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justice - Page 8

  • Mobilisons-nous pour soutenir Toomaj Salehi !

    « La vraie mort, c'est se résigner au désespoir. Si nous sommes désespérés, nous ne bougeons plus, nous devenons passifs. Nous allons alors rater toutes les occasions que nous avons, qu'elles soient grandes ou petites. Nous les transformons en zéros, comme si, avec nos propres mains, nous abattons notre victoire. C'est pour ça qu'ils coupent l'Internet. C'est pour ça que des journalistes, des reporters, des blogueurs, des artistes et des athlètes sont arrêtés, pour qu'on ne sache pas ce qui se passe autour de nous. S'il y a un jour le silence autour de nous, qu'on pense que le silence s'est imposé partout, que tout le monde a abandonné, qu'on pense que c'est fini, qu'on a perdu, qu'on accepte la défaite, ils vont faire de leur mieux pour nous imposer la défaite. » (Toomaj Salehi, 2024).



     

     
     


    Le rappeur iranien Toomaj Salehi vient d'être condamné à mort le mercredi 24 avril 2024 par la tribunal révolutionnaire d'Ispahan. Il risque l'exécution par pendaison parce qu'il a été déclaré coupable d'incitation à la sédition, de rassemblement, de conspiration, de propagande contre le système, d'appel aux émeutes, de corruption sur terre, de guerre contre Dieu. Il avait été auparavant plusieurs fois condamné à des peines de prison.

    À 33 ans, Toomaj Salehi est un chanteur populaire très connu en Iran, notamment parmi la jeunesse. Il chante depuis 2016 sur les problèmes des jeunes et des femmes (aussi des animaux) dans la société iranienne et a participé aux mobilisations contre le régime islamique. Il a été arrêté le 12 septembre 2021 puis relâché le 21 septembre 2021. Il s'est engagé dans la contestation de la république islamique après l'assassinat de Masha Amini (le 16 septembre 2022), arrêtée par la police des mœurs pour ne pas avoir porté le voile. Il est devenu une figure populaire et courageuse de la contestation iranienne. Il a alors été arrêté de nouveau le 30 octobre 2022, a subi des tortures, a été incarcéré en isolement pendant près d'un an, puis a été relâché le 19 novembre 2023. Mais il a été encore arrêté le 30 novembre 2023 après avoir publié des chansons qui dénonçaient les tortures dont il a été victime.

    Et aussi après avoir témoigné dans les réseaux sociaux la vérité : « J'ai été beaucoup torturé lors de mon arrestation. Ils m'ont cassé les bras et les jambes. Ils frappaient beaucoup mon visage et ma tête. Je tentais d'éviter les coups avec les mains. Ils m'ont cassé les doigts. Ce n'est pas très racontable. Ça a duré très longtemps. Un détenu politique m'a dit : ce qu'ils t'ont injecté dans le cou, c'était probablement de l'adrénaline pour que tu ne t'évanouisse pas, pour que tu sois éveillé pendant la torture et que tu sentes la douleur jusqu'à son apogée. J'ai porté plainte pour les tortures. L'une des raisons de ma plainte est de prouver la véracité de mon récit, qu'ils ne disent pas que je mente. Car si je mens, ils pourraient me poursuivre à nouveau pour diffamation. J'ai fait ça aussi pour d'autres raisons. J'ai aussi porté plainte contre leurs médias pour diffamation. Ils ont dit : Toomaj était condamné à mort, son verdict a été cassé parce qu'il a coopéré efficacement. Pourquoi condamnation à mort ? Qu'ai-je fait pour être condamné à mort ? (…) Nous ne nous sommes mis en face de personne. Qui a torturé des gens ? (…) Ils n'auraient jamais dû m'arrêter. Ils n'avaient pas le droit de m'arrêter. Au lieu de ça, ils m'ont mis en cellule d'isolement pendant neuf mois me faire subir la torture. » (novembre 2023). Sa condamnation à mort a pour objectif de faire régner le silence sur les exactions du régime théocratique et donner une nouvel exemple pour dissuader de faire dissidence.

     

     
     


    Selon Amnesty International dans un communiqué du 4 avril 2024, il y a eu 853 exécutions en 2023, en nette augmentation (chiffre le plus élevé depuis huit ans, +48% par rapport à 2022 et +171% par rapport à 2021), et déjà 95 exécutions du 1er janvier 2024 au 20 mars 2024 : « L’année dernière a également été marquée par une vague d’exécutions visant des manifestants, des utilisateurs de médias sociaux et d’autres opposants réels ou supposés pour des actes protégés par le droit international relatif aux droits humains, qui ont donné lieu à des inculpations pour "insulte au prophète" et "apostasie", ainsi qu’à de vagues accusations d’ "inimitié à l’égard de Dieu" (moharebeh) et/ou de "corruption sur terre" (efsad-e fel arz). ».

    Le régime iranien se croit en position de force après son agression militaire contre Israël (en lançant 300 missiles et drones contre l'État d'Israël) sans qu'il n'y ait eu de grandes conséquences en riposte. Le régime islamique en a profité pour accroître la répression, renforcer la police des mœurs qui devait pourtant être dissoute après l'assassinat de Masha Amini. Cette condamnation à mort, alors que le rappeur n'est coupable que de s'être exprimé et de protester contre la torture du régime, montre une nouvelle fois la volonté des mollahs de dissuader toute nouvelle tentative d'opposition et de soulèvement.

    Ce qui est révoltant, c'est que cette condamnation à mort ne semble pas émouvoir les professionnels de l'indignation dans nos contrées. Je repense alors aux propos du sénateur Claude Malhuret le 5 octobre 2022 après l'assassinat de Masha Amini : « Depuis le début de la révolte en Iran, et jusqu'à la manifestation de dimanche dernier à Paris, ces professionnels de l'indignation, ceux qui battent le pavé chaque semaine pour crier que la police tue ou dénoncer le racisme systémique en France, avaient disparu. Où étaient-ils lors des deux premiers rassemblements en soutien des femmes iraniennes ? En week-end sans doute, comme lors des manifestations pour l'Ukraine ! Leurs comptes Twitter, qui dénoncent chaque jour le patriarcat et l'islamophobie, sont devenus muets : pas un mot de soutien, pas un appel contre la mollarchie et sa police des mœurs ! Pendant qu'à Téhéran, les femmes meurent sous les coups et les balles, ils préfèrent dénoncer le virilisme du barbecue, faire l'éloge d'un gifleur ou juger les harceleurs dans des "comités de transparence", qui sont l'oxymore le plus grotesque inventé depuis la dictature du prolétariat. ».

    Et en effet, on s'étonne qu'il n'y ait pas beaucoup de mobilisation pour soutenir Toomaj Salehi. Les ayatollahs iraniens profitent de notre indifférence pour renforcer leur dictature des mœurs. Plus nous sommes indifférents, plus ils iront dans la répression contre le peuple iranien et sa jeunesse. Toomaj Salehi s'est engagé auprès du mouvement "Femme, Vie, Liberté" (le nom du soulèvement entre septembre et décembre 2022 pour réagir après l'assassinat de Masha Amini) où il défendait la condition des femmes, des jeunes et même des animaux. Il en est devenu le porte-voix parce qu'il a un écho important auprès des jeunes.


    Le jeudi 25 avril 2024, le Parlement Européen a voté la résolution C9-0235/2024 condamnant le régime iranien par 357 voix pour, 20 voix contre et 58 abstentions. Parmi les députés européens français, 3 députées européennes FI (dont Leïla Chaibi et Manon Aubry), 7 députés européens EELV (dont Marie Toussaint et David Cormand), 1 députée européenne LR (Nadine Morano) et 1 député européen RN (Jérôme Rivière) n'ont pas voulu voter cette résolution qui, entre autres, « condamne avec la plus grande fermeté l'attaque de drones et de missiles sans précédent perpétrée par l'Iran contre Israël dans la nuit du 13 au 14 avril 2024, ainsi que la grave escalade et la menace que cela représente pour la sécurité régionale », qui « se félicite de la décision de l'Union [Européenne] d'étendre et d'élargir le régime de sanction actuel, mis en place en juillet 2023, notamment en sanctionnant la production par l'Iran de drones et de missiles », et qui « exprime son soutien et sa solidarité sans réserve à l'égard de la société civile et des forces démocratiques en Iran ».
     

     
     


    Pendant que beaucoup de populistes en France, prompts à s'indigner sur la situation à Gaza, refusent de condamner l'Iran dans son attaque contre Israël voire soutiennent l'Iran et même le Hamas au nom de leur combat contre les "valeurs occidentales" (qui sont démocratie, laïcité, liberté, égalité, fraternité, diversité, État de droit, protection des minorités, etc., rappelons-le !), l'Iran condamne à mort un de ses enfants pour simplement son engagement dans ses chansons. Comme l'expliquait cette internaute sur Twitter avec une certaine colère : « L’Iran. Ce pays merveilleux où le Prix Nobel de la Paix est en prison. Où un artiste résistant attend d’être pendu. Ça devrait inspirer nos belles âmes défilantes et pétitionnaires. Mais non. Comme les dames patronnesses d’autrefois avaient "leurs pauvres", elles ont "leurs causes". ».

    Beaucoup de monde dans les réseaux sociaux a dénoncé cette indifférence dans les milieux artistiques (comme Sophie Aram) et certains ont même fustigé la soirée de remise de récompenses des rappeurs, le Flammes Awards 2024 qui s'est tenu au Théâtre du Châtelet à Paris le 25 avril 2024, car aucun artiste dans la salle n'a évoqué ni soutenu Tommaj Salehi, pas un mot, rien, la lâcheté et la honte.

     

     
     


    En revanche, l'ancien ministre de la culture, et actuel président de l'Institut du monde arabe Jack Lang a apporté rapidement un vif soutien au rappeur dès le 24 avril 2024 : « Ne laissons pas la république islamique le tuer ! ».

    Il faut se mobiliser, plus grande sera la mobilisation internationale, plus fortes seront les pressions sur le régime des mollahs. Un grand rassemblement à Paris, place de la Bastille, aura lieu ce dimanche 28 avril 2024 à 15 heures pour soutenir ce gardien courageux de la liberté. D'autres rassemblements ont lieu dans d'autres villes et pays du monde, en particulier à Los Angeles (au Federal Building) à la même date et même heure, et à Grenoble (place Félix-Poulat) le samedi 27 avril 2024 à 15 heures. Soutenons Toomaj Salehi, son courage, sa persévérance, sa détermination.



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (25 avril 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Mobilisons-nous pour Toomaj Salehi !
    Fatwa de mort contre Salman Rushdie.
    Alireza Akbari.
    Mehran Karimi Nasseri.
    Claude Malhuret contre la mollarchie.
    Masha Amini, les femmes iraniennes, leur liberté et Claude Malhuret.
    Révolution : du rêve républicain à l’enfer théocratique de Bani Sadr.
    L'Iran de Bani Sadr.
    De quoi fouetter un Shah (18 février 2009).
    N’oubliez pas le Guide (20 février 2009).
    Incompréhensions américaines (1) et (2).
    Émission de France 3 "L’Iran et l’Occident" (17-18 février 2009).
    Session de septembre 2006 à l’ONU : Bush, Ahmadinejad, Chirac.
    Dennis Ross et les Iraniens.
    Un émissaire français à Téhéran.
    Gérard Araud.
    Stanislas de Laboulaye.
    Des opposants exécutés par pendaison en Iran.
    Expulsion de Vakili Rad, assassin de Chapour Bakhtiar, dernier Premier Ministre du Shah d'Iran, par Brice Hortefeux à la suite du retour de l'étudiante Clotilde Reiss.
    Mort de l'ancien Premier Ministre iranien Mohammad Reza Mahdavi-Kani à 83 ans le 21 octobre 2014.

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240424-toomaj-salehi.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/mobilisons-nous-pour-soutenir-254348

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/04/26/article-sr-20240424-toomaj-salehi.html


     

  • Mathilde Panot : les énièmes outrances populistes de la hurleuse professionnelle

    « La loi n’a pas changé, c'est toujours la même : nous avons la liberté de nous exprimer. Il y a juste quelques limites : l’incitation à la haine et l’apologie du terrorisme. » (Caroline Fourest, le 23 avril 2024 sur LCI).



     

     
     


    La présidente du groupe FI à l'Assemblée Nationale, Mathilde Panot, a été convoquée ce mardi 23 avril 2024 par la police judiciaire de Paris pour s'expliquer sur des propos qu'elle aurait tenus et qui pourraient être jugés comme une apologie du terrorisme. On ne savait pas quels étaient les propos incriminés mais on imaginait bien qu'il s'agissait de sa réaction aux massacres commis par les terroristes du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

    Loin de se faire discrète en attendant d'être entendue par la police, Mathilde Panot est sortie avec ses gros sabots et y a vu un complot contre la liberté d'expression. Elle a publié un communiqué incendiaire contre l'État, aussi insignifiant qu'il est excessif. L'esprit complotiste est bien là puisqu'elle a rassemblé un certain nombre de faits, dont l'interdiction d'une conférence par un président d'université (à Lille) de Jean-Luc Mélenchon, qu'elle a laissé entendre comme provenant d'une même origine alors que la députée, qui sait ce qu'est le fonctionnement des institutions, sait très bien que les décisions provenaient d'autorités très différentes (qui toutes ont considéré que les propos qu'ont tenu les dirigeants de FI sont à la limite de l'illégalité et dans tous les cas, c'est factuel, susceptibles d'être fauteurs de troubles).

    Dans son communiqué, Mathilde Panot a expliqué notamment : « C'est la première fois dans l'histoire de la Cinquième République qu'une présidente d'un groupe d'opposition à l'Assemblée Nationale est convoquée pour un motif aussi grave sur la base d'accusations fallacieuses. ». Je ne sais pas si c'est vrai (la violence verbale a toujours existé au Parlement et à l'époque de l'OAS et du FLN, les débats étaient particulièrement durs), mais même si c'était vrai, il faudrait aussi s'interroger soi-même, Madame Panot : à ma connaissance, jusqu'à maintenant, je n'ai jamais connu un président de groupe d'opposition à l'Assemblée Nationale depuis le début de la Cinquième République à être aussi peu respectueux des usages, à hurler autant dans l'enceinte du Parlement, à dériver autant vers le populisme avec autant de violence verbale.

    Mais ce qui m'a le plus choqué, dans ce communiqué, c'est cette petite phrase idiote, très politicienne mais très grave car elle renforce le sentiment d'antiparlementarisme : « Le régime macroniste aura transgressé toutes les limites imaginables. ». Tout, dans cette phrase, transpire le populisme et le mensonge le plus puant.

     

     
     


    D'abord, parler de « régime » macroniste n'a de sens que si on veut le comparer à une dictature, ce qui n'est pas le cas : Emmanuel Macron a été élu Président de la République par 66% des Français en 2017 et par 59% des Français en 2022. C'est important de le rappeler, d'autant plus que c'est historique puisqu'il est le seul chef de l'État après De Gaulle à avoir été réélu sans une période de cohabitation qui ont redonné une virginité politique à François Mitterrand en 1988 et Jacques Chirac en 2002. Nous sommes en démocratie et la présence d'Emmanuel Macron à l'Élysée vient donc uniquement de la volonté populaire (j'insiste sur ce point-là). La République, c'est plus Emmanuel Macron que Jean-Luc Mélenchon, n'en déplaise aux insoumis.

    Ensuite, le verbe au futur antérieur, comme si le second quinquennat était déjà terminé (alors qu'il reste encore trois ans !). Le verbe "transgresser" n'a aucun sens ici puisque la procédure judiciaire est très classique et procède de l'État de droit. Enfin, plus généralement, cette phrase laisse croire que c'est Emmanuel Macron qui a demandé à la police de la convoquer pour l'empêcher de parler. D'une part, plus elle parle, plus elle se discrédite, donc ses adversaires se frottent plutôt les mains ; d'autre part, le Président de la République est garant de l'indépendance de la justice et c'est la justice qui a agi ici, et si Mathilde Panot conteste qu'il y a indépendance, qu'elle apporte les preuves que le Président de la République serait intervenu dans cette affaire. Comme elle connaît très bien le fonctionnement des institutions, Mathilde Panot veut tromper sciemment ceux qui la liraient ou l'écouteraient dans un but purement démagogique.


    C'est la raison pour laquelle j'étais très content que l'essayiste Caroline Fourest, invitée de David Pujadas sur LCI le 23 avril 2024, ait relevé l'arnaque populiste de cette phrase. Une véritable escroquerie intellectuelle. Elle s'est juste interrogée : « La question est de savoir si les personnes qui sont aujourd'hui convoquées et qui vont devoir s'expliquer devant la justice, ont tenu des propos qui tombent sous le coup de la loi, point. ».

    La phrase du communiqué de Mathilde Panot (sur le "régime macroniste") a fait réagir Caroline Fourest ainsi : « C'est un raccourci qui est indigne, pour le coup, d'une parlementaire. C'est du populisme, une fois de plus, c'est mensonger. ».

    La question de la liberté d'expression n'est pas en cause ici, c'est avant tout une question de respect de la loi et de respect des institutions dont il s'agit : « On verra. Peut-être que la justice va décider à la fin que [ces propos] relèvent de la liberté d'expression. ». Mais : « Il faut garder à l'esprit que toute personne, qu'on soit député ou pas, qu'on soit d'un groupe parlementaire ou pas, en fait, tout citoyen, les élus politiques ne sont pas au-dessus de la loi, a priori, tout citoyen qui tient des propos pouvant être attaqués est convoqué par la police. C'est la procédure, en fait, tout simplement. Ce n'est pas le Président de la République qui le décide. Ce n'est même pas des juges. C'est la procédure avant d'aller se défendre devant la chambre qui va avec. Mais en l'occurrence, les plaintes concernant ces personnalités, elles viennent d'organisations juives qui ont estimé, donc tout le monde peut le faire, en fait, qui ont estimé que ces propos étant extrêmement choquants et donnant le sentiment de comprendre l'action du Hamas voire de s'en réjouir, ils devaient être examinés par la loi. ».

    Ainsi, Caroline Fourest a cité quelques propos controversés (sans savoir si ce sont ceux-là qui sont en cause pour la convocation), comme ceux de la militante propalestinienne Rima Hassan, candidate éligible sur la liste FI (et convoquée par la police judiciaire pour le 30 avril 2024 pour apologie du terrorisme), lâchés dans une émission à la fin du mois de novembre 2023 ("Le Crayon"), qui a répondu « vrai » à l'affirmation : « Le Hamas mène une action légitime. ». On peut également évoquer la comparaison vaseuse de Jean-Luc Mélenchon, faite le 18 avril 2024 à Lille, d'un préfet actuel avec Adolf Eichmann, principal organisateur de la "Solution finale" (comparaison qui, selon Fabien Roussel, l'a complètement « discrédité » et l'a rendu « indéfendable »).
     

     
     


    Il y a aussi ceux d'un responsable de la CGT du Nord, Jean-Paul Delescaut (qui a été gardé-à-vue pour cette raison, puis condamné le 18 avril 2024 par le tribunal correctionnel de Lille à un an de prison avec sursis pour apologie de terrorisme), qui a mis sur un tract : « Les horreurs de l'occupation illégale se sont accumulées. Depuis samedi [7 octobre], elles reçoivent les réponses qu'elles ont provoquées. ». Phrase publiée sur le site de la CGT du Nord du 10 au 20 octobre 2023 (elle a été retirée après de nombreuses protestations).

    Ces propos, qui mettent un lien de causalité, sont révoltants car cela signifierait que les innocents qui ont été enlevés, violés, torturés, brûlés, assassinés le 7 octobre 2023 mériteraient leur sort pour une raison ou un autre. Caroline Fourest, avec raison, a comparé ce raisonnement avec celui de dire qu'une femme aurait mérité d'être violée car elle portait une jupe (qui aurait alors "provoqué" le viol).

    Ce qui est étrange, c'est que des journalistes comme Daniel Schneidermann, trop noyés dans leur militantisme propalestinien, ne comprennent pas l'horreur d'une telle phrase. Cet éditorialiste a écrit en effet le 22 avril 2024, dans sa chronique : « Personnellement, je n'aurais sans doute pas écrit les choses comme le tract de la CGT. Parce que j'ai toujours une réticence face aux explications mécanistes de l'Histoire. Parce qu'en dépit de la brutalité meurtrière de la politique israélienne depuis 75 ans à l'égard des Palestiniens, en dépit du génocide en cours à Gaza, je ne peux pas m'empêcher de me souvenir d'où vient ce pays. Un souvenir de plus en plus vacillant, que je dois faire effort pour conserver vivant. Je fais cet effort. Mais je trouve insupportable de ne pas avoir la liberté de l'écrire. ». Sauf que justement, l'emploi même du mot "génocide", qui n'est absolument pas justifié (comme l'a bien confirmé la Cour européenne des droits de l'homme, contrairement à ce qui se raconte), laisserait entendre que le Hamas aurait quand même raison de se battre.

    Caroline Fourest a rappelé le massacre du 7 octobre : « C'est quand même ce qui s'est passé le 7 octobre. On a des terroristes du Hamas qui tuent des civils, kibboutzims, des pacifistes israéliens, chez eux, pas en territoires occupés, pas en territoires colonisés, pas dans les colonies disputées, pas à Gaza, chez eux, en territoire israélien, et ils n'ont rien fait. Ils sont violés, découpés en morceaux, et passés à la kalachnikov ou brûlés. (…) Est-ce que c'est violent [de mettre un lien de causalité] ? C'est à la justice de le dire. Est-ce que c'est l'apologie du terrorisme ? Dans le cas de ce syndicaliste CGT, ça a plutôt visiblement été tranché dans ce sens. Mais ce n'est pas un complot politique d'un régime dictatorial qui est en train d'œuvrer. ».


    Pour illustrer ses propos, l'essayiste a donné un exemple contraire, celui de l'humoriste Guillaume Meurice qui, le 29 octobre 2023 sur France Inter, avait tenu des propos très limites dans un sketch sur Benyamin Netanyahou (qualifié de « sorte de nazi, mais sans prépuce ») qui ont été classés sans suite le 11 avril 2024 par le parquet de Nanterre (parce que les infractions dénoncées n'étaient pas « suffisamment caractérisées ») : « Il a aussi été convoqué par la police. Il a aussi suivi le cours, ce n'était pas pour apologie du terrorisme mais c'était pour incitation à la haine. Et il a été relaxé parce que, pour le coup, le sketch de Guillaume Meurice, on peut le trouver plus ou moins réussi, on peut trouver que Guillaume Meurice a toujours les mêmes têtes de Turcs (…), mais ce sketch fait partie de la liberté d'expression, totalement. ».

    Bref, l'instrumentalisation politique qu'a faite Mathilde Panot de sa convocation ne l'honore pas du tout. On ne s'étonnera pas, avec de telles personnalités politiques, que les électeurs s'éloignent des urnes et laissent ce petit monde s'entre-dévorer tout seul. Heureusement qu'à côté de ces hurleurs professionnels, il y a des personnes responsables qui se préoccupent de l'avenir de la France et de l'intérêt des Français ...comme le Président Emmanuel Macron dont le discours très attendu (attendu en France mais aussi dans le monde) sur l'Europe, qu'il fera jeudi 25 avril 2024 à 11 heures à la Sorbonne, marquera une nouvelle étape.



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (23 avril 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Mathilde Panot.
    Sondage secret : le tour de chauffe de François Ruffin !
    Adrien Quatennens, le meilleur allié du Président Macron ?
    Et si le peuple révoquait Adrien Quatennens ?
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    Mais où est donc passé Adrien Quatennens ?
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    Pour ou contre M… ?
    Sous la NUPES de Mélenchon.
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    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240423-mathilde-panot.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/mathilde-panot-les-eniemes-254303

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/04/23/article-sr-20240423-mathilde-panot.html