l'hémicycle).




     

     
     


    J'ai eu une "chance", il y a dix ans. Je n'étais pas chez moi mais en déplacement. Cela signifie : pas de journal, pas de télévision, pas de radio. J'ai évité (involontairement) d'être submergé par le flot des informations continues d'urgence. Mais j'avais quand même Internet et c'est ainsi que j'ai appris la mort de l'innocent, du tendre Cabu par balles ! Voir plus bas. Difficile de comprendre le monde contemporain. Pour la (très) petite histoire, je n'étais pas à Paris il y a dix ans, mais j'étais à Nice où le soleil brillait à 20°C...

    Sinistre commémoration, donc. Mardi, le dixième anniversaire de l'attentat de "Charlie Hebdo" qui s'est déroulé le mercredi 7 janvier 2015 sera l'occasion, pour la France, de faire un petit retour sur son passé récent. Toute la semaine sera commémorative, car le 8 janvier 2015 et le 9 janvier 2015, d'autres victimes ont péri dans cette série d'attentats de début 2015. On peut comprendre pourquoi François Bayrou n'a pas voulu faire sa déclaration de politique générale cette semaine et attendre la semaine suivante.

    Il y a eu une sorte de sidération, et malheureusement, on allait être presque habitués par cette sidération, tant les attentats islamistes se sont succédé en France, le 13 novembre 2015, le 14 juillet 2016, etc. Si l'attentat de La Nouvelle-Orléans a autant ému les Français, c'est parce que, en plus d'avoir touché le quartier français de cette ville américaine, il y avait deux faits qui, inévitablement, refaisaient penser aux attentats en France : l'attaque à la voiture-bélier, comme à Nice, et l'attaque contre un mode de vie, contre des personnes réunies pour s'amuser, pour faire la fête, Nouvel an comme bientôt carnaval, comme le 13 novembre 2015, contre de malheureux clients qui discutaient sur les douces terrasses de cafés parisiens un vendredi soir.

    Il y a eu deux incompréhensions dans l'état de sidération dans lequel nous nous trouvions. La première, c'était de croire que ces terroristes islamiques en voulaient à notre liberté d'expression et de dessin. En fait, c'est beaucoup plus vaste, contre notre mode de vie, contre notre existence : liberté d'expression, mais aussi liberté de célébration, liberté d'enseignement, liberté d'amusement, de distraction, d'écouter un concert, d'assister à une messe, etc. Bref, il n'y avait plus à donner des arguments, la cause est entendue, c'est celle des guerres : les terroristes sont nos ennemis et c'est eux ou nous. La seconde incompréhension, c'était de croire que cela avait commencé avec "Charlie Hebdo" en janvier 2015. En fait, cela avait commencé dès mars 2012 à Montauban et à Toulouse, avec les abominables assassinats de Merah, dont de trois enfants en bas âge dans une école juive. C'est là que tout a commencé, mais c'était difficile de comprendre sans le recul nécessaire.

    Cette violence est d'autant plus sidérante qu'elle s'est appliquée à des êtres par définition doux, des tendres, des non-violents, des intellectuels, des écrivains, des économistes, des psychiatres, des dessinateurs... Pas des miliciens, pas des légionnaires, pas des activistes.


    Le bilan humain est encore aujourd'hui très émouvant car certains étaient très connus et appréciés. Cela reste encore aujourd'hui incompréhensible. On a tiré à la kalachnikov sur la rédaction de "Charlie Hebdo". Douze sont morts le 7 janvier 2015 : cinq dessinateurs "historiques" du journal, Cabu (76 ans), Wolinski (80 ans), Charb (47 ans), Tignous (57 ans) et Honoré (73 ans), l’économiste Bernard Maris (68 ans), la psychiatre Elsa Cayat (54 ans), les journalistes Michel Renaud (69 ans) et Mustapha Ourrad (60 ans), les policiers Ahmed Merabet (42 ans) et Franck Brinsolaro (49 ans), qui assurait la protection de Charb, et l’agent de maintenance Frédéric Boisseau (42 ans).

    Charb, du haut des cieux, rappelle désormais aux passants, devant les lieux de la tragédie, ce qu'il écrivait en 2012 et qui est désormais inscrit en bas de la grande fresque de la rue Nicolas-Appert, "inventeur de la conserve alimentaire" (voir illustration) : « Je n'ai pas peur des représailles, je n'ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit. C'est peut-être pompeux ce qui je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux. ».

     

     
     


    Il faut absolument en rajouter un treizième, que les autorités ne compteront jamais parmi les victimes, mais c'en est une : Simon Fieschi, le webmaster du journal. Il a été gravement blessé, touché à la colonne vertébrale, entraînant des handicaps à vie (hospitalisé neuf mois, perdant l'usage de ses jambes et de ses bras mais réussissant finalement à marcher). On l'a retrouvé mort dans une chambre d'hôtel à Paris le 17 octobre 2024, quelques jours avant son 41e anniversaire. Il s'est probablement suicidé, traumatisé à la suite de cet attentat.

    D'autres victimes présentes sur place ont survécu, traumatisées à vie et parfois, blessées à vie. Onze personnes ont été blessées dont quatre grièvement. Outre Simon Fieschi, deux journalistes ont été très gravement touchés, Philippe Lançon (qui a raconté son après-attentat dans un livre au titre emblématique, "Le Lambeau", éd. Gallimard en avril 2018) et Fabrice Nicolino, déjà victime d'un premier attentat en 1985 (j'ai cité ce journaliste pour évoquer Claude Allègre). Le dessinateur et directeur de la rédaction Riss a été touché à l'épaule, et un second agent de maintenance aussi.

    Il y a eu les rescapés qui miraculeusement n'ont pas été touchés, présents pendant le carnage : la dessinatrice Coco, les journalistes Sigolène Vinson, Luce Lapin et Laurent Léger, aussi Gérard Gaillard qui accompagnait Michel Renaud, invité exceptionnel de la rédaction, le directeur financier Éric Portheault. Sigolène Vinson a été visée par l'un des terroristes qui l'a finalement épargnée : « Je ne te tuerai pas. Tu es une femme. On ne tue pas les femmes. Mais réfléchis à ce que tu fais. Ce que tu fais est mal. Je t’épargne, et puisque je t’épargne, tu liras le Coran. (…) On ne tue pas les femmes ! On ne tue pas les femmes ! On ne tue pas les femmes ! »... après avoir pourtant assassiné Elsa Cayat, chargée d'une chronique dans l'hebdomadaire.


    Et puis, il y a eu ceux qui auraient dû ou pu se trouver dans la salle de rédaction pendant l'attentat et qui ne s'y trouvaient pas pour une raison ou une autre, en particulier l'urgentiste Patrick Pelloux, les dessinateurs Catherine Meurisse, Luz et Willem, le critique cinéma Jean-Baptiste Thoret, le rédacteur en chef (en vacances à Londres) Gérard Biard, les journalistes Zineb El Rhazoui (elle en vacances au Maroc) et Antonio Fischetti, et l'humoriste Mathieu Madénian.

    On imagine l'effroyable traumatisme à vie de ces rescapés, blessés, intacts et absents, qui ont vu la mort de leurs amis de très près. Certains n'ont pas renoncé leur expression corrosive, prêts à critiquer la réaction des autorités. Ainsi, Zineb El Rhazoui : « J'aurais aimé que ceux qui sont morts bénéficient d'un tel soutien de leur vivant. Et ce n'était pas du tout le cas. "Charlie Hebdo" est un journal qui a été conspué par tout le monde. ». Puis : « Nos collègues ont réussi à faire marcher Abbas et Netanyahou. On aurait voulu que les nôtres, qui sont morts, puissent voir tous ces gens. ». Gérard Biard : « Ils ont fait sonner les cloches de Notre-Dame pour Charlie, non mais on rêve ! ». Willem (qui n'a pas participé à la grande marche du 11 janvier) : « Nous avons beaucoup de nouveaux amis, comme le pape, la reine Élisabeth ou Poutine : ça me fait bien rire ! ». Luz : « On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabu, Honoré, Wolinski : ils auraient conchié ce genre d'attitude. (…) Au final, la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé : détruire les symboles, faire tomber les tabous, mettre à plat les fantasmes. Le symbolisme au sens large, tout le monde peut en faire n’importe quoi. Même Poutine pourrait être d’accord avec une colombe de la paix ! ».

    La fuite des deux assaillants ainsi que d'un troisième terroriste (j'éviterai de dire leur nom) a été une course folle durant trois jours qui a fait encore beaucoup de dégâts humains. Le 8 janvier 2015 au matin, à Montrouge, une jeune stagiaire de la police municipale Clarissa Jean-Philippe (26 ans) est morte dans une fusillade, près d'une école juive. Quatre autres personnes ont été assassinées le 9 janvier 2015 dans l'après-midi, prises en otages puis tuées dans l'épicerie Hyper Casher de la Porte de Vincennes : Yohan Cohen (20 ans), Yoav Hattab (21 ans), Philippe Braham (45 ans) et François-Michel Saada (63 ans). Les trois terroristes ont été tués dans des fusillades, les deux auteurs de la tuerie à "Charlie Hebdo" dans une imprimerie où ils s'étaient réfugiés, le troisième preneur d'otages à l'Hyper Casher. Il faut souligner l'acte de bravoure de Yoav Hattab qui s'est emparé d'une arme du terroriste, ce qui lui a valu la mort.

     

     
     


    Tous les Français ont été choqués, ou du moins, quasiment tous (il y a eu malheureusement quelques cris de joie dans certains endroits de France), et parmi eux, l'un particulièrement choqué parce qu'il a perdu un ami cher le 7 janvier 2015, en la personne de Bernard Maris, c'était en même temps la date de sortie de son roman "Soumission", un roman de fiction politique qui imaginait la victoire des "musulmans modérés" en 2022 avec la nomination de François Bayrou à Matignon (toute ressemblance avec des faits réels n'est que pure coïncidence !). Je parle bien sûr de Michel Houellebecq qui, traumatisé par les attentats, a lâché le 13 janvier 2015 : « Rien ne sera plus comme avant (…). Oui [j’ai peur], même si c’est difficile de se rendre complètement compte de la situation. (…) Moi, je me sens toujours irresponsable et je le revendique, sinon je ne pourrais pas continuer à écrire. Mon rôle n’est pas d’aider à la cohésion sociale. Je ne suis ni instrumentalisable, ni responsable. ».

    Le week-end qui a suivi ces attentats, les 10 et 11 janvier 2015, les Français ont manifesté leur émotion et leur indignation très largement, rejoints par des dizaines de chefs d'État et de gouvernement qui ont exprimé leur solidarité avec le peuple français. Émotion mondiale.


    Ce qui est inquiétant, c'est que, depuis dix ans, les attentats ont continué, de nombreux ont heureusement échoué grâce au travail minutieux des forces de l'ordre, mais certains terroristes sont quand même passés à l'acte en particulier le 13 novembre 2015 et le 14 juillet 2016. L'inquiétant, c'est que rien n'indique que ce cauchemar ne se renouvellera pas à courte échéance et l'attentat de La Nouvelle-Orléans le montre bien.

    Je voudrais profiter de cet hommage aux disparus par es déclarations de deux hommes. Je terminerai par Cabu qui nous manque beaucoup. Mais avant lui, je voudrais reparler du Premier Ministre de l'époque, Manuel Valls, qui, de retour au gouvernement ces derniers jours, essuie injustement des insultes dans les réseaux sociaux. Car si Manuel Valls doit être considéré comme un homme d'État, qu'on l'aime ou qu'on le déteste, c'est bien par son comportement exemplaire lors des attentats de 2015 : Manuel Valls a incarné les valeurs républicaines au moment où la France en avait le plus besoin, merci à lui.

    Je propose ainsi de citer les extraits de ses deux discours majeurs (historiques, on peut dire) à la suite des attentats de 2015, celui du 13 janvier 2015 et celui du 9 janvier 2016. Peut-être parce qu'il est le seul Premier Ministre français à ne pas être né français, son appartenance à la France s'est incarnée avec plus de conscience et plus de détermination qu'un Français de naissance. Il reste que la République française ne fait justement pas de différence entre les Français, quelle que soit la manière d'être ou de devenir Français.


    Le 13 janvier 2015 : « La République et ses valeurs. (…) La laïcité, elle s’apprend bien sûr à l’école, qui en est un des bastions. C’est là, peu importe les croyances, les origines, que tous les enfants de la République ont accès à l’éducation, au savoir, à la connaissance. (…) La République n’est pas possible sans école, et l’école n’est pas possible sans République. Et on a laissé passer trop de choses (…) dans l’école. La laïcité, oui la laïcité, la possibilité de croire, de ne pas croire. L’éducation a des valeurs fondamentales, doit plus que jamais (…) être le combat de la France face à l’attaque que nous avons connue. Et arborons fièrement ce principe puisqu’on nous attaque à cause de la laïcité, à cause des lois que nous avons votées ici interdisant les signes religieux à l’école, prohibant le voile intégral, revendiquons-les, parce que c’est ça qui doit nous aider à être encore davantage forts. ».

    Et le message adressé tant aux Juifs qu'aux musulmans en France : « La France est en guerre contre le jihadisme, contre l’islamisme radical. Mais elle n’est pas en guerre contre une religion. Pas en guerre contre l’islam et les musulmans. (…) L’islam a toute sa place en France. (…) Je ne veux pas qu’en France des juifs aient peur. Et je ne veux pas que des musulmans aient honte. ».

    Le 9 janvier 2016, un an plus tard : « Le symbole d’un pays qui ne se perd pas dans la haine de l’autre, mais qui trouve en lui la force d’être ce peuple fier de ce qu’il est, qui dit non au racisme, non à l’antisémitisme, non au rejet et au repli. Être français, ce n’est pas renoncer à ses origines, ce n’est pas renoncer à son identité, c’est les verser au pot commun. C’est une citoyenneté qui n’est pas petite, qui n’est pas réduite à l’origine de chacun, du sang, du sol ou par naturalisation, mais qui est grande, ouverte, fondée sur la volonté de construire l’avenir ensemble ! C’est ce nouveau patriotisme que j’appelle de mes vœux ! ».

    L'éditorialiste politique Patrick Cohen se demandait d'ailleurs le 3 janvier 2025 sur France Inter les raisons de l'impopularité actuelle de Manuel Valls (« dont on a oublié qu’il fut un Premier Ministre populaire, près de 60% de bonnes opinions début 2015 ») : « On aimerait être certain que ces torrents de haine ne sont dus qu’à la loi travail, puis à son ralliement à Emmanuel Macron en 2017 -trahison de sa parole socialiste. Qu’à son opportunisme, son escapade espagnole, son retour piteux de Barcelone, et autres zigzags ou dérapages. On aimerait. Mais il est plus que probable que cette détestation trouve aussi racine dans ses combats contre Dieudonné et Tariq Ramadan, contre l’antisémitisme. Dans sa défense de la laïcité sans adjectif. Dans sa façon de rompre avec le mythe unitaire de la gauche, en faisant le constat de "deux gauches irréconciliables". ».

     

     
     


    Terminons par Cabu. Je n'ai pas retrouvé la date exacte de l'interview sur Europe 1 de l'ami Cabu qui passe en boucle dans les réseaux sociaux, je pense qu'elle doit dater de 2008. Cabu ne comprenait pas qu'on puisse imaginer tuer quelqu'un pour ses dessins, il trouvait cela stupide ! Et pourtant, quelle émotion de l'écouter ! S'il avait su la suite...

    Quelle émotion d'entendre cet éclat de rire : « Au moment du procès des caricatures danoises, vous savez, qu'on a publiées, j'étais protégé par la police. [Éclat de rire] Oui, ça fait rire, oui... (…) Ça a duré trois semaines seulement. Mais actuellement, je peux vous dire que Riss, Charb et Luz sont toujours protégés par deux policiers chacun. Il y a toujours des menaces de mort pour un dessin, vous vous rendez compte ? (…) Ce n'est pas signé, mais on sait d'où ça vient quand même. (…) On n'a aucune nouvelle de l'enquête. On sait seulement qu'il y a toujours des menaces. Pourquoi les policiers sont chargés de la protection des trois dessinateurs de Charlie ? C'est quand même triste, quoi ! (…) C'est notre boulot, quand même, de maintenir une charge contre toutes les idéologies, parce qu'on prend ces religions comme des idéologies. On doit pouvoir critiquer toutes les idéologies. Donc, je pense qu'on continue à le faire, évidemment, mais on ne va pas se prendre pour des héros non plus. On essaie de faire rire, d'abord, voilà. On est toujours étonnés parce qu'on veut faire rire et on nous menace de mort. C'est quand même incroyable ! (…) Je pense qu'en France, on peut encore rire de tout. On n'es pas en Iran, on n'est pas en Corée du Nord, vous voyez, il faut maintenir ce niveau d'esprit critique. ».

     




    J'ai encore du mal à imaginer que Cabu a été assassiné à la kalachnikov (et pas tout seul) et que dix ans plus tard, la gauche actuelle s'enfonce dans le "oui mais", hésitant entre Cabu et ses assassins, voulant ménager la chèvre et le chou. Aujourd'hui, c'est Sophia Aram qui se fait harceler par les islamogauchistes parce qu'elle est libre d'exprimer ce qu'elle veut. Répétons avec Cabu : il faut maintenir ce niveau d'esprit critique !

    Alors, êtes-vous toujours Charlie ? Moi, oui, plus que jamais ! Plus que jamais je suis français, plus que jamais je suis patriote, plus que jamais les valeurs républicaines sont notre ciment le plus efficace, plus que jamais je sais que le peuple français triomphera des fanatismes et des populismes car nous sommes, dans l'adversité, toujours unis. Râleurs, mais unis !



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (04 janvier 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    50 ans après Charlie Hebdo.
    Manuel Valls et l’esprit républicain.
    7 janvier 2025 : êtes-vous toujours Charlie ?
    Attentat à La Nouvelle-Orléans le 1er janvier 2025.
    Marché de Noël de Magdebourg : l'attentat du 20 décembre 2024.
    Pogrom à Amsterdam du 7 novembre 2024 : toujours la même musique...
    7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie.
    7 octobre 2023 : l'hommage aux victimes françaises.
    L'avenir de la France se joue aussi à Gaza !
    Le rappel très ferme d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme.
    L'attentat islamiste du Crocus City Hall de Moscou (22 mars 2024).
    Conflit israélo-palestinien : la France est-elle concernée ?
    Attentats d'Arras et de Bruxelles : tirs groupés contre les insoumis.
    L'assassinat de Dominique Bernard au lycée Gambetta d'Arras.
    Soutien total à Vincent Jeanbrun, maire de L'Haÿ-les-Roses.
    Agression à Bordeaux : attention, un train de violence peut en cacher un autre...
    Émotion, compassion et soutien aux victimes du criminel d'Annecy.
    Les attentats de Merah.
    L'attentat contre Salman Rushdie.
    L’attentat de la basilique Notre-Dame de Nice le 29 octobre 2020.
    Samuel Paty : faire des républicains.
    Les attentats du 11 septembre 2001 et la naissance du complotisme 2.0.
    Les attentats du 11 septembre 2001.
    Complot vs chaos : vers une nouvelle religion ?
    Nouveau monde.
    Qu’aviez-vous fait le 11 septembre 2001 ?
    11 septembre, complot ?
    Les théories du complot décortiquées sur Internet.
    Ben Laden, DSK, même complot ?
    L'attentat de Kaboul du 26 août 2021.
    Jacques Hamel, martyr de la République autant que de l’Église.
    Fête nationale : cinq ans plus tard…

     

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250107-attentat-charlie-hebdo.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/7-janvier-2025-etes-vous-toujours-258429

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/04/article-sr-20250107-attentat-charlie-hebdo.html


     

  • Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés

    « Rien ne justifie la violence, quelle qu'elle soit, et nous ne tolérerons aucune attaque contre l'une des communautés de notre pays. » (Joe Biden, le 1er janvier 2025).


     

     
     


    Triste Nouvel an. Émotion, consternation et solidarité avec le peuple américain. Les États-Unis ont été endeuillés en ce jour du nouvel an, mercredi 1er janvier 2025, vers 3 heures 15 du matin (heure locale ; 10 heures 15, heure de Paris) par un attentat à la voiture-bélier au Vieux Carré français, le quartier historique de La Nouvelle-Orléans en Louisiane. En effet, un pick-up a foncé dans la foule nombreuse venue fêter le changement d'année et a tenté de faire le plus de morts possible. Actuellement, on compte malheureusement au moins 15 morts et 36 blessés, pour la plupart fauchés par le véhicule. Selon la directrice du New Orleans Police Department (NOPD), Anne Kirkpatrick, l'assaillant « était farouchement déterminé à provoquer un carnage ».

    Le conducteur du pick-up a été tué par les forces de l'ordre. Le véhicule, un Ford F-150 Lightning, aurait été loué et l'auteur de cette attaque meurtrière était muni d'un fusil d'assaut qu'il a utilisé après avoir heurté une grue et être sorti de son pick-up (deux policiers ont été tués par balle). A priori, il ne devait pas être seul pour cet attentat car on a retrouvé des engins explosifs dans le même quartier où a eu lieu cette attaque à la voiture-bélier.

     

     
     


    Il faut toujours être très prudent sur la motivation de l'auteur ou des auteurs d'un attentat, car les évidences sont parfois trompeuses. On s'en est rendu compte lors de l'attentat au marché de Noël de Magdebourg, en Allemagne, le 20 décembre 2024. En France, les dirigeants du RN, Jordan Bardella et Marine Le Pen, dans une volonté de récupération politicienne de la tragédie, avaient fustigé immédiatement les islamistes en faisant l'amalgame avec l'immigration, alors qu'on a su dès le début de l'enquête que l'auteur de l'attentat de Magdebourg était au contraire un sympathisant de l'AfD, parti d'extrême droite partenaire du RN au Parlement Européen. Parfois, le silence est préférable.

    Il faut être encore plus prudent pour des attentats aux États-Unis car il est hélas très fréquent que des forcenés, ce qu'on pourrait appeler des déséquilibrés, provoquent des tueries collectives, souvent par fusillade, dans des écoles ou des supermarchés, sans qu'il n'y ait de lien direct ou indirect avec des motivations purement politiques ou fanatiques.


    Selon les premiers éléments de l'enquête confiée au FBI pour attentat terroriste, le conducteur du pick-up (dont je ne veux pas écrire ici le nom pour ne pas lui faire de la publicité posthume, ce que recherchent les terroristes en général), est un citoyen américain de 42 ans, né et habitant au Texas, vétéran de l'armée américaine (il a servi l'armée de terre de 2007 à 2015), apparemment fasciné par le jihadisme. De plus, depuis 2022, il aurait travaillé dans un cabinet d'audit très célèbre, Deloitte.

    On a retrouvé dans le pick-up des armes, un drapeau de Daech, et des explosifs artisanaux. La police reste très inquiète car il est probable que le terroriste ait des complices et rien n'affirme que d'autres attaques ne suivront pas.

    Parmi les 15 victimes, on compte notamment un étudiant de l'Université d'Alabama, Kareem Badawi, selon un communiqué du président de cette université Stuart R. Bell sur Facebook. Tiger Bech, un joueur de football américain de 28 ans fait également partie des malheureuses victimes.

     

     
     


    Interrogé par le "New York Times", le frère de l'assaillant à la voiture-bélier a raconté que le terroriste était « un amour, un gars sympa, un ami, très intelligent, attentionné », ajoutant que son frère, inspiré par Daech (il a posté des vidéos islamistes avant de passer à l'acte), s'était converti à l'islam à un jeune âge mais que « ce qu'il a fait ne représente pas l'islam. Il s'agit plutôt d'une forme de radicalisation. ».

    Le gouverneur de la Louisiane, Jeff Landry, qui avait troublé ses interlocuteurs en encourageant les Américains à continuer à aller dans les restaurants et les bistrots la nuit même de l'attentat, montrant qu'il attacherait plus d'importance à l'aspect économique qu'à l'aspect sécuritaire de son État, a précisé sur Twitter quelques heures plus tard : « La sécurité est notre priorité absolue et nous voulons que nos clients et le monde sachent que la Louisiane ne cède pas aux terroristes islamistes radicaux. Nos restaurants et tout ce que La Nouvelle-Orléans a à offrir restent ouverts ! ».

    Le profil du conducteur de la voiture-bélier montre une fois encore que tout est compliqué dans les attentats terroristes. Il est citoyen américain et né aux États-Unis, il semblait être bien intégré socialement puisqu'il jouissait apparemment d'un emploi intéressant. La première réaction du Président élu Donald Trump paraît une fois encore très hors-sol, bien que prévisible, puisqu'il a condamné l'immigration illégale qui serait à l'origine de cet attentat, ce qui ne semble ici absolument pas le cas puisque le terroriste est un Américain. On retrouve ce genre de réflexe politicien chez les populistes et l'extrême droite en Europe et plus particulièrement en France.

    Cela ne présage pas de développements favorables avec le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump qui, s'il ne comprend pas l'origine du mal, aura du mal à l'éradiquer avec efficacité. Quant au Président sortant Joe Biden, il risque de quitter la Maison-Blanche, dans une petite vingtaine de jours, avec une humiliation politique similaire à celle de son lointain prédécesseur Jimmy Carter qui vient de s'éteindre, ce qui serait injuste car le gouvernement Biden aura été prévoyant et pertinent en ce qui concerne les risques de guerre en Europe.

    Il faut comprendre l'islamisme comme une sorte de cancer qui atteint les cellules vivantes du corps dans lequel il s'est introduit, ici, le corps est un pays et les cellules ses citoyens. C'est par une sorte d'adhésion fanatisée de type sectaire que les propres ressortissants des pays victimes commettent leur attentat, on l'a bien vu à plusieurs reprises en France.


    Beaucoup de nations étrangères ont exprimé leur sympathie et empathie au peuple américain, et l'une des premières pourrait étonner puisqu'il s'agit de la Chine communiste. Mao Ning, la porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré au cours d'une conférence de presse : « Nous sommes choqués par cet incident violent, nous rendons hommage aux victimes et adressons nos pensées aux familles des victimes ainsi qu'aux blessés. ».

    Également le Président ukrainien Volodymyr Zelensky sur Twitter : « Horrifié par l'attentat perpétré à La Nouvelle-Orléans, aux États-Unis, qui a coûté la vie à des innocents et fait de nombreux blessés (…). Nous sommes convaincus que les responsables de cet acte terrible seront traduits en justice. La violence, le terrorisme et toute menace contre la vie humaine n'ont pas leur place dans notre monde et ne doivent pas être tolérés (…). Nous présentons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et souhaitons un prompt rétablissement à tous les blessés. L'Ukraine se tient aux côtés du peuple américain et dénonce la violence. ».

    La Représentante de la politique extérieure de l'Union Européenne Kaja Kallas, « profondément attristée », a voulu réaffirmer sur Twitter la volonté commune de fermeté pour combattre le terrorisme : « Il n'y a pas d'excuse pour une telle violence. Alors que les autorités poursuivent leur enquête, nous exprimons notre solidarité totale avec les victimes et leurs familles en cette période tragique. ».


     

     
     


    La France aussi a exprimé sa compassion et son indignation, d'autant plus que cet attentat nous rappelle de sinistres souvenirs. Le Premier Ministre français François Bayrou a ainsi exprimé l'émotion de la France : « Le terrorisme qui a frappé à La Nouvelle-Orléans vise à détruire ce que nous avons de plus cher, des citoyens innocents, des familles, et les valeurs qui nous font vivre ensemble. Nous savons tous que là est l’ennemi ! Nous ne pourrons le combattre qu’ensemble. ». Peu avant ce tweet, le Président de la République française Emmanuel Macron avait réagi sur Twitter ainsi : « La Nouvelle-Orléans, si chère au cœur des Français, est frappée par le terrorisme. Nos pensées vont aux familles des victimes et aux blessés, ainsi qu’au peuple américain dont nous partageons la peine. ».

     

     
     


    Ce nouvel attentat montre une fois encore la grande vulnérabilité de nos sociétés et qu'en France aussi, nous devons, nous citoyens, tous redoubler de vigilance car nous ne sommes pas immunisés de ce genre de drame qui peut resurgir à tout moment.

    (Note du 2 janvier 2025 : le nouveau bilan est de 14 morts).


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (01er janvier 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Attentat à La Nouvelle-Orléans : les États-Unis durement endeuillés.
    Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
    Shirley Chisholm.
    Katalin Kariko et Drew Weissman.
    Rosalynn Carter.
    Walter Mondale.
    Marathonman.
    Bob Kennedy.
     

     
     





    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250101-attentat-nouvelle-orleans.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/attentat-a-la-nouvelle-orleans-les-258453

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/02/article-sr-20250101-attentat-nouvelle-orleans.html




     

  • Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire

    « Les défis auxquels Jimmy a été confronté en tant que Président sont survenus à une période charnière pour notre pays et il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer la vie de tous les Américains. Pour cela, nous lui sommes tous reconnaissants. » (Donald Trump, le 29 décembre 2024).


     

     
     


    Message consensuel et sans rancune du Président élu Donald Trump à son lointain prédécesseur qui n'avait pourtant pas hésité à dire qu'il voulait durer encore le temps de l'élection pour faire élire Kamala Harris, la candidate démocrate malheureuse de 2024. Le trente-neuvième Président des États-Unis Jimmy Carter est mort ce dimanche 29 décembre 2024 à plus de 100 ans. Il rejoint son épouse Rosalynn partie l'an dernier, le 19 novembre 2023 à 96 ans. Il a eu le temps de voter pour Kamala Harris par correspondance le 16 octobre 2024, conformément à son souhait exprimé le 3 août 2024.

    L'annonce de sa mort a été donnée par Jason Carter, le petit-fils de Jimmy Carter, aux membres de sa fondation de cette manière : « Ma famille et moi sommes attristés de vous informer du décès de mon grand-père. La Fondation Carter a joué un rôle essentiel dans le travail de sa vie et je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour concrétiser sa vision d’un monde en paix qui respecte et promeut l’égalité des droits de l’homme pour tous, réduisant ainsi la souffrance humaine. Votre partenariat dans notre travail témoigne de son héritage et je peux vous assurer que les personnes remarquables de la Fondation poursuivront l’important travail qu’il nous a confié pendant plus de quarante ans. Nous apprécions votre amitié permanente. ». Cette annonce a suscité l'émotion nationale et même mondiale tant la personnalité de Jimmy Carter était appréciée des gens à travers le monde.

    Tous ses successeurs encore en vie lui ont rendu un émouvant hommage. Joe Biden : « L'Amérique et le monde et le monde ont perdu un dirigeant, un homme d'État et un humanitaire extraordinaire. (…) C'était un homme de caractère et de courage, d'espoir et d'optimisme. ». Pour Bill Clinton, Jimmy Carter « a œuvré sans relâche pour un monde meilleur et plus juste ». Quant à George W. Bush, ce que Jimmy a fait « inspirera des générations d'Américains ».

    De même, les nations extérieures ont rendu hommage au patriarche de l'humanitaire, à l'image de la France, Emmanuel Macron sur Twitter : « Toute sa vie, Jimmy Carter a défendu les droits des personnes les plus vulnérables et mené sans relâche le combat pour la paix. La France adresse ses pensées émues à sa famille et au peuple américain. ».
     

     
     


    Rien n'indiquait que ce cultivateur de cacahuètes, ce "plouc" de Géorgie, allait devenir à la fois cet homme d'État et cet emblème de la paix dans le monde. Marc Chalamet, le correspondant du journal "Le Parisien" à New York, a titré ce 29 décembre 2024 : « Finalement, l'Amérique l'a aimé ! » et a constaté : « Écrasé par Reagan en 1980, Carter s’est ensuite lancé dans l’humanitaire, acquérant une immense popularité au fil des ans. », ajoutant : « L’un des rares à ne pas avoir été réélu pour un second mandat, aura vécu assez longtemps pour voir son image complètement réhabilitée par l’opinion. Ce n’est que justice. ».

    Eh oui, il y a eu une certaine injustice que ce scrupuleux de la paix internationale ait été remercié sans ménagement par les électeurs américains qui lui ont très largement préféré Ronald Reagan en novembre 1980 : la très longue prise d'otages américains à Téhéran avait humilié les États-Unis et le nouveau Président républicain allait redonner confiance et fierté aux Américains avec un slogan assez simple : America is back (Donald Trump a usé du même marketing).

    Sorte de revanche de l'humble, dans les sondages de Gallup, Jimmy Carter avait dépassé en 2011 son concurrent Ronald Reagan sur l'échelle de la popularité des anciens Présidents américains.

    Cette popularité croissante, Jimmy Carter l'a due à la fois à son mandat mais aussi aux activités d'après-Maison-Blanche. Sous sa Présidence du 20 janvier 1977 au 20 janvier 1981, son plus bel acte diplomatique a été la signature des Accords de Camp David le 17 septembre 1978 entre l'Égypte d'Anouar El-Sadate et l'Israël de Menahem Begin. Une paix exceptionnelle au Proche-Orient qui tient toujours quarante-six ans plus tard, et qui a simplifié beaucoup de choses par la suite même si elle n'est pas du tout suffisante pour garantir une évolution pacifique des différents protagonistes. Sadate et Begin ont reçu pour cela le Prix Nobel de la Paix. D'ailleurs, Sadate a sans doute payé de sa vie cette audace de la paix, comme, plus tard, Yitzhak Rabin.
     

     
     


    Pour la petite histoire, Jimmy Carter a été un Président moderne, bien que qualifié de "plouc" : il a été le premier Président des États-Unis à avoir communiqué au moyen de courriers électroniques, dès 1976. Il a aussi installé des plaques photovoltaïques sur le toit de la Maison-Blanche que son successeur a rapidement démontées.

    Mais c'est après sa Présidence que son inlassable action en faveur de la démocratie et de la paix dans le monde a été très largement reconnue, non seulement par l'attribution du Prix Nobel de la Paix en 2000, mais aussi au point que de nombreux Américains et même de nombreux étrangers se sont montrés très fidèles et reconnaissants à Jimmy Carter, lui souhaitant régulièrement ses anniversaires, lui écrivant très souvent, avec des actions de sympathie très émouvantes pour un homme d'État.
     

     
     


    Le 1er octobre 2024, à l'occasion de son centième anniversaire, le producteur Dov Alfon a décrit pour France Inter les activités postprésidentielles de l'ancien Président américain : « Au cours des trois dernières décennies, Carter a été le garant de plus de 100 élections démocratiques dans le monde. Ses efforts philanthropiques ont mené à l’éradication de la maladie du ver de Guinée et à construire des millions d’habitations pour les sans abris, il a été médiateur dans des conflits diplomatiques épineux et a possiblement permis en 1994 d’éviter une guerre nucléaire entre les Corées du Nord et du Sud, ce qui lui a valu le Prix Nobel de la Paix. Ce faisant, il a redéfini l'après-Présidence en la transformant en une entreprise humanitaire et philanthropique bien plus importante que la Présidence même. ».
     

     
     


    Sur l'invitation du Président George W. Bush, qui allait quitter la Maison-Blanche, Jimmy Carter a rejoint le 8 janvier 2009 ses successeurs encore en vie, à savoir en plus du Président sortant, le Président élu Barack Obama, ainsi que George H.W. Bush et Bill Clinton. George W.H. Bush est mort le 30 novembre 2018, ce dernier était plus âgé que Jimmy Carter de quelques mois.
     

     
     


    Quant au Président sortant actuel, Joe Biden, jeune sénateur déjà expérimenté, a été l'un des premiers parlementaires démocrates à avoir soutenu la candidature de Jimmy Carter à l'élection présidentielle de 1976. Jimmy Carter était alors gouverneur de Géorgie de janvier 1971 à janvier 1975, après avoir été sénateur de Géorgie (équivalent de conseiller régional) de 1963 à 1967. Il a gagné l'élection de justesse contre Gerald Ford, le seul Président américain à n'avoir jamais été élu par le peuple américain, investi après la démission de Richard Nixon pour cause de scandale du Watergate.

    Sa longévité étonnante l'a rendu centenaire. Jimmy Carter était très diminué depuis quelques années, se déplaçant en fauteuil roulant et faisant de très rares apparitions publiques (il en a fait deux en 2023, dont l'une pour l'enterrement de sa femme Rosalynn). Il avait annoncé en février 2023 qu'il était placé en soins palliatifs à domicile, ce qui faisait craindre un décès rapide. Au contraire, Jimmy Carter a voulu montrer que les soins palliatifs servaient aussi à vivre et n'étaient pas forcément l'antichambre de la mort.

     

     
     


    Conformément à ses vœux, Jimmy Carter sera inhumé devant sa maison de Plains, en Géorgie, ville où il est né et mort. Auparavant, son corps sera exposé à Atlanta pendant quelques jours et une cérémonie officielle sera organisée en son hommage à Washington.

    La Fondation Carter veillera à la postérité du Président Jimmy Carter qui a déjà donné son nom, de son vivant, au dernier sous-marin nucléaire américain, le USS Jimmy Carter (SSN-23) en service depuis le 19 février 2005. Il faut rappeler que Jimmy Carter s'était engagé dans les Marines entre 1946 et 1953, servant dans les sous-marins nucléaires, seul Président à l'avoir fait, avant de devenir cultivateur de cacahuètes.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (29 décembre 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Jimmy Carter, patriarche de l'humanitaire.
    Les Accords de Camp David.
    Une mosaïque pour Jimmy !
    Jimmy Carter a 100 ans.
    Jimmy Carter a 90 ans.
    Le dernier sage ?
    L'Amérique de la Paix.
    Jimmy Carter et le temps des cacahuètes.
    Shirley Chisholm.
    Pleins pouvoirs à Donald Trump.
    Sprint final aux USA : ordures en tout genre.
    Hillary Clinton.
    Liz Cheney.
    Où en est la campagne présidentielle de Kamala Harris ?
    Jimmy Carter.
    Lauren Bacall.
    Maurice Jarre.
    Bill Clinton.
    Vera Miles.
    Les Yes-She-Can de Barack Obama !
    Kamala Harris sera-t-elle la première femme Présidente des États-Unis ?
    USA 2024 : Joe Biden se retire et soutient Kamala Harris !
    Donald Trump victime d'une tentative d'assassinat.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Ronald Reagan.
    Triste Trump (hic) !
    Paul Auster.
    Standard & Poor's.
    Moody's et Fitch.
    Les 75 ans de l'OTAN.
    Lee Marvin.
    Les 20 ans de Facebook.
    Bernard Madoff.
    La crise financière mondiale de 2008.

    La boîte quantique.
    Maria Callas.
    Henry Kissinger.
    Alexander Haig.
    Katalin Kariko et Drew Weissman.
    Rosalynn Carter.
    Walter Mondale.
    Marathonman.
    Bob Kennedy.



     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241229-jimmy-carter.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/jimmy-carter-patriarche-de-l-258401

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/12/29/article-sr-20241229-jimmy-carter.html



     

  • Le génie de Benoît Mandelbrot

    « C’est l’essentiel des phénomènes de la nature qui obéissent à cet autre type de hasard où l’on ne peut appliquer la loi des grands nombres. (…) Le modèle standard nous fait passer à côté de la plus grande partie de la réalité, et va jusqu’à nous empêcher même de la voir. » (Benoît Mandelbrot, 1973).



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    Le mathématicien Benoît Mandelbrot est né il y a juste 100 ans, le 20 novembre 1924, à Varsovie. Il est mort d'un cancer peu avant ses 86 ans le 14 octobre 2010 à Cambridge, dans le Massachusetts. J'ai déjà évoqué ce scientifique atypique et prolifique dans un article précédent, en particulier sur les fractales dont il est l'un des initiateurs.

    Benoît Mandelbrot a eu à la fois de la chance et de la malchance dans ses origines juives polonaises (sa famille était lituanienne). La "malchance", car ce n'était pas du tout facile d'être Juif pendant cette partie du siècle sur cette terre européenne. En 1936, la famille a d'ailleurs émigré en France, rejoignant une autre partie de la famille déjà installée. Sous l'Occupation, le jeune homme a dû se cacher et changer souvent d'adresses pour éviter d'être déporté voire assassiné dans les camps de la mort. Le fait qu'il ait été épargné a été sa chance, mais plus encore, la chance d'être né dans une famille qui l'a encouragé et qui a encouragé le travail et la curiosité, notamment avec son oncle Szolem Mandelbrojt, scientifique aussi, membre du Collège de France depuis 1938, qui lui a permis, entre autres, de rencontrer de nombreux autres scientifiques (cet oncle était l'un des fondateurs du fameux groupe Bourbaki).

    Polytechnicien, Benoît Mandelbrot se destinait à la recherche mathématique, mais loin de rester dans les cases de cette science dure, il voulait au contraire la relier avec des réalités quotidiennes. Il a été ainsi économiste ou linguiste autant que mathématicien. Faisant ses études en France, il est finalement parti aux États-Unis pour soutenir sa thèse de doctorat et toute sa vie, il a oscillé entre la France (et la Suisse) et les États-Unis, cumulant certains postes comme chercheur au CNRS, puis professeur d'université à Lille, en France, et professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) puis à Harvard, puis à Yale, ou encore chercheur à IBM à partir de 1958, aux USA (il a refusé le Collègue de France en 1973).


    Il a quitté certains postes d'enseignement qui lui prenaient trop de temps afin de se consacrer à ses travaux de recherche, et probablement que son poste à IBM était le meilleur, puisque la compagnie informatique lui a laissé une liberté absolue dans ses activités. En effet, en tant que research fellow, ce qui est un grade privilégié dans une grande entreprise américaine, il n'avait pas vraiment d'impératif de management (projet ou hiérarchique) et pouvait se consacrer très librement à ses objectifs de recherche et même, bénéficier de temps de disponibilité pour pouvoir nouer des collaborations avec d'autres centres de recherche et rencontrer d'autres scientifiques.

    Sur ce point, il faut m'arrêter pour comparer le système de recherche des États-Unis et celui de la France. En France, la recherche est particulièrement fournie dans le public, dans les universités et dans des instituts de recherche dont le plus prestigieux est sans doute le CNRS en raison de son interdisciplinarité. Une fois que le chercheur a un poste, soit d'enseignant-chercheur, soit de chercheur, il est libre de pouvoir orienter ses recherches comme bon lui semble et évoluer dans sa carrière avec l'idée que les promotions et les choix se font par cooptation. Le problème de ce système, c'est que l'argent public sert surtout à payer les salaires (relativement faibles pour le chercheur mais très lourds pour l'État) et les gros équipements (de type synchrotron, etc.), mais manque pour financer des équipements parfois coûteux des laboratoires.

    D'où l'importance du privé en France. Ce n'est pas nouveau, mais la loi Pécresse de 2007 a considérablement aidé les laboratoires publics notamment en permettant aux universités de se doter d'argent privé. Même si c'était en contradiction idéologique avec la plupart des enseignants-chercheurs, cette loi a été largement acceptée par la communauté scientifique car elle a permis de poursuivre un financement que l'État (surendetté, et pas seulement de maintenant !) ne pouvait plus assurer. Non seulement les laboratoires publics ont gagné en autonomie, mais aussi en financement, sans pour autant être "vendus" aux entreprises.

    Mais là, je ne parle que de recherche publique. La France a bien sûr aussi de la recherche privée, mais elle est de moins en moins importante. Depuis une vingtaine d'années, l'État d'ailleurs encourage fortement l'investissement dans le recherche au moyen du crédit impôt recherche qui est l'un des mécanismes non seulement pour encourager cet investissement mais aussi pour inciter les grands groupes internationaux à installer leurs centres de recherche en France. Il reste que la recherche privée est directement tributaire des marchés et à court terme, ce qui peut inquiéter sérieusement pour l'avenir du pays.

    Autre point faible de la France, directement en rapport avec la conception de l'argent que se font beaucoup de Français (complexés par l'argent), il y a un réel chaînon manquant entre la découverte scientifique et sa valorisation industrielle. Il y a encore peu de dépôts de brevet au CNRS malgré la qualité excellente de la recherche de très nombreux scientifiques.

    Aux États-Unis, comme il y a très peu d'État (et je devine que très prochainement, avec le retour de Donald Trump, il y en aura encore moins), tout fonctionne depuis toujours avec l'argent privé : universités, laboratoires de recherche, etc. Mais cela n'empêche pas l'autonomie des chercheurs. Dans les universités, un chercheur est à la fois chercheur et entrepreneur, car il est capable financièrement d'investir pour valoriser les fruits de sa recherche (on appelle cela essaimage, ou start-up). Inversement, et c'est ce qui s'est passé pour IBM (qui ont eu des chercheurs qui ont reçu le Prix Nobel de Physique, les plus connus furent en 1986 à Zurich), c'est que les grandes entreprises privées jouent le rôle de la recherche publique en France. Notamment avec ce type de poste de research fellow. D'ailleurs, Benoît Mandelbrot devait prendre sa retraite d'IBM en 1993 mais il a eu la possibilité de garder un bureau et de continuer à y travailler avec le titre de fellow emeritus jusqu'en 2006, date à laquelle il a vraiment pris sa retraite (et a arrêté de donner des cours à Yale).

    Je termine cette grande parenthèse sur les chercheurs avec cette idée qu'un chercheur, qui est une personne très pointue dans un domaine très technique, dotée d'une forte intelligence couplée à une forte intuition, le tout avec un travail de longue haleine, persévérant et parfois infructueux, ne court pas, en général, après l'argent. Il existe des métiers (de type commercial) qui permettent de devenir riche beaucoup plus rapidement et avec beaucoup moins de labeur que de faire des mathématiques ou de la physique de très haut niveau. La passion et la curiosité sont des moteurs bien plus efficaces que l'argent pour les scientifiques. De plus, ils ont un autre moteur (commun également aux autres) qui est la reconnaissance. Et c'est aussi cette raison qui a conduit Benoît Mandelbrot à travailler plus aux États-Unis qu'en France où on s'intéressait peu à ses travaux.


    L'un des traits de génie de Benoît Mandelbrot a été d'avoir été capable, à partir de travaux antérieurs, comme la loi de George Kingsley Zipf d'observation empirique de la fréquence d'un mot dans un texte en fonction de son rang et la théorie de l'information de Claude Shannon, d'en faire une loi plus générale, ce qui a été l'objet de sa thèse soutenue le 19 décembre 1952 ("Contribution à la théorie des jeux de communication") qui lui a apporté une grande notoriété outre-atlantique.

    C'est à la fin des années 1960 que Benoît Mandelbrot s'est intéressé à ce qu'il a appelé les fractales, en voulant déterminer la longueur des côtes de la Grande-Bretagne, et en montrant que leur dimension de Hausdorff n'était ni 1 ni 2 mais entre 1 et 2 (non entière). Dans ce cadre, il s'est investi dans l'étude des fluctuations instantanées, essentielles pour mieux prévoir l'économie et les modèles financiers, trop souvent décrits par des moyennes qui ne rendent compte de rien. Au-delà de l'économie, les applications de ses travaux sont très nombreuses, de la forme des nuages aux crues du Nil en passant par la transmission du signal.

    Dans sa leçon au Collège de France le 13 janvier 1973 sur les "Formes nouvelles du hasard dans les sciences", Benoît Mandelbrot a dit en introduction : « La variété des phénomène naturels est infinie, mais les techniques mathématiques susceptibles de les dompter sont fort peu nombreuses. Il arrive donc souvent que des phénomènes qui par ailleurs n'ont rien de commun se trouvent partager la même structure mathématique. C'est un tel cousinage conceptuel qui semble aujourd'hui porter l'une vers l'autre les fluctuations qui à la fois sont "très erratiques" et possèdent une "homothétie statistique interne". Leur matière va de l'économique à la biologie, à la géophysique, à diverses branches de la physique et au-delà, mais de deux points de vue ces fluctuations se ressemblent : l'échec d'une technique mathématique et le succès d'une autre. Le premier les définit comme "non laplaciennes" ou "très erratiques", par contraste avec les fluctuations familières qui peuvent être dites "laplaciennes" ou "bénignes". Le deuxième les définit comme "statistiquement homothétiques". (…) Je voudrais faire sentir aussi bien le degré d'unité que l'homothétie apporte, que la variété des problèmes spécifiques auxquels elle contribue à répondre. ».
     

     
     


    L'Ensemble de Mandelbrot (inspiré par les travaux du mathématicien Gaston Julia) est la famille des fractales qui répondent à cette équation : z(0) = 0 et z(n+1) = z(n) puissance 2 + c (où c est un nombre complexe quelconque). Cela donne cette harmonieuse géométrie qui se répète de la plus grande à la plus petite échelle (cliquer ici).
     

     
     


    Benoît Mandelbrot a publié en 1982 un livre complet de six cents pages sur le sujet "The Fractal Geometry of Nature" : « Au fur et à mesure que la technologie s'est améliorée, les fractales tracées par ordinateur, mathématiquement précises, sont devenues plus détaillées. Les premiers dessins étaient en noir et blanc à basse résolution ; les dessins ultérieurs étaient en haute résolution et en couleur. De nombreux exemples ont été créés par des programmeurs qui ont travaillé avec Mandelbrot, principalement au centre de recherche d'IBM. Ces visualisations ont renforcé la force de persuasion des livres et leur impact sur la communauté scientifique. ». Pour plus de précision, on peut relire ici.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (16 novembre 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Benoît Mandelbrot.
    Publication : Tan, Lei. "Similarity between the Mandelbrot set and Julia sets". Comm. Math. Phys. 134 (1990), no 3, 587-617.
    Fractales explosives.
    Hubert Curien.
    Alain Bombard.
    Hubert Reeves.
    L'intelligence artificielle récompensée par les Nobel 2024 de Physique et de Chimie.
    Didier Raoult interdit d'exercer !
    2e rentrée scolaire contre les papillomavirus humains.
    Variole du singe (mpox) : "ils" nous refont le coup ?
    Covid : attention au flirt !
    Papillomavirus humains, cancers et prévention.
    Publications sur le papillomavirus, le cancer du col de l'utérus et l'effet de la vaccination anti-HPV (à télécharger).
    Émission "Le Téléphone Sonne" sur la vaccination contre les papillomavirus, sur France Inter le 3 mars 2023 (à télécharger).
    Le cancer sans tabou.
    Qu'est-ce qu'un AVC ?
    Lulu la Pilule.
    La victoire des impressionnistes.
    Science et beauté : des aurores boréales en France !
    Le Tunnel sous la Manche.
    Peter Higgs.
    Georges Charpak.
    Gustave Eiffel.
    Prix Nobel de Chimie 2023 : la boîte quantique ...et encore la France !
    Katalin Kariko et Drew Weissman Prix Nobel de Médecine 2023 : le vaccin à ARN messager récompensé !
    Covid : la contre-offensive du variant Eris.
    Hubert Reeves.
    Prix Nobel de Physique 2023 : les lasers ultrarapides, la physique attoseconde... et la France récompensée !
    John Wheeler.
    La Science, la Recherche et le Doute.
    L'espoir nouveau de guérir du sida...
    Louis Pasteur.
    Howard Carter.
    Alain Aspect.
    Svante Pääbo.
    Frank Drake.
    Roland Omnès.
    Marie Curie.

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    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241120-benoit-mandelbrot.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/le-genie-de-benoit-mandelbrot-257450

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/11/19/article-sr-20241120-benoit-mandelbrot.html



     

  • Pleins pouvoirs à Donald Trump

    « Son extravagance à lui ne ressemble à aucune de celles qui sont inoffensives et courantes... Elle appartient m'a-t-il semblé, à l'une des rares formes redoutables de l'originalité, une de ces lubies aisément contagieuses : sociales et triomphantes pour tout dire !... Ce n'est peut-être point tout à fait encore de la folie dont il s'agit dans le cas de votre ami... Non ! Ce n'est peut-être que de la conviction exagérée... Mais je m'y connais en fait de démences contagieuses... Rien n'est plus grave que la conviction exagérée !... » (Céline, 1932).




     

     
     


    Autant le dire tout de suite, je ne suis pas un citoyen américain et je respecte le choix des électeurs américains, mais je suis quand même très déçu par les résultats des élections américaines qui se sont déroulées ce mardi 5 novembre 2024. J'espérais la victoire de Kamala Harris qui a toutes les qualités pour présider ce qui est encore la première puissance mondiale, mais on pourra certainement dire qu'une élection se mérite et ce n'est pas avec une campagne de trois mois qu'on peut convaincre des centaines de millions d'électeurs quand son adversaire, malgré son grand âge, a tenu près d'un milliers de meetings dans tout le pays. Donc, c'est presque officiel mais il n'y a pas d'incertitude, Donald Trump a gagné les élections de ce 5 novembre 2024, et même, a largement gagné.

    Il y avait deux incertitudes dans ces élections : l'identité du vainqueur, et si les résultats du dépouillement allaient être eux-mêmes incertains, flous, mettre des jours voire des semaines à accoucher, comme en 2000 ou en 2020. L'incertitude n'a pas eu lieu, les résultats ont été clairs dès le milieu de cette nuit électorale, dès la victoire des républicains en Pennsylvanie, au point que le Président français Emmanuel Macron n'a même pas attendu l'atteinte des 270 grands électeurs pour féliciter Donald Trump. Non seulement les résultats sont clairs, mais la participation électorale a été très forte. La conclusion incontestable.

    Quant à l'incertitude sur le nom du vainqueur, y avait-il
    un réel suspense ? Pas sûr. Des sites d'information comme RealClearPolitics semblaient considérer les élections pliées depuis plusieurs semaines. En France, il y a eu bien entendu un fort courant en faveur de Kamala Harris (j'en étais), comme c'est traditionnel (à part l'extrême droite et la droite dure, les Français sont traditionnellement démocrates au sens politiquement américain du terme), mais de là à prendre ses désirs pour des réalités, c'est sans doute les biais de nombreux journalistes et commentateurs français.

    En revanche, on savait une chose ; c'était que dans tous les cas, cette élection était historique. Cela l'aurait été si Kamala Harris avait été élue, ne serait-ce que parce que cela aurait été la première femme élue Présidente des États-Unis. J'espère à l'avenir qu'elle retentera le coup, car elle n'a pas démérité dans cette campagne courte et difficile et il y aura besoin de beaucoup d'énergie pour 2028, d'autant plus la voie du nouveau Vice-Président J.D. Vance semble désormais toute tracée dans le sillage du parti républicain.

    Elle est historique aussi avec la réélection de Donald Trump qui s'est autoproclamé 47e Président des États-Unis au milieu de la nuit, au cours d'un meeting de joie à West Palm Beach, en Floride. L'historique, c'est qu'il est l'un des rares Présidents des États-Unis à avoir été battu à l'issue de son premier mandat et à se faire réélire à l'issue du suivant. En effet, il faut remonter au Président démocrate Grover Cleveland (1837-1909) pour retrouver un tel come-back (retour) politique et électoral, qui, à l'époque, était sans précédent.

    Grover Celveland a été élu le 4 novembre 1884 avec un peu moins de 60 000 voix d'avance (sur 10,1 millions de voix au total) et 37 grands électeurs d'avance (sur 401 grands électeurs) face au candidat républicain James Blaine (ancien et futur Secrétaire d'État), mais a été battu le 6 novembre 1888 par le candidat républicain Benjamin Harrison malgré ses plus de 90 000 voix d'avance (sur 11,4 millions de voix au total) en raison de son retard de 65 grands électeurs (sur 401). Mais il ne s'est pas avoué définitivement vaincu et il a pris sa revanche, finalement réélu à l'issue du mandat de son adversaire, en le battant très nettement le 8 novembre 1892, avec plus de 360 000 voix d'avance (sur 12,1 millions de voix au total) et 132 grands électeurs (sur 444). Ancien maire de Buffalo et ancien gouverneur de l'État de New York, Grover Cleveland a été le premier Président démocrate depuis la fin de la guerre de Sécession. Son second mandat a été ponctué par la défaite du candidat démocrate et la victoire du républicain William MacKinley le 3 novembre 1896.

    On disait qu'aux États-Unis, les candidats perdants ne s'accrochaient pas aux élections, au contraire des nôtres, en France, où
    François Mitterrand, Jacques Chirac, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, etc., n'ont cessé de se présenter à des élections présidentielles malgré leurs échecs successifs (ce qui a tout de même bien fini pour deux d'entre eux). Après un premier échec (pas aux primaires où certains ont beaucoup persévéré, mais aux élections nationales), ils jetaient l'éponge et faisaient autre chose. Aux États-Unis, depuis un siècle, il n'y a eu véritablement qu'un seul candidat tenace, le républicain Richard Nixon qui, Vice-Président sortant, a été battu en 1960 par John Kennedy mais élu en 1968 (et même réélu en 1972). Donald Trump est le second exemple de candidat tenace.
     

     
     


    Deux autres raisons de dire que ces élections du 5 novembre 2024 sont historiques. Donald Trump devient, à 78 ans, le Président des États-Unis le plus vieux de l'histoire du pays, dépassant de cinq mois Joe Biden en 2020, et il faut bien reconnaître qu'il a l'air plus en forme physiquement que son successeur/prédécesseur.

    Le plus important, c'est aussi que la victoire de Donald Trump n'est pas seulement sur le nombre de grands électeurs, comme en 2016, mais aussi sur le vote populaire, ce qui fait que c'est la première fois depuis vingt ans qu'un républicain a obtenu une majorité du vote populaire en 2004 avec la réélection de
    George W. Bush.

    D'ailleurs, on pourrait aussi faire une analogie entre les élections de 2004 et celles de 2024 puisqu'elles tendent à confirmer (ou infirmer) très nettement le résultat très serré de la précédente : en 2004, George W. Bush a confirmé son élection très litigieuse et serrée de 2000 (à cause d'un décompte d'un comté de la Floride), et en 2024, Donald Trump regagne après avoir contesté son échec électoral de 2020 au point d'
    en appeler à l'insurrection.

    Non seulement le vote populaire, qui lui a fait défaut en 2016 (et en 2020), est désormais majoritaire en sa faveur, mais en plus, Donald Trump va bénéficier d'un alignement des planètes très rare dans la vie politique américaine : il bénéficiera au cours de son mandat (du moins pour les deux premières années de son second mandat) à la fois d'une Chambre des représentants républicaine, d'un Sénat républicain (qui vient de basculer ce mardi) et également d'une Cour Suprême majoritairement et durablement républicaine (six juges sur neuf, nommés tous à vie). Donald Trump n'aura donc aucun mal à nommer qui il veut dans l'administration fédérale, même à des petits postes puisqu'il veut faire valser la plupart des hauts fonctionnaires pour combattre "l'État profond" à la notion plus fantasque que réelle.


    Cette triple grande victoire a donc encore plus de quoi m'inquiéter tant sur l'avenir des États-Unis, que celui de l'Europe voire du monde en général, des relations internationales en général. Pourquoi ?

    Sur le plan international, c'est évidemment le
    devenir de l'Ukraine qui vient de se jouer dans les urnes américaines. Si Donald Trump coupe l'aide américaine, l'Ukraine n'aura plus de moyens réels de résister à l'envahisseur qu'est Vladimir Poutine qui doit, en ce moment, se frotter les mains. Aux Européens de prendre la mesure de ce changement de paradigme fondamental.

    Sur le plan intérieur, la victoire de Donald Trump s'est faite sur le dos du droit et de la justice. Non seulement Donald Trump a été condamné des dizaines de fois pour des délits voire des crimes (agressions sexuelles, etc.) mais il a annoncé pendant la campagne qu'il pourchasserait, une fois élu, tous ceux qui l'avaient mis en accusation. C'est une position qui n'est pas de nature à pacifier les relations dans un pays très divisé et à rendre la justice sereine. Cette victoire est la victoire du repris de justice sur la procureure.

     

     
     


    L'élection de Donald Trump, c'est bien la victoire morale (provisoire) de la violence individuelle, des rapports de force, de la brutalité, de la loi du plus fort, sur l'État de droit, sur le droit des minorités, sur les droits humains, sur le droits des plus faibles. C'est un vrai arrêt civilisationnel, que j'espère de courte durée, mais c'est malheureusement un mouvement de fond qui n'est pas uniquement américain et qu'on connaît aussi dans les vieilles démocraties européennes, avec la forte audience de partis populistes, parfois même au pouvoir ou en passe en de le conquérir à courte échéance.

    Cet arrêt civilisationnel est réel : depuis des siècles, peut-être un millénaire, sur la base des valeurs chrétiennes (les Dix Commandements qui ont été finalement repris dans le code civil et le code pénal), on a réussi à réduire la violence individuelle et à la déléguer à la puissance de l'État pour qu'un tiers, lui, règle les problèmes entre les individus (justice, police, etc.), une force publique organisée mais aussi contrôlée par le peuple, par un pouvoir politique démocratiquement légitime. Cela a été un bond de civilisation et de culture majeur.

    Mais depuis quelque temps, quelques décennies, l'emprise de l'État, partout dans les pays démocratiques (et encore plus dans les autres), est devenue étouffante, asphyxiante. Les hyper-réglementations ont assommé les citoyens et leurs propres libertés, ce qui conduisent parfois les peuples à ne plus entendre d'autres considérations et à élire des Donald Trump (entre autres).

    Une personne qui m'est chère avec qui j'ai échangé ce matin à la suite de la réélection de Donald Trump, a exprimé excellemment la pensée que j'avais également eue à l'annonce de cette forte victoire (en l'occurrence à mes yeux, de cette forte défaite), je la cite donc : « Il faut aussi réfléchir sur les ressorts du vivre ensemble qui se sont cassés. Peut-être que le champ des libertés individuelles s'est exagérément restreint sous la triple pression d'une réglementation boursouflée et autoreproductrice, d'un wokisme rampant qui transforme les mentalités au prix de dommages collatéraux terrifiants et de la nécessité d'agir face à la transformation climatique. Peut-être qu'il faut réinventer des contre-pouvoirs aux réseaux sociaux qui ont changé la place de l'homme, sa façon d'analyser les faits, sa perception de la vérité. J'ai peur, en vérité, que notre civilisation, celle qui s'est développée en Europe depuis la Renaissance soit en train de mourir et que ce dépérissement soit douloureux et violent. ».

    Les élections sont toujours des vagues de haute mer, ça va et ça revient, les succès se succèdent aux échecs. Il ne faut pas renoncer à abandonner ce qui a fait le ciment de la démocratie et de nos sociétés. Les États-Unis ont plus d'un atout pour ne pas tout perdre, mais il va falloir, nous, démocraties européennes, nous y faire à ne plus rien attendre des États-Unis, et en tout cas, à nous défendre militairement nous-mêmes. Cette élection est un appel impérieux à la défense européenne. Ceux qui vous disent le contraire ne veulent pas protéger ni la France ni l'Europe, ce sont de
    faux patriotes vendus à la Russie ou à d'autres puissances étrangères.

    Pour l'heure, dans son premier discours, Donald Trump a semblé plus modéré qu'en campagne et souhaiterait rassembler le pays. Il faut voir, car l'histoire jugera sur pièces. Pour reprendre le mot d'ordre des contestataires : ne lâchons rien !!



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (06 novembre 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Pleins pouvoirs à Donald Trump.
    Sprint final aux USA : ordures en tout genre.
    Hillary Clinton.
    Liz Cheney.
    Où en est la campagne présidentielle de Kamala Harris ?
    Jimmy Carter.
    Lauren Bacall.
    Maurice Jarre.
    Bill Clinton.
    Vera Miles.
    Les Yes-She-Can de Barack Obama !
    Kamala Harris sera-t-elle la première femme Présidente des États-Unis ?
    USA 2024 : Joe Biden se retire et soutient Kamala Harris !
    Donald Trump victime d'une tentative d'assassinat.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Ronald Reagan.
    Triste Trump (hic) !
    Paul Auster.
    Standard & Poor's.
    Moody's et Fitch.
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    Lee Marvin.
    Les 20 ans de Facebook.
    Bernard Madoff.
    La crise financière mondiale de 2008.

    La boîte quantique.
    Maria Callas.
    Henry Kissinger.
    Alexander Haig.
    Katalin Kariko et Drew Weissman.
    Rosalynn Carter.
    Walter Mondale.
    Marathonman.
    Bob Kennedy.






    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241105-trump.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/pleins-pouvoirs-a-donald-trump-257525

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/11/05/article-sr-20241105-trump.html