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  • Grippe aviaire : désastre sanitaire mondial en perspective ?

    « Elle l'agrippe avec force et il ne se débat pas. Ses plumes sont douces, c'est plus doux que de la peau, c'est comme un oreiller, une peluche. Elle a envie de le serrer contre elle. (…) Quand elle le lâche sur le sol du salon, il reste près d'elle pour venir picorer ses chaussures avec tendresse. Il n'est pas coutumier de la violence. Elle aimerait l'implorer de se tenir tranquille, de ne pas être si doux. (…) Sous les plumes, le cœur bat vite et fort. Il agite le bec, pique l'air. Ses muscles se crispent. Elle augmente la pression et de minuscules os se brisent. Le corps entier craque. (…) Un dernier souffle, léger, se dissipe. » (Lucie Rico, "Le chant du poulet sous vide", 2020, éd. P.O.L.).



     

     
     


    Bonne nouvelle en France : l'épidémie de grippe aviaire est passée le 21 mars 2025 du niveau "élevé" au niveau "modéré" (plus exactement, le risque IAHP, influenza aviaire hautement pathogène). L'occasion pour Annie Genevard, la Ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire de se féliciter lors de la séance de ce mercredi 26 mars 2025 à l'Assemblée Nationale : « La France a recouvré le statut de pays indemne et le risque de contamination étant désormais modéré, les canards pourront aller à l’extérieur. Je viens de signer l’arrêté qui était très attendu par les éleveurs. ». La vigilance reste toutefois à l'ordre du jour, vigilance et procédures de sécurité.

    Répondant à une question de David Taupiac, député (LIOT) du Gers, Annie Genevard connaît bien ce problème : « La filière avicole a subi des crises terribles entre 2015 et 2023. L’État a été à ses côtés en la soutenant par des indemnisations à hauteur de 1,6 milliard d’euros et vous avez rappelé que la politique de vaccination de la France a porté ses fruits, le nombre de foyers de contamination étant désormais maîtrisé. L’État a donc été au rendez-vous. Le coût annuel de la vaccination et de la surveillance du virus s’élève à environ 100 millions d’euros. La part prise en charge par l’État atteignait 85% pour la période 2023-2024 et 70% pour la période 2024-2025 ; pour la période 2025-2026, elle descendra, comme annoncé, à 40%. Pour le producteur, cela constituera un surcoût d’une quarantaine de centimes par canard. ».
     

     
     


    Canards, poulets, oies, et autres volailles, la grippe aviaire a été un véritable fléau chez les éleveurs. Mais d'abord, précisons le vocabulaire : lorsqu'elle s'applique aux animaux, la maladie s'appelle plus spécifiquement influenza aviaire, et lorsqu'elle est chez l'homme, grippe aviaire. La France a donc réussi à contenir l'épidémie actuelle grâce à une politique volontariste de vaccination des animaux, ce qui est mieux que d'abattre toutes les volailles. Mieux et moins coûteux. Le mieux est multiple, car cela contient surtout l'épidémie.

    Cependant, l'optimisme est loin d'être de rigueur pour l'influenza aviaire. David Taupiac faisait part justement du cas d'un mouton britannique qui a été testé positif à l'influenza aviaire H5N1 le 24 mars 2025 : « Ce cas inédit s’inscrit dans un contexte d’inquiétude croissante à l’échelle mondiale au sujet de la propagation du virus, et plus particulièrement d’un nouveau variant, capable de contaminer un nombre croissant d’espèces de mammifères, humains compris. Aux États-Unis, ce sont près d’un millier de bovins qui ont été touchés en un an, avec des cas également confirmés pour des porcs et des alpagas. En réponse, les ministres américains de la santé et de l’agriculture suggèrent, contre tous les avis scientifiques, de laisser circuler le virus entre les élevages avec un risque majeur de mutation, qui serait synonyme de roulette russe pour la santé humaine. L’alerte internationale est donc sérieuse. ».
     

     
     


    Eh oui, le nouveau gouvernement Trump risque bien de jouer avec le feu, et sa politique sur l'OTAN, l'Ukraine, le Groenland, l'Iran, Gaza, etc. risque de n'être rien par rapport à un risque sanitaire mondial majeur que représenterait la grippe aviaire répandue sur l'homme.

    Rappelons d'abord ce qu'est la grippe aviaire. Le virus provient d'oiseaux aquatiques sauvages et est transmis aux oiseaux d'élevage lors de leur migration. Il est mortel pour 90% à 95% des cas. Ce n'est donc pas anodin, c'est très grave. Interrogé par Delphine Roucaute le 21 mars 2025 pour "Le Monde", Thierry Lefrançois, vétérinaire au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), a expliqué que le virus entraîne une défaillance de tous les organes, des hémorragies, une insuffisance respiratoire : « Les virus influenza aviaires font énormément souffrir les animaux. ».
     

     
     


    La première fois qu'on a détecté le virus H5N1 (un virus influenza aviaire hautement pathogène), c'était en 1996 sur une oie domestique dans la province de Guangdong au sud de la Chine. Un an plus tard, des volailles domestiques à Hong Kong ont été contaminées, qui ont infecté 18 humains et provoqué la mort de 6 personnes. Cette infection a été repérée ensuite en 2003 en Asie, puis en Europe et en Afrique, sur les animaux, mais aussi sur des humains avec plusieurs centaines de décès.

    Le 8 janvier 2025, la professeure Jeanne Brugère-Picoux, vétérinaire et membre de l'Académie de médecine, rappelait pour le "Journal des femmes" : « Le virus n'est pas adapté à l'homme. (…) Le seul risque réside effectivement dans la mutation du virus. Par exemple, s'il contamine un porc puis un humain mais les élevages mixtes porcs et volailles sont très surveillés pour éviter que les virus ne se baladent. ». En particulier, si l'humain est infecté au H5N1 alors qu'il est déjà infecté au virus de la grippe saisonnière, le risque est important d'avoir une mutation avec un nouveau virus grippal contagieux entre les humains.
     

     
     


    Le problème, c'est effectivement que le virus peut sauter la barrière des espèces. Même si c'est rare, il peut contaminer des porcs et surtout, des humains. A priori, aucun humain touché n'en a contaminé d'autre à ce jour. En revanche, la maladie, bien que rare, est très dangereuse, de l'ordre de 40% de létalité. L'humain se contamine par voie respiratoire en atmosphère confinée avec des oiseaux infectés, il n'est pas contaminé par la consommation de viande, d'œufs ou de foie gras.

    Aux États-Unis, la situation est dramatique. Le virus, qui a une capacité de mutation très rapide, est passé des oiseaux aux vaches laitières, contaminant 989 troupeaux bovins dans 17 États américains depuis mars 2024. "Le Monde" a rapporté : « Depuis avril 2024, le virus H5N1 a été détecté dans 336 élevages commerciaux et 207 élevages de basse-cour aux États-Unis, pour un total de plus de 90,9 millions d’oiseaux touchés. ». Des chèvres aussi ont été infectées.

    Autre événement inquiétant, une autre souche d'influenza aviaire, le virus H7N9, a été identifiée le 24 mars 2025 dans un élevage du Mississippi, ce qui a entraîné l'abattage de 47 654 poulets. Mais ce type de virus était déjà présent en Chine dès 2013 et il a été la cause de la mort d'au moins 616 personnes à qui le virus a été transmis sur un total de 1 568 personnes à l'infection confirmée, soit une létalité de 39,3% (en janvier 2022, selon l'Organisation Mondiale pour la Santé).
     

     
     


    Le plus inquiétant, c'est le nouveau gouvernement qui est aux commandes à Washington. Le nouveau Ministre de la Santé n'a que son patronyme pour être respecté, Robert F. Kennedy Jr. Un antivax notoire, il n'a jamais pris des positions compatibles avec des faits scientifiques, et les conséquences sont très rapides. Par exemple, en renonçant à la vaccination contre la rougeole, les cas se sont récemment multipliés aux États-Unis, provoquant de nombreux décès.

    Pour la grippe aviaire, l'enjeu est colossal. La proposition de Robert F. Kennedy Jr, c'est de ne pas abattre les élevages infectés ni de les vacciner préventivement. L'objectif, c'est qu'à long terme, les 5% à 10% des oiseaux ayant survécu se reproduisent et forment ainsi des oiseaux plus résistants à l'influenza aviaire. C'est aussi l'idée du Ministre de l'Agriculture Brooke Rollins. La journaliste Delphine Roucaute a traduit l'idée de ces deux ministres américains : « La stratégie consistant à sélectionner des animaux plus résistants génétiquement à certains virus pour lutter contre les épizooties n’est pas nouvelle et a déjà été explorée contre certaines maladies transmissibles, comme la tremblante, une maladie à prions qui touche les ruminants. ».

    Mieux combattre le virus en le faisant circuler pour atteindre une immunité de groupe ? On se rappelle que c'était ce qu'avait voulu faire Boris Johnson au Royaume-Uni pour le covid, au début de la pandémie, et cela a été catastrophique, il a vite changé de politique en vaccinant massivement le peuple britannique.

    Car le raisonnement de libre circulation du virus est une illusion. Également interrogé par "Le Monde", Jean-Luc Guérin, professeur en pathologie aviaire à l'École nationale vétérinaire de Toulouse et directeur de laboratoire à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), a résumé simplement le problème : « Rien ne peut résulter de bon à laisser circuler les virus influenza aviaires, c’est une course impossible entre le virus et le poulet. (…) Il est très inquiétant pour la santé publique globale d’entendre de hauts responsables faire ce genre de déclaration contraire aux données scientifiques accumulées depuis des décennies dans le monde entier. ». En effet, le virus mute très rapidement. Le poulet perdra face au virus.

     

     
     


    Le problème en effet, c'est que cette stratégie de l'immunité collective des oiseaux ne peut pas fonctionner. Jean-Luc Guérin l'a fait remarquer : « L’idée de laisser faire la nature ne marche pas avec ce virus. Les virus influenza aviaires sont tellement évolutifs, du fait des mutations et réassortiments génétiques, que toute notion de résistance basée sur la sélection est vouée à l’échec. ». Thierry François a surenchéri : « On parle d’élevages intensifs, avec des animaux génétiquement quasi identiques, il y a très peu de variabilité entre individus. ». Les poulets sont gardés en vie six à huit semaines, les poules pondeuses un an et demi à deux ans. C'est quasiment impossible, du moins improbable, de faire survenir une résistance génétique en si peu de temps.

    En outre, le risque de laisser circuler le virus est grand pour les autres animaux, en particulier les chats, et évidemment pour l'humain. En début janvier 2025, une personne de 65 ans infectée par le virus est morte aux États-Unis, en tout, 70 travailleurs agricoles ont été contaminés aux États-Unis.

    Dès 2021, le site de l'Institut Pasteur prévenait : « La propagation de l’infection chez les oiseaux augmente la probabilité de l’apparition d’un nouveau virus grippal dans la population humaine. De plus, comme tous les virus grippaux de type A, le sous-type H5N1 a une grande capacité à muter au cours du temps (…). Le risque de voir apparaître un nouveau virus capable de se transmettre d’homme à homme est à prendre en considération. ». De nombreux mammifères ont déjà été touchés par la grippe aviaire : morses, ours polaires, phoques, otaries, etc.

    Des chercheurs du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) et leurs partenaires ont révélé dans une publication scientifique (le "Journal of the American Chemical Society"), le 14 septembre 2023, l'origine moléculaire d'un possible franchissement de la barrière entre les espèces de la grippe aviaire et de sa transmission à l'humain. Martin Blackledge, chercheur à l'Institut de biologie structurale de l'Irig, a précisé : « Le virus de la grippe exécute un remarquable travail d'ingénierie moléculaire qui lui permet de surmonter les barrières entre espèces. Mais la connaissance précise de cette plasticité nous ouvre aussi des voies totalement nouvelles pour développer des stratégies inhibitrices puissantes contre la menace pandémique omniprésente de la grippe aviaire. ».


    Les inconséquences sanitaires du gouvernement Trump pourraient donc avoir de graves conséquences pour la santé publique mondiale, en particulier en favorisant l'évolution rapide des virus et leur mutation sur l'humain avec des létalités qui n'ont rien à voir avec le covid. Surtout si, en même temps, il supprime les budgets de la recherche sur ce sujet. Le danger est là : quand l'idéologie dogmatique et les intérêts économiques remplacent la science, on peut s'attendre à de véritables catastrophes humaines. Mais il n'est jamais trop tard pour retrouver le bon sens.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (26 mars 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Grippe aviaire : désastre sanitaire mondial en perspective ?
    Covid-19 : il y a 5 ans, "Nous sommes en guerre" !
    Marie Marvingt.
    Le Plan Calcul.

    Paiement par smartphone.
    Claude Allègre.
    Benoît Mandelbrot.
    Publication : Tan, Lei. "Similarity between the Mandelbrot set and Julia sets". Comm. Math. Phys. 134 (1990), no 3, 587-617.
    Fractales explosives.
    Hubert Curien.
    Alain Bombard.
    Hubert Reeves.
    L'intelligence artificielle récompensée par les Nobel 2024 de Physique et de Chimie.
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    Publications sur le papillomavirus, le cancer du col de l'utérus et l'effet de la vaccination anti-HPV (à télécharger).
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    Le cancer sans tabou.
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    Lulu la Pilule.
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    Prix Nobel de Chimie 2023 : la boîte quantique ...et encore la France !
    Katalin Kariko et Drew Weissman Prix Nobel de Médecine 2023 : le vaccin à ARN messager récompensé !
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    Poussières sur l'autre Reeves.
    Prix Nobel de Physique 2023 : les lasers ultrarapides, la physique attoseconde... et la France récompensée !
    John Wheeler.
    La Science, la Recherche et le Doute.
    L'espoir nouveau de guérir du sida...
    Louis Pasteur.
    Howard Carter.
    Alain Aspect.
    Svante Pääbo.
    Frank Drake.
    Roland Omnès.
    Marie Curie.

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250321-grippe-aviaire.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/grippe-aviaire-desastre-sanitaire-260041

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/03/21/article-sr-20250321-grippe-aviaire.html


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  • Covid-19 : il y a 5 ans, "Nous sommes en guerre" !

    « Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l'ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. Nous sommes en guerre. Toute l'action du gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l'épidémie. De jour comme de nuit, rien ne doit nous en divertir. (…) Nous sommes en guerre. J’appelle tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale qui a permis à notre pays de surmonter tant de crises par le passé. Nous sommes en guerre. La Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie, détermination, solidarité. Ils ont des droits sur nous. Nous leur devons évidemment les moyens, la protection. Nous serons là. » (Emmanuel Macron, allocution télévisée du 16 mars 2020).


     

     
     


    C'était il y a cinq ans, le lundi 16 mars 2020. J'allais écrire "déjà", mais à l'époque, c'était long, très long. L'amorce de la pandémie de covid-19, un événement mondial, renforcé avec la multiplication des échanges internationaux (personnes et marchandises) depuis une cinquantaine d'années, qui a d'abord été un immense drame humain, des centaines de milliers et des millions de personnes sont mortes de cette nouvelle maladie, hélas, certaines que je connaissais très bien. J'allais écrire "seulement" également, car finalement, nous sommes maintenant à des années, des siècles de cette pandémie. Les "gens" ont tourné la page, tout le monde a tourné la page, et souhaite même oublier. Ne plus penser à cette période terrible, comme si chacun vivait dans un film catastrophe.

    Moi, je n'ai pas oublié le drame humain. Je n'ai pas oublié tous les désinformateurs professionnels qu'on retrouve, les mêmes !, aux mêmes places dans la désinformation sur l'Ukraine, sur la défense européenne, sur la grandeur de la France (car il faut être un piètre patriote pour penser que la France n'est pas une grande nation et ne compte pas). Je n'ai pas non plus oublié le constat que de vrais scientifiques étaient capables de dire n'importe quoi à la télévision, au risque de mettre des vies en danger, pour d'obscures raisons personnelles, d'ego rancunier.

     

     
     


    Mais je n'ai pas oublié non plus des aspects très positifs (dans le malheur absolu), la résilience des peuples, la sagesse en tout cas du peuple français à sortir au plus vite de cette pandémie par la seule voie possible, par la grande porte, celle de la vaccination massive. Je n'ai pas oublié non plus la rapidité justement dans le développement d'un tel vaccin, et ses prometteuses perspectives sur les cancers et le sida. Je n'ai toutefois pas oublié non plus l'absence de la recherche française dans la conception du vaccin contre le covid-19, et sa nécessaire remise en perspective pour l'efficacité de ses pourtant nombreux et talentueux chercheurs.

     

     
     


    Le drame humain à l'échelle mondiale se mesure hélas par le nombre de décès provoqués par la maladie. Au 13 mars 2025, le décompte est terrible : officiellement, il y a eu près de 7,1 millions de décès enregistrés, mais beaucoup de décès n'ont pas été comptabilisés, et certains évaluent à plusieurs dizaines de millions de décès le bilan global de la pandémie.
     

     
     


    Cela fait de toute façon un choc terrible dans les pyramides des âges et les statistiques selon les différents pays sont difficilement comparables. Ainsi, en France, on a comptabilisé 168 153 décès dus au covid-19, un peu moins que l'Allemagne, et beaucoup moins que les États-Unis qui ont dépassé le million de décès (1,2 million). La mortalité en France (comprendre le taux de décès dus au covid-19 sur l'ensemble de la population) est de 0,26% (2,6 pour 1 000), ce qui est plutôt le niveau moyen-bas pour des pays industrialisés comparables (les États-Unis, ce taux est de 0,36%, au Royaume-Uni 0,34%, en Italie 0,33% et en Allemagne 0,21% ; l'ensemble de l'Union Européenne 0,28%).
     

     
     


    C'est en écoutant le Président Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du lundi 16 mars 2020 à 20 heures, après un jour et demi de rumeurs folles (blocage des villes par l'armée, par exemple) que le peuple français a compris l'extrême gravité de la pandémie et le début du premier confinement, le plus strict, qui a commencé le mardi 17 mars 2020 à midi pour une période indéterminée, suscitant de manière collatérale énormément de dépressions nerveuses, de séparations affectives, d'angoisse en général, etc. Depuis plusieurs jours, les commerces et les écoles avaient été fermés, mais le blocage complet de toute l'économie française n'a été mis en œuvre qu'à partir du 17 mars 2020. Le silence dans les rues urbaines désertes, la pureté du ciel bleu sans traces d'aéronef, ont donné au temps un étrange goût de fantastique, comme lors d'une éclipse totale du soleil.

     

     
     


    Les médias ont beaucoup regretté qu'Emmanuel Macron ait utilisé cette formule, « Nous sommes en guerre. », et cela quatre fois en quelques phrases. À l'époque, beaucoup avait pris conscience de la gravité avec cette métaphore guerrière. On dit maintenant cela rétrospectivement, en évoquant la guerre en Ukraine et en estimant qu'aujourd'hui, le Président de la République ne pourrait plus le redire. Sauf qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas non plus (encore) en guerre qu'il y a cinq ans. Nous sommes sous des menaces, ce qui est très différent. Pour éviter la guerre, il faut surtout définir les menace et prendre les moyens pour dissuader l'éventuel belligérant de nous attaquer.
     

     
     


    Au contraire, je pense que c'était très pertinent de dramatiser déjà en 2020. Cela signifiait qu'il y avait des crises qui nécessitaient d'agir selon l'intérêt national bien au-delà des intérêts partisans, alors que la démocratie française se meurt dans des cuisines politiciennes. Les crises majeures permettent de faire avancer un pays, parfois radicalement et sans doute involontairement. Cela dépend de la capacité à anticiper les enjeux futurs.

    Sans anticiper la guerre en Ukraine qui a surpris quasiment tout le monde, Emmanuel Macron a mis dès 2020 à l'ordre du jour l'importance de la France d'être souveraine sur le plan industriel, sur le plan pharmaceutique, sur le plan alimentaire. Cette souveraineté doit s'exercer à l'échelle européenne, et cette souveraineté européenne était déjà l'obsession de la politique d'Emmanuel Macron depuis son premier discours de la Sorbonne le 26 septembre 2017.

    Depuis l'agression de l'armée de Vladimir Poutine contre l'Ukraine le 24 février 2022, Emmanuel Macron n'a cessé de décliner cette souveraineté européenne sur le plan militaire, en réclamant une véritable Europe de la défense (ce que les parlementaires français avaient refusé il y a soixante-dix ans). En mars 2024, beaucoup ne prenaient pas encore au sérieux ce projet de défense européenne d'Emmanuel Macron.

    Mais en mars 2025, la prise de conscience est totale en Europe. Il n'y a guère que parmi les partis populistes en France qu'on reste aveugle face à la menace non seulement de la Russie de Vladimir Poutine mais aussi de la fin de la fiabilité de la solidarité de sécurité des États-Unis de Donald Trump. Paradoxalement, ce sont les pays européens les plus résolument atlantistes qui maintenant rejoignent le projet de la France qui a toujours été le même depuis De Gaulle, celui de l'indépendance militaire par rapport aux États-Unis, en particulier l'Allemagne et la Pologne.


     

     
     


    C'était le sens du discours du Président Emmanuel Macron le 11 mars 2025 à Saint-Ouen, pour la pose de la première pierre du nouveau siège de la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure), en taclant les responsables extrémistes français : « La sécurité des Français est la priorité absolue du gouvernement, elle est la mienne, avec la conscience de son urgence qui a guidé notre action depuis 2017. (…) Alors, je veux vous le dire, madame la directrice générale, à vous, à vos agents, sous l'autorité du Ministre de l'Intérieur, vous avez la confiance de la Nation, et ma confiance. La France investit massivement pour vous, pour vous mettre dans la meilleure des situations, pour nous protéger, parce que nous savons qu'avec vous, nous avons les meilleurs professionnels, les plus engagés (…). Alors soyez fiers de ce que vous faites. Une Nation choisit toujours ses priorités, et la sécurité et la défense en sont qui s'imposent aujourd'hui à l'évidence. J'entendais dans les débats ces derniers jours des gens qui, en quelque sorte, remettaient en cause la menace géopolitique. Le Président de la République inventerait la menace russe. La vraie menace, c'est le terrorisme. Parfois, ils ont d'autres obsessions même. Mais on n'a pas attendu de lutter contre la menace terroriste. Vous en êtes l'incarnation et les chiffres que je viens de rappeler en sont la preuve. Ces gens-là n'ont pas suivi l'actualité manifestement. Une grande nation, elle n'a pas à choisir, elle a à répondre. Et elle n'a pas décider de lutter contre les menaces géopolitiques qui s'imposent à elle ou contre les menaces sur son sol projetées par les terroristes. Elle a à faire les deux en même temps. C'est ce que nous faisons. (…) Alors, à l'heure où l'équilibre du monde se reconfigure, où ceux qu'on croyait acquis s'éloignent et où ceux qui paraissaient exclus se rapprochent, il nous faut, en effet, défendre ces valeurs indéfectibles de notre République parce que nous n'avons aucunement envie de subir. Nous voulons choisir le destin qui est le nôtre. Et pour cela, pour que la France ait pleinement sa place, il faut ce droit en quelque sorte à la vie tranquille, ce qui fait l'engagement de l'ensemble de nos forces de sécurité intérieure, de nos forces armées, de nos magistrats et de l'ensemble de nos services de renseignement. ».
     

     
     


    La souveraineté et l'indépendance, la France s'en en donné les moyens depuis 2017 avec ses deux lois de programmation militaire. Le budget des armées aura doublé d'ici à 2030. Le général Nicolas Richoux, docteur en histoire et ancien commandant de la 7e brigade blindée, l'a confirmé le 7 mars 2025 sur Twitter : « En 2017, le budget de la défense était de 32,7 milliards d'euros. Il est désormais à 50,5 milliards d'euros. Soit une augmentation de 54%. Première loi de programmation militaire tenue de toute ma carrière. Du jamais vu. Bravo Emmanuel Macron ! ».

    La crise du covid-19 a permis d'être en capacité de dégager des investissements massifs lorsque c'était nécessaire, et cela au niveau européen. C'est le sens de l'annonce des 800 milliards d'euros, lors du Conseil Européen extraordinaire du 6 mars 2025 à Bruxelles, pour investir massivement dans les armées des États membres de l'Union Européenne afin de remplacer la protection américaine de plus en plus incertaine.

    Quand Emmanuel Macron s'était représenté devant les électeurs en 2022 pour leur solliciter un second mandat, il avait avancé qu'il était d'abord un Président de crise et qu'il savait réagir au mieux des intérêts nationaux. Cela se confirme en 2025. Et cela quoi qu'on en pense de la personne du Président de la République. Il fait le job, et si on ne le remercie pas aujourd'hui, on le remerciera demain, comme c'était le cas de De Gaulle. On tremble à imaginer à sa place, aujourd'hui, des personnalités comme Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon. Et quelques autres...


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (13 mars 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Covid-19 : il y a 5 ans, "Nous sommes en guerre" !
    Covid : attention au flirt !
    Katalin Kariko et Drew Weissman Prix Nobel de Médecine 2023 : le vaccin à ARN messager récompensé !
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    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250316-covid-gm.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-il-y-a-5-ans-nous-sommes-259333

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/03/13/article-sr-20250316-covid-gm.html


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  • 2e rentrée scolaire contre les papillomavirus humains : cancers et prévention

    « Cet après-midi à Jarnac, j'ai fait des annonces sur (…) le papillomavirus. Dès la rentrée prochaine, pour nos jeunes, il sera beaucoup plus facile de se faire vacciner. Nous allons organiser des campagnes de vaccination massives pour permettre à tous les élève de 5ème d'y avoir accès au collège. » (Emmanuel Macron, le 28 février 2023 sur Instagram).



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    C'est la deuxième rentrée scolaire qui s'attaque massivement à la prévention contre les papillomavirus humains. Cette politique sanitaire a été élaborée il y a un an et demi. Retour en arrière.

    En annonçant une campagne massive de vaccination contre les infections au papillomavirus dans les collèges de France pour les 800 000 élèves de Cinquième à partir de septembre 2023, le Président de la République Emmanuel Macron, qui visitait une classe de Troisième dans un collège de Jarnac, a pris une initiative que beaucoup de médecins attendaient en France.

    Car la France est très en retard dans cette politique de prévention des cancers qui correspond à plus de 6 400 cas par an en France (et pas seulement chez les femmes !). Je reviendrai plus loin sur la notion de "en retard" car l'importance n'est évidemment pas de se comparer aux autres pays mais de protéger la population.

    Si cette annonce a provoqué de monceaux d'immondices dans les réseaux sociaux par le courant antivax (il n'y a rien à faire, c'est irrécupérable, surtout depuis le covid-19), évacuons quelques critiques plus politiciennes que sanitaires de cette initiative. Si elle coûte cher (ce qui est très relatif : entre 95 et 110 euros par collégien ; cela devrait donc coûter autour de 80 millions d'euros chaque année), il faudra aussi calculer le coût réel, pour la collectivité, des soins d'un patient atteint d'un cancer, plus les coûts psychologiques pour lui et son entourage, sans compter l'éventuel coût humain, hélas, dans certains cas (encore très nombreux).

    Payer avant la maladie au lieu de soigner quand la maladie se déclare, c'est le principe même de la prévention et, fait notable, c'est la première fois que le Ministre de la Santé est également Ministre de la Prévention (il devrait être également Ministre des Sports et Ministre de l'Alimentation, mais j'en demande sûrement trop ; après tout, le Ministre de l'Écologie est maintenant le Ministre des Énergies).

    Ceux qui disent que ce n'est pas le rôle du Président de la République de promouvoir la prévention de la population, qu'il n'est pas médecin (tous ces antivax sont-ils médecins ?), qu'il a d'autres choses à se préoccuper... ont tort : dans le cadre d'une promotion, la parole d'un Président de la République est nettement plus efficace que celle d'un Ministre de la Santé, et encore plus que celle d'un directeur général de la Santé publique. Les interventions du chef de l'État ne peuvent pas être trop nombreuses, un ou deux sujets par jour, pour seulement 1 826 jours de mandats, finalement, pour un pays de 67 millions d'habitants, c'est peu de sujets traités publiquement au plus haut niveau de l'État. C'est donc, au contraire, un privilège de pouvoir atteindre ce niveau-là d'attention, c'est ce qu'on appelle les priorités de l'État. Protéger les citoyens est même l'une des premières obligations régaliennes d'un État.

    Bien sûr, Emmanuel Macron n'est pas médecin, mais ce n'est pas en cette qualité qu'il s'est exprimé, mais en qualité de représentant des pouvoirs publics et ceux qui l'ont élu (18,8 millions de Français quand même !), je ne pense pas qu'ils le souhaitaient inerte, inactif, invisible, passif, immobile. Quant aux autres sujets, depuis quand ne faudrait-il s'occuper que d'un seul sujet à la fois ? Un gouvernement responsable doit s'occuper de toutes les choses urgentes et prioritaires en même temps. C'est seulement quand il y a une guerre sur son sol, ou une pandémie, ou une catastrophe terrible (comme le séisme en Turquie et Syrie), que tous les efforts doivent être focalisés sur cet unique sujet.

    Après, on peut lui reprocher la manière dont il s'attaque au sujet, on peut surtout lui reprocher d'y venir peut-être beaucoup trop tardivement (cette campagne massive était très attendue, je le répète), mais on ne peut pas lui reprocher qu'il s'occupe du papillomavirus ni qu'il exprime sa volonté, reprise unanimement par tous les professionnels de la santé, de renforcer la politique de prévention.

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    Car, avant tout, qu'est-ce que le papillomavirus ? Il est souvent abrégé en HPV pour human papillomavirus (en anglais, donc). Je ne précise pas humain, mais je n'évoque que lui (il y en a d'autres), et au lieu de mettre au singulier, je serais bien inspiré de mettre au pluriel, car il y en a environ 200 génotypes différents chez l'homme (dont 20 provoquant des lésions précancéreuses et des cancers). Enfin, chez l'humain : chez l'homme et la femme.

    Et là, la première chose qu'il faut savoir, malgré tous les efforts de communication, c'est que le papillomavirus ne concerne pas seulement les femmes, également les hommes (plus de 4 cancers sur 10 provenant d'une infection au papillomavirus se développent chez l'homme). Sa présence est massive, à tel point qu'on considère que dans le monde, environ 80% de la population mondiale aura été en contact avec un papillomavirus au moins une fois dans son existence (selon l'OMS). Ces deux éléments font frémir : cela concerne les deux sexes et cela impacte la vie d'environ 80% des personnes !

    Rappelons déjà son étymologie : cela vient de deux mots latins, papillo (mamelon) et oma (tumeur). Les papillomavirus (55 nanomètres de diamètres ; le HIV fait plus de 130 nm de diamètre) sont des virus à ADN non enveloppés qui induisent des lésions exophytiques de la peau et des muqueuses (exophytique : se dit des lésions qui prolifèrent vers l'extérieur). Le découvreur de leurs effets est le virologue allemand Harald zur Hausen (87 ans le 11 mars) qui a reçu le Prix Nobel de Médecine en 2008, aux côtés de deux autres lauréats, eux Français, Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, eux pour la découverte du virus du sida. Les travaux de Harald zur Hausen ont mis en évidence les effets pathogènes des papillomavirus humains.

    Avant d'évoquer les ravages de ce virus, on peut rapidement présenter comment on l'attrape : c'est la première des infections sexuellement transmissibles. Le moindre rapport sexuel peut contaminer, même sans pénétration ou avec un rapport bucco-génital. Le virus se transmet par la moindre écorchure ou coupure de la peau ou des muqueuses. Un simple contact de la peau suffit donc à le transmettre, une simple caresse (précisons, une caresse sexuelle : on ne peut pas l'attraper en seulement se serrant la main). Avec ce constat : la plupart des personnes contaminées le sont au tout début de leur activité sexuelle. Le préservatif ne protège pas de l'infection au papillomavirus. Il n'y a donc pas de prévention sauf à s'en protéger par le vaccin et à se faire régulièrement dépister pour les femmes (qui ont ainsi un petit avantage sur les hommes).

    Lors d'une contamination, le virus infecte la peau ou la muqueuse. Au bout de deux ans, dans 90% des cas, l'organisme réussit à évacuer naturellement le virus et tout va bien. Mais dans 10% des cas, le virus persiste et développe au bout de dix ans des lésions précancéreuses qu'on peut éliminer en chirurgie si on les détecte (mais la plupart sont asymptomatiques). Si ces lésions ne sont pas éliminées, elles peuvent évoluer vers un cancer invasif dans les dix à trente ans depuis le début de l'infection (pour 3 cas sur 1 000 environ).

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    Les papillomavirus humains sont responsables en France de plus de 6 400 nouveaux cancers chaque année (soit environ 2% de l'ensemble des cancers). Chez la femme : environ 3 000 cas de cancer du col de l'utérus (et 35 000 cas de lésions précancéreuses du col de l'utérus, dont le traitement peut avoir des conséquences sur la fertilité et augmenter le risque d'accouchement prématuré), 1 100 cas de cancer de l'anus, 380 cas de cancer des voies aéro-digestives supérieures (VADS), à savoir oropharynx, cavité buccale, larynx, et 190 cas de cancer de la vulve et du vagin. Chez l'homme : environ 1 300 cas de cancer VADS, 360 cas de cancer de l'anus et 90 cas de cancer du pénis. Précisons qu'avec 1 100 décès chaque année, la mortalité du cancer du col de l'utérus, c'est plus de 1 sur 3, c'est énorme ! Car il se développe chez des femmes encore jeunes : l'âge moyen au diagnostic en 2012 était de 51 ans (et l'âge moyen au décès à cause du cancer du col de l'utérus en 2012 était de 64 ans). En d'autres termes, en France, le taux de survie nette est de 66% à 5 ans (diagnostics portés entre 2005 et 2010) et de 59% à 10 ans (sur la période 1989-2010).

    À cela s'ajoutent aussi 50 000 de verrues dans les parties génitales pour l'homme, autant pour la femme. Donc 100 000 en tout, chaque année. Si elles ne sont pas cancéreuses, ces verrues génitales sont très inconfortables (et très inesthétiques : les photos qu'on peut trouver dans la littérature sont assez éloquentes...).

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    Donc, je le répète, les hommes sont aussi concernés que les femmes par le papillomavirus, pas seulement pour limiter sa transmission aux femmes, mais aussi pour prévenir des cancers, et, à la différence des femmes qui peuvent être dépistées par des frottis et tests HPV, les hommes n'ont aucun moyen d'être dépistés et c'est seulement lorsque le cancer est déclaré que le papillomavirus peut être détecté (donc bien plus tard).

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    Si on prend les statistiques dans l'autre sens, on observe que 91% des cancers de l'anus sont dus aux papillomavirus, 100% des cancers du col de l'utérus, 23% des cancers de la vulve ou du vagin, 27% des cancers du pénis, 4% à 34% des cancers VADS (rappel : VADS = bouche et gorge). À cela, il faut aussi voir les risques d'être touché par un second cancer augmentent beaucoup quand on a un premier cancer (cela dépend des types de cancer, les cancers VADS sont particulièrement récidivistes). Dans un guide sur le cancer publié par l'Institut national du cancer en avril 2016, le risque relatif (RR) est présenté en fonction des différents primocancers (RR=1,36 signifie par exemple que le sujet a 36% de risques supplémentaires d'avoir un autre cancer que la population générale d'avoir d'un cancer).

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    Pour la prévention, il n'y a pas trente-six mille solutions, comme je l'ai déjà évoqué. Il y a le test HPV à faire régulièrement (selon l'âge), à la suite d'un frottis cervico-utérin. Il y a bien sûr la communication, faire connaître les effets de ces papillomavirus, trop associés aux seuls cancers du col de l'utérus (alors que cela ne correspond qu'à un peu plus de la moitié du total). Et enfin, évidemment, il y a le vaccin.

    Le vaccin HPV a été développé à partir de 1995 à la suite des travaux de Harald zur Hausen et mis sur le marché au début des années 2000 (avec une méthode classique : fragment de virus qui stimule les anticorps). Ce qui fait déjà une longue période qui permet d'affirmer qu'il ne provoque aucun effet secondaire (avec un recul de 500 millions de doses injectées depuis quinze ans).

    Trois vaccins sont commercialisés protégeant de certains génotypes : Gardasil, Cervarix, Gardasil 9 (ce dernier, développé en 2015, protège de neuf génotypes). Les trois protègent des génotypes 16 et 18 principalement en cause dans le cancer du col de l'utérus. Le vaccin HPV est prophylactique, c'est-à-dire qu'il n'élimine pas les infections déjà présentes dans l'organisme au moment de la vaccination.

    Comme je l'écrivais au début, la France est en retard dans la prévention de ces cancers, au même titre que les États-Unis et l'Allemagne. En effet, en 2021, il y avait deux types de pays. Ceux qui ont commencé à vacciner tôt contre les papillomavirus en organisant des campagnes de vaccination, avec un taux de couverture actuel très large : 90% en Belgique flamande, 86% au Royaume-Uni, 80% en Suède et en Australie, 73% en Espagne et au Canada. L'Islande, la Finlande, la Norvège et la Nouvelle-Zélande ont, eux aussi, un taux supérieur à 70%. Et ceux qui laissent à leurs citoyens l'initiative de la vaccination : 50% en Italie, 43% en Allemagne et aux États-Unis, 25% en France. Et encore, le taux en France (toujours en 2021) est la synthèse d'une forte disparité : seulement 45% des filles et 6% des garçons âgés de 15 ans ont reçu une dose de vaccin. L'objectif du gouvernement est que la couverture soit de 80% d'ici à 2030.

    Cette vaccination est très efficace : en Australie, qui a assuré massivement la vaccination depuis 2007 (80% de la population), les lésions précancéreuses du col de l'utérus ont diminué de près de 50%. Le cancer du col de l'utérus devrait y être éradiqué dans quinze ans. Une étude publiée le 7 février 2018 dans "The Journal of Infectious Diseases" a étudié la prévalence du papillomavirus sur une cohorte de 1 500 jeunes femmes australiennes âgées de 17 à 35 ans pendant neuf ans. Cette prévalence est passée, pendant cette période, grâce à la vaccination, de 22,7% à 1,1% chez les jeunes femmes âgées de 17 à 25 ans et de 11,8% à 1,1% chez les jeunes femmes de 25 à 35 ans.

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    Dans les pays au taux de couverture vaccinale élevée, la protection du vaccin assure non seulement une protection individuelle mais aussi une protection collective (immunité de groupe, comme dans le cas de la rougeole, coqueluche, diphtérie, etc.). En effet, dans l'étude citée de 2018, parmi la cohorte des 1 500 femmes, il y avait 15% de femmes non vaccinées. Et malgré cette non-vaccination, la prévalence a baissé de la même manière qu'avec des femmes vaccinées en raison de l'immunité de groupe. Une autre étude publiée le 26 juin 2019 dans "The Lancet", qui a fait une méta-analyse sur les informations publiées par 65 articles de revues scientifiques entre février 2014 et octobre 2018, a confirmé la réduction de la prévalence du cancer du col de l'utérus et l'immunité de groupe par la vaccination anti-HPV.

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    À ce jour, c'est une enquête suédoise publiée le 1er octobre 2020 dans "The New England Journal of Medicine" ("HPV Vaccination and the Risk of Invasive Cervical Cancer") qui a apporté la preuve scientifique la plus complète sur l'efficacité du vaccin anti-HPV en prenant des cohortes de 518 319 sujets vaccinés (ayant reçu au moins une dose) et de 528 347 sujets non-vaccinés sur une période s'étendant de janvier 2006 à décembre 2017. Elle a démontré que le taux d'incidence du cancer du col de l'utérus était de 5,27 pour 100 000 chez les femmes non-vaccinées et 0,73 pour 100 000 chez les femmes vaccinées. Plus intéressant, l'étude a précisé aussi une nettement plus grande efficacité chez les jeunes femmes vaccinées avant l'âge de 17 ans (taux de 0,10 pour 100 000) par rapport à celles qui ont été vaccinées à un âge plus élevé (3,02 pour 100 000). Celles qui ont été vaccinées à un âge compris entre 20 et 30 ans se retrouvent, avec un taux de 5,16 pour 100 000, aussi exposées au cancer que les femmes non-vaccinées. Il est donc vraiment indispensable d'être vacciné avant les premières relations sexuelles.

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    Concrètement, le vaccin, qui n'est pas obligatoire mais fortement recommandé en France, est destiné aux garçons et filles entre 11 et 14 ans avec deux injections espacées de six mois. Entre 15 et 19 ans, il faut trois injections. Quant aux hommes qui ont des relations avec d'autres hommes, ils peuvent se faire vacciner jusqu'à 26 ans. Il est remboursé par la Sécurité sociale (65%) et les mutuelles et est gratuit dans les centres de vaccination. Médecins, pharmaciens et infirmiers peuvent vacciner sur prescription. Pour les jeunes femmes de plus de 20 ans, le vaccin n'est plus remboursé parce que son efficacité, comme l'étude suédoise l'a montré, est quasiment nulle.

    La décision du Président Emmanuel Macron d'organiser la campagne de vaccination dans les collèges permet donc de redonner l'initiative aux pouvoirs publics et pas aux familles. Je rappelle que ce vaccin n'est pas obligatoire mais il est utile à l'ensemble des adolescents qui commencent leur vie sexuelle. Pourquoi dans les écoles ? Parce que justement, c'est le meilleur moyen de démocratiser la vaccination. Les familles les plus pauvres vont plus rarement chez le médecin et n'iraient pas forcément spécifiquement pour la vaccination contre les papillomavirus. Dans le milieu scolaire, tous les jeunes Français se retrouvent avec une égalité des chances à se prémunir contre ces infections qui tuent plusieurs milliers de personnes par an.

    Quant à l'argument que les papillomavirus représentent peu de cancers (2% de ceux qui se déclarent au total), c'est quand même énorme : plus de 6 400 personnes chaque années sont concernées. Et surtout, ce sont les seuls cancers qu'on est capable de prévenir de manière à peu près efficace (à 90%) : ne rien faire serait criminel ! Cela vaut donc le coup de faire vacciner massivement les jeunes avant leurs premiers émois sexuels pour stopper définitivement ce type d'infections.

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    Ce raisonnement national est encore plus pertinent au niveau mondial. Dans une note de l'OMS du 22 février 2022, il est indiqué que le seul cancer du col de l'utérus est le quatrième cancer le plus courant au monde chez les femmes, estimé à 604 000 nouveaux cas en 2020 et à 342 000 décès la même année, en 2020. Et cette évidence : « Environ 90% des nouveaux cas et des décès dans le monde en 2020 sont survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. ». De plus, ce qui renforce le handicap des pays les plus pauvres : « Les femmes vivant avec le VIH sont exposées à un risque six fois plus élevé de contracter un cancer du col de l’utérus que les femmes séronégatives. ».

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    Pour compléter cet article, je recommande vivement l'écoute de l'émission "Le Téléphone Sonne" diffusée le 3 mars 2023 sur France Inter sur ce thème (qu'on peut télécharger ici), ainsi que la vidéo proposée en fin d'article, l'échange qu'a eu Emmanuel Macron (venu accompagné des ministres Pap Ndiaye et François Braun) avec les élèves de Troisième du collège de Jarnac (on remarquera que l'enseignante a encouragé discrètement ses élèves à honorer le chef de l'État en se levant à son arrivée, ce qui ne leur semblait pas une évidence).



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (02 septembre 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    2e rentrée scolaire contre les papillomavirus humains.
    Variole du singe (mpox) : "ils" nous refont le coup ?
    Covid : attention au flirt !
    Papillomavirus humains, cancers et prévention.
    Publications sur le papillomavirus, le cancer du col de l'utérus et l'effet de la vaccination anti-HPV (à télécharger).
    Émission "Le Téléphone Sonne" sur la vaccination contre les papillomavirus, sur France Inter le 3 mars 2023 (à télécharger).
    Le cancer sans tabou.
    Qu'est-ce qu'un AVC ?
    Lulu la Pilule.
    La victoire des impressionnistes.
    Science et beauté : des aurores boréales en France !
    Le Tunnel sous la Manche.
    Peter Higgs.
    Georges Charpak.
    Gustave Eiffel.
    Prix Nobel de Chimie 2023 : la boîte quantique ...et encore la France !
    Katalin Kariko et Drew Weissman Prix Nobel de Médecine 2023 : le vaccin à ARN messager récompensé !
    Covid : la contre-offensive du variant Eris.
    Hubert Reeves.
    Prix Nobel de Physique 2023 : les lasers ultrarapides, la physique attoseconde... et la France récompensée !
    Des essais cliniques sauvages ?
    John Wheeler.
    La Science, la Recherche et le Doute.
    L'espoir nouveau de guérir du sida...
    Louis Pasteur.
    Howard Carter.
    Alain Aspect.
    Svante Pääbo.
    Frank Drake.
    Roland Omnès.
    Marie Curie.








    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240902-papillomavirus.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/2e-rentree-scolaire-contre-les-247122

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/09/04/article-sr-20240902-papillomavirus.html



  • Covid : attention au flirt !

    « Même en l'absence de nouveaux variants, une diminution de la protection conférée par la vaccination ou par une infection antérieure ainsi qu'une circulation soutenue du virus pourrait entraîner une recrudescence des formes sévères, en particulier chez les personnes vulnérables. Les mesures de prévention des virus respiratoires restent donc d'actualité, en particulier de la stratégie vaccinale au regard de l'évolution de la circulation des variants. » (Bulletin de Santé Publique France : Analyse de risque sur les variants émergent de SARS-CoV-2,mise à jour du 10/06/2024, n°52).



     

     
     


    Vous avez de la fièvre ? Vous êtes très fatigué ? Vous avez des maux de tête, des courbatures ? Attention au flirt ! Et si vous avez perdu votre goût ou votre odorat d'un coup, il n'y a plus de doute : vous avez chopé le covid-19. Eh oui, on pensait en réchapper mais le coronavirus est toujours présent de ce bas monde ! Cela fait plus de quatre ans que la pandémie est survenue, comme une voleuse, partout dans le monde.

    Et l'épidémie s'est arrêtée vers la fin de l'année 2022, après plus d'un an de vaccination massive des populations. Mais le virus est toujours là et mute toujours. Si ce n'est pas vous, vous pouvez avoir un collègue, un ami, un membre de votre famille qui l'a récemment attrapé. Normal : en France, le virus est en recrudescence depuis le mois d'avril. Partant de très bas, la semaine dernière a vu une explosion des cas de suspicion de covid par rapport à la semaine précédente (plus de +50%) alors qu'en fin mai, c'était +30% par rapport à la semaine précédente. On parle ici des interventions aux urgences ou de SOS Médecins. Pour l'instant, cela n'affecte pas beaucoup l'occupation des lits à l'hôpital. Heureusement. Car peu de personnes développent la forme sévère du covid.

     

     
     


    Le meilleur capteur pour avoir la situation réelle du covid est dans l'analyse des eaux usées (la circulation du virus dans les eaux usées), puisque le dépistage du covid par des tests devient rare et seulement en cas de suspicion, et il indique la même explosion. C'est vrai aussi que les gens (moi en premier) ne portent plus de masque ni n'utilisent le gel hydroalcoolique. J'ai juste vu quelques (rares) médecins et soignants à l'hôpital portant le masque, mais cela reste assez rare. "On" a tourné la page et "on" ne veut plus en parler. Et après tout, peut-être que maintenant, "on" en parlera comme on parle de la grippe. Ce qui, pour l'instant, n'est pas adapté au covid qui n'est pas encore devenue une maladie saisonnière.
     

     
     


    Le variant qui est en cause est un descendant de notre bon vieil omicron qui avait plombé, en France, le début de l'année 2022, juste après le nouvel an. Depuis novembre 2023, c'est le variant JN1 qui tourne majoritairement en France (et dans le monde), mais depuis deux à trois mois, ce sont deux sous-variants de ce variant qui explosent, le KP.2 appelé également FLiRT parce qu'il porte des mutations supplémentaires : F456L et R346T d'où FLiRT. Ces deux mutations modifient la transmissibilité et l'échappement à la réponse immunitaire. Ainsi, aux États-Unis (car il vient des États-Unis), il est observé à 22,5% des cas en juin 2024 (le second sous-variant KP.3, venu un peu plus tard, également FLiRT, est à 25%).
     

     
     


    L'épidémiologiste Adrian Asterman, professeur de biostatistique à l'Université d'Australie du Sud, a expliqué le 12 juin 2024 dans "Newsweek" les raisons de cette explosion de nouveaux cas : « La différence entre eux est que KP.3 possède une mutation supplémentaire appelée F456L, située dans la protéine spike. Cette mutation permet au virus de s'accrocher plus facilement à nos récepteurs ACE2 (…), ce qui le rend plus infectieux. C'est pourquoi le KP.3 commence désormais à dominer [aux USA]. ».
     

     
     


    En France, ces sous-variants commencent à prospérer depuis mars 2024, mais à des faibles niveaux. C'est à partir de maintenant qu'on commence à voir la forte hausse des nouveaux cas. De quoi s'inquiéter pour cet été car il y a deux facteurs de contamination plus forte, les vacances estivales qui sont l'occasion de rencontrer du monde et de changer de lieux, et (bien sûr), les Jeux olympiques et paralympiques. Pour l'instant, le vaccin anti-covid n'est pas ajusté aux sous-variants FLiRT mais ça devrait l'être à l'automne prochain si ceux-ci, comme cela semble prévisible, sont toujours là (et probablement majoritaires).
     

     
     


    Toutes les classes d'âge sont concernées par ce retour du covid. Les symptômes du KP.2 et KP.3 devraient être à peu près les mêmes que ceux du variant d'origine, le JN1 qui étaient bien moins durs que les premières souches de la pandémie en 2020 et 2021. C'est la raison pour laquelle le nombre des hospitalisations et de décès reste (encore) assez faible.

    Je pourrais bien sûr vous recommander de ne plus embrasser vos collègues, de ne plus leur serrer la main, de mettre un masque dès que vous voyez plus de trois personnes et de vous acheter une citerne de gel hydroalcoolique, mais je serais alors assez hypocrite car je ne le ferais pas moi-même. En revanche, comme avec n'importe quelle maladie contagieuse respiratoire, il faut protéger les personnes fragiles pour qui avoir le covid pourrait être sinon fatal au moins très éprouvant.
     

     
     


    Sur la vaccination, le site Ameli (de la Sécurité sociale) rappelle opportunément ce qu'on sait à l'heure actuelle (quoi qu'en disent complotistes et antivax) : « En l’état des connaissances, les vaccins contre le covid-19 aujourd’hui disponibles ou en cours de développement réduisent la sévérité des symptômes, et semblent réduire la contagiosité. Il est recommandé de poursuivre le respect des gestes barrières et le port du masque, même lorsqu’on est vacciné. ». Une campagne de vaccination devait s'arrêter le 16 juin et devrait être prolongée jusqu'au 15 juillet 2024 (en France).
     

     
     


    En cas de symptômes, il vaut mieux s'inquiéter quand même, surtout pour protéger les personnes vulnérables que vous seriez amené à rencontrer (ou croiser).
     

     
     


    Il ne faut pas compter voir disparaître de la surface de la Terre ce nouveau virus qui a à peine cinq ans d'âge. Mais depuis deux ans, on peut vivre avec lui sans beaucoup de contraintes, au contraire des deux premières années où les populations n'étaient pas encore collectivement immunisées (par le vaccin ou par la maladie elle-même). Il suffit juste d'être vigilant.
     

     
     



    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (17 juin 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Covid : attention au flirt !
    Katalin Kariko et Drew Weissman Prix Nobel de Médecine 2023 : le vaccin à ARN messager récompensé !
    Covid : la contre-offensive du variant Eris.
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    Covid-19 : Didier Raoult et des essais cliniques sauvages ?
    La Science, la Recherche et le Doute.
    Les confinis de Pierre Perret.
    Covid-19 : il y a trois ans, le choc, la sidération et la désolation...
    Covid-19 : de bonnes nouvelles de Chine (et de moins bonnes nouvelles).
    Covid-19 : où en est l'épidémie en France au 12 janvier 2023 ?
    Réintégration du personnel soignant non-vacciné.
    Vaccination contre le covid-19 : l'égarement du gouvernement.
    Covid-19 : le Père Noël va-t-il devoir surfer sur la 9e vague ?
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    La sécurité des personnes face aux dangers : meurtres, route, covid-19, environnement, climat...
    Covid-19 : alerte au sous-variant BQ1.1 !
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    Le covid-19 a-t-il disparu ?
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    Attention, le covid-19 est de retour !
    Gestion de la crise du covid : la France au tableau d’honneur !
    Covid : fin des restrictions sanitaires et extrême vigilance.
    Inquiétudes covidiennes : la pandémie est-elle vraiment terminée ?

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240617-covid-gl.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-attention-au-flirt-255284

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/06/17/article-sr-20240617-covid-gl.html