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extrême gauche

  • Villeneuve-St-Georges : l'échec du mélenchonisme municipal

    « Le glissement vers l’acceptation de la grande coalition reproduit la stratégie de front républicain contre l’extrême droite, en reportant la méthode du front républicain d’hier au service d’un front réactionnaire front républicain. Une seule consigne : tout sauf LFI. La déclinaison locale : "plutôt n’importe qui que Louis Boyard". La plus zélée dans cette posture est bien sûr la "goche" qui mendie sa respectabilité aux cercles dirigeants avec lesquels elle rêve d’une "grande coalition". » (Jean-Luc Mélenchon, le 2 février 2025 sur son blog).


     

     
     


    Sueurs froides au premier tour et soulagement au second tour. On peut comprendre "l'aigreur qui passe à l'esprit" de Jean-Luc Mélenchon qui a raté son pari de conquérir la mairie de Villeneuve-Saint-Georges. En effet, ces deux derniers dimanches, le 26 janvier 2025 et le 2 février 2025, ont eu lieu des élections municipales partielles à Villeneuve-Saint-Georges. L'enjeu était limité puisque le mandat de la nouvelle équipe ne durera qu'un an ; les élections municipales générales auront lieu en mars 2026. L'enjeu n'était donc pas local mais national sur la capacité des insoumis à gagner des mairies.

    Plus généralement, si les insoumis ont eu de forts scores aux dernières élections législatives et présidentielle depuis le printemps 2022, aucun d'entre eux n'a encore eu la possibilité électorale de devenir chef d'un exécutif local, ni président d'un conseil départemental ou régional ni maire d'une grande ville, tandis que le PS dirige actuellement un tiers des villes de plus de 10 000 habitants et la moitié des villes de plus de 30 000 habitants.


    Avec la candidature de l'insoumis Louis Boyard, tête de liste à Villeneuve-Saint-Georges, Jean-Luc Mélenchon voulait en faire l'amorce de grandes conquêtes pour les municipales de mars 2026. Selon Patrick Cohen dans sa chronique du 3 février 2025 sur France Inter : « Les insoumis nourrissent de grandes ambitions à Lille, Montpellier, Marseille, Toulouse, où Jean-Luc Mélenchon a tenu meeting ce week-end. ».

    ouis Boyard (24 ans) avait pourtant un boulevard devant lui. Élu député du Val-de-Marne en juin 2022 face à l'actuel ministre Laurent Saint-Martin dans l'ancienne circonscription du radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg, et réélu en juillet 2024, il avait obtenu 61,2% au second tour (3 900 voix) dans la commune de Villeneuve-Saint-Georges. Compagnon d'une insoumise élue aussi députée en 2024, cet ancien militant lycéen a surtout brillé par ses déclarations d'une tonalité très intellectuelle (joke). Il faut dire que lui-même a confessé auprès de Cyril Hanouna le 1er septembre 2021 sur C8 qu'il avait revendu de la drogue : « J’vais pas t’mentir, j’ai dealé, j’vous jure. (…) Moi, un moment, j’étais en galère, on m’a proposé le bail, j’ai fait. », et qu'il était un élève assez nul : « Je suis nul, vraiment nul, tu ne peux pas me mettre dans une salle de classe. ».

    Benjamin Sire, dans "Franc Tireur" le 5 avril 2023, l'a appelé "Gilet jeune" : « De tous ceux qui humilient l’Assemblée en feignant, par leurs mauvaises manières, d’y faire entrer le "pays réel ", c’est lui qui remporte la palme. Militant insoumis devenu député par hasard, l’élu abîme la fonction qu’il croit réhabiliter. (…) Narcissique, irresponsable, fier d’une inculture qu’il arbore comme un diplôme. Influenceur 2.0, la politique est pour lui le moyen de convertir ses mots, ceux du chaos, en followers. Il eût été savoureux de le voir côtoyer Guy Debord. Peut-être le situationniste aurait-il décelé dans l’assurance de ce kamikaze de 22 ans, devenu député sur du vent, la marque définitive de sa prescience. ».


    Le terrain électoral était aussi très prometteur. Avec ses 36 000 habitants, Villeneuve-Saint-Georges, ancienne ville de cheminots, est connue comme la ville la plus pauvre du Val-de-Marne avec 34% de taux de pauvreté. Pour "Le Monde", cette ville « représentait un terreau fertile pour les ambitions municipales d’un mouvement qui concentre sa stratégie électorale sur la jeunesse et les quartiers populaires ». Pendant longtemps, la ville a été administrée par des communistes, en alternance parfois avec des centristes.

    En mars 2014, maire communiste sortante, Sylvie Altman, tête de liste de la gauche, a été réélue de justesse avec 30 voix d'avance (sur 13 198 inscrits avec 59,9% de participation) face à Philippe Gaudin, tête d'une liste UMP-UDI.
     

     
     


    En mars 2020, Philippe Gaudin, à la tête d'une liste divers droite, a conquis la mairie en battant la maire communiste sortante Sylvie Altman avec 61,7% des voix contre 27,6%, sans oublier 10,7% pour une liste centriste menée par Éric Colson.
     

     
     


    La nouvelle majorité municipale a été particulièrement divisée, quasiment incapable de voter un budget à temps pour l'année 2024 (cela ressemble à autre chose), et lors de la séance du conseil municipal du 20 avril 2024, Philippe Gaudin, par exaspération, a fait deux fois le salut nazi, qu'il a regretté plus tard. Une partie des conseillers de la majorité municipale a démissionné, entraînant des élections partielles. Profitant de l'occasion pour faire de cette ville un laboratoire des insoumis, Jean-Luc Mélenchon a mis la main à la pâte en faisant un grand meeting électoral le 23 janvier 2025 à Villeneuve-Saint-Georges.
     

     
     


    Au premier tour, à la surprise générale, la liste insoumise de Louis Boyard a atteint le premier rang (c'était bien la première fois pour ce cancre !) avec 24,9% des voix, dépassant les cinq autres listes concurrentes, en particulier celle de l'ancienne première adjointe sortante Kristell Niasme (LR) 22,7%, Daniel Henry (PCF soutenu par le reste de la gauche, PS-EELV-PRG et même Génération écologie) 20,7%, la liste du maire sortant Philippe Gaudin (divers droite) 15,5%, et la liste d'Éric Colson (UDI-Renaissance), déjà candidat en 2020, 13,6%. Entre les deux tours, la liste de Daniel Henry s'est retirée sans fusionner pour soutenir Louis Boyard. En raison des risques d'élection de ce dernier, la liste centriste s'est également retirée, laissant la liste FI et la liste LR s'affronter sous le regard d'un troisième protagoniste, la liste du maire sortant.

    Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Clémence Guetté sont venus apporter leur aide à Louis Boyard pour faire campagne. Cela n'a pas suffi ! Si Laurent Wauquiez, qui faisait un meeting à Maisons-Alfort, n'a pas participé à la campagne de la candidate de LR, des ténors avaient fait savoir leur choix. Ainsi, dès les résultats du premier tour connus, le Ministre d'État, Ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a tweeté : « Aucune commune de France ne mérite d’avoir à sa tête un maire de la France insoumise ! ». Et Vincent Jeanbrun, ancien maire LR de L'Haÿ-les-Roses conquis sur le PS en mars 2014, et élu député LR en battant Rachel Keke (FI) en juillet 2024, n'a pas mâché ses mots : « Ce qui se joue à Villeneuve, ce n’est pas la droite contre la gauche, mais le camp républicain face à ceux qui incarnent le chaos chez les "insoumis", par leur volonté d’être en permanence dans la conflictualité. Et Louis Boyard en est l’exemple type. » ("Le Monde" du 2 février 2025).

    Finalement, au second tour, Louis Boyard a perdu très largement avec seulement 38,8% des voix contre 49,0% pour Kristell Niasme, élue, et 12,3% pour Philippe Gaudin. Avec pourtant une augmentation de 789 votants par rapport au premier tour (participation passant de 33,5% à 39,7%), Louis Boyard n'a même pas récupéré les 870 électeurs de la liste communiste (il n'a eu que 851 voix supplémentaires), alors que la candidate LR a gagné 1 445 voix, soit plus que le total de la liste centriste du premier tour, 572 voix et la différence de voix de la liste de Philippe Gaudin entre les deux tours (perte de 53 voix). Le nombre de bulletins blancs et nuls a plus que doublé, passant de 88 à 184, laissant entendre qu'une partie des électeurs de gauche ne souhaitait pas élire Louis Boyard à la mairie de leur ville.

     

     
     


    Valérie Pécresse, la présidente LR du conseil régional d'Île-de-France, qui est venue deux fois faire campagne pour Kristell Niasme, s'est réjouie sur Twitter : « Les Villeneuvois ont envoyé un signal fort, ils ne veulent ni du chaos, ni de la faillite que représente LFI, mais une maire courageuse et compétente. ». Quant à Bruno Retailleau (LR), il s'est également félicité sur Twitter : « La défaite sévère qu’a subie Louis Boyard est une bonne nouvelle pour les habitants, mais aussi pour tous les Français attachés à la République et à une certaine idée de la politique. (…) Ce soir, la droite est vraiment de retour. ».

    En clair, dans ces élections partielles où la participation était faible, certes, mais un peu moins faible qu'en 2020, le candidat insoumis n'est pas parvenu à rassembler toutes les voix de gauche, mais en plus, il a pâti d'une surmobilisation pour faire barrage à son éventuelle élection, ce qui est très rassurant pour l'avenir. Ce qui est en revanche risible, c'est que Louis Boyard et Manuel Bompard ont accusé les communistes, les socialistes et les écologistes d'avoir fait le jeu de la candidate de droite. Les dirigeants insoumis sont de mauvais perdants, car au contraire, leurs partenaires de la nouvelle farce populaire (NFP) avaient appelé justement à faire barrage à la droite !


     

     
     


    C'est probablement Raquel Garrido, ancienne députée insoumise, interrogée par Laurent Telo pour "Le Monde" du 3 février 2025, qui a été la plus sévère dans l'analyse : « C’était une élection imperdable. Dans cette ville, Jean-Luc Mélenchon avait rassemblé 46% des voix lors de la présidentielle de 2022 et le NFP, lors des dernières législatives en juillet, avait réalisé 61% avec le même candidat qui était candidat unique… Au-delà de la déception de voir la droite gagner à cause d’une envie permanente de LFI d’en découdre avec le reste de la gauche, il y a un désamour des électeurs vis-à-vis de cette nouvelle France insoumise. (…) Jean-Luc Mélenchon pense qu’il y a une osmose entre les quartiers populaires et LFI. Ce narratif est relayé par l’extrême droite qui pense la même chose. En gros, que les habitants de banlieues votent en fonction d’un rapport affectif avec Jean-Luc Mélenchon. Il est inexact de dire qu’il existe un vote automatique pour LFI en banlieue ou dans les grandes villes. ».

    Villeneuve-Saint-Georges après la partielle de l'Isère, les insoumis subissent échecs sur échecs. À quelques jours d'une nouvelle motion de censure (examinée ce mercredi 5 février 2025), les résultats de ces élections partielles vont être étudiés très précisément : les grands maires socialistes, ceux des grandes villes, qui craignent que la concurrence avec une liste insoumise les fasse perdre en mars 2026, devraient comprendre qu'ils n'ont aucun intérêt à faire des listes communes avec les insoumis car une telle alliance aurait plus un effet répulsif que rassembleur.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (03 février 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    L'échec du mélenchonisme municipal.
    Louis Boyard.
    L'échec des insoumis à Grenoble.
    Lucie Castets.
    La stratégie du chaos institutionnel de Jean-Luc Mélenchon.
    Huguette Bello.
    Nouvelle farce populaire.
    Mathilde Panot.
    Sondage secret : le tour de chauffe de François Ruffin !
    Adrien Quatennens, le meilleur allié du Président Macron ?
    Et si le peuple révoquait Adrien Quatennens ?
    La justice harcèle-t-elle la classe politique ?
    Le député Adrien Quatennens doit-il démissionner de l'Assemblée Nationale ?
    Mais où est donc passé Adrien Quatennens ?
    Thomas Portes.
    Carlos Martens Bilongo.
    Clémentine Autain.
    Éric Coquerel.
    Jean-Luc Mélenchon, champion du monde de mauvaise foi.
    Danièle Obono.
    François Ruffin.
    Sandrine Rousseau.
    Pour ou contre M… ?
    Sous la NUPES de Mélenchon.
    La consécration du mélenchonisme électoral

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250202-villeneuve-saint-georges.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/villeneuve-st-georges-l-echec-du-259077

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/01/26/article-sr-20250202-villeneuve-saint-georges.html



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  • Louis Boyard rejeté par l'électorat de Villeneuve-St-Georges

    « Le glissement vers l’acceptation de la grande coalition reproduit la stratégie de front républicain contre l’extrême droite, en reportant la méthode du front républicain d’hier au service d’un front réactionnaire front républicain. Une seule consigne : tout sauf LFI. La déclinaison locale : "plutôt n’importe qui que Louis Boyard". La plus zélée dans cette posture est bien sûr la "goche" qui mendie sa respectabilité aux cercles dirigeants avec lesquels elle rêve d’une "grande coalition". » (Jean-Luc Mélenchon, le 2 février 2025 sur son blog).


     

     
     


    Sueurs froides au premier tour et soulagement au second tour. On peut comprendre "l'aigreur qui passe à l'esprit" de Jean-Luc Mélenchon qui a raté son pari de conquérir la mairie de Villeneuve-Saint-Georges. En effet, ces deux derniers dimanches, le 26 janvier 2025 et le 2 février 2025, ont eu lieu des élections municipales partielles à Villeneuve-Saint-Georges. L'enjeu était limité puisque le mandat de la nouvelle équipe ne durera qu'un an ; les élections municipales générales auront lieu en mars 2026. L'enjeu n'était donc pas local mais national sur la capacité des insoumis à gagner des mairies.

    Plus généralement, si les insoumis ont eu de forts scores aux dernières élections législatives et présidentielle depuis le printemps 2022, aucun d'entre eux n'a encore eu la possibilité électorale de devenir chef d'un exécutif local, ni président d'un conseil départemental ou régional ni maire d'une grande ville, tandis que le PS dirige actuellement un tiers des villes de plus de 10 000 habitants et la moitié des villes de plus de 30 000 habitants.


    Avec la candidature de l'insoumis Louis Boyard, tête de liste à Villeneuve-Saint-Georges, Jean-Luc Mélenchon voulait en faire l'amorce de grandes conquêtes pour les municipales de mars 2026. Selon Patrick Cohen dans sa chronique du 3 février 2025 sur France Inter : « Les insoumis nourrissent de grandes ambitions à Lille, Montpellier, Marseille, Toulouse, où Jean-Luc Mélenchon a tenu meeting ce week-end. ».

    ouis Boyard (24 ans) avait pourtant un boulevard devant lui. Élu député du Val-de-Marne en juin 2022 face à l'actuel ministre Laurent Saint-Martin dans l'ancienne circonscription du radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg, et réélu en juillet 2024, il avait obtenu 61,2% au second tour (3 900 voix) dans la commune de Villeneuve-Saint-Georges. Compagnon d'une insoumise élue aussi députée en 2024, cet ancien militant lycéen a surtout brillé par ses déclarations d'une tonalité très intellectuelle (joke). Il faut dire que lui-même a confessé auprès de Cyril Hanouna le 1er septembre 2021 sur C8 qu'il avait revendu de la drogue : « J’vais pas t’mentir, j’ai dealé, j’vous jure. (…) Moi, un moment, j’étais en galère, on m’a proposé le bail, j’ai fait. », et qu'il était un élève assez nul : « Je suis nul, vraiment nul, tu ne peux pas me mettre dans une salle de classe. ».

    Benjamin Sire, dans "Franc Tireur" le 5 avril 2023, l'a appelé "Gilet jeune" : « De tous ceux qui humilient l’Assemblée en feignant, par leurs mauvaises manières, d’y faire entrer le "pays réel ", c’est lui qui remporte la palme. Militant insoumis devenu député par hasard, l’élu abîme la fonction qu’il croit réhabiliter. (…) Narcissique, irresponsable, fier d’une inculture qu’il arbore comme un diplôme. Influenceur 2.0, la politique est pour lui le moyen de convertir ses mots, ceux du chaos, en followers. Il eût été savoureux de le voir côtoyer Guy Debord. Peut-être le situationniste aurait-il décelé dans l’assurance de ce kamikaze de 22 ans, devenu député sur du vent, la marque définitive de sa prescience. ».


    Le terrain électoral était aussi très prometteur. Avec ses 36 000 habitants, Villeneuve-Saint-Georges, ancienne ville de cheminots, est connue comme la ville la plus pauvre du Val-de-Marne avec 34% de taux de pauvreté. Pour "Le Monde", cette ville « représentait un terreau fertile pour les ambitions municipales d’un mouvement qui concentre sa stratégie électorale sur la jeunesse et les quartiers populaires ». Pendant longtemps, la ville a été administrée par des communistes, en alternance parfois avec des centristes.

    En mars 2014, maire communiste sortante, Sylvie Altman, tête de liste de la gauche, a été réélue de justesse avec 30 voix d'avance (sur 13 198 inscrits avec 59,9% de participation) face à Philippe Gaudin, tête d'une liste UMP-UDI.

     
     


    En mars 2020, Philippe Gaudin, à la tête d'une liste divers droite, a conquis la mairie en battant la maire communiste sortante Sylvie Altman avec 61,7% des voix contre 27,6%, sans oublier 10,7% pour une liste centriste menée par Éric Colson.
     

     
     

    La nouvelle majorité municipale a été particulièrement divisée, quasiment incapable de voter un budget à temps pour l'année 2024 (cela ressemble à autre chose), et lors de la séance du conseil municipal du 20 avril 2024, Philippe Gaudin, par exaspération, a fait deux fois le salut nazi, qu'il a regretté plus tard. Une partie des conseillers de la majorité municipale a démissionné, entraînant des élections partielles. Profitant de l'occasion pour faire de cette ville un laboratoire des insoumis, Jean-Luc Mélenchon a mis la main à la pâte en faisant un grand meeting électoral le 23 janvier 2025 à Villeneuve-Saint-Georges.

     
     


    Au premier tour, à la surprise générale, la liste insoumise de Louis Boyard a atteint le premier rang (c'était bien la première fois pour ce cancre !) avec 24,9% des voix, dépassant les cinq autres listes concurrentes, en particulier celle de l'ancienne première adjointe sortante Kristell Niasme (LR) 22,7%, Daniel Henry (PCF soutenu par le reste de la gauche, PS-EELV-PRG et même Génération écologie) 20,7%, la liste du maire sortant Philippe Gaudin (divers droite) 15,5%, et la liste d'Éric Colson (UDI-Renaissance), déjà candidat en 2020, 13,6%. Entre les deux tours, la liste de Daniel Henry s'est retirée sans fusionner pour soutenir Louis Boyard. En raison des risques d'élection de ce dernier, la liste centriste s'est également retirée, laissant la liste FI et la liste LR s'affronter sous le regard d'un troisième protagoniste, la liste du maire sortant.

    Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Clémence Guetté sont venus apporter leur aide à Louis Boyard pour faire campagne. Cela n'a pas suffi ! Si Laurent Wauquiez, qui faisait un meeting à Maisons-Alfort, n'a pas participé à la campagne de la candidate de LR, des ténors avaient fait savoir leur choix. Ainsi, dès les résultats du premier tour connus, le Ministre d'État, Ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a tweeté : « Aucune commune de France ne mérite d’avoir à sa tête un maire de la France insoumise ! ». Et Vincent Jeanbrun, ancien maire LR de L'Haÿ-les-Roses conquis sur le PS en mars 2014, et élu député LR en battant Rachel Keke (FI) en juillet 2024, n'a pas mâché ses mots : « Ce qui se joue à Villeneuve, ce n’est pas la droite contre la gauche, mais le camp républicain face à ceux qui incarnent le chaos chez les "insoumis", par leur volonté d’être en permanence dans la conflictualité. Et Louis Boyard en est l’exemple type. » ("Le Monde" du 2 février 2025).

    Finalement, au second tour, Louis Boyard a perdu très largement avec seulement 38,8% des voix contre 49,0% pour Kristell Niasme, élue, et 12,3% pour Philippe Gaudin. Avec pourtant une augmentation de 789 votants par rapport au premier tour (participation passant de 33,5% à 39,7%), Louis Boyard n'a même pas récupéré les 870 électeurs de la liste communiste (il n'a eu que 851 voix supplémentaires), alors que la candidate LR a gagné 1 445 voix, soit plus que le total de la liste centriste du premier tour, 572 voix et la différence de voix de la liste de Philippe Gaudin entre les deux tours (perte de 53 voix). Le nombre de bulletins blancs et nuls a plus que doublé, passant de 88 à 184, laissant entendre qu'une partie des électeurs de gauche ne souhaitait pas élire Louis Boyard à la mairie de leur ville.

     

     
     


    Valérie Pécresse, la présidente LR du conseil régional d'Île-de-France, qui est venue deux fois faire campagne pour Kristell Niasme, s'est réjouie sur Twitter : « Les Villeneuvois ont envoyé un signal fort, ils ne veulent ni du chaos, ni de la faillite que représente LFI, mais une maire courageuse et compétente. ». Quant à Bruno Retailleau (LR), il s'est également félicité sur Twitter : « La défaite sévère qu’a subie Louis Boyard est une bonne nouvelle pour les habitants, mais aussi pour tous les Français attachés à la République et à une certaine idée de la politique. (…) Ce soir, la droite est vraiment de retour. ».

    En clair, dans ces élections partielles où la participation était faible, certes, mais un peu moins faible qu'en 2020, le candidat insoumis n'est pas parvenu à rassembler toutes les voix de gauche, mais en plus, il a pâti d'une surmobilisation pour faire barrage à son éventuelle élection, ce qui est très rassurant pour l'avenir. Ce qui est en revanche risible, c'est que Louis Boyard et Manuel Bompard ont accusé les communistes, les socialistes et les écologistes d'avoir fait le jeu de la candidate de droite. Les dirigeants insoumis sont de mauvais perdants, car au contraire, leurs partenaires de la nouvelle farce populaire (NFP) avaient appelé justement à faire barrage à la droite !


     

     
     


    C'est probablement Raquel Garrido, ancienne députée insoumise, interrogée par Laurent Telo pour "Le Monde" du 3 février 2025, qui a été la plus sévère dans l'analyse : « C’était une élection imperdable. Dans cette ville, Jean-Luc Mélenchon avait rassemblé 46% des voix lors de la présidentielle de 2022 et le NFP, lors des dernières législatives en juillet, avait réalisé 61% avec le même candidat qui était candidat unique… Au-delà de la déception de voir la droite gagner à cause d’une envie permanente de LFI d’en découdre avec le reste de la gauche, il y a un désamour des électeurs vis-à-vis de cette nouvelle France insoumise. (…) Jean-Luc Mélenchon pense qu’il y a une osmose entre les quartiers populaires et LFI. Ce narratif est relayé par l’extrême droite qui pense la même chose. En gros, que les habitants de banlieues votent en fonction d’un rapport affectif avec Jean-Luc Mélenchon. Il est inexact de dire qu’il existe un vote automatique pour LFI en banlieue ou dans les grandes villes. ».

    Villeneuve-Saint-Georges après la partielle de l'Isère, les insoumis subissent échecs sur échecs. À quelques jours d'une nouvelle motion de censure (examinée ce mercredi 5 février 2025), les résultats de ces élections partielles vont être étudiés très précisément : les grands maires socialistes, ceux des grandes villes, qui craignent que la concurrence avec une liste insoumise les fasse perdre en mars 2026, devraient comprendre qu'ils n'ont aucun intérêt à faire des listes communes avec les insoumis car une telle alliance aurait plus un effet répulsif que rassembleur.


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (03 février 2025)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    L'échec du mélenchonisme municipal.
    Louis Boyard.
    L'échec des insoumis à Grenoble.
    Lucie Castets.
    La stratégie du chaos institutionnel de Jean-Luc Mélenchon.
    Huguette Bello.
    Nouvelle farce populaire.
    Mathilde Panot.
    Sondage secret : le tour de chauffe de François Ruffin !
    Adrien Quatennens, le meilleur allié du Président Macron ?
    Et si le peuple révoquait Adrien Quatennens ?
    La justice harcèle-t-elle la classe politique ?
    Le député Adrien Quatennens doit-il démissionner de l'Assemblée Nationale ?
    Mais où est donc passé Adrien Quatennens ?
    Thomas Portes.
    Carlos Martens Bilongo.
    Clémentine Autain.
    Éric Coquerel.
    Jean-Luc Mélenchon, champion du monde de mauvaise foi.
    Danièle Obono.
    François Ruffin.
    Sandrine Rousseau.
    Pour ou contre M… ?
    Sous la NUPES de Mélenchon.
    La consécration du mélenchonisme électoral

     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20250202-louis-boyard.html

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2025/02/02/article-sr-20250202-louis-boyard.html


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  • Olivier Besancenot et le facteur temps

    « La plupart des gens ont intériorisé qu’ils ne pouvaient se représenter eux-mêmes. Qu’il fallait des intermédiaires. Que la politique est affaire de gens sérieux. Quand nous présentons un facteur ou un ouvrier de l’automobile à la présidentielle, ils disent que c’est formidable… mais pas crédible. (…) Prendre la parole, aujourd’hui, est le premier acte de résistance. Refuser que d’autres la prenne pour nous, c’est le premier geste d’émancipation. » (Olivier Besancenot, le 13 novembre 2017).



     

     
     


    Prendre la parole, c'est ce que sait faire avec talent l'ancien candidat trotskiste à l'élection présidentielle Olivier Besancenot qui fête son 50e anniversaire ce jeudi 18 avril 2024. Malgré cet âge seuil, l'homme garde son visage d'adolescent.

    Comme l'expliquait en effet Nicolas Domenach le 26 mars 2018 dans "Challenges", et c'est encore d'actualité, le (jeune) homme a « un talent "d’affranchi" qui en fait "un bon client" des hauts plateaux médiatiques. Il a toujours son visage poupin, ses joues rebondies d’écureuil de la poste pleines de noisettes et de punchlines qu’il distribue allègrement. (…) Il bénéficie du mythe positif de l’employé des postes qui fait du lien social avec ses lettres et ses sourires. C’est le facteur des Jours heureux de Jacques Tati… Mais ce non-sectaire appartient aussi à une famille politique frappée de scissiparité sectaire aiguë. Vous mettez deux trotskystes ensemble et ça finit par faire trois tendances. Au moins… ».

    Des deux principales formations trotskistes, le NPA (Nouveau parti anticapitaliste), issu de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire), créé le 5 février 2009, n'a pas toujours été au rendez-vous des élections présidentielles, tandis que LO (Lutte ouvrière) a montré une très grande assiduité avec ses deux porte-parole historiques, Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud. En revanche, le mouvement d'Olivier Besancenot (LCR puis NPA) a fait souvent de la jeunesse un tremplin ou un argument. Alain Krivine avait 27 ans (à un mois de ses 28 ans) quand il s'est présenté à l'élection présidentielle de 1969 (il était même en train d'effectuer son service militaire quand il s'est présenté !).

    Olivier Besancenot n'a donc pas battu ce record de jeunesse, mais n'en était pas loin en 2002 à 28 ans et quelques jours. Normalement, il était prévu une candidature commune de LO et de la LCR, pour confirmer le succès de cette union électorale réalisée aux élections européennes de 1999 (pour la première fois, les trotskistes avaient gagné cinq sièges au Parlement Européen dont Arlette Laguiller, Alain Krivine et Roseline Vachetta). Toutefois, les négociations n'ont pas abouti et il y a eu ...trois candidats trotskistes à l'élection présidentielle de 2002 dont Olivier Besancenot, inconnu du grand public, qui a fait très bonne impression par sa jeunesse, sa spontanéité, mais aussi son habileté à sortir ses éléments de langage de militant d'extrême gauche.


    Car c'est bien cela qui prime dans la communication politique : une bonne tête d'honnête homme, un homme sympa, à qui on confierait ses enfants comme à un jeune oncle. Pourtant, il est redoutable, tant dans les interviews que dans les débats. Il a appris toutes ses leçons excellemment et il les répète avec l'aisance d'un bon acteur de théâtre. Son slogan simpliste de 2002 était imparable : « Nos vies valent plus que leurs profits ! ». Cette séparation entre "nous" et "eux" est propre aux extrémismes, à gauche contre les riches, à droite contre les personnes d'origine étrangères, mais à la fin, ça revient au même, c'est séparer le peuple dont tout le monde fait partie.

    Beaucoup d'électeurs de gauche un peu déprimés par Lionel Jospin ont été séduits par cette facilité d'argumentation. Résultat, au lieu du 1% habituellement obtenu par la LCR, Olivier Besancenot a recueilli 4,2% des suffrages exprimés, soit 1,2 million de voix ! Et cet exploit s'est réalisé dans un contexte où Arlette Laguiller a obtenu, elle aussi, un bon score, 5,7% des voix (1,6 million de voix), ce qui fait, en rajoutant le troisième larron d'extrême gauche Daniel Gluckstein du Parti des travailleurs, 10,4% des suffrages exprimés (près de 3 millions de voix !). Cette élection était particulière puisque Jean-Marie Le Pen venait d'être qualifié au second tour.

    Après avoir mené une liste aux élections européennes de 2004 (où il a obtenu 2,8%), Olivier Besancenot s'est présenté à nouveau à l'élection présidentielle de 2007 (il a réuni 4 000 personnes dans un meeting électoral le 18 avril 2007 à la Mutualité de Paris, ce qui est un record pour la LCR) avec le même succès qu'en 2002 (il a obtenu 1,5 million de voix, soit 4,1%) tandis qu'Arlette Laguiller avait terminé son temps avec seulement 1,3% des voix. Olivier Besancenot a montré qu'il avait une grand capacité à être le porte-parole des trotskistes. Après lui, en 2012, en 2017 et en 2022, Philippe Poutou, candidat du NPA, n'allait faire qu'autour de 1% des suffrages (et Nathalie Arthaud, candidate de LO, seulement la moitié).

    Dans les années 2000, Olivier Besancenot a donc été placé sous les projecteurs et sa stratégie unitaire a porté quelques fruits. Il est favorable à des mouvements sociaux unitaires contre Nicolas Sarkozy, puis contre François Hollande, puis contre Emmanuel Macron. Pour lui, c'est simple, les gouvernements sont vendus au méchant patronat qui ne fait qu'exploiter les pauvres ouvriers (en oubliant d'ailleurs que beaucoup ne sont plus ouvriers mais demandeurs d'emploi). Cette ode à l'unité a même failli griller la priorité à Jean-Luc Mélenchon qui, cependant, a un talent de tribun inégalable, au point d'avoir su recueillir cette part électorale de l'extrême gauche en 2017 et 2022.

    Facteur, Olivier Besancenot pouvait compter sur la popularité d'un tel métier, ciment relationnel entre les habitants. Après avoir longtemps distribué le courrier, il s'est retrouvé ensuite derrière un guichet dans Paris intra muros. Ce qui est notable, c'est qu'il a une licence d'histoire, qui n'était probablement pas un diplôme nécessaire pour avoir son concours de la Poste (il est l'auteur de douze livres). Même si son salaire est de misère (parce qu'il travaille à temps partiel), il n'est pas issu d'un milieu ouvrier et sa liaison avec une éditrice qui a bien réussi professionnellement relativise sa précarité matérielle (de plus, il a été collaborateur parlementaire d'Alain Krivine de 1999 à 2000 à Strasbourg). Dans le rôle de l'ouvrier, Philippe Poutou est beaucoup plus convaincant, tellement sa spontanéité rejaillit de ses paroles.


    Fils d'un prof et d'une psychologue scolaire, il a passé son enfance à Louviers, ville dont Pierre Mendès France fut le maire il y a très longtemps. Il a commencé son militantisme à l'âge de 14 ans avec SOS Racisme et la JCR (jeunesse LCR), puis l'UNEF quand il était étudiant, puis la CGT et enfin Sud-PTT. On peut comprendre à quel point il est un militant exemplaire et appliqué de l'extrême gauche (ou gauche antilibérale). Très médiatique, sa participation dans des émissions de divertissement a aussi été très critiquée, même s'il faut saluer son exploit d'avoir réuni 2,7 millions de téléspectateurs (beaucoup plus que d'électeurs !) lors de son passage chez Michel Drucker le 11 mai 2008.
     

     
     


    C'était sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy qu'Olivier Besancenot a eu le plus de visibilité médiatique. Il faut dire que le Président de la République (le dernier issu des rangs gaullistes) avait voulu le promouvoir malgré leurs différences politiques évidentes. En effet, pour Nicolas Sarkozy, Olivier Besancenot, qui pourrait atteindre 10% des voix, devait être au parti socialiste ce que la famille Le Pen est pour la droite modérée, un extrémisme qui les empêcherait durablement d'atteindre une majorité absolue. Mais cette manœuvre n'a pas fonctionné par manque d'audience électorale de porte-parole du NPA.

    Candidat aux élections régionales de mars 2010 en Île-de-France (où il a recueilli 3,1% des voix), Olivier Besancenot s'est représenté aux élections européennes de 2014 mais n'a obtenu que 0,8% des voix. Reflux. En novembre 2018, il a fait son retour politique pour soutenir les gilets jaunes et les mouvements sociaux contre les réformes du gouvernement.

    Olivier Besancenot constatait sur France Inter le 12 septembre 2017 que les résultats électoraux pouvaient beaucoup fluctuer, sans position acquise : « En politique, la fortune est capricieuse (...) On vit une crise politique telle qu'il y a des forces politiques qui peuvent être propulsées sur le devant de la scène en quelques mois (...) et d'autres balayées en quelques mois . ».


    Le 13 novembre 2017 devant des militants d'extrême gauche, après avoir reconnu l'échec du NPA (« Nous avons fait l’erreur de croire que nous pouvions rassembler seuls toute la gauche de la gauche française. Or celle-ci est bien trop diverse et attachée à ses bannières pour se rassembler de cette façon. »), Olivier Besancenot faisait état de la situation politique, en évoquant Jean-Luc Mélenchon : « La FI a une responsabilité particulière car elle a fait 19% et réuni des foules considérables, dont énormément de militants prêts à en découdre. Une nouvelle radicalité est en train de surgir du mouvement social. On le voit dans l’écologie, dans les luttes des migrants, des antinucléaire, même dans le milieu syndical. Mais la FI ne pourra pas tous les représenter. Impossible. Moi, je ne pourrais jamais. Chanter la Marseillaise ? Faut pas me le demander, je pourrais pas ! Mais c’est pas grave, on pourra quand même faire de grandes choses ensemble ! (…) France insoumise est en train de réaliser à son tour qu’elle est incapable d’unifier la gauche. De plus, son comportement très directif sur le mouvement social a été catastrophique. Au NPA, nous nous refusons à hiérarchiser le politique et le social, nous aspirons à une fusion de ces thématiques mais dans le respect de la liberté syndicale. (…) Nous devons trouver un espace commun d’action, alliant démocratie et maintien de notre autonomie, de nos identités. Ni la France insoumise ni le NPA ne peuvent réaliser cela, il va falloir inventer autre chose. » (source : NPA).

    Issus de traditions politiques très différentes, Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon ont en commun le talent du verbe et de l'argumentation dans le combat contre l'ordre capitaliste : le premier ne serait-il donc pas l'héritier le plus efficace du second ?


    Aussi sur le blog.

    Sylvain Rakotoarison (17 avril 2024)
    http://www.rakotoarison.eu


    Pour aller plus loin :
    Olivier Besancenot.
    Arlette Laguiller.
    Alain Krivine.
    Pierre Juquin.
    Romain Goupil.
    50 ans de mai 1968.
    Daniel Cohn-Bendit.
    Nathalie Arthaud.
    Philippe Poutou.
    Rencontre surréaliste avec Trotski.
    Trotski.
    Les 200 ans de Karl Marx.
    Le Capital de Karl Marx.
    Totalitarismologie du XXe siècle.
    La Révolution russe.
     

     
     




    https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20240418-olivier-besancenot.html

    https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/olivier-besancenot-et-le-facteur-253907

    http://rakotoarison.hautetfort.com/archive/2024/04/12/article-sr-20240418-olivier-besancenot.html