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États-unis - Page 3

  • Où en est la campagne présidentielle de Kamala Harris ?

    « Kamala Harris est prête à faire le boulot ! » (Barack Obama, le 10 octobre 2024 à Pittsburgh).



     

     
     


    L'année 2024 sera-t-elle celle de Kamala Harris ? À deux semaines et demi du scrutin, le 5 novembre 2024, les sondages donnent une totale incertitude et gare aux pronostiqueurs ! Ce dimanche 20 octobre 2024, Kamala Harris fête son 60e anniversaire. Elle n'est plus toute jeune, donc, pas quadragénaire comme John Kennedy, Bill Clinton ou Barack Obama à leur élection à la Maison-Blanche, mais loin aussi d'être une vieillarde, proche d'être octogénaire comme son redoutable rival Donald Trump. La soixantaine, c'est l'expérience avec encore le dynamisme.

    Kamala Harris porte cette double ambiguïté dans sa propre candidature. D'abord, certains électeurs démocrates regrettent qu'elle n'ait pas été désignée selon des primaires normales. Elle n'est qu'un plan B après la défection de Joe Biden, si bien qu'elle n'a pas su passer cette épreuve du feu, celle des primaires pendant le premier semestre, qui épuise mais aussi qui révèle. Ensuite, celle qui est à la fois une femme, une fille de deux immigrés, une afro-asiatico-américaine (je ne sais pas comment on le dit), bref, elle présente deux caractères de la "diversité" (comme on dit un peu pompeusement) qui seraient plutôt l'apanage, chez les démocrates, de l'aile gauche... alors qu'elle, elle est plutôt de l'aile centriste, celle des raisonnables, celle qui est prête à accueillir les électeurs républicains déboussolés par un Donald Trump vraiment inclassable et impayable.

    Après l'abandon de Joe Biden, Kamala Harris a lancé
    sa candidature avec force. Elle a su faire l'union de son parti, le parti démocrate, autour de son nom et ce n'était pas gagné, mais l'urgence d'investir un candidat sérieux et son expérience de 49e Vice-Présidente des États-Unis depuis le 20 janvier 2021 ont fait la différence, la rendre incontournable. Surtout, elle qui était si discrète, elle a révélé une capacité de faire campagne inimaginable. L'apothéose fut bien sûr la Convention nationale démocrate à Chicago en août 2024, mais c'était prévisible quel que soit le candidat, c'est le rôle des conventions.
     

     
     


    Son premier (et unique) débat télévisé avec Donald Trump, le 10 septembre 2024, a montré qu'elle savait débattre, répondre par des arguments, faire à l'occasion sa procureure, son métier d'origine, pour affronter ce repris de justice qu'est le milliardaire Donald Trump qui, paradoxalement, trouve le cœur de son électorat dans les classes populaires. Kamala Harris a tellement gagné ce débat télévisé que son contradicteur, mauvais joueur comme d'habitude, a fustigé ce débat "truqué", selon lui, et a annoncé qu'il refuserait de débattre à nouveau avec elle.
     

     
     


    Cette belle mécanique de Kamala Harris, qui a réussi à rendre désormais possible et réaliste l'arrivée d'une femme à la Maison-Blanche, s'est un peu grippée depuis un mois. Certes, la fin de l'été a permis aux démocrates de rattraper leur retard sur Donald Trump, principalement basé sur l'âge de Joe Biden dont la perspective de réélection devenait de moins en moins raisonnable au fil des gaffes et des bourdes. Mais depuis un mois, la campagne s'enlise, dans les deux camps. Ni l'un ni l'autre ne s'échappe dans les sondages, et surtout, aucun événement, ni les événements extérieurs (la guerre que mène Israël contre le Hamas et le Hezbollah, par exemple), ni aucun événement intérieur (comme les tentatives d'assassinat contre Donald Trump ou les dossiers compromettant Donald Trump sur son rôle dans l'invasion du Capitole le 6 janvier 2021) ne semblent avoir de prise ou d'influence sur les intentions de vote des deux candidats. Les intentions de vote semblent figées, comme s'il s'agissait d'une guerre de positions, comme la guerre en 1939. La campagne ne consiste donc pas à vouloir changer les convictions des convaincus, mais à convaincre les hésitants.

    Alors, attention à la Bliztkrieg ! Donald Trump, qui est généreux en coups politiques de dernière minute, n'hésitera pas à faire le tout pour le tout pour gagner son ultime combat (il a déjà annoncé qu'il ne serait pas candidat en 2028, il aurait 82 ans !). Dans le camp démocrate, on a peur que Kamala Harris n'attire pas l'électorat populaire (d'où son colistier Tim Walz, d'origine populaire). Elle est de Californie, et parle aux intellos, à l'etablishment de Washington, mais c'est l'électorat populaire, les classes peu aisées, qu'il s'agit de convaincre.

     

     
     


    Comme d'habitude, Donald Trump, dont les meetings sont devenus de plus en plus n'importe quoi (il a dansé plusieurs dizaines minutes sur de la musique des années 1970 et 1980 au lieu de parler), a ironisé sur sa rivale lors du dîner annuel de la Fondation Alfred E. Smith le 17 octobre 2024 à New York en assurant que Kamala Harris « peut à peine parler et enchaîner deux phrases cohérentes » et qu'elle « a les facultés mentales d'un enfant et n'a aucune intelligence » (cela fait un peu propos de cour de récréation d'une école primaire).

    De son côté, Kamala Harris ne manie pas de meilleurs arguments. Ainsi, en campagne dans le Michigan ce vendredi 18 octobre 2024, elle a insisté sur l'âge et la fatigue de Donald Trump : « Être Président des États-Unis est probablement l’un des emplois les plus difficiles au monde et nous devons vraiment nous demander : s’il est épuisé par la campagne, est-il apte à faire ce travail ? ».

    C'est vrai aussi que Kamala Harris a raté certaines occasions de faire campagne. Ainsi, lors du passage du terrible ouragan Milton, qui a provoqué le 11 octobre 2024 en Floride la mort d'au moins seize personnes et des dégâts d'au moins 50 milliards de dollars (le gouverneur républicain Ron DeSantis a déclaré : « Nous n'avons pas connu le pire scénario, mais nous avons été touchés. »), Donald Trump s'est rendu sur place et a annoncé qu'il demanderait à son ami milliardaire
    Elon Musk de rétablir la situation en attendant que les services de l'État arrivent. Son adversaire Kamala Harris n'est même pas venue sur place, retenue à un autre endroit du pays pour sa campagne.
     

     
     


    Le système politique américain, dont l'origine est multiséculaire, et qui, à l'époque, avait ses raisons historiques, est tel que ce n'est pas le vote populaire qui fait emporter l'élection (sinon, Kamala Harris serait assurée d'être élue, et Hillary Clinton aurait été élue), mais l'élection des délégués. Ces grands électeurs sont élus par États, et à l'exception du Maine (4 grandes électeurs) et du Nebraska (5 grands électeurs), la majorité simple des voix dans un État fait remporter la totalité des délégués de cet État (le nombre de délégués dans un État est proportionnel à sa population). Cela signifie que si un candidat obtient 55% dans un des 48 autres États, il est sûr de remporter la totalité des délégués de cet État et n'a pas intérêt à avoir 70% puisqu'il a déjà 100% des délégués.
     

     
     


    Si bien que les États où le vainqueur est sans incertitude ne font pas l'objet d'une grande campagne des candidats, alors qu'il existe des États que j'appellerai tangents, qu'on appelle aussi États pivots ("Swing States"), qui, même s'ils ont peu de délégués, présentent un enjeu crucial pour l'issue de l'élection. Ces États, en 2024, sont au nombre de sept : la Pennsylvanie (16 grands électeurs), la Géorgie (16), la Caroline du Nord (16), le Michigan (15), l'Arizona (11), le Wisconsin (10) et le Nevada (6). Or, lors de l'élection précédente du 3 novembre 2020 qui a vu la victoire du démocrate Joe Biden, les démocrates étaient majoritaires dans tous ces États sauf la Caroline du Nord. Dans ces États (en particulier la Géorgie et la Caroline du Nord), il y a une véritable envolée de participation dans les votes anticipés, pour ceux qui peuvent déjà voter (cela dépend de chaque État). Au 18 octobre 2024, plus de 10,7 millions de votes ont déjà été faits dans tout le pays, selon l'Election Lab de l'Université de Floride, ce qui est énorme (pour certains États, c'était le jour ou le lendemain de l'ouverture du scrutin).
     

     
     


    Les sondages au 18 octobre 2024 donnent une grande incertitude et laisse un léger avantage à Donald Trump, avec une dynamique récente pour ces États, même si les calculs de moyenne de sondages pour ces États clefs ne donnent pas forcément les mêmes résultats (par exemple, entre "Le Monde" et le site RealClearPolitics).
     

     
     


    C'est bien entendu vers ces États que tous les efforts de campagne sont faits dans les deux camps. Ainsi, l'ancien Président Barack Obama est entré en campagne le 10 octobre 2024 à Pittsburgh, dans un gymnase plein et enthousiaste, en Pennsylvanie, pour soutenir activement Kamala Harris (sans sa présence car elle était à Las Vegas) et surtout, condamner Donald Trump qui fut son successeur direct : « Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est que quiconque puisse croire que Donald Trump va bouleverser les choses d'une manière qui soit bonne pour vous. (…) Nous n'avons pas besoin de quatre années supplémentaires d'arrogance, de maladresses, de fanfaronnades et de divisions. (…) Ne huez pas ! Votez ! ». Il ne faut pas croire que ses arguments volent plus haut que les autres : pour montrer qu'il ne connaissait pas la vie quotidienne des Américains, Barack Obama, père de famille, a assuré que Donald Trump n'avait jamais manié de couches-culottes... laissant à l'assistance le soin de crier : si, les siennes !
     

     
     


    Cette semaine, Barack Obama a fait campagne dans l'Arizona et le Nevada, et ira la semaine prochaine dans le Wisconsin et le Michigan. Il fera un meeting commun avec Kamala Harris le 24 octobre 2024 en Géorgie. Quant à son épouse Michelle Obama, elle sera avec Kamala Harris dans un meeting commun le 26 octobre 2024 dans le Michigan. Elle fera aussi campagne pour Kamala Harris le 29 octobre 2024 à Atlanta, en Géorgie. Le couple Obama, et en particulier Michelle Obama, est très populaire dans l'électorat démocrate et leur implication totale dans la campagne de Kamala Harris vise à mobiliser au mieux cet électorat acquis aux candidats démocrates mais qui risquerait de s'abstenir par déception, désillusion ou indifférence.

    Plus qu'en 2000, en 2016 et en 2020, jamais une élection présidentielle n'a été aussi incertaine aussi longtemps que celle de 2024. Kamala Harris pourra peut-être gagner, mais dans tous les cas, le trumpisme restera un phénomène de société insolite et, surtout, durable.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (19 octobre 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Où en est la campagne présidentielle de Kamala Harris ?
    Jimmy Carter.
    Lauren Bacall.
    Maurice Jarre.
    Bill Clinton.
    Vera Miles.
    Les Yes-She-Can de Barack Obama !
    Kamala Harris sera-t-elle la première femme Présidente des États-Unis ?
    USA 2024 : Joe Biden se retire et soutient Kamala Harris !
    Donald Trump victime d'une tentative d'assassinat.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Ronald Reagan.
    Triste Trump (hic) !
    Paul Auster.
    Standard & Poor's.
    Moody's et Fitch.
    Les 75 ans de l'OTAN.
    Lee Marvin.
    Les 20 ans de Facebook.
    Bernard Madoff.
    La crise financière mondiale de 2008.

    La boîte quantique.
    Maria Callas.
    Henry Kissinger.
    Alexander Haig.
    Katalin Kariko et Drew Weissman.
    Rosalynn Carter.
    Walter Mondale.
    Marathonman.
    Bob Kennedy.






    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241020-kamala-harris.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/ou-en-est-la-campagne-257267

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/10/18/article-sr-20241020-kamala-harris.html



     

  • Jimmy Carter, le centenaire militant

    « J’essaie juste de tenir pour pouvoir voter pour Kamala Harris ! » (Jimmy Carter le 3 août 2024).


     

     
     


    Tient-il obstinément parce qu'il veut voter absolument pour Kamala Harris dans quelques semaines (le 5 novembre 2024) ? Ne faut-il pas craindre un détachement complet après les élections américaines ? En attendant, l'ancien Président des États-Unis et Prix Nobel de la Paix Jimmy Carter fête son 100e anniversaire ce mardi 1er octobre 2024. Son premier centenaire !

    Inutile de préciser qu'il bat tous les records de longévité, nombre d'années après avoir quitté la Maison-Blanche et âge d'un ancien Président des États-Unis. Il y a de plus en plus de centenaires, ce n'est donc pas étonnant. On se demandera toujours : mais comment atteint-on 100 ans ? Pas quelle est la méthode, mais dans quel état est-on à 100 ans ?

    Pour être franc, l'état de santé de Jimmy Carter serait plutôt mauvais. C'est son petit-fils Jason Carter qui l'aurait rapporté au journal géorgien (Jimmy Carter est originaire de Géorgie et y séjourne) "Atlanta Journal Constitution" le 3 août 2024. Le grand-père répondait à une question de son fils Chip Carter qui lui demandait s'il fêterait son 100e anniversaire. Jimmy a résolument dit oui. Détermination à ne pas faire manquer une seule voix à la future Présidente démocrate des États-Unis !
     

     
     


    C'est la première fois que Jimmy Carter fête son anniversaire seul, seul dans le sens où son épouse, pendant soixante-dix-sept ans, Rosalynn est morte 19 novembre 2023 à l'âge de 96 ans. Pour l'ancien Président américain, l'enterrement de son épouse, le 29 novembre 2023 à l'église baptiste Maranatha de Plains (ville natale des deux époux, en Géorgie), fut sa dernière apparition publique (en présence de Joe Biden), et il ne compte plus en faire d'autre.





    Jimmy Carter est très malade, il a été placé en soins palliatifs chez lui le 18 février 2023. Beaucoup craignaient que ce ne fût qu'une questions de jours ou de semaines, et cela fait plus d'un an et demi qu'il y est. En communiquant ainsi, il souhaitait promouvoir les soins palliatifs à domicile, et dédramatiser, dire que ce n'était pas forcément le seuil de la mort, que c'était une manière de poursuivre sa vie, de terminer sa vie de manière plus confortable, moins douloureuse, entouré des siens. Cela a fait couler beaucoup d'encre et provoquer de nombreux débats publics mais aussi privés, dans l'intimité des familles américaines.
     

     
     


    Il a quand même la baraka, car le 12 août 2015, il avait annoncé qu'il avait un cancer du cerveau. Huit jours plus tard, qu'il se faisait traiter par radiothérapie. Et comme par miracle, le 6 décembre 2015, qu'il était guéri. Il a eu plus de chance que John MacCain.

    Sa volonté de voter absolument pour ces élections de 2024 n'est pas sans une grande motivation : la Géorgie fait partie des États incertains qui départageront Donald Trump et Kamala Harris. La candidate démocrate porte aujourd'hui l'héritage de Jimmy Carter plus que tout autre candidat démocrate : « Elle sait ce qui est juste et elle se bat pour cela. » a insisté Jason Carter. À Chicago, lors de la Convention nationale démocrate le mois dernier, Jason Carter avait en effet indiqué : « Kamala Harris porte l'héritage de mon grand-père. (…) Elle comprend que le leadership est une question de service et non d’égoïsme. Elle sait aussi que l’on peut faire preuve de force et de décence. Et que l'on peut faire beaucoup plus de choses avec le sourire qu'avec un air renfrogné ! ».

     

     
     


    L'ancien Président devrait pouvoir voter par correspondance. Son bulletin de vote devrait arriver en principe un mois avant le scrutin, soit le 5 octobre 2024. En fait, le bureau de vote du comté de Sumter, en Géorgie, dont dépend Jimmy Carter, a déjà annoncé que les bulletins de vote seraient envoyés à partir du 7 octobre 2024 et que la date limite pour s'inscrire au vote par correspondance en Géorgie était le 25 octobre 2024. Pour pouvoir voter par correspondance, il faut remplir certaines conditions bien répertoriées, comme être étudiant, ou personne âgée, ou personne à situation de handicap, etc.

    Lorsqu'un bulletin de vote par correspondance arrive au bureau de vote, il est immédiatement "verrouillé" par les assesseurs. Le porte-parole du bureau du secrétaire d'État de Géorgie Robert Sinners a expliqué le 24 septembre 2024 : « Une fois que le bulletin est retiré de l'enveloppe, il n'y a aucun moyen de remonter jusqu'à l'électeur qui l'a mis. ».

    Alors que ce sera certainement la dernière élection où Jimmy Carter pourra voter, son arrière-petit-fils (fils de Jason) Henry Carter, qui vient d'avoir 18 ans, a déclaré le 17 septembre 2024 que, pour lui, ce serait au contraire la première fois qu'il pourrait voter. L'alpha et l'oméga ! Une grande émotion.
     

     
     


    Le Carter Center a organisé le 17 septembre 2024 à 19 heures 30 au Fox Theatre d'Atlanta un grand concert pour le centenaire de Jimmy Carter, un événement musical avec des vedettes de renommée mondiale de la pop, du rock, du jazz, du hip-hop, du gospel, de la country, de la musique classique, etc., pour rendre hommage à l'ancien Président, pour célébrer son action au service de l'humanité.
     

     
     


    Les billets étaient vendus 100 dollars l'unité, en signe de clin d'œil pour les 100 ans du Prix Nobel. Les recettes de ce concert ont été versées au Carter Center, la fondation créée en 1982 par Jimmy et Rosalynn Carter pour promouvoir la paix et la santé dans le monde et qui lui a valu le Prix Nobel de la Paix en 2002.
     

     
     


    Ce concert était sans doute la meilleure forme d'hommage que pouvait recevoir Jimmy Carter. Chuck Leavell, qui a participé à cet événement, ancien claviériste des Allman Brothers et des Rolling Stones, a rappelé la campagne présidentielle de 1976 : « À l’époque où Jimmy Carter se présentait à la Présidence, les Allman Brothers ont donné des concerts pour sa campagne parce que nous croyions en sa vision d’espoir et de changement pour l’Amérique. Nous n’aurions jamais pu imaginer l’impact positif qu’il aurait sur le monde entier. (…) C’est un honneur de jouer à son centième anniversaire et de célébrer un homme dont l’héritage continuera sûrement d’inspirer les générations futures. ».
     

     
     


    Une immense mosaïque est en train de se constituer avec toutes les photos et films envoyés par les citoyens, américains ou étrangers, pour être offerte le jour de son anniversaire le 1er octobre 2024. On peut la voir sur cette vidéo.





    2024 restera une année cruciale pour les États-Unis. Le peuple américain, profondément divisé, choisira entre l'espoir et l'outrance, entre les démocrates et les trumpistes. La figure tutélaire de Jimmy Carter, aimé de toute l'Amérique, mais aussi du monde entier, les nombreux messages de sympathie qu'il reçoit à chaque anniversaire le prouvent, et plus encore pour son centenaire, donne une autre image des États-Unis que la grossièreté, le mépris, le machisme. Une image d'espoir, de paix et surtout, d'apaisement du débat politique. C'est tout le défi qu'aura à relever Kamala Harris, qu'elle soit élue... ou pas.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (28 septembre 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Une mosaïque pour Jimmy !
    Jimmy Carter a 100 ans.
    Jimmy Carter a 90 ans.
    Le dernier sage ?
    L'Amérique de la Paix.
    Jimmy Carter et le temps des cacahuètes.
    Lauren Bacall.
    Maurice Jarre.
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    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241001-jimmy-carter.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/jimmy-carter-le-centenaire-256725

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/09/28/article-sr-20241001-jimmy-carter.html



     

  • Lauren Bacall, la femme fatale

    ​x« Pour moi, une légende c'est quelque chose qui n'est pas sur cette Terre, qui est mort. »


     

     
     


    Une légende, donc. Et aussi un sacré regard, Le Regard ("The Look"), celui du visage baissé d'une timide qui vous regarde vers le haut, et puis une voix reconnaissable... et toujours une légende. Mais elle rejetait le terme : « S'il y a une chose que je n'ai jamais été, c'est mystérieuse, et s'il y a une chose que je n'ai jamais faite, c'est me taire ! ». L'actrice américaine Lauren Bacall est née il y a 100 ans, le 16 septembre 1924, à New York (dans le Bronx). Elle est morte peu avant ses 90 ans, il y a un peu plus de dix ans, le 12 août 2014, toujours à New York (à Manhattan, près de Central Park), des suites d'un AVC. Pour l'ensemble de sa carrière, Lauren Bacall a reçu un César d'honneur en 1996 et un Oscar d'honneur en 2009 (les Français auraient-ils été plus vite reconnaissants que les Américains ?).

    La "petite fille du Bronx" s'appelait en fait Betty Joan Perske, fille d'origine roumaine par sa mère (dont le nom de jeune fille était Weinstein-Bacal) et d'origine polonaise par son père, cousine de l'ancien Président de l'État d'Israël (et Prix Nobel de la Paix) Shimon Peres (Szymon Perski), qu'elle n'a rencontré pour la première fois que dans les années 1950. C'est Howard Hawks qui lui a fait changer de nom mais elle n'aimait pas Lauren et ses amies l'ont toujours appelée Betty.

    Ancienne mannequin, remarquée à l'âge de 19 ans à la une d'un magazine par Nancy Hawks, la femme du réalisateur, elle a crevé le grand écran et fait partie des stars de l'âge d'or de Hollywood. Ses partenaires au cinéma étaient autant des légendes qu'elle : Humphrey Bogart (qui fut son premier mari, ou elle sa dernière épouse, tremblante à son seul regard ; couple modèle à Hollywood avec deux enfants), Gary Cooper, Gregory Peck, Kirk Douglas, Henry Fonda, Paul Newman, John Wayne, Jack Nicholson, etc.

     

     
     


    Dès l'âge de 17 ans, elle a aussi joué dans des pièces de théâtre et des comédies musicales à Broadway. Elle a quitté la Californie pour New York après la mort de son mari Humphrey Bogart et de sa courte idylle avec Frank Sinatra (elle allait devenir la reine de Broadway pour sa seconde carrière). Elle a effectivement failli se marier avec Frank Sinatra qui l'a abandonnée après lui avoir proposé le mariage (la rupture s'est faite au téléphone !). À New York, elle s'est remariée avec un autre acteur qu'elle a quitté ensuite après quelques années à cause de son alcoolisme. Elle est l'auteure de deux autobiographies qui ont marqué, publiées en 1979 puis 1994. Elle y a raconté notamment : « À 32 ans [à la mort de Bogart], j'ai eu le sentiment affreux que ma vie était terminée. Jusqu'alors, j'avais toujours pu compter sur la présence de ma mère ou de Bogie. À présent, j'étais seule. ».

    Une carrière passant de Broadway à Hollywood et réciproquement. Les réalisateurs qui ont eu la chance de pouvoir bénéficier de son talent d'actrice étaient également de "grands" réalisateurs, à commencer par Howard Hawks, mais aussi John Huston, Michael Curtiz, Vincente Minnelli, Douglas Sirk, Lars Von Trier, etc.


    Ce qui était fascinant, c'est que même très âgée, Lauren Bacall avait encore cette grâce et ce charme, cette beauté, que les rides peut-être même accentuaient : « Je pense que l'ensemble de votre vie se voit sur votre visage et vous devriez en être fier. ». D'ailleurs, si elle a tourné une cinquantaine de films, la moitié l'a été après ses 60 ans, montrant qu'elle n'était pas simplement une jeune et belle femme, mais aussi une femme plus mûre, plus mature, et toujours aussi souriante. Elle a tourné jusqu'en 2011, elle avait 86 ans !
     

     
     


    Son style était, selon l'expression de Norbert Creutz dans "Le Temps", « celui de la blonde intelligente à qui on ne la fait pas », ajoutant qu'elle « impose une assurance amusée de vamp (on se souvient de son fameux "Si vous avez besoin de moi, vous n'avez qu'à siffler") ». Ce même journaliste osa écrire : « Même une fois sa beauté envolée, elle garda une classe extraordinaire. ».

    En 1996-1997, Lauren Bacall (mais qu'allait-elle faire dans cette galère ?) a joué dans le très mauvais et très prétentieux film de Bernard-Henri Lévy aux côtés d'Alain Delon et Arielle Dombasle ("Le Jour et la Nuit", sorti le 12 février 1997). Alain Delon avait été très ému de côtoyer Lauren Becall, tant elle lui inspirait du respect. Les deux acteurs se sont tout de suite apprivoisés, selon les termes du supposé réalisateur et supposé philosophe.

    Heureusement, ce n'était pas sur ce super-navet que Lauren Bacall a bâti sa notoriété. Celle-ci, elle le craignait, a commencé parce qu'elle était l'épouse de son mari, Humphrey Bogart, et elle craignait de n'être que "la femme de". La mort brutale et rapide de Bogart a changé la tournure de sa carrière, préférant Broadway à Hollywood. Femme libre et indépendante, et néanmoins sensuelle et presque cliché.


    Ses grands films n'ont finalement pas été si nombreux que cela. Je n'oserai pas chercher l'exhaustivité, mais on peut citer : "Le Port de l'Angoisse" de Howard Hawks (sorti le 20 janvier 1945), avec des relations tellement fluides entre elle et Bogart, couple au cinéma et à la ville (entre 1945 et 1957), d'après un roman d'Ernest Hemingway ; "Le grand sommeil" de Howard Hawks (sorti le 31 août 1946), avec Bogart  ; "Key Largo" de John Huston (sorti le 31 juillet 1948), toujours avec Bogart, aussi avec Claire Trevor ; "La Femme aux chimères" de Michael Curtiz (sorti le 9 février 1950), avec Kirk Douglas et Doris Day ; "Écrit sur du vent" de Douglas Sirk (sorti le 6 octobre 1956), avec Rock Hudson, Robert Stack et Dorothy Malone ; "La Femme modèle" de Vincente Minnelli (sorti le 16 mai 1957), avec Gregory Peck et Dolores Gray ; "Le crime de l'Orient-Express" de Sidney Lumet (sorti le 22 novembre 1974), avec Albert Finney, Ingrid Bergman, Jacqueline Bisset, Sean Connery, Jean-Pierre Cassel, Martin Balsam, Anthony Perkins, etc. ; "Prêt à porter" de Robert Altman (sorti le 23 décembre 1994), avec Marcello Mastroianni (dont c'est bientôt le centenaire également), Sophia Loren, Kim Basinger, Anouk Aimée, Jean-Pierre Cassel, Julia Roberts, etc., où elle campe une ancienne directrice de magazine de mode ; "Leçons de séduction" de Barbra Streisand (sorti le 15 novembre 1996) qui lui valut une nomination aux Oscars et le Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle.
     

     
     


    J'ai gardé pour la fin celui qui m'a paru peut-être le meilleur, d'un humour un peu cynique, avec "Comment épouser un millionnaire ?" de Jean Negulesco (sorti le 4 novembre 1953), où une "bande" de trois femmes amies (Lauren Bacall, Marilyn Monroe et Betty Grable) échafaude des stratagèmes pour trouver un futur mari très riche (mais où richesse et amour ne sont pas au rendez-vous en même temps). Lauren Bacall joue la femme plutôt sérieuse et rationnelle, c'est-à-dire calculatrice (mais elle tombe amoureuse d'un supposé pompiste, ce qui n'entre pas dans ses objectifs initiaux !), tandis que les deux autres sont plutôt fleurs bleues.

    La chaîne franco-allemande Arte propose la diffusion d'un documentaire sur Lauren Bacall ce lundi 16 septembre 2024 à partir de 22 heures 50, "Lauren Bacall, ombre et lumière" par Pierre-Henry Salfati (2017), qu'on peut aussi voir en fin d'article.



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    Sylvain Rakotoarison (14 septembre 2024)
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    Pour aller plus loin :
    Lauren Bacall.
    Maurice Jarre.
    Vera Miles.
    Alain Delon.
    Pierre Richard.
    Marianne Faithfull.
    Pierre Perret.
    Anouk Aimée.
    Marceline Loridan-Ivens.
    Édouard Baer.
    Françoise Hardy.
    Charles Aznavour.
    Alain Souchon.
    Patrick Bruel.
    Frédéric Mitterrand.
    Fanny Ardant.
    Alain Bashung.
    Alain Chamfort.
    Sophia Aram.
    Plastic Bertrand.
    Micheline Presle.
    Sarah Bernhardt.
    Jacques Tati.
    Sandrine Bonnaire.
    Shailene Woodley.
    Gérard Jugnot.
    Marlène Jobert.
    Alfred Hitchcock.
    Brigitte Bardot.
    Charlie Chaplin.







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  • Maurice Jarre et sa musique sur le toit du monde

    « Éternel nomade, musicien des horizons lointains et des épopées, d’Occident et d’Orient, des fresques du passé et des ailleurs exotiques, et pourtant bien français, jamais en reste pour le musette et les flons-flons, tel était Maurice Jarre. Figure quasi-légendaire de la musique de film, collaborateur de Franju, Huston, Visconti, Schlöndorff, Hitchcock, Lean, sa musique avait la générosité, le souffle naturellement large et puissant des natures hors normes et toujours une présence immédiate et fascinante. On reste admiratif et quelque peu incrédule devant l’ampleur et la diversité de de ses compositions (au moins 250 partitions) comme devant les catalogues de certains compositeurs du XVIIIe. » (Stéphane Abdallah, le 30 septembre 2010 sur Underscores).



     

     
     


    Le célèbre musicien Maurice Jarre est né il y a 100 ans, le 13 septembre 1924. Atteint d'un cancer, il est mort à l'âge de 84 ans il y a un peu plus de quinze ans, le 28 mars 2009 à Malibu, aux États-Unis où il habitait depuis 1965 (il est enterré à Los Angeles).

    Compositeur de nombreuses musiques de film, il a d'abord débuté au Théâtre national populaire (TNP), recruté par Jean Vilar pour écrire des musiques accompagnant les pièces de théâtre pendant douze ans (entre 1951 et 1963). Il a aussi composé un peu plus tard plusieurs ballets dont "Notre-Dame de Paris" créé le 11 décembre 1965 à l'Opéra de Paris (dans une chorégraphie de Roland Petit, né quelques mois avant Maurice Jarre). Au tout début de sa vie professionnelle, Maurice Jarre avait aussi monté un duo avec un autre futur musicien célèbre, plus tard très écouté par le pouvoir politique, Pierre Boulez.

    Marié quatre fois (sa deuxième femme s'est remariée avec Michel Drucker, qui a fêté son 82e anniversaire ce jeudi), Maurice Jarre a notamment un fils qui a aussi sa réputation dans le monde de la musique, mais probablement un autre monde de la musique, celui du synthétiseur, Jean-Michel Jarre (qui vient d'avoir 76 ans il y a quelques semaines), célébré aux Jeux olympiques et paralympiques d'été Paris 2024.

    Maurice Jarre a utilisé ses talents pour plusieurs types de destination. Il a commencé dans l'univers du cinéma au milieu des années 1950, au même moment qu'il a composé la signature sonore de la station de radio Europe 1. Il a commencé à composer pour des longs-métrages à partir de 1958 et a acquis une renommée internationale avec le film "Lawrence d'Arabie" de David Lean (sorti le 10 décembre 1962).









    Ce film a valu à Maurice Jarre son premier Oscar de la meilleure musique. En tout, il a été récompensé par trois Oscars de la meilleure musique pour des film de David Lean (et nommé pour six autres Oscars), "Docteur Jivago" (sorti le 22 décembre 1965) et "La Route des Indes" (sorti le 14 décembre 1984) ; un César d'honneur en 1986 ; un Ours d'or d'honneur en 2009 ; quatre Golden Globe de la meilleure musique, pour notamment "Gorilles dans la brume" de Michael Apted (sorti le 7 octobre 1988) et "Les Vendanges de feu" d'Alfonso Arau (sorti le 11 août 1995) ; un Sept d'or en 1985 ; etc.








    Maurice Jarre a accompagné de très nombreux films (internationaux) qui sont devenus "culte" ou, du moins, très connus du grand public, en particulier (hors de ceux déjà cités) : "Le Président" d'Henri Verneuil (sorti le 1er mars 1961), "Thérèse Desqueyroux" de George Franju (sorti le 21 septembre 1962), "Le Jour le plus long" de Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl Zanuck (sorti le 4 octobre 1962), "Les Dimanches de Ville d'Avray" de Serge Bourguignon (sorti le 21 novembre 1962), "Week-end à Zuydcoote" d'Henri Verneuil (sorti le 18 décembre 1964), "Paris brûle-t-il ?" de René Clément (sorti le 26 octobre 1966), "L'Homme de Kiev" de John Frankenheimer (sorti le 8 décembre 1968), "L'Étau" ["Topaz"] d'Alfred Hitchcock (sorti le 19 décembre 1969), "Soleil rouge" de Terence Young (sorti le 15 septembre 1971), "L'Île sur le toit du monde" de Robert Stevenson (sorti le 16 décembre 1974), "Le Tambour" de William Schlöndorff (sorti le 3 mai 1979), "Au nom de tous les miens" de Robert Enrico (sorti le 9 novembre 1983), "Witness" de Peter Weir (sorti le 8 février 1985), "Le Cercle des poètes disparus" de Peter Weir (sorti le 9 juin 1989), "Ghost" de Jerry Zucker (sorti le 13 juillet 1990), et "Le Jour et la nuit" de Bernard-Henri Lévy (sorti le 1997).










    On peut aussi citer deux films de John Huston, "Juge et Hors-la-loi" (sorti le 18 décembre 1972), avec l'actrice Jacqueline Bisset qui fête son 80e anniversaire ce 13 septembre 2024, et "L'Homme qui voulut être roi" (sorti le 17 décembre 1975). Maurice Jarre a aussi composé de nombreuses musiques pour la télévision, accompagnant des documentaires (entre autres ceux de Frédéric Rossif et Alain Resnais) et des téléfilms et feuilletons.

    L'Institut Lumière, situé à Lyon, la ville natale du compositeur, a célébré ce centenaire au printemps dernier, en proposant une rétrospective de ses principaux films du 1er avril au 2 juin 2024, en particulier sa première bande originale pour le film "Les Yeux sans visage" de George Franju (sorti le 11 mars 1960), diffusé le 25 avril 2024 à l'issue d'une conférence du journaliste cinéphile Stéphane Lerouge sur "Maurice Jarre, l'intime et l'épique".





    Une longue bataille juridique s'est terminée cette année avec la décision de la Cour européenne des droits de l'homme du 15 février 2024 qui a confirmé l'arrêt n°1007 du 27 septembre 2017 de la Cour de Cassation rejetant le pourvoi formé contre l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 11 mai 2016 qui a validé le testament rédigé par Maurice Jarre le 31 juillet 2008. En effet, le musicien a tout légué à sa veuve, sa dernière femme Fui Fong Khong (biens et droits d'auteur), sans rien laisser à ses trois enfants. Ce legs est possible dans le droit californien (au contraire du droit français qui interdit de déshériter totalement ses enfants) et la justice française et européenne l'a confirmé dans la mesure où aucun des enfants ne se retrouve en précarité financière. C'était du reste le même genre de bataille juridique internationale que pour la succession de Johnny Hallyday, lorsqu'un Français habite aux États-Unis, quel droit choisir pour la succession, le droit français ou le droit américain ?
     

     
     


    La première chambre civile de la Cour de Cassation a statué notamment le 27 septembre 2017 : « Et attendu qu’après avoir énoncé que la loi applicable à la succession de Maurice X... est celle de l’État de Californie, qui ne connaît pas la réserve, l’arrêt relève, par motifs propres, que le dernier domicile du défunt est situé dans l’État de Californie, que ses unions, à compter de 1965, ont été contractées aux États-Unis, où son installation était ancienne et durable et, par motifs adoptés, que les parties ne soutiennent pas se trouver dans une situation de précarité économique ou de besoin ; que la cour d’appel en a exactement déduit qu’il n’y avait pas lieu d’écarter la loi californienne au profit de la loi française. ».


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    Sylvain Rakotoarison (07 septembre 2024)
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    Maurice Jarre.
    Vera Miles.
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    Pierre Perret.
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    Françoise Hardy.
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  • Bill Clinton le vieillard pas encore tout à fait vieux

    « Kamala Harris est la seule candidate à cette course qui a la vision, l'expérience, le tempérament, la volonté et, oui, la joie pure pour faire quelque chose. (…) Lorsque Kamala Harris sera Présidente, chaque jour commencera par vous, vous, vous, vous ! » (Bill Clinton, le 21 août 2024 à Chicago).



     

     
     


    La Convention nationale démocrate de Chicago s'est terminée en apothéose le 22 août 2024 avec le discours de la candidate et Vice-Présidente Kamala Harris qui a présenté son programme présidentiel. Elle a mangé son pain blanc dans cette campagne qui a démarré très fort et qui est très courte, mais il lui faudra tenir encore trois mois face aux républicains et aux partisans de Donald Trump un peu troublés dans leurs arguments de campagne.

    Dans les États clefs, les sondages restent incertains, les scores très serrés, et le ralliement de Robert J. Kennedy au trumpisme fera probablement peu évoluer les sondages. Kamala Harris devra se montrer combative face à Donald Trump dans le premier débat télévisé prévu le 10 septembre 2024, et surtout, elle devra être performante dans les interviews des grandes émissions politiques à la télévision, passages toujours éprouvants car les journalistes américains n'ont rien à voir avec les journalistes français souvent allégeants et ignorants qui ne font pas leur travail.

    La Convention démocrate a été surtout l'occasion d'unifier les démocrates autour d'un projet commun, défendre les classes moyennes, et ainsi, quitter la trop grande tendance du parti démocrate depuis une décennie de n'être qu'un syndicat des nombreuses minorités dont les intérêts ne représentent pas forcément l'intérêt général. En particulier, deux anciens Présidents des États-Unis ont mouillé la chemise pour soutenir Kamala Harris. Après celui de Barack Obama, je propose ici de revenir sur le grand discours de Bill Clinton prononcé le 21 août 2024 à l'United Center de Chicago. Sa femme Hillary Clinton avait déjà prononcé le sien le 19 août 2024, en ouverture de la Convention.
     

     
     


    Bill Clinton a trois caractéristiques personnelles intéressantes dans cette campagne. Le premier point est que son épouse Hillary Clinton a tenté de conquérir en 2016 la Maison-Blanche et elle était même la favorite face à Donald Trump, et en ce sens, elle a été la première femme à s'approcher de très près de la Présidence. Elle n'y est pas arrivée, bien qu'elle ait rassemblé plus de voix que Donald Trump (c'est le système fédéral américain qui veut cela et personne ne l'a remis en cause), mais l'idée qu'une femme puisse occuper la Maison-Blanche est désormais banale et ne constitue aujourd'hui ni un atout ni un handicap. De même, la couleur de la peau, caractéristique bien dérisoire quand on postule à une fonction aussi puissante que Président des États-Unis, n'est plus un facteur essentiel. Kamala Harris est d'ailleurs peu représentative de la population afro-américaine car elle est un savant mélange d'ethnies (encore plus que Barack Obama) puisqu'elle est originaire à la fois d'Inde, de Jamaïque et est avant tout américaine. Peut-être un candidat d'origine hispanique serait plus original dans ce genre de course électorale.

    Le deuxième point est qu'en tant qu'ancien Président démocrate, Bill Clinton a bien sûr son importance pour faire converger toutes les forces de ce parti derrière sa candidate. Quand on regarde en arrière, il ne reste plus beaucoup d'anciens Présidents des États-Unis encore en vie. Trois démocrates : Jimmy Carter (bientôt centenaire, dans un mois !), Bill Clinton et Barack Obama ; deux républicains : George W. Bush (fils) et Donald Trump (qui sollicite un nouveau mandat) ; reste aussi Joe Biden, démocrate, qui, dans tous les cas, finit son mandat le 20 janvier 2025.

    Enfin, Bill Clinton a un point commun avec son redoutable adversaire (Donald Trump) : ils ont le même âge. En effet, Bill Clinton venait d'avoir (l'avant-veille) 78 ans quand il a pris la parole à Chicago. Ses rides, sa allure un peu fatiguée alors qu'il était il y a trente ans le jeune Président aux allures de John Kennedy, sont patentes, même si de loin, on devine encore une silhouette de jeune homme ! Et non sans humour, il a déclaré : « Passons maintenant à l'essentiel. Je suis trop vieux pour "dorer le lys" [pour dorer la pilule, pour enjoliver]. Il y a deux jours, j'ai eu 78 ans. L'homme le plus âgé de ma famille depuis quatre générations. Et la seule vanité personnelle que je peux affirmer est que je suis encore plus jeune que Donald Trump ! (…) Nous avons une élection à gagner et rappelez-vous que nous avons un gars qui est plutôt doué. Ce qu'il fait, Donald Trump, est un modèle de cohérence. Il divise toujours. Il continue de râler. Il continue de rabaisser les autres. Il crée le chaos et ensuite, il l'organise comme s'il s'agissait d'un art précieux. Laissez-moi vous dire qu'il ne se passe pas un jour, même si je ne suis plus à la Maison-Blanche depuis plus de vingt-trois ans, il ne se passe pas un jour sans que je ne remercie le Seigneur pour la chance que j'ai eu de servir et pour ce que cela signifiait. Et une des raisons pour lesquelles j'aime tant ce travail, est que, dans les moments les plus difficiles, même dans les jours les plus sombres, si vous faites suffisamment d'efforts, vous pouvez toujours faire quelque chose de bien pour quelqu'un d'autre. Certains jours, ce n'est pas facile à faire. ».

     

     
     


    Mais ce petit témoignage personnel avait une finalité, pointer du doigt Donald Trump : « Lui, surtout, parle de lui-même. Alors, la prochaine que vous l'entendez, ne comptez pas les mensonges, comptez le nombre d'yeux ! En bonne santé, hein ? Ses vengeances, ses plaintes, ses complots. Il est comme un de ces ténors. Ouverture. Avant qu'il ne monte sur scène comme je l'ai fait (…), ses poumons s'ouvrent en chantant moi, moi, moi, moi, moi ! ». D'où le « vous vous vous vous » de sa concurrente démocrate !

    Passage obligé, l'hommage à Joe Biden : « Je veux dire un mot sur le Président Biden. Rappelez-vous qu'il y a eu une situation improbable qui l'a fait Président. Et nous étions au milieu d'une pandémie et d'un krach économique. Il a guéri nos malades et nous a remis au travail. Il a renforcé nos alliances. Avec l'Ukraine, il a défendu la paix et la sécurité. Il tente désespérément d'obtenir un cessez-le-feu au Moyen-Orient. ».
     

     
     


    Et de souligner un véritable courage personnel : « Et puis, il a fait quelque qui est vraiment difficile à faire pour un responsable politique. Il a volontairement renoncé au pouvoir politique. Et George Washington le savait, et il l'a fait. Et il a établi la norme de deux mandats avant que cela ne devienne obligatoire. Cela a aidé sa postérité. Et cela renforcera la postérité de Joe Biden. Et c'est un contraste saisissant à ce qui se passe dans l'autre parti. Je tiens donc à le remercier. Pour son courage, sa compassion. C'est la classe, son service, son sacrifice. Il a gardé la foi et il a contaminé beaucoup d'entre nous. ».

    Bien sûr, l'heure était au soutien du ticket Harris-Walz : « Hier soir, dans ce que je pense être une série d'épisodes très émouvants, nous avons nommé [candidats] Kamala Harris et Tim Walz. Et pensez-y. Deux leaders aux vies toutes américaines mais quand même improbables. Cela ne peut arriver qu'ici. Après tout, leur carrière a commencé dans les salles d'audiences et les salles de classe communautaires. Deux dirigeants qui ont passé leur vie à faire du bon travail. Alors, c'est une des choses que j'ai remarquées au cours de ma vie de plus en plus longue, c'est une élection qui est unique pour plusieurs raisons. Tout d'abord, c'est le meilleur entretien d'embauche pour le plus beau poste du monde. Deuxièmement, la Constitution dit que nous, le peuple, faisons le recrutement. Et la troisième chose est que tous les quatre ans, nous pouvons modifier les exigences du poste. Voici donc ce que je pense parce que j'essaie d'appliquer cela à chaque élection. Ce Président va-t-il nous faire reculer ou avancer ? Ce Président donnera-t-il à nos enfants un avenir meilleur ? Cela dépend. Ce Président va-t-il nous rassembler ou nous déchirer ? Ce Président augmentera-t-il la paix, la sécurité et la stabilité ? Et la liberté, dont nous profitons et l'étendons aux autres autant que nous le pouvons ? Nous, le peuple, devons prendre une décision à propos de ce genre de question. Et tous les quatre ans, c'est un peu différent parce que ce sont les gens qui présentent les candidats. Et vont voir les candidats et ils disent, comme ils le disent maintenant. Voici nos problèmes, résolvez-les ! Voici nos chances, saisissez-les ! Voici nos craintes, réduisez-les ! Voici nos rêves, aidez-nous à les réaliser ! Un Président peut répondre à cet appel en disant. Je ferai ma part, mais tu dois m'aider. Nous devons travailler ensemble. Ou vous pouvez éviter ce qui doit être fait en nous divisant, en nous distrayant et en nous dispersant. Donc, en 2024, nous avons un choix assez clair, il me semble. Kamala Harris pour le peuple et l'autre gars qui a prouvé, encore plus que la première fois, qui parle de moi, de moi-même et de moi-même ! Je sais lequel je préfère pour notre pays. Kamala Harris travaillera à résoudre nos problèmes, saisir nos chances, apaiser nos peurs, et assurer que chaque Américain, quelle que soit la manière dont il vote, ait une chance de poursuivre ses rêves. Vous savez, quand elle était jeune, elle travaillait chez MacDonald, et elle a salué chaque personne avec ce sourire mille fois radieux : comment puis-je vous aider ? Maintenant, elle est au sommet du pouvoir et elle demande toujours : comment puis-je vous aider ? Je serai si heureux quand elle entrera effectivement à la Maison-Blanche en tant que Présidente. Parce qu'elle battra mon record de Président ayant passé le plus de temps chez MacDonald ! ».
     

     
     


    Bill Clinton a rappelé aussi que la politique économique des démocrates a toujours été un succès depuis une trentaine d'années : « Depuis la fin de la guerre froide en 1989, l'Amérique a créé environ 51 millions de nouveaux emplois. Je vous jure que j'ai vérifié ça trois fois ; même moi, je n'arrivais pas à y croire ! Quel est le score ? Les démocrate en ont gagné cinquante contre un les républicains. ». Longs applaudissements. Il est loin le temps où les républicains, du temps de Ronald Reagan, écrasaient idéologiquement les démocrates.

    Les grands-messes que sont les conventions électorales aux États-Unis sont souvent l'occasion de revoir des anciens dirigeants sortis de leur retraite pour soutenir activement leur nouveau champion. Cette année, ce sera une championne, et elle tend à devenir la favorite. Kamala Harris est la nouvelle mode du pays, il ne dépend que d'elle qu'elle soit la nouvelle Présidente.



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    Sylvain Rakotoarison (24 août 2024)
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    Pour aller plus loin :
    Bill Clinton.
    Vera Miles.
    Les Yes-She-Can de Barack Obama !
    Kamala Harris sera-t-elle la première femme Présidente des États-Unis ?
    USA 2024 : Joe Biden se retire et soutient Kamala Harris !
    Donald Trump victime d'une tentative d'assassinat.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Ronald Reagan.
    Triste Trump (hic) !
    Paul Auster.
    Standard & Poor's.
    Moody's et Fitch.
    Les 75 ans de l'OTAN.
    Lee Marvin.
    Les 20 ans de Facebook.
    Bernard Madoff.
    La crise financière mondiale de 2008.

    La boîte quantique.
    Maria Callas.
    Henry Kissinger.
    Alexander Haig.
    Katalin Kariko et Drew Weissman.
    Rosalynn Carter.
    Walter Mondale.
    Marathonman.
    Bob Kennedy.







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  • Plein d'étoiles pour Vera Miles

    « Tu aurais dû écrire que tu m’aimais. Tu pouvais au moins me dire de t’attendre, je trouve que c’était la moindre des choses. (…) J’ai passé deux années interminables dans cet endroit perdu à attendre que monsieur daigne revenir. Crois-tu que je veuille rester vieille fille ? » (Vera Miles, "La Prisonnière du désert", 1956).


     

     
     


    L'actrice américaine Vera Miles fête ses 95 ans ce vendredi 23 août 2024. Cela fait près d'une trentaine d'années (1995) qu'elle s'est retirée de toute activité cinématographique pour prendre sa retraite à Palm Desert, en Californie. Elle est née Vera June Ralston mais lorsqu'elle est arrivée à Hollywood, au début des années 1950, il existait déjà une (autre) Vera Ralston, si bien qu'elle a gardé son nom de jeune femme mariée (son premier mari, entre 1948 et 1954, s'appelait Bob Miles avec qui elle a eu deux enfants).

    Élue Miss Kansas à 19 ans, Vera Miles s'est installée à Los Angeles pour commencer une carrière d'actrice. Elle a d'abord eu des petits rôles à la télévision qui lui ont fait connaître l'actrice Janet Leigh. Elle tournait alors aussi pour de la publicité. Sous contrat avec Warner Bros, elle a joué notamment une "faiblement amoureuse" de Tarzan dans "Tarzan's Hidden Jungle" de Harold D. Schuster (sorti le 16 février 1955), épousant quand même (dans la vie réelle) le Tarzan en question, l'acteur Gordon Scott, en deuxièmes noces (entre 1954 et 1959).

    Le réalisateur John Ford a lancé véritablement la carrière de star de Vera Miles en lui proposant un second rôle dans le western "La Prisonnière du désert" (sorti le 13 ars 1956) où elle a pu jouer avec John Wayne, Natalie Wood et Jeffrey Hunter, grâce au succès du film considéré comme un chef-d'œuvre (désigné "le plus grand western de tous les temps" par l'American Film Institute). Dans ce film (que je résume très mal !), Vera Miles aime Jeffrey Hunter mais lui et John Wayne ne sont jamais là car ils doivent aller sauver Natalie Wood prise en otage par les Indiens, finalement, elle va se marier avec un autre homme mais son bien-aimé arrive juste avant en s'en prenant au futur marié (on comprendra que les histoires d'amour ici comptent moins que d'autres valeurs).





    Vera Miles a tourné ensuite beaucoup d'autres films, sous la direction des plus grands, comme Robert Aldrich, mais ce qui a été important dans sa carrière, c'était sa rencontre avec Alfred Hitchcock complètement séduit par elle et qui lui a fait signer un contrat de cinq ans avec elle (il voulait en faire une nouvelle Grace Kelly). Elle est ainsi devenue Rose, l'épouse de Henry Fonda dans le film "Le Faux Coupable" (sorti le 26 janvier 1957)... et surtout, Hitchcock la voulait pour son futur chef-d'œuvre, "Sueurs froides" ["Vertigo"] (sorti le 9 mai 1958) pour le rôle principal aux côtés de James Stewart, mais Vera Miles, enceinte, y renonça, ce qui a obligé Hitchcock à la remplacer par Kim Novak.

    Toutefois, Vera Miles est retournée dans un film d'Hitchcock probablement pour le meilleur rôle de sa carrière (elle l'a contesté !), Lila Crane, la sœur de Janet Leight (Marion Crane) qu'elle tente de retrouver après sa disparition étrange dans le grand film "Psychose" (sorti le 16 juin 1960) aux côtés d'Anthony Perkins (Norman Bates), John Gavin (l'amant de Marion) et Martin Balsam (le détective).





    L'actrice a retrouvé John Wayne et James Stewart dans un autre grand film de John Ford, "L'Homme qui tua Liberty Valance" (sorti le 22 avril 1962), dans lequel a également joué Lee Marvin dans le rôle de Liberty Valance. Vera Miles est alors la future femme du futur sénateur James Stewart, mais secrètement aimée par John Wayne, dans une histoire qui est le clivage entre l'État de droit (la justice représentée par James Stewart) et la loi du plus fort (celle du revolver représentée par John Wayne). Là encore, l'histoire se résume surtout aux relations entre les trois hommes (John Wayne, James Stewart et Lee Marvin) mais Vera Miles, première rôle féminin, permet de faire le liant social.





    Pendant deux décennies encore (années 1960 et 1970), Vera Miles a continué sa carrière au cinéma. Elle a tourné son dernier film en 1995, après l'opus numéro 2 de Psychose, "Psychose II" de Richard Franklin (sorti le 3 juin 1983) avec toujours Anthony Perkins (vingt-deux ans plus tard, Norman Bates sort de l'asile psychiatrique contre l'avis de Lila et retombe dans ses vieilles torpeurs).

     

     
     


    Si Vera Miles n'a jamais quitté la télévision (séries télévisées et téléfilms) pendant sa période cinématographique, elle s'y est consacrée exclusivement à partir du milieu des années 1970 (en prenant de l'âge), intervenant dans des séries comme "Magnum", "La Petite Maison dans la prairie", "L'île fantastique", "Buck Rogers", 'La croisière s'amuse", "Hôtel", "Arabesque", etc.

    Depuis 1995, Vera Miles a quitté les rangs de la célébrité pour prendre une retraite discrète et tranquille en Californie, toute éblouie de souvenirs et d'histoires devenues elles-mêmes célèbres. Elle a déjà son étoile dans le grand Hollywood Walk of Fame à Los Angeles, témoignant de sa contribution au cinéma américain voire mondial.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (18 août 2024)
    http://www.rakotoarison.eu

    Pour aller plus loin :
    Vera Miles.
    Alain Delon.
    Pierre Richard.
    Marianne Faithfull.
    Pierre Perret.
    Anouk Aimée.
    Marceline Loridan-Ivens.
    Édouard Baer.
    Françoise Hardy.
    Charles Aznavour.
    Alain Souchon.
    Patrick Bruel.
    Frédéric Mitterrand.
    Fanny Ardant.
    Alain Bashung.
    Alain Chamfort.
    Sophia Aram.
    Plastic Bertrand.
    Micheline Presle.
    Sarah Bernhardt.
    Jacques Tati.
    Sandrine Bonnaire.
    Shailene Woodley.
    Gérard Jugnot.
    Marlène Jobert.
    Alfred Hitchcock.
    Brigitte Bardot.
    Charlie Chaplin.


     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240823-vera-miles.html

    https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/plein-d-etoiles-pour-vera-miles-256388

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/08/23/article-sr-20240823-vera-miles.html



     

  • Les Yes-She-Can de Barack Obama !

    « Nous avons la chance d'élire quelqu'un qui a passé sa vie à essayer de donner aux gens les mêmes chances que l'Amérique lui a données, quelqu'un qui vous voit et qui vous entend, et qui se lèvera et se battra chaque jour pour vous, la prochaine Présidente des États-Unis, Kamala Harris ! » (Barack Obama, le 20 août 2024 à Chicago).



     

     
     


    Depuis un mois, depuis le 21 juillet 2024, il existe aux États-Unis une véritable kamalamania. Depuis l'abandon de la candidature du Président Joe Biden (81 ans), la campagne présidentielle aux États-Unis (les élections auront lieu le 5 novembre 2024) a pris un véritable nouveau cours. Jusque-là, Donald Trump (78 ans) était en tête des sondages d'intentions de vote parce qu'il bénéficiait de l'âge et des gaffes de son adversaire déclaré, Joe Biden. L'attentat du 13 juillet 2024 qui a manqué de très peu de l'atteindre a renforcé son avance dans les sondages, quoi que, finalement, il n'y a pas eu vraiment de variation dans l'opinion publique américaine, seulement des arguments de campagne en plus pour les trumpistes : difficile de menacer la démocratie quand on est soi-même victime d'un attentat.

    Et puis est arrivée Kamala Harris (59 ans), ancienne procureure générale de Californie (2011-2017) puis sénatrice (2017-2021), et surtout, actuelle Vice-Présidente des États-Unis depuis le 20 janvier 2021, et en particulier, la première femme à ce poste très important. Dans l'ombre de Joe Biden, elle n'avait pas vraiment ébloui le peuple américain et le dossier chaud que le Président lui a sournoisement confié, l'immigration, n'a pas été vraiment traité de manière convaincante (c'est le moins qu'on puisse dire), mais sa candidature, évidente, après le désistement de Joe Biden, a fait monter une sauce médiatique qui a fait jusqu'à oublier l'attentat contre Donald Trump : la vague qui porte aujourd'hui Kamala Harris est très forte même si elle reste fragile.

    Dès le 23 juillet 2024, Kamala Harris a annoncé avoir le soutien de la majorité des délégués du parti démocrate, officiellement confirmé par le parti démocrate lui-même le 2 août 2024. Donc, aucun suspense dans cette course interne. Quelques jours plus tard, le 6 août 2024 à Philadelphie, Kamala Harris a annoncé qu'elle a choisi pour colistier (candidat à la Vice-Présidence) son contraire, Tim Walz (60 ans), gouverneur du Minnesota depuis 2019, ancien député (membre de la Chambre des représentants) de 2007 à 2019, ancien professeur de géographie et membre de la Garde nationale.


    La grande fête d'investiture a lieu en ce moment, au cours de la Convention nationale démocrate de Chicago qui se déroule du 19 au 22 août 2024 à l'United Center, dans la banlieue ouest de Chicago. Comme prévu, cet événement est l'occasion de parfaire les thèmes de campagne et d'avoir des soutiens essentiels. Le premier soir, le 19 août 2024 a eu lieu le discours du Président Joe Biden, qui a été particulièrement ovationné par les participants, comme si c'était son discours d'adieu. Il faut remarquer que c'est la première fois qu'un candidat à un mois de la Convention renonce à sa candidature et il lui a fallu beaucoup de courage pour déclarer forfait.

    Mais grâce à lui, les choses vont différemment : le vieux candidat, ce n'est plus le candidat démocrate mais le candidat républicain. Il ne s'agit plus de se défendre des bourdes et autres maladresses que l'âge ou simplement la distraction ont provoquées chez Joe Biden, mais d'avoir une campagne offensive pour remobiliser tous les laissés pour compte du parti démocrate.
     

     
     


    La journée du mardi 20 août 2024 était la journée Obama : deux grands discours, d'abord Michelle Obama (60 ans), l'ancienne première dame des États-Unis, puis Barack Obama (63 ans), l'ancien Président des États-Unis (2009-2017).

    Deux discours qui ont été très applaudis par la salle. Michelle Obama a sans doute eu le plus d'ovations, elle semble être très appréciée des militants démocrates, et elle vend même plus de bouquins que son mari. Sa grande popularité, elle la doit aussi parce qu'elle a été très claire : elle n'a aucune intention de faire de la politique (au contraire de l'ancienne première dame Hillary Clinton) et se sent donc complètement libre.

    Quand elle a donné la parole à son époux, Barack Obama a reconnu que ce n'était pas facile de lui succéder à la tribune. Très étrange Barack Obama qui semblait un peu à bout de souffle, fatigué, vieilli, comme si l'exercice du pouvoir l'avait épuisé. Il a pourtant à peu près le même âge que les candidats d'aujourd'hui, et s'il a apporté un soutien fort et total à Kamala Harris, c'était aussi pour se faire pardonner de ses réticences du mois dernier, il voulait une vraie compétition pour la candidature démocrate et ne lui avait pas apporté tout de suite son soutien.

     

     
     


    De son âge, d'ailleurs, il en a plaisanté : « Cela fait seize ans que j'ai eu l'honneur d'accepter la nomination de ce parti à la Présidence, et je sais que c'est difficile à croire parce que je n'ai pas vieilli du tout, mais c'est vrai ! Et avec le recul, je peux vous dire sans aucun doute que ma première grande décision en tant que candidat s'est avérée être l'une de mes meilleures, et c'était de demander à Joe Biden de servir à mes côtés en tant que Vice-Président. ».

    Dans la première partie de son discours, Barack Obama a ainsi rendu hommage à Joe Biden avec qui il a travaillé huit ans à la Maison-Blanche : « Ce que j'en suis venu à admirer le plus chez Joe, ce n'était pas juste son intelligence, son expérience, c'était son empathie, sa décence et sa résilience durement gagnée, sa conviction inébranlable que tout le monde dans ce pays mérite une chance équitable. ».

    Il a poursuivi ainsi : « À une époque où l'autre parti [républicain] était devenu un culte de la personnalité, nous avions besoin d'un leader stable, qui rassemble les gens et qui soit suffisamment altruiste pour faire la chose la plus rare en politique, mettant son ambition de côté pour le bien du pays. L'histoire se souviendra de Joe Biden comme d'un Président exceptionnel qui a défendu la démocratie à un moment de grand danger, et je suis fier de l'appeler mon Président mais je suis encore plus fier de l'appeler mon ami ! ».

    Barack Obama a mis en garde sur le fait que l'élection serait très serrée et que les démocrates devraient mettre toute leur énergie dans cette bataille, car le pays est très divisé, « un pays où trop d'Américains sont encore en difficulté, où beaucoup d'Américains ne croient pas que le gouvernement puisse les aider ». Ajoutant : « Les gens qui décideront de cette élection posent une question très simple : qui se battra pour moi ? qui pensera à mon avenir, à l'avenir de mes enfants, à notre avenir tout ensemble ? ».

    Et d'embrayer contre Donald Trump : « Une chose est sûre, c'est que Donald Trump ne perd pas le sommeil à cause de cette question. Voici un milliardaire de 78 ans qui n'a pas arrêté de se plaindre de ses problèmes depuis qu'il est descendu de son grand escalator il y a neuf ans [Donald Trump a annoncé sa candidature le 16 juin 2015 en descendant de l'escalator d'honneur de la Trump Tower]. Il y a eu un flux constant de plaintes et de griefs qui ont en fait empiré maintenant qu'il a peur de perdre contre Kam. Il y a les surnoms enfantins, les théories du complot folles, cette obsession étrange avec la taille de la foule (assistant à ses meetings) ! » en mimant avec ses mains la taille petite implicitement du sexe de son adversaire. Les discours électoraux aux États-Unis, même prononcés par des intellos, sont toujours du registre de la cour de récréation... Du moins, les plus efficaces.
     

     
     


    Il a continué : « La vérité est que Donald Trump ne voit le pouvoir que comme un moyen d'atteindre ses objectifs. Il veut que la classe moyenne paie le prix d'une nouvelle énorme réduction d'impôts qui l'aiderait principalement lui, et ses riches amis. Il a tué un accord bipartisan sur l'immigration rédigé en partie par les républicains les plus conservateurs du Congrès qui aurait contribué à sécuriser notre Mur du Sud, parce qu'il pensait qu'essayer de résoudre réellement le problème nuirait à sa campagne. (…) Et surtout, Donald Trump veut nous faire croire que ce pays est désespérément divisé entre "nous" et "eux", entre les vrais Américains, ceux qui le soutiennent bien sûr, et les étrangers qui ne le soutiennent pas. Et il veut que vous pensiez que vous serez plus riche et plus en sécurité si vous lui donnez simplement le pouvoir de remettre ces autres personnes à leur place. C'est l'un des plus vieux trucs en politique (…). Nous n'avons pas besoin de quatre années supplémentaires de fanfaronnades, de maladresses et de chaos. Nous avons déjà vu ce film et nous savons tous que la suite est généralement pire. ».

    Est arrivée enfin la partie sur Kamala Harris : « L'Amérique est prête pour un nouveau chapitre. L'Amérique est prête pour une meilleure histoire. Nous sommes prêts pour la Présidente Kamala Harris, et Kamala Harris est prête pour le job ! (…) Kamala n'est pas née dans un privilège, elle a dû travailler pour ce qu'elle est et elle se soucie vraiment de ce que les autres vivent. (…) Kamala Harris ne se concentrera pas sur ses problèmes, elle se concentrera sur les vôtres. ».

    Il a balayé beaucoup de sujets de préoccupation comme le logement : « Nous devons tracer une nouvelle voie pour relever les défis d'aujourd'hui, et Kamala comprend cela, elle sait par exemple que si nous voulons rendre les choses plus faciles pour que plus de jeunes puissent acheter une maison, nous devons construire plus d'unités et éliminer certaines des lois et réglementations obsolètes qui rendent plus difficile la construction de logements pour les travailleurs dans ce pays. Ceci est une priorité et elle a présenté un nouveau plan audacieux. ». Il a aussi affirmé que les travailleurs des emplois ingrats devraient négocier avec Kamala Harris des salaires plus décents, les aide-soignantes, les balayeurs de rues, etc.
     

     
     


    « Yes, she can ! » [Oui, elle peut le faire !]. Reprenant son ancien slogan très porteur (Yes We Can), Barack Obama a placé la candidature de Kamala Harris dans la continuité de la sienne en 2008. « Kamala et Tim [Walz] comprennent que lorsque tout le monde a une chance équitable, nous sommes tous mieux lotis. Ils comprennent que lorsque chaque enfant reçoit une bonne éducation, l'économie entière devient plus forte. Lorsque les femmes sont payées le même salaire que les hommes pour faire le même travail, toutes les familles en bénéficient. Ils comprennent que nous pouvons sécuriser nos frontières sans arracher les enfants à leurs parents, tout comme nous pouvons assurer la sécurité dans nos rues tout en renforçant la confiance entre les forces de l'ordre et les communautés qu'elles servent et tout en éliminant les préjugés, ce qui améliorera la situation pour tout le monde. (…) L'Amérique à laquelle croient Kamala Harris et Tim Walz, est une Amérique où nous, le peuple, incluons tout le monde, parce que c'est la seule voie pour cette expérience américaine. ».

    Barack Obama a donc beaucoup parlé de classes populaires et de classes moyennes, celles qui avait été convaincues par Donald Trump en novembre 2016. Car pour lui, il ne faut pas que la kamalamania soit juste le phénomène d'une élite boboïsante, mais bien celui de tout un peuple. Il faut donc s'adresser aux "petites gens" que représente bien Tim Walz simple prof de géo, dont les vêtements, selon Barack Obama, ne sont pas le résultat de conseillers en communication mais viennent simplement de son placard !

    Barack Obama a aussi opposé la liberté des gros industriels à polluer l'air et à infester les rivières à la liberté des gens à respirer de l'air pur et à boire de l'eau propre, qu'il a considérée comme une liberté encore plus importante. En somme, la liberté des gros face à la liberté des petits.

    Et l'ancien Président a beaucoup insisté pour faire une démocratie très vivante, faite d'égalité et de liberté : « La démocratie n'est pas seulement un tas de principes abstraits et de lois poussiéreuses dans un livre quelque part, ce sont les valeurs avec lesquelles nous vivons, la façon dont nous nous traitons les uns les autres, y compris ceux qui ne nous ressemblent pas, ne prient pas comme nous, et ne voient pas le monde comme nous. Ce sentiment de respect mutuel doit faire partie de notre message. Nos politiques sont devenues tellement polarisées ces jours-ci que nous tous, quel que soit le spectre politique, semblons si rapides à supposer le pire chez les autres, à moins qu'ils ne soient d'accord avec nous sur chaque question, nous commençons à penser que la seule façon de gagner est de blâmer, de faire honte et de crier de l'autre côté, et après un certain temps, les gens ordinaires se déconnectent ou ne se soucient plus de voter. ».

    En écoutant ce discours, où l'intelligence et le charisme étaient au rendez-vous, on se surprend à penser que les États-Unis, ce ne sont pas seulement des cow-boys qui réagissent un peu simplement au quart de tour en tirant dans le tas, il y a aussi des gens sophistiqués, qui ont une pensée cohérente (j'allais écrire complexe) et aboutie et surtout, qui développent beaucoup d'empathie.

    Proche de l'aile centriste du parti démocrate, ce qui pourrait séduire les électeurs républicains hésitants pour Donald Trump, Kamala Harris, dont le parcours professionnel et personnel californien est le résultat flamboyant du rêve américain, ce qu'on appellerait en France du mérite républicain, pourrait tomber dans le piège de ne s'adresser qu'aux élites hollywoodiennes et washingtoniennes. Barack Obama lui a rappelé qu'il faut s'adresser avant tout à ceux qui n'ont rien et qui feront la différence le soir du vote, soit par leur participation soit par leur adhésion au camp démocrate. Fort de ce constat d'un pays profondément divisé, l'ancien Président des États-Unis a donné un mode d'emploi pour le vivre ensemble, après le risque Trump.

    Le lendemain, c'était au tour de l'ancien Bill Clinton d'apporter son onction à Kamala Harris.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (21 août 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :

    Kamala Harris sera-t-elle la première femme Présidente des États-Unis ?
    USA 2024 : Joe Biden se retire et soutient Kamala Harris !
    Donald Trump victime d'une tentative d'assassinat.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Ronald Reagan.
    Triste Trump (hic) !
    Paul Auster.
    Standard & Poor's.
    Moody's et Fitch.
    Les 75 ans de l'OTAN.
    Lee Marvin.
    Les 20 ans de Facebook.
    Bernard Madoff.
    La crise financière mondiale de 2008.

    La boîte quantique.
    Maria Callas.
    Henry Kissinger.
    Alexander Haig.
    Katalin Kariko et Drew Weissman.
    Rosalynn Carter.
    Walter Mondale.
    Marathonman.
    Bob Kennedy.










    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240820-obama.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-yes-she-can-de-barack-obama-256431

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/08/21/article-sr-20240820-obama.html




     

  • Kamala Harris sera-t-elle la première femme Présidente des États-Unis ?

    « Nous sommes à 107 jours de l'élection. Ensemble, nous nous battrons, ensemble nous gagnerons. (…) Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour unir le parti démocrate, notre nation et battre Donald Trump. » (Kamala Harris, le 21 juillet 2024).




     

     
     


    Le retrait du Président Joe Biden de la course présidentielle ce dimanche 21 juillet 2024 est un événement majeur de cette campagne présidentielle, huit jours après la tentative d'assassinat contre Donald Trump et quelques jours après la désignation triomphale de ce dernier à Milkauwee comme candidat du parti républicain. On a reproché à Joe Biden d'avoir mis une petite demi-heure avant de proposer de soutenir Kamala Harris, l'actuelle Vice-Président des États-Unis. Mais le fait, c'est qu'il la soutient.

    Amusant de voir qu'au lendemain de ce retrait, il existe des journalistes français à passer encore du temps à se demander : pourquoi Joe Biden s'est-il retiré ? La réponse paraît en effet assez évidente, mais cela fait penser aussi à la question que tous les Français (moins un) se posent depuis le 9 juin : pourquoi Emmanuel Macron a-t-il dissous l'Assemblée Nationale ? On pourrait d'ailleurs titrer : Joe Biden s'est auto-dissous ! Ou proposer à Jean-Luc Mélenchon de faire comme Joe Biden, se retirer de la vie politique (après tout, la retraite à 73 ans, ce n'est pas trop tôt) et laisser les générations à venir s'occuper du pays.
     

     
     


    Ce qui est étrange, c'est que dans les récents sondages, réalisés après l'attentat de Butler, Joe Biden n'était pas si loin de Donald Trump en intentions de vote. Ce qui va surtout changer, avec le départ de Joe Biden de la course présidentielle, c'est que l'argument de l'âge va pouvoir être retourné à l'envoyeur en rappelant ainsi que Donald Trump devient le candidat à l'élection présidentielle le plus vieux de l'histoire des États-Unis (Joe Biden était plus jeune que lui en 2020). Certains observateurs affirmaient même que ce serait le parti qui renverrait le premier son candidat âgé qui gagnerait l'élection. Donald Trump sera, lui, bien candidat, rescapé de l'attentat et toujours bien vivant. À la combativité presque insolente.

    Bien sûr, connaître le pourquoi du comment du renoncement est toujours intéressant, mais c'est aux historiens et aux politologues que la question échoie, avec le recul du temps. Dans l'immédiateté de la vie politique, que ce soit pour une campagne législative en France ou une campagne présidentielle aux États-Unis, ces deux actes, provoqués par le Président respectivement des deux nations, ont bouleversé considérablement le cours des événements politiques et la question serait plutôt ce que cela va entraîner.

    Pour le camp des démocrates, assurément, il leur faudra désigner leur nouveau candidat, d'ici à leur Convention à Chicago (du 19 au 22 août 2024), dans le meilleur des cas le plus rapidement possible car il ne reste pas beaucoup de temps avec l'élection du 5 novembre 2024. Joe Biden a annoncé son soutien assez clair à Kamala Harris, ainsi que le couple Bill Clinton et Hillary Clinton, cette dernière adversaire malheureuse de Donald Trump en 2016 : « Nous sommes fiers de nous joindre au Président pour soutenir la Vice-Présidente Harris et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour la soutenir. ».

    En revanche, Nancy Pelosi, ancienne Présidente de la Chambre des représentants et figure très influente du parti démocrate (bien qu'âgée de 84 ans), n'a pas mentionné le premier jour le nom de la Vice-Présidente et souhaiterait une désignation transparente : « Le Président Joe Biden est un patriote américain qui a toujours donné la priorité à notre pays. Son héritage de vision, de valeurs et de leadership fait de lui l'un des Présidents les plus influents de l'histoire américaine. ». Toutefois, Nancy Pelosi a apporté son soutien à Kamala Harris le lendemain (22 juillet).

    De son côté, l'ancien Président Barack Obama a salué le courage et l'abnégation de Joe Biden, mais sans évoquer sa Vice-Présidente : « Nous allons naviguer dans des eaux inconnues dans les jours à venir. Mais j'ai une confiance extraordinaire dans la capacité des dirigeants de notre parti à créer un processus qui permettra de désigner un candidat exceptionnel. ». Certains murmurent que son épouse Michelle Obama pourrait être intéressée par une candidature, mais au contraire d'Hillary Clinton, qui a été élue sénatrice et qui a eu des fonctions d'État (Secrétaire d'État), Michelle Obama n'a joué aucun rôle officiel à ce jour. D'autres expliquent que Barack Obama souhaite dans le parti démocrate des débats et de la démocratie.

    Avant d'évoquer le parcours de la future candidate ainsi que la polémique que les trumpistes ont voulu créer dès le retrait de Joe Biden, il faut donc rappeler quelques règles du parti démocrate, car on ne désigne pas un candidat à l'élection présidentielle sur le coup d'un claquement de doigts, ou à la lecture des sondages, ou encore dans une obscure salle de comité central.

    Ah, tiens, à propos de comité central, tentons encore le parallèle avec la nouvelle farce populaire (NFP) : depuis seize jours, ces supposés vainqueurs des élections législatives (à cent sièges près !) peinent à choisir un Premier Ministre (la candidate du PS Laurence Tubiana, 74 ans, a renoncé le 22 juillet 2024, après l'abandon d'Huguette Bello le 14 juillet 2024) qu'ils reprochent au Président Macron de ne pas avoir nommé ! Faut-il l'unanimité, comme veulent l'imposer les apparatchiks des insoumis, ou un vote des groupes parlementaires, comme le suggèrent les socialistes qui jouissent d'un avantage numérique au Parlement avec son groupe sénatorial ? L'unanimité semble pourtant nécessaire, car chaque vote à l'Assemblée sera capital. Et dans ce cas, mission impossible.

     

     
     


    Chez les démocrates américains, c'est différent. Au lendemain de l'abandon de Joe Biden, il n'y a pas beaucoup de suspense sur le nom du candidat, de la candidate : Kamala Harris a démarré avec beaucoup d'élan et de dynamisme sa campagne présidentielle. Dès les premières heures, elle a su récolter sur son nom ce que les donateurs hésitaient à donner à un vieillard trop peu dynamique pour vaincre Donald Trump : « À 21h, les sympathisants de la base ont récolté 46,7 millions de dollars via ActBlue après le lancement de la campagne de la Vice-Présidente Kamala Harris. Il s'agit de la journée de collecte de fonds la plus importante du cycle 2024. Les petits donateurs sont motivés et prêts à affronter cette élection. » (selon un tweet de ActBlue du 21 juillet 2024). Au bout de 24 heures, ce sont 81 millions de dollars qui ont été collectés pour la campagne de Kamala Harris. C'est beaucoup. Cela ne réhaussera pas forcément le niveau (très bas) de la campagne, mais cela va rééquilibrer les spots politiques en faveur des démocrates.

    Mais il faut rester dans la forme. Nancy Pelosi et d'autres grands démocrates veulent rester irréprochables sur la désignation de leur candidat, pour défendre les institutions face à un adversaire qui s'assied allègrement sur celles-ci, Congrès, justice, etc. quand cela l'arrange. En principe, le candidat démocrate est désigné à l'issue des primaires du parti démocrate qui se sont déroulées du 23 janvier au 8 juin 2024 et Joe Biden a obtenu 3 905 délégués alors que 1 975 sont suffisants pour être désigné (ce qui correspond à 14,5 millions de voix, soit 87,1%). Les autres candidats aux primaires démocrates étaient Dean Philips avec 4 délégués (3,2% des voix), Jason Palmer 3 délégués (0,1% des voix) et Marianne Williamson 0 délégué (2,9% des voix).

    Le problème, c'est que les délégués qui ont été élus pendant ces primaires ont un mandat impératif (ce qui fait que la démocratie amércaine est complètement différente de la démocratie française). C'est-à-dire que les délégués de Joe Biden ont été élus pour apporter leur suffrage à Joe Biden, à lui seul et à personne d'autre, le 19 août 2024 lors de la Convention. Dès lors que Joe Biden n'est plus candidat, ces délégués retrouvent leur liberté de choix, car il est bien entendu hors de question de redésigner de nouveaux délégués (cela prendrait au moins cinq mois).

     

     
     


    C'est donc le choix personnel de ces 3 949 délégués qui va désigner le candidat démocrate. La question reste toutefois : comment feront-ils connaître leur choix ? Beaucoup souhaitent qu'ils fassent leur choix de manière électronique avant la Convention pour que celle-ci, comme c'est le cas d'habitude, soit le moment festif de lancement de la candidature officielle. D'autres, au contraire, en particulier Nancy Pelosi, voudraient plus de transparence et que le vote intervienne au début de la Convention, le 19 août, ce qui, à mon sens, sera probablement retenu car c'est le moyen le plus transparent.

    Tout cela n'est qu'un problème de forme, car pour le fond, la candidature de Kamala Harris est lancée avec force et dynamisme. Soutenue notamment par six gouverneurs dont l'ancien maire de San Francisco et actuel gouverneur de Californie Gavin Newsom, Kamala Harris aurait déjà gagné la confiance au moins de 1 208 délégués en un jour. Aucun candidat démocrate ne semble en mesure de lui disputer sérieusement la candidature. La vraie question sera quel sera son colistier, forcément un homme, probablement dans un État "partagé" ou "tangent" (un "swing state").

    La polémique créée par les républicains quelques heures après son annonce de retrait, c'est de dire : si Joe Biden n'est plus capable d'être candidat, alors il n'est plus capable d'être Président, il faut qu'il s'en aille. Mais le raisonnement est particulièrement stupide pour les républicains, car si Joe Biden quittait la Maison-Blanche, ce serait Kamala Harris qui deviendrait tout de suite Présidente des États-Unis, la première femme à la Maison-Blanche. Et elle démontrerait alors qu'elle est présidentiable.

    Cela n'a pas empêché les instituts de sondage de sonder le peuple sur ce thème : Joe Biden doit-il quitter la Maison-Blanche ? Dans le sondage publié le 21 juillet 2024 par YouGouv, une large majorité des sondés (56%) souhaiterait que Joe Biden termine son mandat dans tous les cas. Le peuple américain est parfois sage (mais pas toujours).

     
     


    Qui est Kamala Harris ? C'est une femme de presque 60 ans (elle les aura le 20 octobre) qui, par son histoire, fait partie du rêve américain. Fille d'un économiste d'origine jamaïcaine et d'une cancérologue spécialiste du cancer du sein d'origine indienne, elle est devenue avocate au barreau de San Francisco. Ses parents s'étaient rencontrés à l'Université de Californie à Berkeley où chacun préparait un doctorat (l'un en économie, l'autre en médecine). Il se sont quittés quand Kamala avait 7 ans.

    Kamala Harris a fait toute sa carrière en Californie : procureure de San Francisco de 2004 à 2011, puis première femme procureure générale de Californie de 2011 à 2017, elle a acquis une réputation de progressiste (pour être procureur, il faut être élu). Au lendemain de la victoire de Donald Trump à la Présidence des États-Unis le 8 novembre 2016, et alors que les dirigeants démocrates étaient sonnés par leur défaite, Kamala Harris, nouvellement élue sénatrice des États-Unis en Californie, a prononcé une discours de combat où elle disait qu'elle se battrait de toutes ses forces contre Donald Trump, contre ses idées. Et effectivement, elle s'est lancée le 21 janvier 2019 dans la bataille des primaires démocrates pour l'élection présidentielle de 2020.

    Si, avant l'été 2019, elle talonnait Joe Biden dans les sondages pour les primaires démocrates, elle s'est écroulée à la fin de l'automne et a jeté l'éponge le 3 décembre 2019, par manque de moyens. Repêchée par Joe Biden qui en a fait, le 11 août 2020, sa colistière, Kamala Harris a été élue Vice-Présidente des États-Unis le 3 novembre 2020, première femme à occuper ce poste, qui plus est, une femme de couloir (mais qui n'a rien à voir avec les Afro-américains).

    Être Vice-Président des États-Unis est toujours ingrat. Son principal rôle est de présider le Sénat, ce qui peut être déterminant lorsque le Sénat est partagé. Et le Président peut lui confier des missions. En mars 2021, encore en pleine crise du covic-19, Joe Biden a confié à Kamala Harris la gestion de la grave crise migratoire : beaucoup de ressortissants des pays d'Amérique latin sont entrés illégalement aux États-Unis. Le sujet est très difficile à traiter. En raison de la sensibilité de ce thème, repris autant par les populistes américains dans leur pays que les populistes français en France, Kamala Harris n'a pu que se prendre des coups : fustigée par les républicains en raison de l'arrivée massive des migrants, elle a été aussi très critiquée par l'aile gauche du parti démocrate car elle est allée dans tous les pays d'Amérique latine pour négocier la réduction des flux migratoires. Si elle a déçu les démocrates pendant ce mandat, elle est cependant une battante, capable de visiter tout le pays pour expliquer les lois et apporter de la compréhension aux citoyens.

    La voici aux portes du pouvoir. Contrairement à ce qu'affirme Donald Trump qui n'en finit pas de se dire miraculé et qui n'en finit pas de débiter des grossièretés et des insultes sans argumentation politique, l'élection du 5 novembre 2024 va être très serrée. Kamala Harris a un potentiel encore intact et dès le premier jour de sa campagne, déjà dans les réseaux sociaux, son visage a remplacé celui de Barack Obama dans la célèbre affiche, y ajoutant un jeu de mot : Yes, We Kam ! Le moment Trump est en train de s'évaporer. Place au moment Kamala.



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (22 juillet 2024)
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    Pour aller plus loin :
    Kamala Harris sera-t-elle la première femme Présidente des États-Unis ?
    USA 2024 : Joe Biden se retire et soutient Kamala Harris !
    Donald Trump victime d'une tentative d'assassinat.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Ronald Reagan.
    Triste Trump (hic) !
    Paul Auster.
    Standard & Poor's.
    Moody's et Fitch.
    Les 75 ans de l'OTAN.
    Lee Marvin.
    Les 20 ans de Facebook.
    Bernard Madoff.
    La crise financière mondiale de 2008.

    La boîte quantique.
    Maria Callas.
    Henry Kissinger.
    Alexander Haig.
    Katalin Kariko et Drew Weissman.
    Rosalynn Carter.
    Walter Mondale.
    Marathonman.
    Bob Kennedy.

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240722-kamala-harris.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/kamala-harris-sera-t-elle-la-255973

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/07/22/article-sr-20240722-kamala-harris.html


     

  • USA 2024 : Joe Biden se retire et soutient Kamala Harris !

    « Je crois qu'il est dans l'intérêt de mon parti et de mon pays de me retirer et de me concentrer uniquement sur l'exercice de mes fonctions de Président jusqu'à la fin de mon mandat. » (Joe Biden, le 21 juillet 2024 sur Twitter).


     

     
     


    Apparemment, ce dimanche 21 juillet 2024 à 19 heures 46, heure de Paris, le Seigneur tout-puissant est descendu à la Maison-Blanche et a dit au Président des États-Unis : « Joe, retire-toi de la course ! ». C'est du moins ce que Joe Biden avait donné comme condition au début du mois de juillet 2024 pour expliquer l'hypothèse improbable de son retrait de la course présidentielle. Il est toujours question de Dieu avec les Américains.

    Depuis son premier débat télévisé face à Donald Trump le 27 juin 2024 sur CNN, beaucoup de ses amis démocrates lui ont demandé de se retirer. Pas facile d'entendre le directeur du "New York Times", George Clooney, Nancy Pelosi, ancienne Présidente de la Chambre des représentants, ou encore Chuck Schumer, chef de la majorité démocrate au Sénat, lui dire : Joe, il va falloir t'arrêter, il va falloir passer le flambeau. Alors, invoquer Dieu, cela permet de transcender la vie politique américaine. Et ses propres failles.

    Il faut dire que Joe Biden n'a pas eu beaucoup de chance. Ses bourdes, ses gaffes, ses lapsus, c'est sa marque de fabrique, même jeune... mais en faire autant en si peu de temps, cela devenait inquiétant pour ce vieillard de 81 ans. Au Sommet de l'OTAN le 11 juillet 2024 à Washington, Joe Biden avait appelé à la tribune le Président... Poutine pour dire Zelensky, et s'il avait su se rattraper habilement, il a laissé courir l'autre lapsus du jour, en parlant de son Vice-Président... Trump !

     

     
     


    Déjà qu'on ne savait plus trop bien dans quelle époque il vivait, du temps de François Mitterrand ou de Georges Pompidou, le coup de grâce a été la tentative d'assassinat de son adversaire, Donald Trump, le 13 juillet 2024 à Butler, en Pennsylvanie. À quelques millimètres, il serait mort et la balle ne lui a écorché qu'un bout d'oreille. Au-delà de la chance phénoménale (Donald Trump a assuré que Dieu l'avait protégé), c'est surtout son dynamisme qui a étonné, Donald Trump a levé le point et a réussi à faire scander la foule avec ces mots : fight ! fight ! avant d'être exfiltré par les services de sécurité. Quelle forme alors qu'on a failli le tuer, alors que Joe Biden se présente comme un mort vivant, une sorte de momie robotisée aux gestes très lents et maladroits. On tire sur Trump et Biden est touché !

    Autre coup de grâce, Joe Biden a attrapé le 17 juillet 2024 pour la troisième fois le covid-19, et a dû interrompre sa campagne (annuler son meeting à Las Vegas) et s'isoler. Encore une fois, ce n'était pas de chance tandis que Donald Trump pouvait fanfaronner : j'ai failli mourir, j'ai vaincu une balle de fusil mitrailleur, tandis que mon adversaire est vaincu par un petit virus !

    Pourtant, Joe Biden avait bien manœuvré en réaction à l'attentat de Butler. Prônant la non-violence politique, il avait des mots rassembleurs pour se resserrer derrière l'idée de démocratie américaine. Toutefois, l'argumentation des démocrates contre Donald Trump tombait naturellement : ils disaient que Trump était une menace pour la démocratie, et le voici victime de la violence. La menace, ce n'est plus Trump ; Trump, c'est le héros de la démocratie, au contraire. On aura beau rappeler les multicondamnations, la grossièreté, les mensonges, etc. Il reste, Donald Trump, l'exemple typique du cow-boy américain qui veut être libre, tranquille et qui ne supporte pas les lois, les règlements, les normes. Et le clip où des démocrates affirmaient vouloir "cibler" Trump a vite disparu des écrans...

     

     
     


    Depuis quelque temps, les donateurs se faisaient de plus en plus rares pour le camp démocrate (et l'argent est le nerf de la démocratie aux États-Unis) et surtout, les parlementaires (qui sont renouvelés en même temps que l'élection présidentielle) craignaient un désastre électoral et une vague républicaine. La Convention nationale des Républicains du 15 au 18 juillet 2024 à Milkauwee, dans le Wisconsin, a été un triomphe pour Donald Trump, formellement désigné candidat des républicains le 15 juillet 2024 avec pour colistier à la Vice-Présidence James D. Vance.

    L'échéance électorale est le mardi 5 novembre 2024, dans trois mois et demi, et la Convention nationale des Démocrates devra désigner formellement son candidat entre le 19 et le 22 août 2024 à Chicago. Dans tous les cas, cela va faire court pour le candidat ou plutôt la candidate démocrate.

    Décidément, la campagne présidentielle américaine 2024 est, à tout point de vue, personnalités en cause et déroulement, exceptionnelle et historique, avec deux faits majeurs et historiques : la tentative d'assassinat contre Donald Trump qui l'a placé dans une sorte de héros présidentiel à l'image de Lincoln, John Kennedy ou Ronald Reagan, et, ensuite, le retrait de la candidature du candidat le plus vieux de l'histoire américaine à quelques mois de l'élection.

    En choisissant la sagesse, ce qui était très difficile pour son ego, Joe Biden va satisfaire près des deux tiers des électeurs démocrates que les sondages disaient partisans de son retrait.

     

     
     


    Une demi-heure après l'annonce de son retrait, Joe Biden, par un second tweet daté du 21 juillet 2024 à 20 heures 13, heure de Paris, a annoncé qu'il soutenait sa Vice-Présidente Kamala Harris : « Ma toute première décision en tant que candidat du parti en 2020 a été de choisir Kamala Harris comme Vice-Présidente. Et c’est la meilleure décision que j’ai prise. Aujourd’hui, je souhaite offrir mon plein soutien et mon approbation à Kamala pour qu’elle soit la candidate de notre parti cette année. Démocrates, il est temps de s’unir et de battre Trump. Faisons cela. ».

    La bataille va donc complètement changer d'allure pour Donald Trump. Avec Kamala Harris, le vieux, le machiste, le grossier personnage sera plus facilement montré du doigt. Mais il reste à la Vice-Présidente encore beaucoup de chemin à parcourir pour pouvoir convaincre les indécis et les centristes de l'électorat, tandis que le candidat républicain a pris une très grande longueur d'avance avec sa désormais légende nationale. Nous vivons une époque formidable.


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    Sylvain Rakotoarison (21 juillet 2024)
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    Pour aller plus loin :
    USA 2024 : Joe Biden se retire et soutient Kamala Harris !
    Donald Trump victime d'une tentative d'assassinat.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Ronald Reagan.
    Triste Trump (hic) !
    Paul Auster.
    Standard & Poor's.
    Moody's et Fitch.
    Les 75 ans de l'OTAN.
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    Bernard Madoff.
    La crise financière mondiale de 2008.

    La boîte quantique.
    Maria Callas.
    Henry Kissinger.
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  • Donald Trump victime d'une tentative d'assassinat

    « J’ai tout de suite su que quelque chose n’allait pas quand j’ai entendu un bruit strident, des tirs, et immédiatement senti la balle me traverser la peau. » (Donald Trump, le 14 juillet 2024).



     

     
     


    Ciel bleu, visage ensanglanté, poing tendu, sur fond de drapeau américain. Donald Trump, qui a été victime d'une tentative d'assassinat lors de son meeting électoral à Butler, en Pennsylvanie, ce samedi 13 juillet 2024 à 18 heures 11 (heure locale, un peu plus de minuit à Paris), a donné aux Américains l'image américaine du tableau de la Liberté guidant le peuple de Delacroix. Un participant au meeting en est mort, deux autres gravement blessés, l'auteur de l'attentat tué à la nuque par les services de sécurité, tandis que l'ancien Président des États-Unis a été blessé à l'oreille droite.

    On peut dire qu'il a eu de la chance, il sera Reagan, pas Kennedy ni Lincoln. Situation étrange où même les plus féroces adversaires politiques de Donald Trump lui ont adressé des messages de sympathie : Joe Biden (qui était dans le Delaware, son État), Kamala Harris, Barack Obama, Nancy Pelosi, pour n'en citer que quatre. Cette dernière, ancienne Présidente de la Chambre des Représentants, est bien consciente de l'état de violence de la société américaine et de la vie politique américaine puisque son mari avait été agressé à coups de marteau en 2022.
     

     
     


    Tous, dans la classe politique américaine mais aussi les actuels ou anciens chefs d'État ou de gouvernement à l'étranger, qui furent les anciens interlocuteurs de Donald Trump lorsqu'il était à la Maison-Blanche (ou pas), en particulier Benjamin Netanyahou, Emmanuel Macron, Keir Starmer, Javier Milei, Jair Bolsonaro, Justin Trudeau, Volodymyr Zelenski, etc., ainsi que le Secrétaire Général de l'ONU Antonio Guterres, ont bien évidemment condamné cet attentat et apporté leur soutien et sympathie au candidat à l'élection présidentielle américaine.

    On pourrait, de manière un peu trop simpliste, dire comme Salomon : tu es puni par là où tu as péché, et répéter que la violence même verbale sécrète toujours la violence alors que le rôle des acteurs publics, des responsables politiques, c'est au contraire d'apaiser, de rassembler, d'apporter un peu de cohésion sociale et de réconfort moral. La justice américaine qui a reconnu le 31 mai 2024 la culpabilité de l'ancien Président américain dans diverses affaires (trente-quatre chefs d'accusation !), a décidé de ne pas le poursuivre dans l'invasion du Capitole le 6 janvier 2021 car, encore Président des États-Unis, il jouissait encore de l'immunité présidentielle.
     

     
     


    En tête dans les sondages pour la course présidentielle, Donald Trump a annoncé qu'il serait bien présent à la Convention nationale des Républicains qui se tiendra du 15 au 18 juillet 2024 à Milwaukee, dans le Wisconsin, pour désigner formellement le candidat républicain à l'élection présidentielle du 5 novembre 2024. Sa désignation ne fait aucune doute puisque ses adversaires Ron DeSantis et Nikki Haley avaient assez rapidement déclaré forfait, respectivement le 21 janvier 2024 et 6 mars 2024.

    Pour le Parti démocrate qui tiendra sa Convention nationale à Chicago du 19 au 22 août 2024, la situation est moins évidente. Certes, le Président en exercice Joe Biden a annoncé depuis longtemps sa volonté de battre une nouvelle fois Donald Trump, il s'est déclaré le seul à l'avoir fait (en 2020) et le seul à pouvoir encore le faire, mais les sondages lui donnent actuellement un retard non négligeable et ses dernières bourdes ont encouragé certains parlementaires ou responsables démocrates (et aussi financiers) à vouloir choisir un autre candidat.
     

     
     


    En particulier, son premier débat face à Donald Trump le 27 juin 2024 sur CNN a été catastrophique sur sa capacité à présider encore à 81 ans alors que son adversaire a menti 50 fois en 90 minutes ! Selon CBS News, Joe Biden a eu « une voix rauque, des expressions faciales béantes, des réponses confuses sur des questions clefs et un manque perçu de réfutation des mensonges de l'ancien Président Donald Trump ».

    De plus, au Sommet de l'OTAN à Washington le 11 juillet 2024, Joe Biden a confondu Volodymyr Zelensky avec Vladimir Poutine, puis Kamala Harris avec Donald Trump (ce dernier lui a répondu : Good job, Joe !). Même si le Président a toujours eu l'habitude de faire des bourdes depuis toujours (et même jeune), cela lui donne une mauvaise image de "présidentialité" même si l'âge de son adversaire, 78 ans, n'est pas non plus sans problème (Donald Trump aussi avait des absences lors de son procès au printemps). Pour autant, lors de son discours très combatif à Détroit le 12 juillet 2024, Joe Biden a réaffirmé son intention d'aller jusqu'au bout de son combat électoral et a assuré qu'il gagnerait : « Je suis candidat et nous allons gagner ! ».

    Ce qui est clair, c'est que Donald Trump a montré un certain courage physique au moment de l'attentat qui l'a blessé, s'est inquiété de l'état des deux personnes blessées, a présenté ses condoléances pour le participant qui est mort, et va bénéficier très logiquement d'un courant de sympathie pour ce qu'il a subi. Ce qui ne fait pas vraiment les affaires des démocrates.



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    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Ronald Reagan.
    Triste Trump (hic) !
    Paul Auster.
    Standard & Poor's.
    Moody's et Fitch.
    Les 75 ans de l'OTAN.
    Lee Marvin.
    Les 20 ans de Facebook.
    Bernard Madoff.
    La crise financière mondiale de 2008.

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    Maria Callas.
    Henry Kissinger.
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