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  • Reconnaissance de l'État palestinien : a-t-on le droit de bousculer ses amis ?

    « Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j'ai décidé que la France reconnaîtra l'État de Palestine. J'en ferai l'annonce solennelle à l'Assemblée générale des Nations Unies au mois de septembre prochain. L'urgence est aujourd'hui que cesse la guerre à Gaza et que la population civile soit secourue. » (Emmanuel Macron, le 24 juillet 2025 sur Twitter).




     

     
     


    Ces quelques mots ont été publiés sur Twitter le jeudi 24 juillet 2025 à 20 heures 16 par le Président de la République Emmanuel Macron. Ils ont fait l'effet d'une bombe en plein été. Que faut-il en penser ? Que faut-il penser d'une reconnaissance immédiate de l'État palestinien par la France ?

    Nous voici encore dans des réflexions ou des analyses à fronts reversés. Ceux qui s'opposent régulièrement à Emmanuel Macron mais défendent le peuple palestinien se retrouvent à défendre l'idée du Président de la République de reconnaissance historique de l'État palestinien. Et inversement, des proches du macronisme peuvent se trouver désorientés par une telle annonce parce qu'ils comprennent bien que la situation n'est pas simple et que l'État d'Israël joue également sa survie.


    Personnellement, je soutiens en général l'action d'Emmanuel Macron dont je considère la vision à long terme de la France et de l'Europe comme une chance dans une classe politique plus douée pour faire des selfies sur TikTok que pour imaginer la France de 2030 voire de 2050.

    Emmanuel Macron a compris dès sa prise de fonction en 2017 qu'il fallait que la France et que l'Europe se dotent d'une défense puissante et autonome, c'est-à-dire indépendante des États-Unis pour leur sécurité, leur protection, et les événements qui sont survenus par la suite ont amplement confirmé la pertinence de cette vision (événements qui ont principalement pris deux noms, si l'on veut résumer : Vladimir Poutine et Donald Trump). Le budget des armées en France aura doublé entre 2017 et 2027. Ce n'est pas rien et c'est l'une des raisons pour lesquelles la France reste très écoutée dans ce qu'on appelle le concert des nations.

    Et pourtant, cette annonce d'une reconnaissance immédiate de l'État palestinien me fait grincer les dents. Je la suppose peu opportune à ce stade de la situation au Proche-Orient. Pourquoi ? Parce que nous sommes toujours dans l'après-massacres du 7 octobre 2023. En effet, tout ce qui se déroule, et parmi les événements les plus horribles, notamment la situation terrible à Gaza de famine et d'abandon, provient de ces massacres qui ont, paradoxalement, renforcé l'État d'Israël dans sa volonté d'en finir avec tous les groupes terroristes régionaux qui veulent l'extermination des Juifs et des Israéliens, en particulier le Hamas et le Hezbollah.

     

     
     


    Le point de départ de toute réflexion doit être la sécurité absolue de l'État d'Israël. Or, sa sécurité n'était pas assurée avec l'existence du Hamas à ses frontières, qui commettait des attentats en permanence sur la population civile d'Israël (avec tirs réguliers de roquettes). L'armée israélienne fait le sale boulot, c'est-à-dire éliminer toutes les poches de terroristes à Gaza, et ce n'est pas facile tant le Hamas se moque de la sécurité de la propre population palestinienne qui lui sert de bouclier humain.

    La réflexion devrait donc amener à se dire qu'un pays ami d'Israël ne devrait pas officiellement reconnaître l'État de Palestine sans l'accord du gouvernement israélien, par simple courtoisie diplomatique.


    Mais la situation n'est pas si simple. La situation à Gaza, qui perdure, est absolument scandaleuse et l'armée israélienne doit mettre ses moyens en rapport avec sa morale. L'éradication des poches terroristes ne peut se faire au prix d'un massacre du peuple palestinien, massacre et pas génocide, je précise, car il n'y a jamais eu l'intention, en Israël, d'exterminer tous les Palestiniens. Employer des mots abusifs empêche la prise de conscience de la situation à Gaza, c'est essentiel de ne pas être excessif pour être signifiant.

    Depuis le 7 octobre 2023, parce qu'il a été trop laxiste avec les terroristes palestiniens depuis trop longtemps, le gouvernement israélien semble se comporter comme une bête enragée incapable de s'arrêter dans sa réaction aux massacres du 7 octobre. Pourtant, il faudra bien arrêter. L'éradication totale est un leurre : à chaque mort d'un terroriste du Hamas, deux nouveaux Palestiniens s'engagent au Hamas pour le venger. Cela n'en finira plus. Cela n'en finit pas.

    Dans le traumatisme du conflit, seule la réconciliation, et donc l'arrêt unilatéral sinon bilatéral des hostilités peut faire entrevoir l'avenir sous le signe de la paix et de la prospérité, ce à quoi aspire ou devrait aspirer tout peuple sur Terre.

    Pour arrêter cette bête enragée (et tétanisée), il n'y a que des initiatives fortes qui peuvent avoir un effet. Les mots, la diplomatie, les conseils, les recommandations, même de celui qu'on considère le plus puissant de la planète, à savoir le Président des États-Unis, sont sans effet.

    Il y a donc l'immédiateté qui est l'arrêt de l'horreur à Gaza. Pour cela, l'armée israélienne peut tout, elle seule peut tout. Les signes encourageants d'une trêve partielle sont positifs mais certainement insuffisants. Une initiative forte peut faire plus réfléchir : cette initiative, elle ne peut être que la reconnaissance de l'État de Palestine.
     

     
     


    Prenons d'abord une réflexion très générale et à long terme : la solution à deux États, Israël et Palestine, celle prévue par les Nations Unies, est la seule solution capable d'assurer durablement la paix dans la région. C'est ce qu'avait compris un général qui n'était pas un tendre en Israël, j'ai nommé Ariel Sharon, qui a vu que l'autre solution possible, à savoir un seul État avec les Israéliens et les Palestiniens cohabitant dans un "vivre ensemble" à déterminer, ne pouvait pas satisfaire les Israéliens pour une simple raison démographique : au bout d'une ou deux générations, les Israéliens deviendraient ultra-minoritaires dans cet État unifié. Il convenait donc, pour le chef de guerre qu'était Ariel Sharon, de s'acheminer vers deux États dont les différences démographiques des uns n'auraient pas d'influence sur les autres.

    Du reste, on peut difficilement croire que deux peuples, dont beaucoup de l'un souhaitent exterminer l'autre, puissent cohabiter en bonne harmonie et durablement dans un seul État. Le problème aujourd'hui, c'est que l'acceptation d'un État palestinien revient à Israël. En effet, les Palestiniens peuvent vouloir la mort d'Israël, mais ne peuvent que constater, malgré eux, qu'Israël est un État bien vivant, bien existant, et durable (et une des nations qui investit le plus dans l'innovation technologique, ce n'est pas un détail).


    Alors, si l'idée du Président de la République est de bousculer nos amis israéliens pour qu'ils mettent fin à ce bourbier de Gaza, qu'ils reviennent à des considérations déjà purement humanitaires, c'est-à-dire humaines, avant toute considération politique, géopolitique voire militaire, ce sera un point positif.
     

     
     


    Emmanuel Macron est de l'espèce des volontaristes. Le volontarisme, c'est refuser la fatalité, refuser la situation, refuser surtout de se croire impuissant, de croire que rien n'est possible pour améliorer une situation insupportable (comme celle à Gaza). Pour cela, il faut croire au père Noël, il faut croire à l'inimaginable, et l'idée de reconnaître l'État palestinien concourt à ce volontarisme. En le faisant, la France fera réagir d'autres pays et peut-être d'abord Israël.

    La France serait-elle isolée diplomatiquement en cas de reconnaissance de l'État palestinien ? Pas du tout. Au contraire, après l'annonce du Président français, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie se sont déclarés prêts à faire la même chose au même moment. Cela montre à l'évidence que loin d'être isolée, la France reste une grand nation écoutée dans le monde. Et c'est justement parce qu'elle est une grande nation écoutée que sa reconnaissance est importante et agace aujourd'hui le gouvernement israélien.
     

     
     


    Mais Emmanuel Macron n'a rien transigé des conditions imposées aux Palestiniens : démilitarisation du Hamas, non-militarisation de l'État palestinien, libération inconditionnelle des dernier otages du 7 octobre 2023 (et remise des corps de ceux qui n'ont pas survécu) et, évidemment, reconnaissance de l'État d'Israël et la fin de cette volonté de l'exterminer par tous les moyens.

    Dans une lettre adressée le 24 juillet 2025 au Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Emmanuel Macron lui a rappelé la position de la France : « Je (…) vous dis (…) la mobilisation de la France en faveur de la mise en œuvre de la solution à deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité. Cette solution constitue la seule voie permettant de répondre aux aspirations légitimes des Israéliens comme des Palestinien. Il faut désormais y parvenir au plus vite. ».

    Et d'insister auprès de Mahmoud Abbas : « Je serai particulièrement attentif à la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza, de la libération des otages encore détenus par le Hamas, du désarmement de celui-ci et de la consolidation de l'Autorité palestinienne sur l'ensemble des territoires palestiniens. ».


    C'est là le problème, celui de considérer le Président de l'Autorité palestinien comme un interlocuteur légitime et fiable alors qu'il n'y a plus eu d'élection depuis vingt ans et que celui-ci a plus de 90 ans ! Ce dernier a fait part à Emmanuel Macron, dans une lettre datée du 9 juin 2025, de son engagement à procéder à des élections présidentielle et législatives au cours de l'année 2026 (« afin de renforcer sa légitimité et son autorité sur le futur État palestinien »), mais malheureusement, l'Autorité palestinienne n'a d'autorité que de nom et n'a aucune autorité sur la Bande de Gaza où le Hamas régente tout le territoire et toute la population.

    Bien sûr, seule, la France ne pourra pas faire grand-chose, mais il ne faut pas sous-estimer la capacité de leadership d'Emmanuel Macron dans le monde contemporain. La session de septembre prochain de l'Assemblée générale des Nations Unies sera à cet égard cruciale. La France peut avoir un effet d'entraînement. Aux Israéliens de s'y préparer. Leurs amis que sont les Français peuvent se permettre de les presser afin de faire cesser les horreurs à Gaza. La paix nécessite des concessions, et la plus grande est sans doute de renoncer à la vengeance.

    Nous sommes bien placés pour encourager ce processus. Après tout, il y a quatre-vingts ans, deux peuples, français et allemand, se haïssaient férocement depuis quatre générations et ont réussi à extirper la haine pour ne garder que l'amitié, et comme Lorrain, je peux témoigner que l'amitié franco-allemande n'est pas une vaine expression, du moins en Lorraine. Le croustillant dessinateur Plantu a reposté le 25 juillet 2025 sur son compte Twitter son vieux dessin d'un drapeau israélien et d'un drapeau palestinien cosigné par Yasser Arafat et Shimon Peres (qu'il était allé rencontrer chez eux), pour une reconnaissance mutuelle. C'était juste avant les Accords d'Oslo. Il y a un millénaire au moins.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (28 juillet 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Reconnaissance de l'État palestinien : a-t-on le droit de bousculer ses amis ?
    Georges Ibrahim Abdallah.
    Make Iran Great Again ?
    Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
    Kfir Bibas, d'horreurs en horreurs...
    Auschwitz : soyons la mémoire de leur mémoire !
    Gaza : trêve, libération d'otages israéliens et propagande du Hamas.
    Mahmoud Abbas.
    7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie.
    Les Accords d'Oslo.

     

     
     
     
     


     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250724-macron-palestine.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/reconnaissance-de-l-etat-262304

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/07/25/article-sr-20250724-macron-palestine.html

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  • Le terroriste Georges Ibrahim Abdallah libéré

    « Les lois de 1986 et 1988 ont permis une adaptation de nos procédures pénales à la lutte contre le terrorisme ; bien sûr, on luttait déjà contre le terrorisme avant ces lois : ainsi, nous avions par exemple réussi à arrêter Georges Ibrahim Abdallah. Le lien avec la justice s’est toujours fait par des relations directes avec les magistrats, tant les magistrats instructeurs que ceux du parquet. L’acte de saisine des magistrats, c’est le procès-verbal de renseignement ou le rapport de renseignement ; mais en amont de la procédure judiciaire proprement dite, il y a et il doit y avoir des relations personnelles et institutionnelles entre la DST et les magistrats. Cela permet de prévenir de l’existence de menaces et de faire le point sur les affaires qui pourraient faire l’objet d’une procédure judiciaire. Il y avait donc un dialogue : la DST n’a jamais voulu cacher des renseignements à la justice ; elle a toujours, au contraire, cherché à lui présenter le meilleur dossier possible pour entamer une procédure judiciaire. » (Louis Caprioli, ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la DST, audition à l'Assemblée Nationale le 21 février 2013 de la commission d'enquête sur le fonctionnement des services de renseignements français dans le suivi et la surveillance des mouvements radicaux armés).




     

     
     


    Le terroriste libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré en France depuis le 24 octobre 1984 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le 28 février 1987 pour sa complicité dans l'assassinat de deux diplomates (un Américain et un Israélien) en 1982, devrait être libéré ce vendredi 25 juillet 2025. Pendant ses quarante années de détention, le prisonnier a toujours revendiqué ses idées marxistes, communistes et pro-palestiniennes, ce qui lui a permis de connaître des amis de l'extrême gauche actuelle, en particulier une députée européenne qui n'était même pas née lors de son arrestation.

    Les partisans de la libération de Georges Ibrahim Abdallah ont fait valoir que cette décision du 17 juillet 2025 était une victoire politique, décision prise contre l'avis du parquet national antiterroriste qui avait fait appel de la décision. Cette décision de justice est donc loin de faire l'unanimité parmi les juges français.

    Ces militants marxistes (oui, il en existe encore en plein dans le XXIe siècle) estiment que Georges Ibrahim Abdallah était un prisonnier politique en ce sens que des pressions américaines voire israéliennes auraient été faites à la France pour traiter avec sévérité cet encombrant prisonnier.


    La réalité est plutôt le contraire. La France n'a jamais voulu de ce prisonnier et a tout fait pour que la justice fût la plus douce pour lui. La France, qui avait subi des vagues d'attentats terroristes, en 1982 puis en 1986, préférait éviter de provoquer de nouvelles motivations d'attentats.

    Pendant le procès, le numéro deux de la DST, Raymond Nart, a témoigné en minimisant le rôle de Georges Ibrahim Abdallah, ce qui n'a pas manqué de surprendre les juges. En 2024, Raymond Nart, à l'âge de 88 ans, a publiquement justifié sa position de l'époque : « Les services algériens m’ont expliqué que les FARL et Abdallah ne représentaient rien politiquement, que c’était un petit groupe, des communistes pro-palestiniens excités. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’étaient pas dangereux. Compte tenu du fait qu’on avait déjà essayé d’échanger Abdallah contre un otage, ma logique était de ne pas empêcher qu’un tel échange puisse se reproduire. ».

    Parmi les partisans de la libération de Georges Ibrahim Abdallah à l'époque (donc de sa non-condamnation), Yves Bonnet, le directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST) du 14 novembre 1982 au 1er août 1985, ensuite préfet de 1985 à 1991, futur député UDF de la Manche de mars 1993 à avril 1997, puis futur conseiller régional RN de la Normandie depuis juin 2021, en particulier parce que le directeur de la DST avait promis sa libération aux services algériens proches des FARL en échange de la libération d'un otage enlevé par les FARL, le Français Gilles Sidney Peyrolles (fils de l'écrivain Gilles Perrault), alors directeur du centre culturel de Tripoli (au Liban). Mais la justice a refusé de libérer Georges Ibrahim Abdallah, malgré la libération de Gilles Sidney Peyrolles, car on a retrouvé les armes qui ont tué les deux diplomates, ce qui allait condamner lourdement le dirigeant des FARL.

    Si les Américains étaient autant impliqués pour punir sévèrement Georges Ibrahim Abdallah, c'était parce qu'ils le considéraient comme le responsable notamment de l'assassinat du lieutenant-colonel Charles R. Ray, attaché militaire à l'ambassade des États-Unis en France et probablement membre de la CIA, tué le 18 janvier 1982 à Strasbourg par un attentat revendiqué par les FARL.
     

     
     


    Ainsi, si des pressions américaines ont bien eu lieu, la France a toujours tenté de s'y opposer. Pour preuve, cet échange au cours d'un dîner à Paris en juillet 1986 entre le chef de la CIA, William Casey, proche du Président Ronald Reagan, et le Ministre français délégué à la Sécurité Robert Pandraud, second du Ministre français de l'Intérieur Charles Pasqua. William Casey a menacé son interlocuteur français avec sa fourchette : « Si jamais la France ne condamne pas Abdallah à la perpétuité, ça va mal se passer entre nos deux pays, il y aura rupture diplomatique. Ce sera un énorme scandale. ». Réponse froide et cynique de Robert Pandraud : « On va faire plus simple. Nous allons libérer Abdallah et l'envoyer au Moyen-Orient. On vous donne ensuite son adresse, vous le liquidez et on n'en parle plus ! ».

    C'est notamment ce qu'a relaté l'excellente émission radiophonique "Secrets d'info" produite par Jacques Monin, directeur des enquêtes et de l'investigation de Radio France de 2016 à 2024, et diffusée le 22 juin 2024 sur France Inter avec pour titre : "Les derniers secrets de l'affaire Georges Ibrahim Abdallah" (voir lien en fin d'article).


    Pendant longtemps, avant et pendant le procès, les gouvernements français ont tenté d'expulser Georges Ibrahim Abdallah mais les juges français, jaloux de leur indépendance, ont refusé les pressions des dirigeants français. Au cours du procès, l'avocat général n'avait requis que dix ans de prison, tandis que les juges ont préféré la perpétuité.

    Pierre Baechlin, l'avocat général, a demandé en effet à la cour son indulgence : « Je crois, dans l’intérêt de tous, pouvoir vous demander, vous conjurer, vous supplier, de ne pas prononcer à l’encontre de l’accusé [Georges Ibrahim Abdallah], une peine de réclusion criminelle supérieure à dix ans. ».

    Et Jacques Monin de raconter : « Un témoin de la scène, présent au tribunal ce jour-là, nous raconte aujourd’hui avoir entendu l’avocat général dire à voix basse : "Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour la France…". Pourquoi une telle clémence ? "La France ne voulait pas faire de vagues à cause de ses otages au Moyen-Orient", analyse Patrice de Méritens. Il raconte qu’à la veille de son réquisitoire, Pierre Baechlin aurait été "invité à prendre un whisky par le Procureur général de Paris. Ce dernier lui explique qu’il risque d’y avoir une nouvelle vague d’attentats s’il requière la perpétuité contre Abdallah. L’avocat général est traumatisé. On lui demandait de trahir la justice au nom de la raison d’État". Georges Ibrahim Abdallah sera cependant condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité d’assassinat. ».
     

     
     


    Au fil des années et de l'application de la peine, certains gouvernements ont refusé une libération conditionnelle à laquelle Georges Ibrahim Abdallah aurait pu prétendre à partir de 1999 (la moitié d'une peine de 30 ans). Il y a eu plusieurs tentatives de libération conditionnelle depuis l'an 2000 qui, jusqu'à juillet 2025, ont toutes échoué pour diverses raisons plus judiciaires que politiques.

    Le Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a voulu être ferme. Jean-Marie Beney, à l'époque directeur de cabinet du Ministre de la Justice Pascal Clément (de juin 2005 à mai 2007), maintenant procureur général près la cour d'appel de Montpellier, a décrit son état d'esprit : « Il s’agissait de répondre à une préoccupation exprimée par les Américains, pas de céder à leurs doléances. On ne leur a pas donné de garantie, on leur a dit ce qu’on allait faire. Il n’y a eu aucune tentative d’ingérence ou de pression. Avec ou sans message des Américains, la position du Ministère public aurait été la même. ».

    On peut aussi évoquer le Ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui, en refusant le 14 janvier 2013 de signer l'arrêté d'expulsion de ce prisonnier encombrant, a empêché sa libération conditionnelle. Manuel Valls a reconnu des pressions américaines (Hillary Clinton sur son homologue français Laurent Fabius) mais qui n'ont eu aucun effet sur sa prise de décision dictée par le climat politique : « Je le maintiens en prison volontairement, il n’était pas question que je signe l’arrêté d’expulsion. Je le fais par conviction. J’en ai informé le Président de la République [François Hollande], qui ne m’en a pas dissuadé. » (dira-t-il plus tard celui qui est devenu Premier Ministre puis, maintenant, Ministre d'État, Ministre des Outre-mer).

    Ce vendredi, c'est donc un dinosaure des prisons françaises qui va en sortir, immédiatement expulsé vers son pays d'origine, le Liban. Certains militants vont crier victoire, bien sûr, mais les autorités françaises, elles, vont juste pousser un ouf de soulagement.



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (24 juillet 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Les derniers secrets de l'affaire Georges Ibrahim Abdallah.
    Le terroriste Georges Ibrahim Abdallah libéré.
    Faut-il s'indigner ?
    Mahmoud Abbas.
    Yasser Arafat.
    Les Accords d'Oslo.
    Shimon Peres.

    Yitzhak Rabin.
    L'horreur du Hamas.
    L'avenir de la France se joue aussi à Gaza !
    Massacre à Gaza.
    La chute de Bachar El-Assad.
    Michel Aoun.



     

     
     







    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250724-georges-ibrahim-abdallah.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/article/le-terroriste-georges-ibrahim-262302

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/07/24/article-sr-20250724-georges-ibrahim-abdallah.html


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  • Faut-il s'indigner de la libération prochaine du terroriste Georges Ibrahim Abdallah ?

    « Ni despotisme ni terrorisme. Nous voulons le progrès en pente douce. » (Victor Hugo, "Les Misérables", 1862).



     

     
     


    Ce jeudi 17 juillet 2025, la cour d'appel de Paris a rendu un jugement important puisqu'elle autorise la libération du terroriste Georges Ibrahim Abdallah avec expulsion immédiate vers son pays, le Liban, le 25 juillet 2025. Cette décision de la justice française était le résultat de l'appel du parquet national antiterroriste contre la décision du tribunal d'application des peines du 15 novembre 2024 permettant sa libération conditionnelle, sous condition « qu'il quitte le territoire français et n'y apparaisse plus ».

    Contrairement à ce que laisse entrevoir ce visage de grand-père bienveillant et sympathique, à la barbe blanche du père Noël, George Ibrahim Abdallah (74 ans) est un terroriste libanais, qui a été un proche du Palestinien Georges Habache, chef du front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Militant communiste, activiste pro-palestinien, chef en France de la FARL, fraction armée révolutionnaire libanaise, communiste, marxiste, pro-syrienne et anti-israélienne, il a été arrêté le 24 octobre 1984 à Lyon en possession d'un faux passeport algérien, puis des armes ayant servi à des assassinats ont été retrouvées chez lui (25 kilogrammes d'explosifs, des mitraillettes, des roquettes, des pistolets, etc.), si bien que le 28 février 1987, à l'issue d'un procès très médiatisé (il fut défendu par Jacques Vergès), la cour d'assises spéciale l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa complicité dans l'assassinat du diplomate américain Charles R. Ray le 18 janvier 1982 à Strasbourg et celui du diplomate israélien Yacov Barsimantov le 3 avril 1982 à Paris.
     

     
     


    Pendant plus de quarante ans, il a été soutenu par un fort mouvement communiste et pro-palestinien, qui considère que Georges Ibrahim Abdallah serait un prisonnier politique dans un État impérialiste à la solde de la CIA et du Mossad. La réalité, c'est que celui qui ose toujours s'afficher à côté d'un portrait du cruel Che Guevara a du sang sur les mains et dans sa conscience et qu'il a été condamné à perpétuité par une justice indépendante. La preuve, c'est que la politique a tenté de s'en mêler justement pour le libérer en échange de la libération d'un otage en Algérie, ce que la justice française a finalement refusé.

    Faut-il pour autant s'indigner de cette libération qui laisse entendre, pour les organisations d'extrême gauche qui voudraient en faire un nouveau Nelson Mandela (ce qu'il n'est pas), qu'il s'agit d'une « victoire politique » (alors qu'elle n'est qu'une décision d'une justice indépendante) ? En ce qui me concerne, je ne me suis jamais réjoui d'une peine de prison qui est une peine toujours traumatisante, et j'ai toujours été pour une condamnation sévère (afin de rappeler l'interdiction de crimes de sang) avec une peine adaptée, à savoir que la morale triomphe indépendamment de l'application des peines qui est l'affaire des juges d'application des peines.

     

     
     


    En revanche, ce qui m'inquiète, c'est que Georges Ibrahim Abdallah n'a jamais cessé de militer pour ses causes extrémistes depuis sa cellule, bénéficiant d'ailleurs d'un ordinateur et de moyens pour militer (ce qui peut paraître étrange). La question est donc de savoir s'il serait capable de récidiver et de continuer à organiser des actions armées contre des individus ou des États. La libération conditionnelle, qui n'a jamais été un dû, est autorisée par la justice dans le cas où elle considère qu'une fois libre, le prisonnier ne constitue pas un danger pour l'ordre public et pour la population (ce qui a expliqué la libération prochaine de Serge Atlaoui), mais pour cet ancien terroriste libanais visiblement pas repenti, sa libération est conditionnée à une expulsion immédiate vers le Liban et l'interdiction de revenir sur le territoire français. On peut encore être terroriste à 74 ans.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (17 juillet 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Georges Ibrahim Abdallah.
    Mahmoud Abbas.
    Yasser Arafat.
    Les Accords d'Oslo.
    Shimon Peres.

    Yitzhak Rabin.
    L'horreur du Hamas.
    L'avenir de la France se joue aussi à Gaza !
    Massacre à Gaza.
    La chute de Bachar El-Assad.
    Michel Aoun.



     

     
     





    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250717-georges-ibrahim-abdallah.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/faut-il-s-indigner-de-la-262183

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/07/18/article-sr-20250717-georges-ibrahim-abdallah.html



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  • Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste

    « C'est une étape nouvelle dans la guerre qui se joue dans la région. Je sais l'inquiétude légitime de nos compatriotes face à ces événements. » (Emmanuel Macron, le 13 juin 2025 à l'Élysée).



     

     
     


    Ça y est, souvent redouté et maintenant réalisé. Israël a attaqué l'Iran ce vendredi 13 juin 2025. Cette date, comme d'autres dates récentes, marquera sans doute l'histoire du Proche-Orient. Après les massacres du 7 octobre 2023, l'État d'Israël a fait des offensives à Gaza, au Liban, et maintenant en Iran pour assurer sa défense et son existence, souvent au prix de nombreuses victimes civiles innocentes. À ce moment crucial, le Président de la République française Emmanuel Macron a tenu à s'exprimer sur ce sujet grave au cours d'une conférence de presse organisée le soir même à l'Élysée (on pourra la lire ou la regarder dans son intégralité ici).

    Les premières paroles furent pour justifier l'attaque d'Israël par la condamnation du programme nucléaire iranien : « La France a condamné depuis longtemps et à de multiples reprises l'accélération du programme nucléaire et balistique iranien. L'Iran a continué d'enrichir de l'uranium sans aucune justification civile et à des niveaux désormais très proches de ce qui est nécessaire pour un engin nucléaire, accumulant près de 40 fois plus d'uranium enrichi que ce qui lui était autorisé. Elle s'est ainsi affranchie de toutes ses obligations vis-à-vis de la Communauté internationale, rompant ses propres promesses. ».

    Le chef de l'État a aussi condamné le développement du programme de missiles : « Parallèlement, l'Iran développe à marche forcée un programme de missiles. Certains sont en théorie capables d'emporter un engin nucléaire et d'autres ont la portée permettant d'atteindre certaines parties de notre territoire national. ».
     

     
     


    Enfin, il a considéré l'Iran comme complice des organisateurs du pogrom du 7 octobre 2023 mais aussi comme un État hostile à la France et aux Français : « L'Iran porte une lourde responsabilité dans la déstabilisation de toute la région, a soutenu le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, s'est félicité de l'attentat terroriste du 7 octobre, à la suite duquel 50 compatriotes ont perdu la vie, et détient toujours deux otages français, Cécile Kohler et Jacques Paris. (…) L'Iran fournit aussi des missiles à la Russie pour l'aider dans son agression contre l'Ukraine. ».

    Tout cela pour réaffirmer haut et fort le problème actuel de l'Iran : « Et donc, je le dis avec la plus grande clarté, le risque de cette marche vers l'arme nucléaire par l'Iran menace la région, l'Europe et, plus généralement, la stabilité collective. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où l'Iran posséderait la bombe atomique, car c'est une menace existentielle et une menace pour notre sécurité à tous. ».


    Et pour réaffirmer haut et fort le soutien à Israël : « Mais nul n'est plus directement visé qu'Israël, dont l'Iran appelle sans relâche à la destruction. Je l'ai souvent répété, Israël a le droit, comme chaque peuple, de vivre délivré de l'angoisse de l'anéantissement, du risque de l'attaque et de la menace du terrorisme. Nous restons attachés à cette exigence pour la sécurité d'Israël. Je l'ai réaffirmé ce matin au Premier Ministre Benyamin Netanyahou. ». Mais la France n'a pas soutenu l'attaque d'Israël contre l'Iran : « Est-ce que, pour autant, nous la soutenons, nous avons voulu l'accompagner, nous l'avons planifiée avec eux ? La réponse est non. ».
     

     
     


    Donc, la situation du nucléaire iranien est extrêmement grave : « Pour autant, la voie que la France continue avec constance de poursuivre est une voie diplomatique, c'est-à-dire celle qui consiste à redonner la légitimité à l'AIEA de poursuivre son programme, à demander de suivre l'ensemble des sites d'enrichissement et de revenir à des seuils qui correspondaient aux engagements internationaux. Nous avons été parmi les pays les plus exigeants et les plus constants sur la question du nucléaire iranien comme du balistique iranien, mais nous avons toujours privilégié la voie de la discussion diplomatique et des exigences techniques de l’AIEA plutôt que l'intervention militaire. C'est pourquoi la France n'était pas engagée dans une discussion avec Israël sur ce sujet, et c'est pourquoi la France ne recommandait pas des attaques de la part d'Israël. ».

    En même temps, la France veut contribuer au retour à la paix par une action diplomatique intense : « Face au risque majeur de déstabilisation pour toute la région, la France appelle désormais toutes les parties à la plus grande retenue pour éviter l'escalade. La question du nucléaire iranien est une question grave, une question existentielle. C'est par la négociation qu'elle doit désormais être réglée. C'est pourquoi je regrette que l'Iran n'ait pas pris au sérieux les propositions avancées par les États-Unis et a refusé jusqu'alors toutes les concessions comme les gestes nécessaires. Nous appelons à la reprise du dialogue, à la conclusion d'un accord, seul chemin pour désamorcer la situation, et nous sommes prêts à mettre tous nos efforts pour atteindre cet objectif. Depuis ce matin, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec le Président Trump, nos alliés européens, en particulier britanniques et allemands, ainsi que nos partenaires dans la région, jusqu'à l'instant même, les dirigeants d'Arabie saoudite, du Bahreïn, de la Jordanie, du Qatar, des Émirats arabes unis, de l'Égypte ou du Liban. Nous serons aux côtés de nos partenaires dans la région, auxquels j'ai rappelé notre solidarité et notre engagement, y compris celui de nos forces pour les protéger. Ce matin, j'ai tenu un Conseil de sécurité et de défense nationale sur la situation au Proche et Moyen-Orient et ses conséquences pour notre pays. (…) Plusieurs mesures ont aussi été actées pour garantir la sécurité de nos ressortissants, de nos troupes et de nos ambassades dans la région. Je demande à nos compatriotes de ne pas se rendre sur place, quel que soit le prétexte. Notre dispositif militaire dans la région est quant à lui en alerte. (…) Chaque jour, chaque heure, la France agit pour la paix et la sécurité pour tous au Moyen-Orient. ».

    Pour Emmanuel Macron, l'attaque de l'Iran ne doit cependant pas faire oublier la situation très grave de Gaza : « Les efforts pour rétablir le cessez-le-feu, rompus depuis le 1er mars, n'ont à ce stade pas abouti. Pourquoi ? Parce que cette logique militaire, celle de l'occupation, des déplacements, du siège, ne mènent nulle part, si ce n'est à un conflit permanent. Pour arrêter la guerre, il faut redonner une perspective de paix afin de bâtir les deux États et assurer la paix et la sécurité pour tous. C'est ce que porte la France depuis le 7 octobre, fidèle en cela à son engagement historique. Et c'est aussi le rappel qu'une vie vaut une vie et que pour la France, il n'y a pas de double standard. C'est par cette exigence que seront restaurées la paix et la sécurité régionales. ».

     

     
     


    Ainsi, la France rappelle très clairement son objectif de la création d'un État palestinien au côté de l'État d'Israël dans le cadre d'une conférence de paix : « Les objectifs que nous poursuivons à travers cette conférence internationale coorganisée avec l'Arabie Saoudite sont les suivants. En premier lieu, sécuriser la libération des otages et permettre l'arrivée dans la bande de Gaza d'une aide humanitaire massive. Ensuite, consolider le cessez-le-feu le plus durable possible. Troisièmement, enclencher un processus politique qui se substitue aux armes et qui permette d'obtenir une réforme de l'autorité palestinienne et la mise en place d'une administration sous l'autorité palestinienne dans la bande de Gaza, excluant le Hamas, qui doit être désarmé. L'objectif, c'est donc un État palestinien démilitarisé, reconnaissant l'existence et la sécurité d'Israël, qui doit recevoir le soutien d'une mission internationale de stabilisation. C'est le préalable indispensable à l'intégration régionale d'Israël et à l'établissement de sa reconnaissance mutuelle. Si nous devons décaler la tenue de cette conférence pour des raisons logistiques et sécuritaires, dans la mesure où les dirigeants de l'autorité palestinienne ne peuvent rejoindre les Nations unies, elle aura lieu au plus vite. Et dès les prochains jours, en lien évidemment avec les dirigeants de la région et plus particulièrement avec l'Arabie Saoudite, une date sera refixée. Ce report ne saurait remettre en cause notre détermination à avancer vers la mise en œuvre de la solution des deux États, quelles que soient les circonstances. ».

    D'où la détermination intacte d'Emmanuel Macron qui ne plaira pas à Israël : « J'ai dit ma détermination à reconnaître l'État de Palestine. Elle est entière et c'est une décision souveraine. En ces heures, l'urgence d'un Moyen-Orient en paix est d'autant plus grande. Je mettrai à profit les grandes échéances des prochains jours et notamment le sommet du G7 dès la semaine prochaine pour rapprocher les points de vue de nos partenaires, nous concerter plus avant avec les États-Unis d'Amérique et avancer dans ce sens. ».
     

     
     


    Le Président français a bien mesuré le caractère explosif de la situation d'une possible guerre entre l'Iran et Israël : « Je ne vais pas ici documenter le pire, mais nous nous préparons à tout. Il est évident que selon les ripostes qui seront décidées par l'Iran, mais aussi si Israël devait continuer des opérations en Iran, sur le sol iranien qui aille au-delà des cibles jusqu'alors indiquées, nous rentrerions dans des situations dont aujourd'hui, nul ne peut totalement se figurer les conséquences. ».

    Pour résumer, Emmanuel Macron souhaite que la France se trouve au barycentre de la recherche de la paix, surtout en réaffirmant le soutien à Israël mais aussi en rappelant ses désaccords fermes sur la politique israélienne à Gaza : « Nous sommes attachés à la paix et la sécurité pour tous. Eh oui, parfois, nous avons des désaccords avec Israël, et nous les assumons. Ou plutôt, nous avons des désaccords avec le Premier Ministre Netanyahou et son gouvernement, et nous les assumons. Parce que parfois, nous considérons que les décisions qu'il prend sont mauvaises pour la sécurité d'Israël elle-même. Et lorsqu'il mène une opération massive, terrestre, qui fait tant de victimes civiles à Gaza, nous considérons que c'est à la fois une trahison de ce qu'est l'histoire même et l'identité d'Israël et dangereux pour la sécurité d'Israël aujourd'hui et demain. Voilà. Et donc si je devais vous résumer les choses et la position française, elle est assez simple. Nous sommes pour la paix, la sécurité et la stabilité pour tous dans la région. Nous ne voulons pas d'un Proche et Moyen-Orient avec un Iran qui soit doté de l'arme nucléaire. Nous ne voulons pas d'un Proche et Moyen-Orient où Gaza soit durablement occupée, des civils maltraités. Et nous croyons que la solution est la stabilité, c'est un Israël vivant en paix à côté d'un État palestinien, vivant en paix et en sécurité, et ayant reconnu l'existence et les droits d’Israël à se défendre dans la région. C’est ça ce que nous poursuivons. Et je crois que c’est honnêtement une perspective honnête, cohérente, et j’espère, réaliste. ».

    Par cette intervention du Président français, la France se retrouve partie prenante d'une solution de paix au Proche-Orient... comme depuis une cinquantaine d'années.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (13 juin 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Israël vs Iran : Emmanuel Macron l'équilibriste.
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 13 juin 2025 à l'Élysée (vidéo et texte intégral).
    Emmanuel Macron à la télévision : Mélanie avant l'Urgence Océan.
    Mélanie, la douceur incarnée.
    Il y a un an, la dissolution !
    Emmanuel Macron : qu'allait-il faire dans cette galère ?
    Interview du Président Emmanuel Macron le mardi 13 mai 2025 sur TF1 (vidéo).
    Emmanuel Macron à l'initiative pour la paix en Ukraine.
    Emmanuel Macron, le référendum et les Français.
    Emmanuel Macron veut-il influencer l'élection du nouveau pape ?
    Budget 2026 : François Bayrou promet-il du sang et des larmes ?
    Discours du Premier Ministre François Bayrou le 15 avril 2025 à Paris (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron sur le front du commerce international.
    Discours du Président Emmanuel Macron sur les taxes douanières américaines le 3 avril 2025 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron : la patrie a besoin de vous !
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 mars 2025 (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron à la télévision le dimanche soir !
    Interview du Président Emmanuel Macron le dimanche 9 février 2025 sur France 2 (vidéo).
    Vœux 2025 d'Emmanuel Macron : aux Français de trancher ?
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 31 décembre 2024 à Paris (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron face à ses choix.
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 5 décembre 2024 (texte intégral).
    Emmanuel Macron et les joyeux JO.
    Interview du Président Emmanuel Macron le 23 juillet 2024 sur France 2 (vidéo intégrale).
    Lettre aux Français par Emmanuel Macron le 10 juillet 2024 (texte intégral).
    Emmanuel Macron et son n'ayez-pas-peur !
    Interview d'Emmanuel Macron à Génération Do It Yourself le 24 juin 2024 (podcast intégral).
    Lettre aux Français d'Emmanuel Macron le 23 juin 2024 (texte intégral).
    Sidération institutionnelle.
    Emmanuel Macron, haut et fort dans l'intérêt de la France et des Français.
    Interview du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 sur TF1 et France 2 (vidéo intégrale).
    Discours du Président Emmanuel Macron le 6 juin 2024 en Normandie.
    Les 80 ans du Débarquement en Normandie.
    Le souverainisme européen selon Emmanuel Macron : puissance, prospérité et humanisme.
    Discours du Président Emmanuel Macron sur l'Europe le 25 avril 2024 à la Sorbonne à Paris (texte intégral et vidéo).
    Emmanuel Macron et son plan de relance de l’Europe (le26 septembre 2017 à la Sorbonne).
    Texte intégral du discours d’Emmanuel Macron le 26 septembre 2017 à la Sorbonne.
    Emmanuel Macron très gaullien à la télévision pour expliquer la gravité de la situation en Ukraine.
    Ukraine : Emmanuel Macron est-il un va-t-en-guerre ?
    Soutien à l'Ukraine : la conférence de l'Élysée pour une défense européenne.
    Amitié franco-ukrainienne : fake news et accord de coopération.
    Pour que la France reste la France !
    Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 16 janvier 2024 à 20 heures 15 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
    Gabriel Macron.
    Tribune du Président Emmanuel Macron dans "Le Monde" du 29 décembre 2023.

    Le gouvernement de Gabriel Attal sarkozysé.
    Liste complète des membres du premier gouvernement de Gabriel Attal.
    Cérémonie de passation des pouvoirs à Matignon le 9 janvier 2024 (texte intégral et vidéo).
    Gabriel Attal plongé dans l'enfer de Matignon.
    Élisabeth Borne remerciée !
    Macron 2024 : bientôt le grand remplacement ...à Matignon ?
    Vœux 2024 d'Emmanuel Macron : mes chers compatriotes, l’action n’est pas une option !
     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250613-macron.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/israel-vs-iran-emmanuel-macron-l-261515

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/06/13/article-sr-20250613-macron.html


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  • Kfir Bibas, d'horreurs en horreurs...

    « Shiri. Kfir. Ariel. Visages de l'innocence et de l'amour. Visages d'une humanité éternelle que la barbarie du Hamas, jamais, n'abolira. La France, mobilisée pour la libération de tous les otages, se tient aux côtés de Yarden et de la famille Bibas En fraternité universelle. » (Emmanuel Macron, le 18 février 2025 à 20 heures 46, sur Twitter).




     

     
     


    La photo est connue. Horreurs et émotions. Rage, colère et tristesse. Il est des humains qui commencent leur vie avec moins de chance que d'autres. C'était le cas de Kfir Bibas. Il avait pourtant tout pour être heureux. Né le 18 janvier 2023 dans le kibboutz de Nir Oz (près de la frontière de Gaza), il avait un père, une mère, et un frère, une famille aimante. La joie s'est transformée en enfer : le 7 octobre 2023, ce fut l'horreur, l'enfer terroriste sur Terre.

    Toute la famille, Shiri (née Silverman) et Yarden (Bibas), Ariel et Kfir, a été embarquée par les terroristes palestiniens pour Gaza. Shiri avait 32 ans, était assistante maternelle et s'occupait de la comptabilité du kibboutz. Yarden avait 34 ans le 7 octobre 2023, il était soudeur.


    Ils ont été retenus en otages. Le pire, l'horreur de l'horreur, c'est que la scène de leur enlèvement a été filmée, et le film accessible sur Internet. On y voit d'ailleurs que les salauds de ravisseurs (je n'ai pas d'autres mots) ne portaient pas d'uniforme, ils n'étaient donc pas du Hamas, mais des civils palestiniens.

    Jose Luis et Margit étaient les grands-parents de Kfir et Ariel. Ils vivaient aussi dans le kibboutz de Nir Oz. Ils adoraient leurs petits-fils. Eux, on le savait, ils ont été assassinés au moment du pogrom du 7 octobre 2023 par les terroristes antisémites du Hamas.
     

     
     


    Kfir Bibas, enlevé à 9 mois, était une sorte d'emblème du sadisme et de l'horreur des terroristes palestiniens, le symbole de tous les otages qui ont été enlevés ce sombre jour du 7 octobre 2023. Chaque jour était compté. Chaque mois. À un moment, on constatait que Kfir Bibas avait vécu plus longtemps emprisonné que libre. Quelle horreur ! Son premier anniversaire emprisonné. Son second anniversaire emprisonné. Ou pas ?

    Et puis, le mardi 18 février 2025, on a eu la triste confirmation. De cette sympathique famille, seul le père, Yarden, est resté vivant. A survécu. Shiri, tuée. Ariel, 4 ans au moment de l'enlèvement, tué. Kfir, tué. Ils ont tué un bébé sans défense, voilà leur humanité, ou plutôt, leur inhumanité.

    Les réactions de colère ont été nombreuses, notamment sur Twitter. Ainsi, Rémi Kasprzyk : « Comment peut-on tuer un bébé, bordel de merde ? Comment l'être humain peut tomber à ce point dans l'immondice ? À tous ceux qui auront supporté, légitimé ou justifié le Hamas : vous avez le sang de Kfir, Ariel et Shri sur vos mains. » (18 février 2025).

    Aurélie Lorini : « Tragédie qui bouleverse profondément. L'attente, l'angoisse, puis l'issue brutale... C'est difficile à accepter, surtout quand on espérait encore un miracle. Il y a une immense tristesse, mais aussi une colère sourde face à tant d'injustice et de souffrance du cœur. » (19 février 2025).
     

     
     


    Yarden a été libéré il y a quelques jours dans le cadre d'échanges de prisonniers. Mais le principe des échanges est glauque : un otage innocent est libéré en échange de dizaines voire de centaines de Palestiniens condamnés parfois pour crimes voire meurtres. Le pire, c'est que parfois, l'otage n'est pas vivant mais mort, c'est dans un cercueil que l'échange a eu lieu. Et le pire du pire, l'horreur de l'horreur, le prétendu corps de Shiri n'était pas celui de Shiri, il n'était d'aucun otage israélien, les autopsies des corps l'ont révélé avec des analyse ADN. À qui donc était ce corps ? Cela donne une étrange sensation que le Hamas se moque complètement de la vie des Palestiniens eux-mêmes.
     

     
     


    Le 21 février 2025, l'Institut de médecine légale et la police israélienne ont confirmé l'identification de Kfir (10 mois) et Ariel (4 ans). Ils ont été brutalement assassinés en novembre 2023 par les terroristes, de sang-froid, à mains nues, sans aucun lien avec une frappe israélienne (ce que des désinformateurs professionnels du Hamas voudraient faire croire pour se dédouaner de leur grave responsabilité). Beaucoup de preuves ont été rassemblées sur ces deux décès : « Il s'agit clairement d'un meurtre odieux. ».
     

     
     


    Le porte-parole de Tsahal a déclaré que l'État d'Israël dénonçait une violation grave de l'accord avec le Hamas et exigeait la restitution immédiate du corps de Shiri et la libération de tous les otages encore détenus. Finalement, le corps de Shiri a été rendu. Selon certaines sources arabes, les ravisseurs de la famille Bibas seraient toujours en vie et auraient été interviewés avec fierté : honte à eux et à ceux qui les protègent !

     

     
     


    Le 23 février 2025, le dernier survivant de la famille, Yarden, à qui j'apporte tout mon soutien moral, a annoncé que l'enterrement de Shiri, Ariel et Kfir aurait lieu le mercredi 26 février 2025 dans la plus grande intimité familiale : « En ces jours douloureux et difficiles, il n’y a pas de mots pour décrire le niveau de gratitude que nous ressentons envers vous tous. L’étreinte chaleureuse, l’amour et la force que vous nous avez envoyés de partout en Israël et dans le monde nous renforcent et nous accompagnent dans ces moments de crise. Nous ressentons les cœurs ouverts, l’immense étreinte, votre douleur à côté de notre douleur, que nous ne tenons pas pour acquise. (…) Le fait de savoir que vous êtes avec nous, que vos cœurs battent aux côtés du nôtre, nous renforce à chaque respiration. ». Tous les amoureux de la vie et de l'humanité seront aux côtés de Yarden mercredi.
     

     
     


    Rappelons qu'en France, un parti populiste, France insoumise, se montre très complaisant avec le Hamas qu'il ose considérer comme un parti de "résistance" alors que c'est un groupe terroriste, on le voit bien avec l'assassinat de cette famille.

    L'une des preuves de cette irresponsabilité des insoumis, c'est le discours honteux de Jean-Luc Mélenchon le 30 novembre 2023 à Rochefort. Il s'est cru autorisé à faire de l'humour sur le dos de Kfir Bibas, en refusant d'ailleurs de le nommer, comme en faisant semblant de ne plus se rappeler le nom de l'organisation terroriste palestinienne, le FPLP (il a dit « le FP... breff... »). Or, le groupe des députés insoumis avait très vivement réclamé la libération de Salah Hamouri, un terroriste du FPLP, qui, finalement, a été expulsé par Israël. Manuel Bompard et Mathilde Panot ont tenu un meeting commun avec ce personnage du FPLP.

    Jean-Luc Mélenchon a exactement déclaré, avec une légèreté abominable en ce qui concernait le bébé pris en otage (probablement déjà assassiné par les terroristes du Hamas à l'heure du discours) : « Appelez-les [le FPLP] pour obtenir la libération euh du bébé là, dont il a été question, qu'en France, hein, ailleurs, c'est pas une histoire, mais en France, allez savoir pourquoi... ». Quelle médiocrité intellectuelle et surtout, humaine ! S'il y a bien un parti qui montre chaque jour qu'il est contre l'humanité, c'est bien lui. Pourquoi en France se préoccupait-on du sort de Kfir Bibas ? Justement parce qu'il était aux mains des terroristes du Hamas et qu'il a été assassiné à mains nues. Juste une question d'humanité.


     

     
     


    Et malheureusement, la famille Bibas n'est pas la seule victime du Hamas. Oded Lifshitz avait 84 ans. Il a consacré sa vie à aider les Palestiniens. Il a en particulier conduit des Palestiniens malades de Gaza vers des hôpitaux en Israël pour y être soignés. Le 20 février 2925, Oded Lifshitz est sorti du territoire de Gaza dans un cercueil, porté par des Palestiniens. Ingratitude infinie. Sa femme qui l'aidait dans son aide était aussi une otage du Hamas.

    Comment faut-il réagir face à ces terroristes assassins de bébé de 10 mois ? En tendant l'autre joue ? Son frère a été, lui aussi, assassiné à mains nues. Remember ! Le souvenir de la famille Bibas survivra à ses assassins.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (23 février 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Kfir Bibas, d'horreurs en horreurs...
    Auschwitz : soyons la mémoire de leur mémoire !
    Gaza : trêve, libération d'otages israéliens et propagande du Hamas.
    Mahmoud Abbas.
    7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie.
    Les Accords d'Oslo.

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250218-kfir-bibas.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/kfir-bibas-d-horreurs-en-horreurs-259423

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/02/19/article-sr-20250218-kfir-bibas.html




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  • Gaza : trêve, libération d'otages israéliens et propagande du Hamas

    « J'ai du mal à imaginer que la libération des camps d'Auschwitz et de Bergen-Belsen ait été accompagnée de cris de victoire et d'appels à exterminer tous les Allemands. » (Sophia Aram, le 19 janvier 2025 dans "Le Parisien").




     

     
     


    Encore une fois, l'humoriste Sophia Aram a été percutante et a soulevé les vrais enjeux dans sa chronique publiée le 19 janvier 2025 dans "Le Parisien". En évoquant la libération du camp d'extermination d'Auschwitz dont on va commémorer le 80e anniversaire dans quelques jours, elle voulait d'abord parler de la situation à Gaza. Elle reprenait l'accusation portée un peu légèrement contre l'État d'Israël de génocide dès le 15 octobre 2023, principalement « pour masquer le pogrom du 7 octobre et les multiples appels du Hamas et des islamistes du monde entier à éradiquer toute présence juive au Proche-Orient ».

    Ce dimanche 19 janvier 2025 à 10 heures 15 est d'abord un jour important pour de nombreuses familles israéliennes : c'est le début d'une (en principe longue) trêve entre le Hamas et Israël dont la première phase, de quarante-deux jours, devrait permettre la libération d'une trentaine d'otages israéliens (il semblerait notamment que les deux otages franco-israéliens devraient être libérés bientôt), et en parallèle, ce qui n'a rien à voir, la libération de Palestiniens condamnés parfois à des peines très lourdes en raison de leurs crimes (assassinats, terrorisme, etc.).

    Cet accord a été validé par Benjamin Netanyahou, le Premier Ministre israélien, le 18 janvier 2025. Sa mise en œuvre dès le lendemain constitue une petite victoire, l'ultime, du Président américain Joe Biden qui quitte la Maison-Blanche le lendemain. L'accord a été négocié avec les deux Présidents américains, y compris Donald Trump, et la libération d'otages encore sous le mandat Biden est très symbolique. On se rappelle l'humiliation qu'avait subie Jimmy Carter qui a dû attendre son départ de la Maison-Blanche pour voir libérer les otages américains de Téhéran en janvier 1981.

    Dimanche après-midi, donc, les trois premières otages israéliennes ont été libérées, dans des conditions très difficiles, à Gaza : Romi Gonen, Emily Damari et Doron Steinbrecher qui ont été détenues pendant 471 jours d'horreur. Elles étaient escortées par des terroristes cagoulés du Hamas, puis recueillies par la Croix-Rouge (on se demande bien le degré de neutralité de cette organisation humanitaire), enfin "livrées" à l'armée israélienne qui les ont reconduites en Israël. Pendant ce transfert, les ont accompagnées une foule palestinienne surexcitée qui criait et qui, parfois, tirait en l'air. Atmosphère très électrique. Ce "voyage" des trois otages a dû être très éprouvant car des fusillades pouvaient avoir lieu à tout moment.

     

     
     


    Certains otages n'ont plus rien et le choc sera dur à leur libération : leur famille a été massacrée, leur maison détruite. Pour Emily Damari, l'horreur est heureusement terminée. Elle a survécu à plus de quinze mois de traitement difficile et surtout, à sa grave blessure, car elle a perdu deux doigts à cause de ses ravisseurs terroristes. C'est une battante !

    Malgré ces trois premières libérations, non, la joie n'était pas sur les visages des citoyens israéliens. Trop d'otages sont encore restés aux mains des tortionnaires du Hamas.

     

     
     


    Par exemple, Kfir Bibas, qui a fêté son 2e anniversaire le 18 janvier 2025, il a déjà vécu deux tiers de son existence dans une prison du Hamas, et il n'est toujours pas libéré, tandis que l'accord a permis à Mohammad Abu Warda, condamné car il est l'auteur d'un attentat qui a tué 44 personnes en faisant exploser un bus en 1996, d'être libéré par l'État d'Israël. Quel parallèle ! On ne sait même pas si Kfir Bibas est encore en vie, et dans tous les cas, quelle barbarie de s'en prendre à des bébés de 9 mois !

    Mais pour les otages encore retenus, l'espoir reste possible, mais on pense aussi à ceux qui ont été massacrés par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Ainsi, Jonathan, petit bonhomme qui a été assassiné avec son père, ne grandira pas alors que leur assassin sera libéré dans le cadre de l'accord entre Israël et le Hamas.

     

     
     


    Ainsi, cette famille entière ne rigolera plus pacifiquement parce qu'elle a été brûlée vive lors du pogrom perpétré par le Hamas.

     

     
     


    Ainsi, ces trois enfants, Arbel, Shachar et Omer, massacrés dans leur lit le 7 octobre, ne feront plus de grimace pendant leur goûter. La liste est tellement longue...

     

     
     


    Certains auteurs de tweets (comme Jérémy Benhaïm) se posaient quand même la question, en regardant ce triste spectacle, sur la réalité de ce qu'on dit généralement sur la situation à Gaza. Par exemple, dans la foule, de nombreux Gazaouis filmaient la scène avec des smartphones « visiblement bien chargés ». Famine, coupure d'électricité depuis de mois, vraiment ? « On nous aurait donc menti ? ».

     

     
     


    Revient toujours la question : y a-t-il eu vraiment un génocide à Gaza ? Existe-t-il une notion de pause de génocide ? Sophia Aram est revenue sur cette question pour asséner quelques évidences et remettre des points sur les i : « L'indécence de ceux qui braillent leurs certitudes sur le "génocide-en-cours-à-Gaza" depuis des mois m'autorise à émettre quelques doutes sur ces accusations et sur la sincérité de ceux qui les professent. ».

     

     
     


    Et de poser les bonnes questions : « Parce qu'au fond, comment ne pas douter lorsqu'il faudrait admettre sans ciller que nous serions devant la première trêve négociée de l'histoire des génocides ? Une trêve mise à profit par les représentants des "génocidaires" et des "génocidés" pour s'accorder sur le nombre d'otages et de prisonniers à échanger avant de poursuivre vers la paix ou de reprendre le cours du supposé génocide. Comment ne pas s'interroger face à l'idée que nous serions devant le tout premier cas de génocide dans lequel les "génocidés" détiendraient encore des otages issus du "camp génocidaire" et ce, à l'issue de son "extermination" ? Comment ne pas douter devant ce cas très particulier de génocide démarrant par un pogrom perpétré sur le sol des "génocidaires" par les "génocidés", et qui se termine par les appels triomphants de ces derniers à en reproduire de nouveaux ? Combien de rescapés ont-il célébré et revendiqué la victoire au terme de leur propre génocide ? ».

     

     
     


    Fustigeant « une guerre qui aura vu les "résistants" du Hamas se mettre aux abris en laissant à découvert la population civile qu'ils sont censés défendre » (les dirigeants de l'organisation terroriste étaient planqués bien au chaud dans des hôtels de luxe au Qatar), l'humoriste éditorialiste a souligné « l'insincérité de ceux qui tirent un bénéfice politique à porter de telles accusations contre Israël et contre tous ceux qui ont le mauvais goût de douter ».

    Elle conclut : « Je pense qu'il serait temps pour ceux qui n'ont eu de cesse de relayer la propagande du Hamas en France de déposer les armes. ». Suivez mon regard...


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (19 janvier 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Gaza : trêve, libération d'otages israéliens et propagande du Hamas.
    7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie.
    Laura Blajman-Kadar.
    7 octobre 2023 : l'hommage aux victimes françaises.
    Discours du Président Emmanuel Macron en hommage aux victimes du 7 octobre 2023 aux Invalides le 7 février 2024 (texte intégral et vidéo).
    L'avenir de la France se joue aussi à Gaza !
    La naissance de l’État d’Israël.
    David Ben Gourion.
    Eden Golan.
    Walid Daqqa.
    Gaza : quel est l'accord entre Israël et le Hamas ?
    Le rappel très ferme d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme.
    Conflit israélo-palestinien : la France est-elle concernée ?
    Dominique de Villepin toujours pro-palestinien ?
    Emmanuel Macron participera-t-il à la grande marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023 ?
    Gaza, victime avant tout du Hamas ?
    Quel est le bilan de la visite d'Emmanuel Macron au Proche-Orient ?
    Proche-Orient : l'analyse crue de Jean-Louis Bourlanges.
    Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il en Israël ce mardi 24 octobre 2023 ?
    Hôpital à Gaza : la vérité aveuglée par la colère ?
    Hamas : tirs groupés contre les insoumis.
    Horreur en Israël : les points sur les i de Gérard Larcher et Emmanuel Macron.
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 12 octobre 2023 (vidéo et texte intégral).
    Allocution du Président du Sénat Gérard Larcher le 11 octobre 2023 (texte intégral).
    Horreur totale en Israël ; émotion et clarification politique en France.
    Israël en guerre contre son agresseur terroriste, le Hamas.
    Les Accords d'Oslo.
     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250119-gaza-israel.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/gaza-treve-liberation-d-otages-258784

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/19/article-sr-20250119-gaza-israel.html




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  • Les 20 ans de Mahmoud Abbas

    « Je suis obligé de poursuivre la politique de Yasser Arafat. Je suis lié au dernier discours d’Arafat devant le Conseil constitutif du 18 août 2004. S’il s’agit d’un discours extrémiste, comme certains le prétendent, je suis également extrémiste, mais en fait je ne le suis pas. Je l’ai relu et je peux vous confirmer que les propos d’Arafat sont logiques et pragmatiques et que j’y adhère complètement. » (Mahmoud Abbas, le 8 novembre 2004).


     

     
     


    Le général Joseph Aoun (61 ans) a été élu Président de la République libanaise ce jeudi 9 janvier 2025 au quatorzième tour par 99 voix sur 128 au total avec 27 votes blancs ou nuls. Soutenu par le maronite Samir Geagea, le Qatar et les États-Unis, Joseph Aoun était commandant en chef des forces armées libanaises depuis le 8 mars 2017. Après une vacance présidentielle de plus de deux ans et deux mois, il succède à Michel Aoun (sans lien de parenté), Président de la République libanaise du 31 octobre 2016 au 31 octobre 2022, ce dernier lui-même élu à l'âge de 83 ans, après une vacance présidentielle de plus de deux ans et cinq mois, au quarante-septième tour par 83 voix sur 127 au total avec 43 votes blancs ou nuls, avec l'appui du Hezbollah. Les élections présidentielles libanaises sont laborieuses à cause du quorum nécessaire à l'élection (il faut au moins 86 députés présents sur 128) et du boycott d'un parti ou d'un autre qui fait annuler les scrutins.

    Les Libanais ont du mal à avoir un Président mais au moins, il est élu. Pour l'Autorité palestinienne, la situation est encore plus difficile. C'est maintenant il y a vingt ans, le 15 janvier 2005, que Mahmoud Abbas est devenu le Président de l'Autorité palestinienne. Représentant le Fatah, il a été élu le 9 janvier 2005 en Cisjordanie et à Gaza dès le premier tour par 62,5% des voix (soit un petit peu plus qu'un demi-million de suffrages) face à six autres candidats (dont le principal était Mustafa Barghouti, indépendant, à 19,5%), pour une participation de 72,1% (mais environ 30% des citoyens palestiniens n'étaient pas enregistrés sur les listes électorales). Le 3 janvier 2013, Mahmoud Abbas, qui siège à Ramallah (en Cisjordanie), s'est autoproclamé Président de l'État de Palestine au lieu de Président de l'Autorité palestinienne.

    Cette élection du 9 janvier 2005 avait pour but de trouver un successeur à Yasser Arafat, élu Président de l'Autorité palestinienne le 20 janvier 1996 (conformément aux Accords d'Oslo) et mort le 11 novembre 2004. L'élection de Mahmoud Abbas n'était pas évidente car il avait un sérieux concurrent au sein du Fatah en la personne de Marwan Barghouti, incarcéré et impliqué dans les deux Intifada (les sondages les mettaient au coude à coude mais il s'est désisté au nom de l'unité des Palestiniens et sur pression du Fatah qui soutenait officiellement Mahmoud Abbas).

    Mahmoud Abbas avait été le (premier) Premier Ministre de Yasser Arafat du 19 mars 2003 au 6 septembre 2003 dans un poste créé spécialement par le leader historique de l'OLP, sous la pression des États-Unis, pour mettre fin au désordre qui régnait dans les territoires palestiniens et permettre aux États-Unis d'avoir un interlocuteur moins sulfureux que Yasser Arafat qui, par cette occasion, a dû céder une partie de ses pouvoirs. Sa démission quelques mois plus tard aurait été motivée par la peur de voir son intégrité corporelle menacée par un certain nombre de groupes violents. Ses oppositions étaient nombreuses, en particulier le Hamas et le Jihad islamique à Gaza, les Américains et les Israéliens qui ne l'aidaient pas à asseoir son autorité et même Yasser Arafat qui voulait continuer à gouverner.


     

     
     


    Les élections législatives palestiniennes du 25 janvier 2006 ont été largement remportées par le Hamas avec 74 sièges sur 132, battant le Fatah avec 45 sièges. C'étaient les premières élections depuis le 20 janvier 1996... et les dernières à ce jour. Considérant qu'il avait perdu les élections, Mahmoud Abbas a appelé le 29 mars 2006 Ismaël Haniyeh, le dirigeant historique du Hamas (qui allait être tué le 31 juillet 2024 à Téhéran), à former un "gouvernement de cohabitation". Il a été renvoyé par Mahmoud Abbas le 15 juin 2007 à cause des violences de son mouvement, mais le leader du Hamas s'est accroché jusqu'au 2 juin 2014 (parallèlement à Salam Fayyad nommé Premier Ministre). Concrètement, il y avait deux directions, une en Cisjordanie et une autre à Gaza. Le 2 juin 2014, un gouvernement de rassemblement (Hamas-Fatah) a été formé sous la direction de Rami Hamdallah (nommé Premier Ministre le 6 juin 2013, jusqu'au 14 avril 2019).

    Pour de multiples raisons matérielles et politiques (et une volonté très affirmée de garder le pouvoir), que ce fût Yasser Arafat ou Mahmoud Abbas, ils sont restés Présidents aussi longtemps que possible, sans avoir été réélus, alors que le mandat présidentiel de l'Autorité est de quatre ans. Il a été "pseudo-réélu" le 23 novembre 2008 et le 4 mai 2018, mais pas dans des élections populaires. Le Conseil national palestinien, émanation non élue de l'OLP, a en outre proclamé le 16 décembre 2009 le mandat présidentiel prolongé jusqu'aux prochaines élections qui n'ont encore jamais eu lieu.


    Mahmoud Abbas semble être un Président tout à fait hors-sol ayant un ministère de la parole. Il va avoir 90 ans le 16 mars prochain, mais il compte encore avoir l'énergie de mener le peuple palestinien vers ce qu'il entend être un véritable État palestinien comportant la Cisjordanlie, le bande de Gaza (dirigée par le Hamas) et Jérusalem-Est. Autant dire qu'il croit au Père Noël.

    Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche faisait d'ailleurs partie de ses pires cauchemars. En effet, le Président milliardaire, lors de son premier mandat, le 6 décembre 2017, avait reconnu Jérusalem comme la capitale de l'État d'Israël au lieu de Tel-Aviv, déclaration qui fut condamnée le 21 décembre 2017 par 128 des 193 États-membres de l'ONU lors de son Assemblée Générale.

     

     
     


    Si le successeur de Yasser Arafat a démissionné de la présidence du comité exécutif de l'OLP le 22 août 2015 (il l'était depuis la mort de Yasser Arafat), il compte absolument s'accrocher au pouvoir à la tête de l'Autorité palestinienne qui n'a d'autorité que le nom.

    Accusé dans plusieurs affaires de corruption, également de soutien à des activités terroristes depuis une cinquantaine d'années, Mahmoud Abbas s'est distingué par des propos ouvertement antisémites ou relativisant la Shoah et réécrivant l'histoire, à de nombreuses occasions internationales (au point que la Ville de Paris lui a retiré la médaille de Vermeil le 8 septembre 2023 pour un énième dérapage antisémite et négationniste). Déjà le 4 mai 2018, après des propos inacceptables (adressés aux Palestiniens le 30 avril 2018 qui ont provoqué une vague d'indignation internationale), il avait présenté des excuses à la communauté internationale, excuses qui ne devaient pas être très sincères vu ses récidives ultérieures (en 2022 et 2023, entre autres) : « Si mes propos devant le Conseil national palestinien ont offensé des gens, en particulier des gens de confession juive, je leur présente mes excuses. Je voudrais assurer à tous que telle n’était pas mon intention [de les offenser] et réaffirmer mon respect total pour la religion juive, ainsi que pour toutes les religions monothéistes. Je voudrais renouveler notre condamnation de longue date de l’Holocauste, le crime le plus odieux de l’histoire, et exprimer notre compassion envers ses victimes. Nous condamnons l’antisémitisme sous toutes ses formes et confirmons notre engagement pour une solution à deux États, et à vivre côte à côte dans la paix et la sécurité. ».

     

     
     


    En Cisjordanie, Mahmoud Abbas est devenu très impopulaire depuis le massacre du 7 octobre 2023 et la riposte israélienne. On lui reproche l'impuissance et l'inaction. La colère des Palestiniens se retourne contre lui. Avant la guerre de Gaza, il était déjà très impopulaire puisque les trois quarts de la population étaient favorables à sa démission. Selon Hugh Lovatt, chercheur au Conseil européen des relations internationales : « Coincée entre l'opinion publique et les attentes américaines, l'Autorité palestinienne a jusqu'à présent évité de prendre une position claire, ce qui ne l'a pas aidée non plus. Il se trouve donc dans une position perdant-perdant. » (le 22 octobre 2023 sur France 24).

    Du reste, Ghaith Al-Omari, l'ancien négociateur palestinien (en 2000 et 2001), expliquait à Marc Daou le 23 mars 2023 sur France 24 : « La vie politique palestinienne n'a jamais été démocratique, mais elle était vivante et active. Aujourd'hui, tout cela n'existe plus : cet espace politique s'est fermé et le Président Abbas et son entourage ont systématiquement veillé à saper l’image et l’autorité de chaque dirigeant qui commençait à devenir populaire. Tout au long du mandat de Yasser Arafat, il y a toujours eu deux ou trois candidats potentiels à sa succession, dont Mahmoud Abbas. Mais aujourd'hui, il est impossible de désigner un favori parce que le Président a œuvré pour affaiblir tous les candidats potentiels à sa succession. En somme, tous ceux qui sont en désaccord avec lui finissent par être écartés (…). Il y a actuellement au moins dix personnalités qui aspirent à la Présidence, mais aucune d'entre elles n'est assez forte politiquement ou n'a suffisamment de popularité ou de soutien pour se détacher. En l’absence de candidats forts ou légitimes, la compétition entre eux peut mal tourner. Nous savons qu'il y a beaucoup d'armes qui circulent en Cisjordanie occupée et qu’un certain nombre de successeurs potentiels recrutent des partisans, ce qui rend crédible la perspective d’un processus long et violent. ».


    Et l'ancien conseiller de Mahmoud Abbas d'affirmer : « Lorsqu'il est devenu Président, il est resté engagé, et il l'est toujours aujourd'hui, dans la voie de la non-violence et de la diplomatie. Mais nous avons réalisé qu'il n'était pas un réformateur ni en faveur des réformes. Mahmoud Abbas a aussi fermé les yeux sur la corruption qui, encore aujourd’hui, gangrène l’Autorité palestinienne. ». Mahmoud Abbas est, il est vrai, considéré comme l'architecte des Accords d'Oslo, parmi les premiers Palestiniens à vouloir régler le conflit par voie diplomatique.

    Bien avant, Tobias Buck, du "Financial Times", en octobre 2011, avait compris la personnalité du chef palestinien : « Dans l’univers perfide de la politique palestinienne, on dit qu’Abbas place au-dessus de tout la loyauté de son entourage proche. Ses assistants le conseillent, préparent ses discours et agissent comme ses émissaires. Au cours d’une réunion récente, Saeb Erekat, le négociateur en chef, lui chuchotait ses recommandations et se tenait également prêt à lui allumer cigarette sur cigarette. (…) Abbas déclare qu’il ne souhaite pas rester au pouvoir, ce que beaucoup sont disposés à croire. (…) Pourtant, une retraite paisible ne semble pas imminente. Selon certains diplomates, il apprécie davantage le décorum du pouvoir et les privilèges de ses fonctions que ne le suggère son attitude modeste. ».

    Le correspondant de "Marianne" en Israël, Julien Lacorie, écrivait le 11 février 2023 : « La fin de règne du chef de l’Autorité palestinienne s’annonce des plus sombres. Tout semble s’écrouler autour de lui alors qu’un embrasement des violences menace de toute part. Les trois quarts des Palestiniens souhaitent que Mahmoud Abbas, accusé de corruption et de népotisme depuis une dizaine d’années, prenne sa retraite. ».
     

     
     


    Vingt ans ! Mahmoud Abbas aura connu (au moins) quatre Présidents de la République française : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron. « Malgré son impopularité, son inefficacité et sa santé fragile », dixit Olivier Poujade le 24 novembre 2023 sur France Info, Mahmoud Abbas « reste pourtant le seul interlocuteur officiel à l'international » des Palestiniens. Quand Emmanuel Macron s'est rendu au Proche-Orient après le massacre du 7 octobre, c'est au Président de l'Autorité palestinienne qu'il est allé rendre visite pour négocier la libération des otages du Hamas, alors que cela se "joue" en fait avec le Qatar et le Hamas.

    Le problème du représentant palestinien, c'est que l'officiel est Mahmoud Abbas dont le mandat s'est terminé le 15 janvier 2009, et pour désigner un successeur, il faut organiser des élections au cours desquelles les Palestiniens plébisciteront probablement à 75% le candidat du Hamas, ce que ne veulent absolument pas les Israéliens. On ne peut tout de même pas tabler sur l'immortalité d'un Mahmoud Abbas, qui plus est nonagénaire dans quelques semaines.


    La solution viendrait d'un prisonnier d'une prison israélienne depuis 2002, considéré comme un terroriste et déjà évoqué pour la succession de Yasser Arafat : Marwan Barghouti, appelé par certain le Nelson Mandela de la Palestine, a déjà fait des appels à la paix. En 2006, il disait à une télévision américaine : « Je pense que mon peuple serait prêt à envisager la paix avec le peuple israélien. ». Mais pour cela, le gouvernement israélien devra faire un geste emblématique : le libérer après vingt-deux années d'incarcération.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (11 janvier 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Mahmoud Abbas.
    Yasser Arafat.
    Les Accords d'Oslo.
    Shimon Peres.

    Yitzhak Rabin.
    L'horreur du Hamas.
    L'avenir de la France se joue aussi à Gaza !
    Massacre à Gaza.
    La chute de Bachar El-Assad.
    Michel Aoun.


     

     
     



    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250115-mahmoud-abbas.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-20-ans-de-mahmoud-abbas-258455

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/10/article-sr-20250115-mahmoud-abbas.html


     

  • Pogrom à Amsterdam : toujours la même musique...

    « Non, ce n'est pas une simple rixe entre supporters et cette violence n'a pas éclaté en raison de provocations d'Israéliens extrémistes. Il s'agit d'un lynchage organisé en marge d’une mobilisation pro-palestinienne. » (Simon Weinberg, le 10 novembre 2024 sur Twitter).


     

     
     


    C'est désormais avéré : le progrom qui a eu lieu le 7 novembre 2024 à Amsterdam, à savoir le lynchage de nombreux Juifs parce qu'ils étaient Juifs, a été prémédité. Ce n'était donc pas, comme certains voulaient le faire croire, une violence urbaine parmi d'autres, un échauffement des cerveaux et des émotions. C'était prémédité !

    Il y a quatre-vingt-six ans, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, il y a eu ce qu'on a appelé la nuit de Cristal, des progroms perpétrés par les nazis dans toute l'Allemagne. On ne semble pas aujourd'hui mesurer à sa juste proportion le parallèle terrible avec le climat antisémite des années 1930.

    Des événements violents se sont déroulés en marge d'un match de football entre le Maccabi Tel-Aviv et l'Ajax parallèlement à une manifestation pro-palestinienne dont les participants attendaient de pieds fermes les supporters israéliens à quelques centaines de mètres de la maison d'Anne Frank qui doit se retourner là où elle est. Le roi des Pays-Bas a d'ailleurs fait la remarque que son pays avait abandonné deux fois les Juifs, pendant la Seconde Guerre mondiale et ce triste jour du 7 novembre 2024.

    Selon la presse internationale, et notamment "The Telegraph", l'attaque contre les ressortissants israéliens était mûrement réfléchie et organisée dans un groupe WahatsApp intitulé (très clairement) "The Jew Hunt" (la chasse aux Juifs). Le caractère antisémite de ce lynchage est donc avéré, au contraire de ce que osent dire encore certains de mes compatriotes français. Ce n'est pas, contrairement à ce que certains médias semblaient indiquer, une bagarre entre supporters haineux voire ivres. Rien à voir !

    Le groupe WhatsApp avait pour objectif de coordonner les agressions contre les supporters israéliens avec des feux d'artifice pour initier le départ des hostilités et des termes insultants contre les Juifs. Des attaques étaient ciblées. La veille, des émeutes avaient déjà eu lieu et un participant du groupe du réseau social en question a affirmé : "Ils n'iront plus au casino", montrant ainsi que les déplacements des supporters israéliens étaient sous surveillance depuis un certain temps.

    Le réseau social Telegram a également était utilisé, notamment pour planifier des embuscades bien déterminés, prenant de surprise les citoyens israéliens. Des chauffeurs de taxi musulmans ont aussi joué un rôle déterminant dans ce pogrom, montrant que le complot était très organisé. Ces chauffeurs indiquaient en direct sur Telegram la position des supporters israéliens qu'ils transportaient. Selon des témoignages, certains chauffeurs auraient même obligé certains passagers israéliens à sortir pour les exposer à la violence des manifestants pro-palestiniens, c'est ce qu'on appelle des guet-apens. Sur Telegram, on pouvait lire aussi des messages comme : "Aucun endroit au monde ne devrait être sûr pour les sionistes".

    Du reste, des vidéos montrent très clairement le caractère antisémite de ces agressions. Ainsi, au-delà des insultes antisémites prononcées par des manifestants pro-palestiniens, un homme, fuyant ses agresseurs, a sauté dans un canal et a dû crier "Free Palestine" pour ne pas être noyé. D'autres vidéos montrent des scènes terrifiantes. Un supporter israélien traîné dans la rue au milieu de feux d'artifice, un autre frappé au sol, suppliant ses agresseurs de prendre son argent et qui s'est vu répondre : "Libérez la Palestine maintenant".
     

     
     


    Mona Jafarian s'est beaucoup inquiétée de ce progrom sur CNews le 10 novembre 2024 : « Quand on regarde les vidéos des assaillants, parce que, comme le 7 octobre, ils se sont filmés, puisqu'ils sont très fiers de leurs actions, on entend bien qu'ils emploient le mot "yahoud", donc on est vraiment sur le Juif. On n'est pas en train de parler d'autre chose, on ne parle pas de football, on ne parle pas de supporters. Les éléments (…) qui nous parviennent, c'est que les attaques étaient déjà organisées quarante-huit heures avant le match. Donc, on n'est pas du tout sur quelque chose qui répond par exemple à une quelconque provocation de supporters à supporters. D'ailleurs, ce ne sont pas des supporters de foot qui ont attaqué puisque, l'après-midi même, les supporters de l'Ajax, je ne sais pas si les gens le savent mais c'est l'équipe de foot qui a les supporters les plus pro-israéliens au monde, donc généralement, les supporters de l'Ajax dansent (…) avec les supporters israéliens. Donc, les gens qu'on voit attaquer le soir même, ce sont des milices, il n'y a pas d'autre mot, des milices islamistes. D'ailleurs, tous ceux qui ont été arrêtés, il n'y a pas de Hollandais, il n'y a pas de supporter. Donc, c'est très important de se rendre compte qu'on n'est pas du tout sur une attaque de hooligans comme certains voudraient le faire croire. ».

    Jérémy Benhaïm a insisté sur Twitter le même jour : « Ce qui s’est passé jeudi soir à Amsterdam n’était pas une "rixe entre supporters", comme certains élus LFI voudraient le faire croire. Tout était déjà prémédité. (…) Merci à Mona Jafarian pour ces précisions qui confirment définitivement que c’est bien un pogrom qui s’est déroulé sous nos yeux en Europe, en 2024. ».


    Beaucoup ont des questions sur la passivité des forces de l'ordre, qui ne sont pas intervenues pendant plus d'une heure alors que les violences étaient là, ce qui justifie les déclarations du roi des Pays-Bas cité plus haut. Des enquêtes probablement tenteront de répondre à ces questions.

    Dans un article publié dans le "Journal du dimanche" du 10 novembre 2024, Claude Moniquet a écrit : « Plusieurs enquêtes en cours dans le nord de l'Europe, entre autres au Danemark et en Suède, révèlent que les services de renseignement iraniens ont renoué avec une pratique qui était la leur il y a une vingtaine d'années : le recrutement de truands locaux pour commettre des attentats "sous couverture" à l'étranger. Il y a vingt ans, c'est l'opposition en exil qui était ciblée, mais depuis le 7 octobre, ce sont les communautés juives et les intérêts iraniens qui sont en première ligne. (…) Une enquête est également en cours entre Paris et Berlin, visant plusieurs individus soupçonnés d'avoir projeté l'assassinat de personnalités juives en France et en Allemagne. Un suspect a été mis en examen fin septembre, à Paris, dans le cadre de ce dossier baptisé "Marco Polo". L'affaire illustre parfaitement le rôle de Téhéran dans le "terrorisme d'État". ».

    Et de conclure : « Selon nos sources, les services iraniens ont réactivé l'opération visant à éliminer des Juifs et des diplomates israéliens lorsque les tensions ont recommencé à s'accumuler au Moyen-Orient après le progrom du 7 octobre et la
    riposte israélienne à Gaza contre le Hamas. Et des enquêteurs amstellodamois nous affirment "prendre très au sérieux" une éventuelle manipulation iranienne à l'origine du pogrom de jeudi soir. ».
     

     
     


    Quant à certains députés insoumis en France, la palme de l'incorrection et de l'indécence doit être délivrée à une élue de Rennes dont je tairai le nom (facile à lire) pour ne pas lui faire trop de promotion, si ce n'est pour indiquer que cette éducatrice spécialisée de 30 ans a été élue cet été avec 45,7% des voix grâce à une triangulaire et le maintien de la candidate RN (17,8%), ce qui montre en passant que le RN, par sa politique de maintien, a largement favorisé l'élection de nombreux députés insoumis (loin d'en être leur premier opposant).

    Oui, une députée de la République française a osé tweeter le 8 novembre 2024 : « Ces gens-là n'ont pas été lynchés parce qu'ils étaient juifs, mais bien parce qu'ils étaient racistes et qu'ils soutenaient un génocide. ». Une phrase incroyablement scandaleuse, qui montre la considération qu'elle a pour les victimes ("ces gens-là") et qui, par autojustification, révèle ainsi qu'elle justifie le principe du lynchage ! Le Ministre de l'Intérieur
    Bruno Retailleau a d'ailleurs signalé le 9 novembre 2024 à la procureure de Paris ces propos insupportable de cette députée FI au titre de l'article 40 du code de procédure pénale pour apologie de crime. Pauvres sociétés dans lesquelles nous vivons !


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (10 novembre 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Pogrom à Amsterdam : toujours la même musique...
    Geert Wilders sera-t-il le prochain Premier Ministre néerlandais ?
    Les élections législatives du 22 novembre 2023 au Pays-Bas.

    Audrey Hepburn.
    Maurits Cornelis Escher.
    Anne Frank.
    Wim Kok.

     

     
     



    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241107-pogrom-amsterdam.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/pogrom-a-amsterdam-toujours-la-257603

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/11/10/article-sr-20241107-pogrom-amsterdam.html




     

  • Proche-Orient : l'incompréhension de Roger Karoutchi

    « Israël n’est pas un très grand pays, mais c’est un pays qui regarde beaucoup la France et les Israéliens se demandent aujourd’hui, au plus profond d’eux-mêmes : où est la France ? Est-ce que la France sait encore où elle habite par rapport à nous ? Faites en sorte, monsieur le ministre, que les Israéliens retrouvent l’adresse de la France ! » (Roger Karoutchi, le 9 octobre 2024 au Sénat).


     

     
     


    Je soutiens toujours Emmanuel Macron, mais j'avoue que j'ai été très choqué par sa déclaration du 5 octobre 2024 sur Israël (et je ne suis heureusement pas le seul). Très choqué et même très en colère, car on n'abandonne pas un pays ami lorsqu'il est attaqué de toutes parts par des centaines de missiles.

    Et le fait que ce sont des députés insoumis qui ont applaudi les propos présidentiels (pour une fois) me donne la chair de poule ! Quand Mathilde Panot a fustigé le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou qui, dans une allocution télévisée dans la soirée, a mal pris les choses (de toute façon, avec ou sans la France, on continue, a-t-il dit en substance), et qu'elle a réclamé un peu de respect pour notre chef de l'État, j'ai même cru rêver alors qu'elle avait déposé une motion de destitution contre le Président de la République, se moquant complètement du respect de l'institution présidentielle !

    On peut avoir l'impression qu'à l'Élysée, deux tendances s'affrontent en permanence, ce qui peut laisser à l'extérieur un arrière-goût de confusion. C'est sans doute le cas pour la position de la France vis-à-vis d'Israël. Depuis des dizaines d'années, le Quai d'Orsay a souvent prôné une politique pro-arabe.

    D'un côté, Emmanuel Macron a régulièrement réaffirmé le soutien indéfectible de la France à la sécurité d'Israël. Lors de l'hommage rendu dans la cour d'honneur des Invalides le 7 février 2024 aux 42 victimes françaises des massacres antisémites du 7 octobre 2023, le Président de la République a été très clair dans son discours : « Leurs destins ne sont pas les seuls que le déchirement du Moyen-Orient continue de broyer dans cette tornade de souffrance qu'est la guerre. Et toutes les vies se valent, inestimables aux yeux de la France. Et les vies que nous honorons aujourd'hui sont tombées, victimes d'un terrorisme que nous combattons sous toutes ses formes et qui nous a frappés en plein cœur. La France, recueillant ses enfants, parmi d'autres de ses enfants, dont elle n'oublie aucun, refusant les séparations, comme les divisions, refusant l'esprit de mort, de chaos et de clivages que nourrissent précisément les terroristes. Jamais en nous, nous ne laisserons prospérer l'esprit de revanche. (…) Ceux qui tuent par haine trouveront toujours face à eux ceux qui sont prêts à mourir par amour. Et toujours, ils verront s'élever contre eux notre pays qui, ce 7 octobre, a été touché dans sa chair. (…) Nous avons, dès lors, à habiter ce deuil, non pas comme une victoire de la mort mais comme une invitation à leur trouver une place dans nos vies. Et ils sont là, chacune et chacun, pour nous rappeler que nos vies, leurs vies, méritent sans relâche de nous battre contre les idées de haine, de ne rien céder à un antisémitisme rampant, désinhibé, ici comme là-bas. Car rien ne le justifie, rien. Car rien ne saurait justifier, ni excuser ce terrorisme, rien. Alors, nous nous tenons là, quatre mois après, devant ces visages et ces chaises vides, bouleversés de tristesse, aux côtés des familles de ceux qui ne sont plus, chargés d'affection aux côtés de ceux qui soignent leurs blessures et ne cédant rien pour ramener ceux qui sont encore là-bas. Sentiments mêlés que nous vivons ensemble, debout. ».

    De l'autre côté, Emmanuel Macron est capable, pour le moins, d'étonner voire de révolter les Israéliens quand, à quelques jours de la commémoration du 7 octobre, il a déclaré qu'il fallait ne plus livrer d'armes à Israël pour Gaza. L'argument apporté, c'est qu'on ne peut pas vouloir un cessez-le-feu et livrer des armes à la fois. Une phrase incompréhensible alors qu'Israël, tous les jours, est victime de centaines de tirs de roquettes de la part de ses trois ennemis, le Hamas depuis Gaza, le Hezbollah depuis le Sud-Liban et la République islamique d'Iran.

    Une telle affirmation, enregistrée le 1er octobre 2024 en ouverture du Sommet de la Francophonie, était peu pertinente et très maladroite, d'autant plus que la France ne livre pas d'armes à Israël (en revanche, elle en livre beaucoup au Qatar). Le principal pourvoyeur d'armes à Israël est les États-Unis, et bien après, l'Allemagne. Il ne faut pas oublier qu'avant la Guerre des Six Jours, c'était la France le principal fournisseur d'armes à Israël, mais le Général De Gaulle a décidé d'un embargo le 2 juin 1967 (la conférence de presse du 27 novembre 1967 a provoqué une vive polémique par l'évocation d'un « peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur ») car la France refusait l'occupation de territoires palestiniens.

    Parmi tous les réactions d'indignation ou d'incompréhension provenant de personnalités françaises à propos de la petite phrase d'Emmanuel Macron, la réaction de Roger Karoutchi m'a paru sans doute la plus emblématique.

     
     


    Agrégé d'histoire, Roger Karoutchi est un vieux routard de la politique française : à 73 ans, il est sénateur des Hauts-de-Seine depuis 1999 (il a remplacé Charles Pasqua élu député européen), sauf pendant ses fonctions gouvernementales, Secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement du 18 mai 2007 au 23 juin 2009, puis Représentant permanent de la France auprès de l'OCDE du 3 juillet 2009 au 24 août 2011.

    Apparatchik dans l'appareil gaulliste, UDR, RPR, UMP puis LR, Roger Karoutchi était un proche de
    Philippe Séguin, soutien de Jacques Chirac en 1995, de Jean-François Copé en 2012, puis de Nicolas Sarkozy en 2016 et de Laurent Wauquiez en 2017. Il a été élu conseiller régional d'Île-de-France de 1992 à 2015 (il s'est présenté à une primaire contre Valérie Pécresse pour prendre d'assaut le conseil régional en 2010) et député européen de 1997 à 1999 (il a succédé à Michel Debatisse décédé), par ailleurs élu municipal à Nanterre, Boulogne-Billancourt, puis Villeneuve-la-Garenne.

    Roger Karoutchi a profité de la séance des questions au gouvernement au Sénat, celle du mercredi 9 octobre 2024, pour exprimer son inquiétude face aux propos présidentiels. Évidemment, il ne s'agissait pas d'interroger directement le Président de la République. Les sénateurs ont maintenant un droit de réplique après la réponse du ministre, s'ils n'ont pas usé de leur temps de parole pour leur question. Roger Karoutchi a eu l'habileté de poser sa question en quelques secondes pour ensuite, en droit de réplique, pouvoir exprimer son opinion sur les propos présidentiels.


    La question du sénateur était simple mais sournoise : « Monsieur le ministre, il y a trois jours, l’Élysée a publié un communiqué réaffirmant l’amitié "indéfectible" de la France à l’égard d’Israël. Pourriez-vous nous décoder cette formule ? ».

    C'est Jean-Noël Barrot, nouveau Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, ancien député du MoDem des Hauts-de-Seine, qui lui a répondu, sans chercher à se faire le porte-parole de l'Élysée : « [Votre question] me permet de rappeler que la France se tient aux côtés d’Israël, pays auquel l’attachent des liens nombreux et anciens, pays dans lequel vivent 180 000 de nos compatriotes. La France est attachée de manière indéfectible à la sécurité d’Israël. Et ce ne sont pas que des mots, ce sont des actes. (…) Lorsque l’Iran prend pour cible Israël ou déclenche contre ce pays une attaque balistique d’ampleur, la France mobilise ses moyens militaires pour lui faire échec. Ce fut le cas en avril comme il y a encore quelques jours. ».

    Mais il a repris l'argument explicité plus haut : « Nous considérons aujourd’hui que la force seule ne peut suffire à garantir la sécurité d’Israël et des Israéliens et que le recours à la force doit désormais céder la place au dialogue et à la diplomatie. C’est pourquoi la France, comme la plupart des pays dans le monde, appelle aujourd’hui au cessez-le-feu, à ce que la force cède la place à la diplomatie et au dialogue, à Gaza comme au Liban. Et lorsque l’on appelle à un cessez-le-feu, on ne peut pas en même temps fournir des armes offensives aux belligérants, quels qu’ils soient. La position de la France est constante sur ce sujet. C’est une question de cohérence. ».
     

     
     


    Le ministre n'a rien apporté de nouveau mais là n'était pas l'essentiel, car l'essentiel, c'était dans la réplique, écrite avant cette réponse, de Roger Karoutchi, loin de vouloir blâmer le nouveau ministre : « Monsieur le ministre, être amis, c’est se dire des vérités, c’est dire comment la France voit l’avenir de Gaza ou du Liban, mais ce n’est sûrement pas dire à Israël, deux jours avant la commémoration du 7 octobre, que le pays ne doit plus recevoir d’armes, surtout quand la France ne lui en livre pas, mais continue à en livrer à certains pays comme le Qatar. ».

    Et d'ajouter : « Vous n’y êtes pour rien, monsieur le ministre, mais que dire quand on demande à Israël de ne pas réagir trop fortement, lorsque deux cents missiles balistiques iraniens sont envoyés contre son territoire, afin de ne pas provoquer d’embrasement régional ? Quel pays au monde accepterait de s’entendre dire "S’il vous plaît, ne réagissez pas !" après avoir reçu deux cents missiles ? Quel pays au monde accepterait cela ? La guerre au Liban est un crève-cœur, en particulier au regard des liens de la France avec ce pays. Mais en même temps, il faut rappeler, vous le faites, monsieur le ministre, ce qui n’est pas le cas de tout le monde…, que, depuis le 8 octobre de l’année dernière, le Hezbollah bombarde tous les jours les villes du nord d’Israël, et cela dans une indifférence quasi générale. C’est inacceptable ! Quel pays au monde accepterait que ses villes soient bombardées tous les jours et qu’on lui dise : "Surtout, ne réagissez pas". ».

    Il faut dire les choses franchement, Israël fait le
    sale boulot pour les autres, et en particulier pour la France qui a été une victime multiple des attentats terroristes du Hezbollah tant au Liban que sur le sol français et aussi victime du pogrom du 7 octobre 2023 en raison des dizaines de Français qui y ont été massacrés ou enlevés. La responsabilité de la France, c'est de limiter l'ardeur belliqueuse d'Israël pour rappeler que les civils n'ont pas à être des victimes collatérales de la guerre justifiée contre les organisations terroristes, qu'elles soient à Gaza ou au Liban. Mais la France ne doit pas donner de leçon à Israël qui, aujourd'hui, lutte courageusement pour sa survie.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (09 octobre 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Proche-Orient : l'incompréhension de Roger Karoutchi.
    7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie.
    Laura Blajman-Kadar.
    7 octobre 2023 : l'hommage aux victimes françaises.
    Discours du Président Emmanuel Macron en hommage aux victimes du 7 octobre 2023 aux Invalides le 7 février 2024 (texte intégral et vidéo).
    L'avenir de la France se joue aussi à Gaza !
    La naissance de l’État d’Israël.
    David Ben Gourion.
    Eden Golan.
    Walid Daqqa.
    Gaza : quel est l'accord entre Israël et le Hamas ?
    Le rappel très ferme d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme.
    Conflit israélo-palestinien : la France est-elle concernée ?
    Dominique de Villepin toujours pro-palestinien ?
    Emmanuel Macron participera-t-il à la grande marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023 ?
    Gaza, victime avant tout du Hamas ?
    Quel est le bilan de la visite d'Emmanuel Macron au Proche-Orient ?
    Proche-Orient : l'analyse crue de Jean-Louis Bourlanges.
    Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il en Israël ce mardi 24 octobre 2023 ?
    Hôpital à Gaza : la vérité aveuglée par la colère ?
    Hamas : tirs groupés contre les insoumis.
    Horreur en Israël : les points sur les i de Gérard Larcher et Emmanuel Macron.
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 12 octobre 2023 (vidéo et texte intégral).
    Allocution du Président du Sénat Gérard Larcher le 11 octobre 2023 (texte intégral).
    Horreur totale en Israël ; émotion et clarification politique en France.
    Israël en guerre contre son agresseur terroriste, le Hamas.
    Les Accords d'Oslo.

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241009-karoutchi.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/proche-orient-l-incomprehension-de-257161

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/10/10/article-sr-20241009-karoutchi.html


     

  • 7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie

    « Le 7 octobre a été un point de bascule général. C'est non seulement le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah (…), il y a donc le massacre, il y a les otages, 250 otages, il en reste une centaine, on ne sait pas combien sont vivants, mais surtout, ce qu'il y a eu, et ce qui explique le traumatisme à la fois d'Israël et des Juifs du monde entier, c'est la conscience que l'anéantissement redevenait possible. » (Anne Sinclair, le 3 octobre 2024 sur BFMTV).



     

     
     


    Cela fait un an que les terroristes enragés du Hamas ont massacré plus d'un millier de citoyens israéliens et parfois étrangers venus faire la fête, le samedi 7 octobre 2023 en Israël. Comme l'expliquait bien la journaliste Anne Sinclair sur BFMTV le 3 octobre 2024, c'est un point de bascule. L'horreur à son plus haut niveau : « J'entendais l'autre jour une femme qui s'appelle Céline Bardet, qui est une enquêtrice internationale, qui dirige une ONG qui s'appelle Women are not weapons of war, les femmes ne sont pas des armes de guerre, et qui enquête sur les crimes sexuels, qui a été enquêté sur Boko Haram, qui enquête sur l'Ukraine, qui dit que la sauvagerie de ce qui s'est passé le 7 octobre, elle n'avait jamais vu ça, que, sur les corps suppliciés des femmes même tuées, on s'est acharné à les violer, à les démembrer. ».

    Le point de bascule, c'est l'obligation, pour le gouvernement israélien, soutenu par tout le peuple, d'en finir avec les roquettes régulières et fréquentes dans le ciel, qui viennent du Hamas depuis la bande de Gaza et du Hezbollah depuis au sud du Liban, voire avec la menace nucléaire de la république islamique de l'Iran.

    En un an, avec malheureusement beaucoup de trop de morts collatérales d'innocents, le gouvernement israélien a éliminé de nombreux terroristes du Hamas et de nombreux terroristes du Hezbollah, en intervenant sur le terrain à Gaza et au Liban. Le point le plus fort a été sans doute l'élimination le 27 septembre 2024 à Beyrouth de Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah depuis le 16 février 1992, responsable entre autres de
    l'assassinat des 58 soldats français le 23 octobre 1983, des prises d'otages français à Beyrouth, et des attentats terroristes en France dans les années 1980 et 1990. La perspective de nouveaux 7 octobre venant du sud du Liban a convaincu Benyamin Netanyahou d'intervenir au Liban à partir du 23 septembre 2024.

    Pour autant, les deux mouvements terroristes ne seront jamais complètement détruits et l'Iran a aussi attaqué Israël (180 missiles envoyés en Israël le 1er octobre 2024 après une première attaque le 14 avril 2024). À cause des bombardements du Hezbollah, 80 000 Israéliens ont dû être évacués du nord du pays, ce qui représente l'équivalent d'environ 500 000 Français déplacés en France si on prend en compte la différence de population.


    Revenons au massacre du 7 octobre 2023 qui a été le catalyseur de cet embrasement régional. Il y a eu près de 1 300 personnes massacrées, la plupart de jeunes Israéliens qui se sont rassemblés pour des festivals musicaux, à quelques kilomètres de la frontière avec Gaza (quatre kilomètres). Parmi les personnes rescapées, une jeune femme qui a eu du cran de venir témoigner à la télévision. Elle l'a fait sur BFMTV dans la matinée du vendredi 13 octobre 2023, interrogée par le journaliste Bruce Toussaint. Elle était encore sous le choc, moins d'une semaine après la tragédie.
     

     
     


    Elle s'appelle Laura Blajman-Kadar. Son témoignage était d'autant plus poignant, émouvant, qu'elle s'exprimait bien, très bien, avec une aisance naturelle à l'oral. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'elle était à la fois très émue, effondrée, encore sous le choc après quelques jours (elle a perdu beaucoup d'amis sous ses yeux dans des conditions atroces), mais elle avait cependant le cran, le courage, de penser à l'avenir, à plus tard. Elle est Franco-israélienne, venue habiter en Israël à l'âge de 8 ans. Elle avait 35 ans et faisait partie des organisateurs du festival. Plus exactement, elle avait organisé l'Unity Festival la veille, le 6 octobre 2023, et elle est restée sur place le lendemain pour donner un coup de main (et participer) à un autre festival de musique électronique, Tribe of Nova.

    Ses premiers mots exprimaient son état d'esprit : « On ne peut pas se sentir très miraculés quand on est entre des enterrements. Là, dans quelques minutes, je dois partir parce qu'on enterre un de mes meilleurs amis. Hier, on a reçu cinq noms des amis qui ont été retrouvés morts. Je ne sais pas si vous savez, mais ils ont retrouvé des centaines de corps, mais ça prend du temps à identifier les corps car on ne peut seulement le faire qu'avec des tests ADN, parce que les corps sont dans des états terribles. En fait, on reçoit tous les jours des noms des gens qui ont été retrouvés morts. Et on a énormément d'amis absents, on attend d'entendre s'ils sont morts ou s'ils sont pris otages. Donc, ce sont des jours très très durs pour nous. ».


    Son histoire : elle et son mari ont entendu des roquettes, alors ils se sont couchés mais au début, ils n'étaient pas très inquiets car c'est habituel. Ils se sont mis dans la caravane et ils allaient ensuite partir : « On attend que les roquettes se terminent et on rentre à la maison. On a pris notre voiture et notre caravane, on allait partir et puis on a entendu les coups de feu et on a compris qu'ils tiraient sur tout le monde. Il n'y avait aucun endroit pour se cacher (…), pas d'abri. Il y avait des roquettes qui tombaient du ciel, il y avait des terroristes de partout, qui tiraient de partout, et on a couru se cacher dans la caravane. On était restés dans cette caravane sept personnes, pendant six heures, c'est une petite caravane de deux personnes, c'est pas plus que ça, c'était fermé à clef mais c'est une fermeture en plastique, et pendant six heures, on était couchés parterre dans la caravane. Il faisait une chaleur, c'était de 50°C, on était en train de transpirer. On était allongés sept personnes parterre dans le silence et on entend les terroristes dehors crier Allah akbar, et tuer tous nos amis, on les a entendus arriver débarquer, tuer des quantités... on a entendu des gens hurler dehors. ».
     

     
     


    L'hésitation du destin, ce fil si fin qui l'a reliée à la vie : « Et après l'endroit est devenu silencieux, ils sont revenus une deuxième fois, pour achever les gens, pour vérifier que... tirer une deuxième fois sur nos blessés pour être sûrs que tout le monde était mort. Ils ont essayé de nous ouvrir la porte de la caravane. Mon mari et moi, on était encore dans la caravane. C'est le moment qu'on s'est dit au revoir. Parce que, quand tu as un terroriste en train de taper à la porte, vous comprenez que votre dernier moment arrive. Alors, j'ai dit à mon mari que je l'aime. J'ai fermé les yeux. Et j'espérais mourir vite. C'était ça, ma seule prière, de mourir vite. De ne pas être kidnappée parce que... on a des dizaines de filles, de femmes qui sont maintenant kidnappées dans la bande de Gaza. Et je n'ose pas réfléchir, mais qu'est-ce qui est en train de se passer à mes copines qui sont là-bas ? On a des filles de 13 ans et de 15 ans qui sont maintenant, pendant que nous discutons, à Gaza. Donc, oui, moi, j'ai préféré sur le coup, j'espérais, j'ai prié de mourir vite et de ne pas être kidnappée. ».

    L'horreur à l'état pur : « Et donc, cela a pris six très très longues heures que Tsahal a réussi à arriver où on était et à se battre contre eux. Après six heures, quand on nous a dit qu'on pouvait sortir de la caravane, ce que mes yeux ont vu, je ne l'oublierai jamais. Parce que les centaines de cadavres de mes amis qu'ils ont trouvés, on les a vus. On est sortis de la caravane et c'était un massacre total. Il y avait des cadavres partout, des jeunes couples. Surtout, il faut dire, ce festival de musique, c'est des festivals de tous âges. Il y a des familles qui viennent avec leurs enfants, il y avait des poussettes là-bas, il y a des enfants de 20 ans, il y a des gens de mon âge de 35 ans. On a un ami, Ilan, qui est pris en otage, qui a 57 ans. Il y avait des gens de tous âges qui dansaient dans ces festivals, et des heures plus tard, il y avait cadavres de tous les âges, qui étaient là-bas parterre. ».
     

     
     


    Combattre le terrorisme jusqu'au bout : « Pour nous, ce n'est toujours pas terminé, parce que la guerre, que nous, on n'a pas demandée, vient seulement de commencer. Nous, on n'a demandé qu'aller danser quelques heures dans un champ, c'est ce qu'on voulait. On continue à recevoir les noms de nos morts tous les jours, on enterre nos amis tous les jours, et aujourd'hui, on comprend qu'il n'y a plus aucune différence entre le Hamas et Daech. Parce que les choses que j'ai entendues juste à côté de moi, ce n'est pas des hommes qui font ça, ce n'est pas des êtres humains. ».

    Poursuite du témoignage, pendant les combats : « On les a entendus se battre avec Tsahal. Après, les choses sont devenues silencieuses. Ils ont tiré sur la caravane. Mon mari a eu une balle qui est passée juste au-dessus de sa tête. Et la deuxième balle, elle est rentrée dans la clim. Et donc, on a entendu le gaz de la clim rentrer dans la caravane. On a commencé à se sentir mal. J'ai eu très très peur de perdre connaissance. Puis après une heure, c'est devenu silencieux. On a eu beaucoup de chance, on a réussi à discuter avec le producteur du Nova Festival, c'est un ami à nous (…). Il est resté sur le terrain, il a réussi à prendre une arme d'un des terroristes et se battre avec Tsahal. C'est un homme incroyable. Et on a réussi à l'avoir au téléphone, il a dit qu'il nous voyait de loin parce qu'il était aux urgences, il voyait ma caravane de loin, il m'a dit qu'on peut sortir, mais sortez les mains en haut, pour que personne ne se trompe et ne tire dessus. Il y avait encore des terroristes un peu partout. Il nous a dit qu'on peut sortir, on a cassé la porte et on a couru, c'était peut-être deux cents, trois cents mètres, mais... Dans les films, dans les films, on ne voit pas les choses comme ça ! ».
     

     
     


    Le deuil et la désolation : « J'ai couru au-dessus des cadavres des amis à moi. Comme je suis productrice de festival de musique, je connais ces gens, c'est mon monde. Tous les visages qui étaient parterre, c'est des gens que je connais, j'ai dansé avec, j'ai travaillé avec, c'est de copains, c'est des amis, c'est des camarades. On a perdu des centaines de personnes. Vous savez, l'été dernier, on était en festival au Portugal, en Suisse, c'est le même genre de festival. Mais qui peut imaginer une chose pareille ? Quand j'étais au Boum Festival il y a deux ans, j'étais étonnée de rencontrer tellement de Français qui aiment cette musique (…), qui connaissent tous les DJ israéliens, j'ai rencontré plein d'amis français qui ont dansé avec nous là-bas. Alors, vraiment, je demande à mes amis français, qui ont dansé avec nous, qui nous connaissent, des Français que j'ai grandi avec en France, comprenez ce qui nous passe. On a des hommes, des femmes, des enfants, des bébés, des bébés de quelques mois qui sont pris otages à Gaza. Alors, il faut comprendre ce qui nous passe. Il faut comprendre que c'est un massacre qui n'a jamais eu dans le passé pareil, en Israël pour le peuple juif. Pour nous, c'est la Shoah, la deuxième fois, ce qu'on nous a fait. Et il faut aussi comprendre qu'on a le droit maintenant de tout faire pour ramener nos amis à la maison. Parce que mes amis sont à Gaza. J'imagine que vous avez tous vu la vidéo de Noah qui était prise otage en auto. Hier, c'était son anniversaire, c'était son 26e anniversaire. Elle doit revenir à la maison. Ils sont obligés de revenir à la maison. Et c'est notre devoir, comme pays d'Israël, l'âme d'Israël, notre devoir de ramener nos gens à l'abri à la maison. ».
     

     
     


    Son témoignage très émouvant d'une dizaine de minutes s'est déroulé sans quasiment aucune interruption du journaliste, laissant ainsi s'installer des silences remplis de larmes. Et puis, cette dernière remarque, cette anticipation de la guerre difficile qu'allait mener Israël contre les organisations terroristes.

    Aucune haine, et le souci de l'avenir, en paix pour tous : « Je voudrais juste dire une seule chose, si vous permettez, une dernière chose. Il commence maintenant une guerre qu'on n'a pas voulue qui va être horrible. J'ai perdu énormément d'amis, mes deux petits frères là maintenant sont dans l'armée, et je sais que je perdrais encore des amis. Mais quand cette guerre se terminera, le Hamas ne peut plus exister, parce que le Hamas, c'est comme Daech, il ne peut plus exister. Et à la fin de cette guerre, il y aura deux gagnants, ce sera le pays d'Israël et le peuple palestinien. Parce que surtout, il ne faut jamais oublier que le peuple palestinien souffre du Hamas, comme nous. Et espérons que cette guerre se terminera le plus vite possible avec le moins de morts des deux côtés. Parce qu'on veut tous simplement vivre en paix et en silence. ».

    Laura Blajman-Kadar a eu besoin de raconter ce qu'elle a vécu, surtout en mémoire de ses amis tués ou enlevés. Elle a fini son livre en Inde. Il est sorti le 21 mars 2024 aux éditions Robert Laffont (avec la collaboration de Dominique Rouch) sous le titre "Croire en la vie". L'occasion pour elle de retourner devant les micros pour parler de cette horreur indicible (en fin d'article, cinq exemples en vidéos). Un besoin de parler, de ne pas se taire, de garder la mémoire, pour les générations futures, et aussi, cette interrogation qu'ont eu la plupart des rescapés des
    camps d'extermination : pourquoi moi ? pourquoi ai-je réchappé au massacre ? pourquoi suis-je encore vivant ? Et cette terrible évidence : le hasard.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (05 octobre 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    7 octobre 2023 : un an qu'Israël se bat pour sa survie.
    Laura Blajman-Kadar.
    7 octobre 2023 : l'hommage aux victimes françaises.
    Discours du Président Emmanuel Macron en hommage aux victimes du 7 octobre 2023 aux Invalides le 7 février 2024 (texte intégral et vidéo).
    L'avenir de la France se joue aussi à Gaza !
    La naissance de l’État d’Israël.
    David Ben Gourion.
    Eden Golan.
    Walid Daqqa.
    Gaza : quel est l'accord entre Israël et le Hamas ?
    Le rappel très ferme d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme.
    Conflit israélo-palestinien : la France est-elle concernée ?
    Dominique de Villepin toujours pro-palestinien ?
    Emmanuel Macron participera-t-il à la grande marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023 ?
    Gaza, victime avant tout du Hamas ?
    Quel est le bilan de la visite d'Emmanuel Macron au Proche-Orient ?
    Proche-Orient : l'analyse crue de Jean-Louis Bourlanges.
    Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il en Israël ce mardi 24 octobre 2023 ?
    Hôpital à Gaza : la vérité aveuglée par la colère ?
    Hamas : tirs groupés contre les insoumis.
    Horreur en Israël : les points sur les i de Gérard Larcher et Emmanuel Macron.
    Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 12 octobre 2023 (vidéo et texte intégral).
    Allocution du Président du Sénat Gérard Larcher le 11 octobre 2023 (texte intégral).
    Horreur totale en Israël ; émotion et clarification politique en France.
    Israël en guerre contre son agresseur terroriste, le Hamas.
    Les Accords d'Oslo.


















    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20241006-massacre-israel.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/7-octobre-2023-un-an-qu-israel-se-250951

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/10/05/article-sr-20241006-massacre-israel.html